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Conseils de gestion

Consolidation comptable : les étapes pour établir des comptes de groupe

Auteur
Jose Amar
Date
26.10.2026
Durée
17 minutes
Comptable consolidation : périmètre, méthodes, retraitements, éliminations et goodwill. La méthode pas à pas et un cas chiffré pour votre groupe de PME.
Tableaux de reporting d'un groupe multi-établissements préparés pour la consolidation comptable des comptes
Avant propos
Cet article a une vocation strictement informative. Les règles fiscales et comptables évoluent régulièrement, et chaque situation présente ses propres spécificités qui ne peuvent pas être traitées dans un contenu général. Aucune décision ne devrait être prise sur la seule base des éléments présentés ici.

Pour sécuriser votre projet, prenez rendez-vous avec le cabinet FINAUDEC. Un échange personnalisé reste le seul moyen d'obtenir une réponse adaptée à votre situation.
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Vous détenez plusieurs restaurants, un hôtel et une holding, et votre banquier vous demande des comptes consolidés ? La consolidation comptable consiste à présenter un groupe de sociétés comme s'il ne formait qu'une seule entité : un bilan, un compte de résultat et une annexe uniques, débarrassés des flux internes. Dans les équipes financières, le comptable consolidation (ou « consolideur ») est la personne qui orchestre ce travail, de la définition du périmètre jusqu'aux états finaux.

L'exercice fait peur parce qu'il mobilise des notions inhabituelles pour un dirigeant de PME : pourcentage de contrôle, intérêts minoritaires, écart d'acquisition, impôts différés. Il obéit pourtant à une méthode fixée par le Code de commerce et le règlement ANC n° 2020-01. Ce guide la présente étape par étape, avec un cas chiffré tiré d'un groupe de restauration et d'hôtellerie.

Chez FINAUDEC, cabinet d'expertise comptable et d'audit installé à Paris 17e, nous accompagnons des groupes de PME et d'ETI, notamment dans l'hôtellerie, la restauration et la formation, dans leur première consolidation comme dans sa production récurrente. Voici la démarche que nous appliquons.

Qu'est-ce que la consolidation comptable et à quoi servent des comptes de groupe ?

Les comptes individuels ne reflètent pas la réalité économique d'un groupe : la holding enregistre des dividendes et des refacturations qui ne sont que des transferts internes, une filiale peut afficher un bénéfice obtenu en vendant à une autre filiale.

La consolidation comptable corrige ces biais. Selon l'article 111-4 du règlement ANC n° 2020-01, les comptes consolidés « donnent toutes les informations de caractère significatif » sur le patrimoine, la situation financière et le résultat de l'ensemble consolidé. Ils comprennent des états de synthèse et une annexe, qui forment un tout indissociable.

Ce que les comptes consolidés apportent à un groupe de PME

  • Une lecture bancaire fiable : endettement net, capacité de remboursement et fonds propres sont appréciés au niveau où se prennent les décisions de financement.
  • Une vision de la rentabilité réelle : les marges internes et les refacturations ne gonflent plus artificiellement le résultat.
  • Un outil de pilotage, à condition de descendre au niveau de chaque établissement, comme pour les groupes hôteliers multi-établissements.

Les étapes d'une consolidation comptable

Une consolidation suit toujours le même ordre logique : inverser les étapes produit des écarts difficiles à expliquer. Les sections suivantes les détaillent, puis les appliquent à un groupe de restauration fictif mais réaliste.

Les 7 étapes d'une consolidation comptable

1Périmètre

Cartographier les détentions, apprécier le contrôle et l'influence, calculer les pourcentages.

2Méthodes

Affecter à chaque entité l'intégration globale, proportionnelle ou la mise en équivalence.

3Collecte

Diffuser les instructions et recevoir des liasses de consolidation complètes et à date.

4Retraitements

Aligner les comptes sociaux sur les méthodes du groupe et constater les impôts différés.

5Éliminations

Supprimer créances, dettes, flux, marges et dividendes internes.

6Titres et goodwill

Éliminer les titres, partager les capitaux propres, suivre l'écart d'acquisition.

7États et annexe

Produire bilan, compte de résultat, annexe et rapport de gestion du groupe.

Votre groupe est-il obligé de procéder à une consolidation comptable ?

