Prendre rendez-vous

Actualités comptables & fiscales

Titre-restaurant 2026 : les nouvelles règles pour l'employeur

Auteur
Jose Amar
Date
16.10.2026
Durée
16 minutes
Titre-restaurant 2026 : plafond de 7,32 €, usage le dimanche, réforme votée en octobre. Règles Urssaf, calcul chiffré et checklist pour l'employeur.
Salle de restaurant où les salariés peuvent régler leur repas avec un titre-restaurant en 2026
Avant propos
Cet article a une vocation strictement informative. Les règles fiscales et comptables évoluent régulièrement, et chaque situation présente ses propres spécificités qui ne peuvent pas être traitées dans un contenu général. Aucune décision ne devrait être prise sur la seule base des éléments présentés ici.

Pour sécuriser votre projet, prenez rendez-vous avec le cabinet FINAUDEC. Un échange personnalisé reste le seul moyen d'obtenir une réponse adaptée à votre situation.
Prendre rendez-vous
Sommaire
Poser une question sur l'article
Merci ! Nous revenons vers vous dans les 24h !
‍
Prendre rendez-vous directement
Oops! Something went wrong while submitting the form.

Le titre-restaurant 2026 concerne plus que jamais les employeurs : le plafond d'exonération a été relevé au 1er janvier, la dérogation qui permet de faire ses courses alimentaires arrive à échéance le 31 décembre 2026, et l'Assemblée nationale a adopté le 12 octobre 2026 une proposition de loi qui réécrit le dispositif. Il devient facile de confondre ce qui est en vigueur et ce qui reste à confirmer.

Une erreur sur le titre-restaurant se révèle souvent lors d'un contrôle Urssaf, sous la forme d'un redressement. Ce guide fait le point sur les règles applicables en 2026, sur la réforme, et vous donne une méthode chiffrée pour fixer la bonne valeur faciale.

Chez FINAUDEC, cabinet d'expertise comptable spécialisé notamment en hôtellerie et restauration, nous accompagnons des employeurs qui sont parfois des deux côtés du dispositif : ils distribuent des titres à leurs équipes et en encaissent auprès de leurs clients.

Qu'est-ce qui change pour le titre-restaurant en 2026 ?

Pour l'année 2026, trois éléments structurent la situation de l'employeur. Le premier est mécanique : la limite d'exonération de la part patronale passe de 7,26 € à 7,32 € par titre pour les titres émis à partir du 1er janvier 2026, comme l'a rappelé Service Public Entreprendre. Cette limite est rattachée à l'article 81 du code général des impôts, qui organise l'exonération.

Le deuxième est une échéance : la possibilité d'utiliser les titres pour tout produit alimentaire, même non directement consommable (pâtes, farine, conserves, viande crue), a été prolongée jusqu'au 31 décembre 2026 par la loi n° 2025-56 du 21 janvier 2025. Sans nouvelle prolongation, les titres reviendraient en 2027 à leur usage d'origine : le repas ou les produits directement consommables.

Le troisième est une réforme en cours, adoptée en première lecture par l'Assemblée nationale le 12 octobre 2026 et détaillée plus bas : elle n'est pas encore définitive.

Quelles sont les règles du titre-restaurant Urssaf pour l'employeur ?

Le titre-restaurant n'est pas une obligation légale : l'employeur choisit de l'attribuer, sauf si un accord collectif, un engagement unilatéral ou un usage le lui impose. En revanche, dès qu'il le met en place, il doit respecter un cadre précis pour bénéficier de l'exonération de cotisations, contrôlé par l'Urssaf.

La participation de l'employeur : entre 50 % et 60 %

La contribution de l'employeur doit être comprise entre 50 % et 60 % de la valeur nominale du titre. Le salarié finance le solde, soit 40 % à 50 %, généralement par une retenue sur son salaire net. Une participation inférieure à 50 % ou supérieure à 60 % fait perdre le bénéfice de l'exonération : la part patronale devient alors un élément de rémunération soumis à cotisations.

Si le comité social et économique (CSE) participe lui aussi au financement, l'Urssaf demande d'additionner les deux participations pour apprécier le respect des limites. Un CSE qui complète la part de l'employeur peut donc, sans que personne ne s'en aperçoive, faire franchir le seuil de 60 % ou le plafond de 7,32 €.