Le principe figure à l'article L233-16 du Code de commerce : les sociétés commerciales établissent et publient chaque année des comptes consolidés ainsi qu'un rapport sur la gestion du groupe dès lors qu'elles contrôlent de manière exclusive ou conjointe une ou plusieurs autres entreprises. La responsabilité en incombe au conseil d'administration, au directoire ou aux gérants, selon la forme de la société.

L'article L233-17, dans sa version en vigueur depuis le 1er janvier 2025, prévoit deux grands cas d'exemption, dans des conditions précisées par décret :

  • La sous-holding d'un groupe qui consolide déjà : une société contrôlée par une entreprise qui l'inclut dans ses comptes consolidés publiés est exemptée, sauf si elle émet des titres admis sur un marché réglementé ou des titres de créance négociables, et à condition que des associés représentant au moins le dixième de son capital ne s'y opposent pas.
  • Le groupe qui n'est pas un « grand groupe » au sens de l'article L230-2, c'est-à-dire qui ne dépasse pas les seuils d'au moins deux des trois critères (total du bilan, chiffre d'affaires net, nombre moyen de salariés), et dont aucune entité n'appartient aux catégories exclues par le Code de commerce.

Les seuils chiffrés, fixés par décret et appréciés sur l'ensemble formé par la société et les entreprises qu'elle contrôle, sont détaillés dans notre article seuils des comptes consolidés : qui doit établir des comptes consolidés.

Lorsque la consolidation est obligatoire, le dépôt au greffe comprend, en plus des comptes annuels de la société, les comptes consolidés, le rapport sur la gestion du groupe et le rapport des commissaires aux comptes sur les comptes consolidés, comme le rappelle la fiche officielle sur le dépôt des comptes annuels.

Étape 1 : comment définir le périmètre de consolidation ?

Le périmètre regroupe la société consolidante, toutes les entités qu'elle contrôle et celles sur lesquelles elle exerce une influence notable (article 111-3 du règlement). Le critère déterminant est le pouvoir, pas la seule détention de capital.

Les trois niveaux de pouvoir à identifier

Il faut distinguer le contrôle exclusif, le contrôle conjoint et l'influence notable. Le tableau ci-dessous reprend leurs critères, issus de l'article L233-16 du Code de commerce et des articles 211-3 à 211-5 du règlement.

Du lien de contrôle à la méthode de consolidation
SituationCritère de référenceMéthodeCe qui entre dans les comptes
Contrôle exclusifMajorité des droits de vote, ou désignation de la majorité des dirigeants pendant deux exercices (présumée au-delà de 40 % des droits de vote si personne ne détient plus), ou influence dominante par contrat ou statutsIntégration globale100 % des actifs, passifs, produits et charges, puis partage avec les intérêts minoritaires
Contrôle conjointContrôle partagé par un nombre limité d'associés, décisions essentielles prises d'un commun accord prévu par contratIntégration proportionnelleLa fraction représentative des intérêts du groupe, sans intérêts minoritaires
Influence notablePouvoir de participer aux politiques financière et opérationnelle, présumé à partir de 20 % des droits de voteMise en équivalenceLes titres sont remplacés par la quote-part des capitaux propres, résultat compris
Ni contrôle ni influenceParticipation financière simpleAucuneTitres maintenus en titres de participation

Ces présomptions peuvent être renversées. Le règlement précise que la présomption de contrôle exclusif attachée à la majorité des droits de vote peut être réfutée en présence de conditions particulières prévues dans un pacte d'actionnaires ou d'autres contrats. L'annexe doit d'ailleurs justifier les cas d'intégration globale à 40 % des droits de vote ou moins, et les cas d'exclusion au-delà de 50 %.

Pourcentage de contrôle et pourcentage d'intérêt

Deux pourcentages coexistent et ne doivent jamais être confondus. Le pourcentage de contrôle sert à choisir la méthode : on additionne les droits de vote détenus par la holding et par toutes les filiales qu'elle contrôle de manière exclusive (article 211-6). Le pourcentage d'intérêt sert à répartir les capitaux propres et le résultat : c'est le produit des participations successives.

Exemple : H détient 80 % de l'hôtel B, qui détient lui-même 60 % d'une société E exploitant le spa. H contrôle E à 60 %, car elle contrôle B, qui détient la majorité des droits de vote de E : E est intégrée globalement. Mais le pourcentage d'intérêt de H dans E n'est que de 80 % × 60 % = 48 % ; les intérêts minoritaires de E représentent donc 52 % de ses capitaux propres et de son résultat.

Les exclusions possibles

L'article L233-19 du Code de commerce impose d'exclure une entité lorsque des restrictions sévères et durables remettent en cause le contrôle ou les transferts de fonds. Il permet aussi, en le justifiant dans l'annexe, d'exclure une entité détenue en vue de sa cession, d'intérêt négligeable ou dont les informations ne peuvent être obtenues sans frais excessifs ou dans les délais.

Étape 2 : quelle méthode de consolidation appliquer à chaque entité ?

La méthode découle du type de contrôle (article 221-1 du règlement et article L233-18 du Code de commerce).

L'intégration globale pour les filiales contrôlées

Les comptes de la filiale sont repris à 100 %, ligne à ligne, après retraitements. Les capitaux propres et le résultat sont ensuite répartis entre la part du groupe et les intérêts minoritaires, puis les opérations avec les autres entités du périmètre sont éliminées. C'est la méthode qui fait apparaître l'endettement complet d'une filiale, même détenue à 51 %.

L'intégration proportionnelle pour les entités sous contrôle conjoint

Seule la fraction représentative des intérêts du groupe est intégrée, poste par poste. Aucun intérêt minoritaire n'apparaît.

La mise en équivalence pour les entités sous influence notable

Les titres sont remplacés au bilan par la quote-part des capitaux propres de l'entité, résultat de l'exercice compris, déterminés selon les méthodes du groupe. Au compte de résultat, une seule ligne traduit la quote-part de résultat.

Étape 3 : comment organiser la collecte des liasses de consolidation ?

La qualité des comptes consolidés dépend directement de celle des informations remontées par les filiales. Le comptable consolidation diffuse en amont des instructions de consolidation : calendrier, plan de comptes de groupe, méthodes à appliquer, format de la liasse et liste des opérations intragroupe à déclarer.

La liasse reprend la balance de la filiale transposée dans le plan de comptes du groupe, le détail des soldes et flux avec chaque autre société du groupe, les stocks achetés en interne et leur marge, les cessions internes, les dividendes, les contrats de crédit-bail et les engagements hors bilan.

Le cas des dates de clôture différentes

Les comptes consolidés couvrent une période de douze mois, établie en général à la date de clôture de la société consolidante (article 111-6). Une filiale qui clôture à une autre date fournit des comptes intérimaires. Si l'écart de date n'excède pas trois mois, ces comptes intérimaires ne sont pas nécessaires, à condition de tenir compte des opérations significatives survenues entre les deux dates.

Une filiale en retard bloque tout le groupe : notre checklist de clôture comptable pour les PME vous aidera à sécuriser cette première marche.

Étape 4 : quels retraitements effectuer sur les comptes individuels ?

L'homogénéisation des méthodes

Les méthodes comptables du groupe s'appliquent de manière homogène aux transactions semblables. Lorsqu'une filiale utilise une méthode différente, ses comptes sont retraités.

Les retraitements obligatoires

Le règlement rend certains traitements obligatoires en consolidation, même lorsqu'ils sont optionnels dans les comptes individuels.

Les principaux retraitements imposés par le règlement ANC n° 2020-01
RetraitementDans les comptes individuelsDans les comptes consolidésExemple en hôtellerie-restauration
Écritures purement fiscales (art. 272-1)Amortissements dérogatoires, provisions réglementéesÉliminées, avec constatation d'impôts différésAmortissement dérogatoire sur le matériel de cuisine d'une filiale
Crédit-bail et contrats assimilés (art. 272-2)Loyers en charges externesImmobilisation + emprunt ; dotation aux amortissements + charge financièreFour mixte, chambre froide ou mobilier d'hôtel financés en crédit-bail
Frais d'établissement (art. 272-5)Activation possibleComptabilisés en charges de l'exerciceFrais de premier établissement d'un nouveau restaurant
Impôts différés (art. 272-7 et s.)Non comptabilisés en pratiqueConstatés sur les différences temporaires et les retraitementsImpôt différé sur la marge interne de la cuisine centrale
Homogénéisation des méthodes (art. 271-5)Chaque société applique ses propres choixUne méthode unique pour des opérations semblablesMéthode de valorisation des stocks de boissons alignée entre établissements

Les impôts différés

Les retraitements créent des écarts entre valeur consolidée et valeur fiscale, source d'impôts différés. Les actifs d'impôts différés ne sont retenus que si leur récupération est probable ; un bénéfice imposable futur est présumé absent lorsque l'entité a subi des pertes au cours des deux derniers exercices, sauf preuves contraires convaincantes (article 272-9). Ils ne sont pas actualisés.