Le plafond d'exonération de 7,32 € par titre

Même dans la fourchette de 50 à 60 %, l'exonération est limitée à 7,32 € par titre en 2026. Au-delà, la fraction excédentaire est réintégrée dans l'assiette des cotisations sociales. Côté salarié, l'article 81, 19° du code général des impôts exonère d'impôt sur le revenu la part patronale dans la même limite.

Pour atteindre exactement le plafond, la valeur faciale doit se situer entre 12,20 € (7,32 € représentant alors 60 % du titre) et 14,64 € (7,32 € représentant 50 %). En dessous de 12,20 €, vous restez exonéré mais vous n'utilisez pas tout le potentiel ; au-dessus de 14,64 €, il devient impossible de respecter à la fois la fourchette et le plafond sans payer des cotisations sur l'excédent.

Un titre par repas compris dans l'horaire de travail

L'article R3262-7 du code du travail est clair : un même salarié ne peut recevoir qu'un titre-restaurant par repas compris dans son horaire de travail journalier, et ce titre ne peut être utilisé que par lui. L'Urssaf illustre la règle : un salarié qui travaille cinq jours par semaine de 9 heures à 17 heures peut recevoir cinq titres par semaine.

Concrètement, les jours d'absence (congés payés, maladie, RTT, jours de formation avec repas pris en charge) n'ouvrent pas droit à un titre. Un salarié à temps partiel dont l'horaire ne couvre pas la pause déjeuner n'y a pas droit non plus, alors que celui dont la journée inclut un repas doit être traité comme un temps plein pour ce jour-là.

Les chiffres clés du titre-restaurant en 2026
RègleDroit en vigueur en 2026
Participation de l'employeurEntre 50 % et 60 % de la valeur du titre
Exonération de la part patronaleDans la limite de 7,32 € par titre (titres émis depuis le 1er janvier 2026)
Valeur faciale optimaleEntre 12,20 € et 14,64 €
Nombre de titresUn titre par repas compris dans l'horaire de travail journalier
Plafond d'utilisation25 € par jour
Dimanche et jours fériésInterdit, sauf décision de l'employeur pour les salariés qui travaillent ces jours-là
Produits achetablesTout produit alimentaire, consommable immédiatement ou non, jusqu'au 31 décembre 2026
ValiditéAnnée civile d'émission, puis janvier et février de l'année suivante

Comment fixer la valeur faciale optimale de vos titres ?

Quelle valeur choisir pour offrir le maximum à vos salariés sans créer de charges sociales ? Tout dépend du taux de participation retenu : plus il est élevé, plus la valeur faciale optimale est basse.

  • À 60 % de participation, la valeur faciale optimale est de 12,20 € : 7,32 € à votre charge, 4,88 € à la charge du salarié.
  • À 55 %, elle est d'environ 13,30 € : 7,32 € à votre charge (55 % de 13,30 € donne 7,315 €), 5,98 € pour le salarié.
  • À 50 %, elle est de 14,64 € : 7,32 € pour chacun.

Un titre de 12,20 € à 60 % pèse moins sur le net du salarié ; un titre de 14,64 € à 50 % offre plus de pouvoir d'achat, mais augmente la retenue. Pour mesurer l'effet global sur votre masse salariale, vous pouvez utiliser notre simulateur de coût du personnel.

Exemple chiffré : combien coûtent vos titres-restaurant sur une année ?

Prenons une PME de restauration organisée en groupe : un siège administratif et des fonctions support (comptabilité, achats, ressources humaines, encadrement) qui regroupent 15 salariés. Ces salariés ne bénéficient pas du repas pris sur place avec les équipes de salle et de cuisine. La direction envisage de leur attribuer des titres-restaurant et hésite entre deux options.

Étape 1 : estimer le nombre de titres

On retient, à titre d'hypothèse, 220 jours travaillés par salarié et par an incluant un repas dans l'horaire, une fois déduits les congés, les jours fériés chômés et une moyenne d'absences. Le volume annuel est donc de 15 × 220 = 3 300 titres.

Étape 2 : option A, titre de 12,20 € financé à 60 %

La part employeur est de 12,20 × 60 % = 7,32 € par titre, soit exactement le plafond. Elle est intégralement exonérée. Le coût annuel pour l'entreprise est de 3 300 × 7,32 = 24 156 €. Chaque salarié supporte 4,88 € par titre, soit 1 073,60 € sur l'année (220 × 4,88 €), retenus sur son net.

Étape 3 : option B, titre de 14 € financé à 60 %

La part employeur est de 14 × 60 % = 8,40 € par titre. Elle respecte la fourchette de 50 à 60 %, mais dépasse le plafond de 1,08 €. Ce dépassement, multiplié par 3 300 titres, représente 3 564 € à réintégrer dans l'assiette des cotisations sur l'année, réparti sur les bulletins de paie de chaque mois.

Cascade de calcul : titre de 14 € financé à 60 %

Valeur faciale du titre14,00 €
Part employeur (60 %)8,40 €
Part exonérée (plafond 2026)7,32 €
Excédent par titre réintégré dans l'assiette1,08 €
Nombre de titres sur l'année (15 salariés × 220 jours)3 300
Excédent annuel soumis à cotisations3 564 €

Étape 4 : comparer le coût réel

Pour évaluer le surcoût de l'option B, on retient une hypothèse de charges patronales de 40 % sur l'excédent (le taux réel dépend de votre effectif, des niveaux de salaire et de la réduction générale de cotisations). Le coût direct passe à 3 300 × 8,40 = 27 720 €, auquel s'ajoutent environ 1 426 € de cotisations patronales, soit près de 29 146 €.

Option A ou option B : comparaison pour 15 salariés et 3 300 titres par an
IndicateurOption A : titre de 12,20 € à 60 %Option B : titre de 14 € à 60 %
Part employeur par titre7,32 €8,40 €
Part salarié par titre4,88 €5,60 €
Coût direct annuel employeur24 156 €27 720 €
Fraction soumise à cotisations0 €3 564 €
Cotisations patronales sur l'excédent (hypothèse 40 %)0 €≈ 1 426 €
Coût total employeur estimé24 156 €≈ 29 146 €

Conclusion du cas : l'option B coûte environ 5 000 € de plus pour un gain de 1,80 € de valeur faciale par titre, dont une partie est absorbée par les cotisations. Si l'objectif est d'améliorer le pouvoir d'achat, il est souvent plus efficace de passer à un titre de 14,64 € financé à 50 % : la part patronale reste à 7,32 €, totalement exonérée, et c'est la part salariale qui augmente.

Titre restaurant dimanche : que peut faire l'employeur en 2026 ?

C'est l'une des questions les plus fréquentes dans le secteur HCR, où le travail le dimanche est la norme. Selon l'article R3262-8 du code du travail, les titres-restaurant ne peuvent pas être utilisés les dimanches et jours fériés. Mais l'employeur peut décider de lever cette interdiction pour les salariés qui travaillent ces jours-là.

Comment autoriser l'usage le dimanche

La forme de la décision dépend du support des titres. Pour des titres papier, la mention de l'autorisation doit figurer de façon très apparente sur les titres eux-mêmes. Pour des titres dématérialisés (carte ou application), l'employeur doit informer par tout moyen les salariés concernés, avant l'émission des titres.

  1. Identifier les salariés qui travaillent régulièrement ou ponctuellement le dimanche et les jours fériés.
  2. Demander à l'émetteur de paramétrer l'usage le dimanche pour ces seuls salariés, ou d'imprimer la mention sur les titres papier.
  3. Informer les salariés concernés par écrit (note de service, courriel, message sur l'application), avant l'émission.
  4. Conserver la trace de cette information pour pouvoir la produire en cas de contrôle ou de contestation.

Que prévoit la réforme du titre-restaurant adoptée en octobre 2026 ?

La proposition de loi n° 2892, déposée le 9 juin 2026 par le député Christophe Naegelen et plusieurs de ses collègues, a fait l'objet d'une procédure accélérée engagée par le Gouvernement le 28 septembre 2026. Après son passage en commission des affaires sociales le 7 octobre, elle a été adoptée en séance le 12 octobre 2026, comme le retrace le dossier législatif de l'Assemblée nationale.