Étape 5 : comment éliminer les opérations intragroupe ?

Le groupe ne peut ni se vendre à lui-même ni réaliser de profit sur lui-même. Le règlement distingue deux familles d'éliminations (articles 251-1 et 251-2).

Les opérations sans incidence sur le résultat consolidé

Les créances et dettes réciproques, ainsi que les produits et charges réciproques, sont éliminés en totalité, de même que les engagements hors bilan entre sociétés du groupe. Exemple typique : les management fees facturées par la holding, dont le produit et la charge s'annulent sans effet sur le résultat.

Les opérations qui affectent le résultat consolidé

  • Marges internes sur stocks : elle n'existe pour le groupe qu'une fois le stock vendu à un client extérieur.
  • Plus-values internes de cession d'immobilisations, l'actif revenant à son coût historique consolidé.
  • Dividendes intragroupe : ils sont éliminés en totalité, y compris lorsqu'ils portent sur des résultats antérieurs à la première consolidation.
  • Dépréciations des titres de filiales contrôlées et provisions pour pertes de filiales : elles sont éliminées en totalité.

Ces éliminations sont pratiquées à 100 %, puis réparties entre la part du groupe et les intérêts minoritaires de l'entité qui a réalisé le résultat. L'impôt sur les bénéfices est corrigé en conséquence.

Étape 6 : comment traiter les titres et l'écart d'acquisition ?

Les titres de participation détenus par la holding sont éliminés en contrepartie de la quote-part des capitaux propres des filiales qu'ils représentent. Lors de l'entrée d'une filiale dans le périmètre, cette élimination fait apparaître deux écarts.

Écart d'évaluation et écart d'acquisition

Les actifs et passifs identifiables de la société acquise sont inscrits à leur valeur d'entrée à la date de prise de contrôle. La différence avec leur valeur comptable constitue l'écart d'évaluation (par exemple la plus-value latente sur un terrain). La différence entre le coût d'acquisition et la part de l'acquéreur dans ces actifs et passifs identifiables constitue l'écart d'acquisition, ou goodwill (article 231-9).

Le groupe peut ajuster ces valeurs pendant une période d'évaluation qui se termine à la clôture du premier exercice ouvert après celui de l'acquisition (article 231-10). C'est le temps des expertises et de l'analyse du bail, menées en parallèle des travaux pour réussir l'intégration d'une société rachetée.

Le suivi du goodwill

L'écart d'acquisition positif est inscrit à l'actif immobilisé. S'il existe une limite prévisible à sa durée d'utilisation, il est amorti linéairement sur cette durée, ou sur 10 ans si elle ne peut être déterminée de manière fiable. Sans limite prévisible, il n'est pas amorti mais testé au moins une fois par exercice. Dans tous les cas, un test de dépréciation est réalisé en présence d'un indice de perte de valeur, et les dépréciations ne sont jamais reprises (article 231-11).

Points de vigilance avant de lancer la première consolidation

  • Le contrôle s'apprécie aussi à travers les pactes d'associés : une majorité de droits de vote peut être neutralisée par un droit de veto.
  • Une filiale jusque-là jugée non significative qui devient significative entre dans le périmètre comme si elle avait été consolidée depuis sa prise de contrôle.
  • La durée d'utilisation du goodwill n'est pas un choix de confort : elle doit reposer sur une analyse documentée.

Cas pratique : la consolidation comptable d'un groupe de restauration pas à pas

Prenons la holding H, qui clôture au 31 décembre. Son organigramme est le suivant : 100 % du restaurant A (qui exploite aussi une cuisine centrale), 80 % de l'hôtel B acquis le 1er janvier N, 50 % du traiteur C avec un associé extérieur dans le cadre d'un pacte prévoyant l'unanimité sur les décisions clés, et 30 % de la brasserie D avec un siège au comité stratégique. Pour simplifier, le taux d'impôt retenu est le taux normal de l'impôt sur les sociétés de 25 %, et la société E de l'exemple précédent n'est pas reprise.