Le texte adopté en séance n'étant pas encore publié au moment où nous écrivons, l'analyse qui suit repose sur le texte de la commission (n° 3274). Des amendements ont pu le modifier en séance, et le Sénat pourra encore le faire évoluer.

Les principales mesures

  • Dématérialisation : le titre-restaurant est défini comme un titre spécial de paiement dématérialisé, au sens du code monétaire et financier.
  • Dimanche et jours fériés : les titres pourraient être utilisés tous les jours de la semaine, sans décision particulière de l'employeur.
  • Produits alimentaires : le titre servirait à payer un repas ou des produits alimentaires, à l'exception de catégories ne répondant pas aux besoins du repas, définies par décret.
  • Commissions : un décret en Conseil d'État, pris après avis de l'Autorité de la concurrence, pourrait plafonner les commissions prélevées sur les commerçants.
  • Remises à l'employeur : l'émetteur ne pourrait plus accorder à l'employeur de remise ramenant le prix d'achat sous la valeur des titres.
  • Dons : les salariés pourraient donner leurs titres à des associations habilitées d'aide alimentaire.

Le texte de la commission prévoit une entrée en vigueur au 1er janvier 2028, pour les titres émis au titre de 2028 et des années suivantes, les contrats en cours faisant l'objet d'un avenant si nécessaire. Il prolonge par ailleurs d'un an la dérogation actuelle, en remplaçant l'année 2026 par 2027 dans la loi du 16 août 2022.

Ce que la réforme ne change pas

Le texte de la commission ne touche ni au plafond journalier de 25 €, fixé par l'article R3262-10 du code du travail, ni au régime social et fiscal de la part patronale. La fourchette de 50 à 60 % et la limite d'exonération indexée restent la référence pour la paie.

Droit actuel et réforme adoptée par l'Assemblée : ce qui change
SujetRègle en 2026Texte de la commission (entrée en vigueur prévue en 2028)
SupportPapier, carte ou applicationTitre défini comme un titre spécial de paiement dématérialisé
Dimanche et jours fériésUsage interdit, sauf décision de l'employeur pour les salariés travaillant ces jours-làUtilisation possible tous les jours de la semaine, y compris dimanches et jours fériés
Produits alimentairesTout produit alimentaire jusqu'au 31 décembre 2026Repas ou produits alimentaires, sauf catégories exclues par décret ; dérogation actuelle prolongée d'un an (2027)
Commerces acceptantsRestaurateurs et assimilés, détaillants en fruits et légumes, plus dérogation temporaireListe étendue aux activités de commerce de détail alimentaire
Commissions des émetteursNégociées librementPlafonnement possible par décret en Conseil d'État, récapitulatif annuel des frais au commerçant
Remises à l'employeur—Interdiction de remise ramenant le prix d'achat sous la valeur des titres
Titres non utilisésÉchange dans les quinze jours suivant la période d'utilisationPossibilité de don à des associations d'aide alimentaire habilitées

Point de vigilance : un texte voté n'est pas une loi

Le texte adopté le 12 octobre 2026 par l'Assemblée nationale doit encore passer devant le Sénat, puis, en cas de désaccord, en commission mixte paritaire. Son contenu peut évoluer d'ici là.

Tant qu'aucune loi n'est promulguée et publiée au Journal officiel, ce sont les règles actuelles du code du travail qui s'appliquent à vos titres 2026 : pas d'usage le dimanche sans décision de votre part, plafond journalier de 25 €, dérogation alimentaire jusqu'au 31 décembre 2026.

Titre-restaurant : le calendrier à surveiller

  • 1er janvier 2026

    Plafond d'exonération de la part patronale porté à 7,32 € pour les titres émis à partir de cette date.

  • 9 juin 2026

    Dépôt à l'Assemblée nationale de la proposition de loi visant à moderniser et rééquilibrer le fonctionnement du titre-restaurant.

  • 12 octobre 2026

    Adoption du texte en première lecture par l'Assemblée nationale, en procédure accélérée. Il doit encore être examiné par le Sénat.

  • 31 décembre 2026

    Fin, en l'état du droit, de la dérogation qui permet de payer tout produit alimentaire, même non directement consommable.

  • Février 2027

    Fin de la période d'utilisation des titres millésimés 2026, puis quinze jours pour les échanger auprès de l'employeur.