1. Périmètre et méthodes

A et B sont sous contrôle exclusif : intégration globale. C est sous contrôle conjoint : intégration proportionnelle à 50 %. D est sous influence notable (30 % des droits de vote et participation aux décisions stratégiques) : mise en équivalence.

2. Calcul de l'écart d'acquisition de l'hôtel B

  1. Coût d'acquisition des 80 % de B, frais d'acquisition nets d'impôt compris : 2 000 000 €.
  2. Capitaux propres de B au 1er janvier N, après retraitements aux méthodes du groupe : 1 500 000 €.
  3. Écart d'évaluation sur le terrain de l'hôtel, estimé par expertise : + 300 000 €, diminué d'un impôt différé passif de 300 000 × 25 % = 75 000 €, soit + 225 000 € net.
  4. Actif net identifiable réévalué : 1 500 000 + 225 000 = 1 725 000 €. Part de H : 1 725 000 × 80 % = 1 380 000 €.
  5. Écart d'acquisition : 2 000 000 − 1 380 000 = 620 000 €.

L'analyse documentée conclut à une durée d'utilisation limitée, sans qu'elle puisse être déterminée de manière fiable : le goodwill est amorti sur 10 ans, soit 62 000 € par an. Les intérêts minoritaires d'entrée s'élèvent à 1 725 000 × 20 % = 345 000 €. Le terrain n'étant pas amorti, l'écart d'évaluation n'a pas d'effet sur le résultat de N.

3. Retraitement du crédit-bail chez B

B finance son matériel de cuisine en crédit-bail et comptabilise 50 000 € de loyers en charges. En consolidation, le contrat est inscrit en immobilisation et en emprunt : la charge devient une dotation aux amortissements de 40 000 € et une charge financière de 6 000 €, soit 46 000 €. Le résultat avant impôt augmente de 4 000 €, diminué d'un impôt différé de 1 000 € : + 3 000 €. Le résultat social de B, 297 000 €, devient un résultat retraité de 300 000 €.

4. Éliminations

  • Management fees : H a facturé 120 000 € à B. On élimine 120 000 € de produits chez H et 120 000 € de charges chez B : effet nul sur le résultat.
  • Dividende : B a distribué 100 000 €, dont 80 000 € encaissés par H. Ces 80 000 € sont retirés du résultat de H ; les 20 000 € versés aux minoritaires réduisent leurs intérêts au bilan.
  • Marge interne : la cuisine centrale de A a vendu 50 000 € de préparations à B, avec un taux de marge de 40 % sur le prix de vente. Au 31 décembre, 10 000 € sont encore en stock chez B. La marge à éliminer est de 10 000 × 40 % = 4 000 €, nette d'un impôt différé actif de 1 000 €, soit − 3 000 €.

5. Résultat consolidé et partage

Le traiteur C a dégagé un résultat de 40 000 €, intégré à 50 % (20 000 €). La brasserie D a réalisé 100 000 € de bénéfice, dont la quote-part de 30 % (30 000 €) apparaît sur la ligne des sociétés mises en équivalence. La cascade ci-dessous reconstitue le résultat consolidé.

Cascade du résultat consolidé de l'exercice N

Résultat social de la holding H180 000 €
Résultat social du restaurant A (100 %)150 000 €
Résultat retraité de l'hôtel B (80 %), crédit-bail inclus300 000 €
Quote-part de résultat du traiteur C (intégration proportionnelle 50 %)20 000 €
Élimination du dividende reçu de B− 80 000 €
Élimination des management fees (produit et charge)0 €
Marge interne sur stocks, nette d'impôt différé− 3 000 €
Amortissement de l'écart d'acquisition de B− 62 000 €
Quote-part de résultat de la brasserie D (mise en équivalence 30 %)30 000 €
Résultat net de l'ensemble consolidé535 000 €
Intérêts minoritaires (20 % × 300 000 €)− 60 000 €
Résultat net part du groupe475 000 €

Les résultats sociaux de H, A et B totalisent 627 000 €, dont une partie correspond à des flux internes ou est absorbée par l'amortissement du goodwill. Les intérêts minoritaires de B au bilan de clôture s'établissent à 345 000 + 60 000 − 20 000 = 385 000 €.

Quels documents produire et quelles erreurs éviter ?