  • 1er janvier 2028

    Date d'entrée en vigueur prévue par le texte de la commission pour la réforme (titres émis au titre de 2028 et des années suivantes).

Comment traiter les titres-restaurant en paie et en comptabilité ?

Le traitement paie est plus simple qu'il n'y paraît, mais il demande de la rigueur dans le décompte. La part salariale apparaît sur le bulletin comme une retenue sur le net à payer, après les cotisations. La part patronale exonérée n'apparaît pas dans l'assiette des cotisations ; seule la fraction excédentaire éventuelle y est réintégrée. Pour vous repérer dans ces lignes, consultez notre guide pour lire une fiche de paie ligne par ligne.

La comptabilisation

Lors de l'achat des titres auprès de l'émetteur, l'entreprise décaisse la valeur faciale totale des titres, augmentée des frais de service. La part patronale constitue une charge de personnel déductible du résultat imposable, les frais de l'émetteur une charge externe, et la part salariale est récupérée par la retenue sur salaire.

Hôtels et restaurants : quelles spécificités pour vos équipes ?

Dans la restauration et l'hôtellerie, la plupart des salariés de salle et de cuisine prennent leur repas sur place. La convention collective HCR encadre cet avantage nourriture, qui fait l'objet d'une évaluation forfaitaire en paie : nous l'expliquons en détail dans notre article sur l'avantage en nature repas HCR. Le titre-restaurant n'a pas vocation à s'y ajouter pour le même repas, puisque le code du travail limite l'attribution à un titre par repas compris dans l'horaire.

Le titre-restaurant trouve en revanche toute sa place pour les salariés qui ne bénéficient pas du repas sur place : fonctions support d'un groupe, équipes d'un hôtel sans restauration, personnels de réception aux horaires décalés, salariés en télétravail. Les spécificités de paie propres au secteur sont détaillées dans notre guide de la convention collective HCR.

Quand vous êtes aussi commerçant acceptant

Si votre restaurant accepte les titres de vos clients, la réforme vous concerne à double titre. L'encadrement envisagé des commissions et la remise, chaque mois de janvier, d'un récapitulatif annuel des frais exprimés en pourcentage des titres perçus vous permettraient de mieux mesurer le coût réel de ce moyen de paiement. À l'inverse, l'ouverture pérenne aux commerces alimentaires et l'usage tous les jours pourraient déplacer une partie des dépenses vers la grande distribution.

Quelles erreurs éviter pour sécuriser l'exonération ?

Les redressements portent rarement sur le principe, presque toujours sur l'application. Voici les erreurs les plus fréquentes.

  • Attribuer des titres pendant les absences : congés, arrêts maladie ou jours sans repas dans l'horaire ne donnent pas droit à un titre. Une attribution forfaitaire de 20 titres par mois, quelle que soit la présence, expose à un redressement.
  • Oublier la participation du CSE : les participations de l'employeur et du CSE s'additionnent pour apprécier les limites de 60 % et de 7,32 €.
  • Exclure les télétravailleurs : l'Urssaf reconnaît leur droit au titre lorsque leur journée comporte une pause déjeuner.
  • Ne pas mettre à jour le plafond : un paramétrage de paie resté à 7,26 € fait perdre une partie de l'avantage ; un titre fixé au-dessus de 14,64 € crée mécaniquement des cotisations.
  • Traiter différemment des salariés dans la même situation : réserver les titres aux cadres, ou à un seul établissement sans justification objective, est contestable.
  • Annoncer la réforme comme acquise : informer les salariés que les titres sont utilisables le dimanche dès maintenant, sans décision formelle de l'employeur, crée des litiges avec les commerçants.

Votre checklist employeur pour fin 2026 et 2027

Les prochains mois sont décisifs : fin de la dérogation alimentaire au 31 décembre 2026 sauf prolongation, échange des titres millésimés 2026, préparation d'une réforme annoncée pour 2028. Voici les actions à mener dans l'ordre.

  1. Vérifier votre paramétrage de paie : plafond à 7,32 €, taux de participation, règle d'arrondi, prise en compte de la participation éventuelle du CSE.
  2. Contrôler le décompte des titres sur un échantillon de bulletins : jours d'absence, temps partiel, télétravail.
  3. Formaliser l'autorisation du dimanche pour les salariés qui travaillent ces jours-là, si ce n'est pas déjà fait.
  4. Informer vos salariés de la date limite d'utilisation des titres 2026 : ils restent utilisables en janvier et février 2027, puis peuvent être rendus dans les quinze jours suivants pour être échangés gratuitement contre des titres valables pour la période suivante.
  5. Suivre l'examen au Sénat et la publication éventuelle de la loi au Journal officiel, avant de modifier votre communication interne.
  6. Relire votre contrat avec l'émetteur : support utilisé, frais de service, durée, conditions de résiliation, en anticipant l'avenant prévu par la réforme.

Les titres qui ne sont ni utilisés ni échangés dans les délais deviennent définitivement périmés. Selon l'article L3262-5 du code du travail, leur contre-valeur est alors versée au budget des activités sociales et culturelles des entreprises qui ont acheté les titres : elle ne revient donc pas librement dans la trésorerie de l'employeur.

En résumé : le titre-restaurant 2026 se pilote, il ne se subit pas

En 2026, la règle du jeu reste celle du code du travail : une participation de 50 à 60 %, une exonération limitée à 7,32 € par titre, un titre par repas compris dans l'horaire, un plafond d'usage de 25 € par jour et un usage le dimanche réservé, sur décision de l'employeur, aux salariés qui travaillent ce jour-là. La réforme adoptée par l'Assemblée nationale le 12 octobre 2026 annonce un titre dématérialisé, utilisable tous les jours, avec une entrée en vigueur prévue en 2028, mais elle doit encore être examinée par le Sénat.

Le bon réflexe consiste à sécuriser dès maintenant votre paramétrage de paie et votre décompte, puis à préparer sereinement la transition. Pour auditer votre dispositif, fixer la valeur faciale la plus efficace ou adapter votre politique d'avantages, les équipes FINAUDEC de notre pôle social et paie vous accompagnent, en lien avec votre comptabilité. Les montants et références cités sont issus de la fiche Service-public consacrée aux titres-restaurant et des textes officiels.

Nos clients

Foire aux questions

Quel est le plafond d'exonération du titre-restaurant en 2026 ?

Pour les titres émis à partir du 1er janvier 2026, la part financée par l'employeur est exonérée de cotisations sociales dans la limite de 7,32 € par titre, contre 7,26 € en 2025. Cette exonération suppose aussi que la participation patronale représente entre 50 % et 60 % de la valeur du titre. La valeur faciale permettant d'atteindre l'exonération maximale se situe donc entre 12,20 € et 14,64 €.

Peut-on utiliser un titre-restaurant le dimanche en 2026 ?

En principe non. L'article R3262-8 du code du travail interdit l'usage des titres les dimanches et jours fériés. L'employeur peut toutefois l'autoriser pour les salariés qui travaillent ces jours-là, ce qui concerne directement les restaurants et hôtels. Il doit alors le mentionner très visiblement sur les titres papier, ou informer les salariés concernés avant l'émission des titres dématérialisés.

L'employeur est-il obligé de donner des titres-restaurant ?

Non, la loi ne rend pas leur attribution obligatoire : c'est un avantage que l'entreprise choisit de mettre en place, sauf engagement conventionnel, accord collectif ou usage qui l'impose. En revanche, dès que l'entreprise en attribue, les règles s'appliquent : participation entre 50 % et 60 %, un titre par repas compris dans l'horaire de travail et égalité de traitement entre salariés placés dans la même situation.

Un salarié en télétravail a-t-il droit au titre-restaurant ?

Oui. L'Urssaf précise qu'un salarié en télétravail dont la journée comporte une pause méridienne réservée à la prise d'un repas a droit à l'attribution d'un titre-restaurant, dans les mêmes conditions qu'un salarié présent sur site. Refuser les titres aux seuls télétravailleurs expose l'entreprise à une rupture d'égalité de traitement et à des rappels.

Background Image
Chaque projet commence par une rencontre. Partagez-nous vos ambitions, vos défis ou vos interrogations : nous sommes là pour vous guider. Prenez contact dès maintenant et faisons ensemble le premier pas vers une réussite durable.
Contactez nos experts