Les livrables de fin de consolidation

  • Le bilan et le compte de résultat consolidés, avec la distinction part du groupe et intérêts minoritaires.
  • L'annexe, qui mentionne le règlement ANC n° 2020-01 comme cadre utilisé, liste les entités consolidées et leur méthode, justifie le périmètre et comprend notamment le tableau des flux de trésorerie.
  • Le rapport sur la gestion du groupe, établi par les dirigeants.

Les erreurs fréquentes

  1. Confondre pourcentage de contrôle et pourcentage d'intérêt, ce qui conduit à une mauvaise méthode ou à un mauvais calcul des minoritaires.
  2. Des comptes réciproques qui ne se rapprochent pas : facture comptabilisée par l'émetteur en décembre et par le destinataire en janvier, refacturation classée différemment.
  3. Oublier les marges internes sur les stocks ou sur les immobilisations cédées entre sociétés.
  4. Laisser subsister les écritures fiscales (amortissements dérogatoires, provisions réglementées) dans les comptes consolidés.
  5. Activer des impôts différés sur des déficits.
  6. Figer le goodwill sans test de dépréciation.

Checklist du comptable consolidation

  • Organigramme à jour avec droits de vote et pactes.
  • Instructions et calendrier diffusés avant la clôture.
  • Soldes intragroupe confirmés par chaque filiale.
  • Suivi documenté du goodwill et des impôts différés.

Un dernier conseil : ne confondez pas consolidation comptable et régime fiscal de groupe. Le périmètre et les règles de l'intégration fiscale obéissent à leur propre logique, et les deux exercices doivent être menés en parallèle.

En résumé : réussir vos comptes de groupe en sept étapes maîtrisées

Une consolidation comptable réussie repose sur un enchaînement rigoureux : un périmètre fondé sur l'analyse du pouvoir, une méthode adaptée à chaque entité, des liasses fiables et à date, des retraitements homogènes, des éliminations exhaustives et un suivi documenté du goodwill. Le règlement ANC n° 2020-01 fixe le cadre ; la qualité dépend surtout de l'organisation en amont, filiale par filiale.

Vous préparez une première consolidation, à la demande de vos banquiers ou avant une acquisition, ou souhaitez fiabiliser des comptes de groupe existants ? L'équipe de FINAUDEC prend en charge la production et la revue de vos comptes consolidés : découvrez notre expertise en consolidation des comptes de groupe.

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Foire aux questions

Quelle différence entre consolidation comptable et intégration fiscale ?

La consolidation comptable produit des comptes de groupe destinés à informer les associés, les banques et les tiers sur le patrimoine, la situation financière et le résultat de l'ensemble. L'intégration fiscale est un régime d'imposition optionnel qui permet de compenser les résultats fiscaux des sociétés éligibles. Les deux périmètres, les règles et les finalités diffèrent : un groupe peut consolider sans être intégré fiscalement, et inversement.

Un groupe non soumis à l'obligation peut-il établir des comptes consolidés ?

Oui. Beaucoup de groupes de PME consolident volontairement pour négocier un financement, préparer une cession ou piloter leurs établissements. Attention toutefois : selon l'article 111-2 du règlement ANC n° 2020-01, une entité qui établit des comptes consolidés sans y être tenue, en se référant à ce règlement, doit en appliquer l'intégralité des dispositions. Une consolidation « allégée » doit donc être présentée comme un reporting de gestion, pas comme des comptes consolidés.

Faut-il consolider une filiale peu significative ?

Pas nécessairement. L'article L233-19 du Code de commerce permet de laisser une filiale ou une participation en dehors de la consolidation lorsqu'elle ne représente, seule ou avec d'autres, qu'un intérêt négligeable, sous réserve de le justifier dans l'annexe. Le caractère négligeable s'apprécie globalement : plusieurs petites entités exclues ne doivent pas, cumulées, fausser l'image du groupe. Leurs titres restent alors présentés en titres de participation.

Le goodwill est-il obligatoirement amorti en normes françaises ?

Non. Le groupe détermine, par une analyse documentée, si la durée d'utilisation de l'écart d'acquisition est limitée ou non. Si elle est limitée, il est amorti linéairement sur cette durée, ou sur 10 ans si elle ne peut être déterminée de manière fiable. Si elle est non limitée, il n'est pas amorti mais fait l'objet d'un test de dépréciation au moins une fois par exercice. Les dépréciations ne sont jamais reprises.

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