Actualités comptables & fiscales

Le titre-restaurant 2026 concerne plus que jamais les employeurs : le plafond d'exonération a été relevé au 1er janvier, la dérogation qui permet de faire ses courses alimentaires arrive à échéance le 31 décembre 2026, et l'Assemblée nationale a adopté le 12 octobre 2026 une proposition de loi qui réécrit le dispositif. Il devient facile de confondre ce qui est en vigueur et ce qui reste à confirmer.
Une erreur sur le titre-restaurant se révèle souvent lors d'un contrôle Urssaf, sous la forme d'un redressement. Ce guide fait le point sur les règles applicables en 2026, sur la réforme, et vous donne une méthode chiffrée pour fixer la bonne valeur faciale.
Chez FINAUDEC, cabinet d'expertise comptable spécialisé notamment en hôtellerie et restauration, nous accompagnons des employeurs qui sont parfois des deux côtés du dispositif : ils distribuent des titres à leurs équipes et en encaissent auprès de leurs clients.
Pour l'année 2026, trois éléments structurent la situation de l'employeur. Le premier est mécanique : la limite d'exonération de la part patronale passe de 7,26 € à 7,32 € par titre pour les titres émis à partir du 1er janvier 2026, comme l'a rappelé Service Public Entreprendre. Cette limite est rattachée à l'article 81 du code général des impôts, qui organise l'exonération.
Le deuxième est une échéance : la possibilité d'utiliser les titres pour tout produit alimentaire, même non directement consommable (pâtes, farine, conserves, viande crue), a été prolongée jusqu'au 31 décembre 2026 par la loi n° 2025-56 du 21 janvier 2025. Sans nouvelle prolongation, les titres reviendraient en 2027 à leur usage d'origine : le repas ou les produits directement consommables.
Le troisième est une réforme en cours, adoptée en première lecture par l'Assemblée nationale le 12 octobre 2026 et détaillée plus bas : elle n'est pas encore définitive.
Le titre-restaurant n'est pas une obligation légale : l'employeur choisit de l'attribuer, sauf si un accord collectif, un engagement unilatéral ou un usage le lui impose. En revanche, dès qu'il le met en place, il doit respecter un cadre précis pour bénéficier de l'exonération de cotisations, contrôlé par l'Urssaf.
La contribution de l'employeur doit être comprise entre 50 % et 60 % de la valeur nominale du titre. Le salarié finance le solde, soit 40 % à 50 %, généralement par une retenue sur son salaire net. Une participation inférieure à 50 % ou supérieure à 60 % fait perdre le bénéfice de l'exonération : la part patronale devient alors un élément de rémunération soumis à cotisations.
Si le comité social et économique (CSE) participe lui aussi au financement, l'Urssaf demande d'additionner les deux participations pour apprécier le respect des limites. Un CSE qui complète la part de l'employeur peut donc, sans que personne ne s'en aperçoive, faire franchir le seuil de 60 % ou le plafond de 7,32 €.
Même dans la fourchette de 50 à 60 %, l'exonération est limitée à 7,32 € par titre en 2026. Au-delà, la fraction excédentaire est réintégrée dans l'assiette des cotisations sociales. Côté salarié, l'article 81, 19° du code général des impôts exonère d'impôt sur le revenu la part patronale dans la même limite.
Pour atteindre exactement le plafond, la valeur faciale doit se situer entre 12,20 € (7,32 € représentant alors 60 % du titre) et 14,64 € (7,32 € représentant 50 %). En dessous de 12,20 €, vous restez exonéré mais vous n'utilisez pas tout le potentiel ; au-dessus de 14,64 €, il devient impossible de respecter à la fois la fourchette et le plafond sans payer des cotisations sur l'excédent.
L'article R3262-7 du code du travail est clair : un même salarié ne peut recevoir qu'un titre-restaurant par repas compris dans son horaire de travail journalier, et ce titre ne peut être utilisé que par lui. L'Urssaf illustre la règle : un salarié qui travaille cinq jours par semaine de 9 heures à 17 heures peut recevoir cinq titres par semaine.
Concrètement, les jours d'absence (congés payés, maladie, RTT, jours de formation avec repas pris en charge) n'ouvrent pas droit à un titre. Un salarié à temps partiel dont l'horaire ne couvre pas la pause déjeuner n'y a pas droit non plus, alors que celui dont la journée inclut un repas doit être traité comme un temps plein pour ce jour-là.
| Règle | Droit en vigueur en 2026 |
|---|---|
| Participation de l'employeur | Entre 50 % et 60 % de la valeur du titre |
| Exonération de la part patronale | Dans la limite de 7,32 € par titre (titres émis depuis le 1er janvier 2026) |
| Valeur faciale optimale | Entre 12,20 € et 14,64 € |
| Nombre de titres | Un titre par repas compris dans l'horaire de travail journalier |
| Plafond d'utilisation | 25 € par jour |
| Dimanche et jours fériés | Interdit, sauf décision de l'employeur pour les salariés qui travaillent ces jours-là |
| Produits achetables | Tout produit alimentaire, consommable immédiatement ou non, jusqu'au 31 décembre 2026 |
| Validité | Année civile d'émission, puis janvier et février de l'année suivante |
Quelle valeur choisir pour offrir le maximum à vos salariés sans créer de charges sociales ? Tout dépend du taux de participation retenu : plus il est élevé, plus la valeur faciale optimale est basse.
Un titre de 12,20 € à 60 % pèse moins sur le net du salarié ; un titre de 14,64 € à 50 % offre plus de pouvoir d'achat, mais augmente la retenue. Pour mesurer l'effet global sur votre masse salariale, vous pouvez utiliser notre simulateur de coût du personnel.
Prenons une PME de restauration organisée en groupe : un siège administratif et des fonctions support (comptabilité, achats, ressources humaines, encadrement) qui regroupent 15 salariés. Ces salariés ne bénéficient pas du repas pris sur place avec les équipes de salle et de cuisine. La direction envisage de leur attribuer des titres-restaurant et hésite entre deux options.
On retient, à titre d'hypothèse, 220 jours travaillés par salarié et par an incluant un repas dans l'horaire, une fois déduits les congés, les jours fériés chômés et une moyenne d'absences. Le volume annuel est donc de 15 × 220 = 3 300 titres.
La part employeur est de 12,20 × 60 % = 7,32 € par titre, soit exactement le plafond. Elle est intégralement exonérée. Le coût annuel pour l'entreprise est de 3 300 × 7,32 = 24 156 €. Chaque salarié supporte 4,88 € par titre, soit 1 073,60 € sur l'année (220 × 4,88 €), retenus sur son net.
La part employeur est de 14 × 60 % = 8,40 € par titre. Elle respecte la fourchette de 50 à 60 %, mais dépasse le plafond de 1,08 €. Ce dépassement, multiplié par 3 300 titres, représente 3 564 € à réintégrer dans l'assiette des cotisations sur l'année, réparti sur les bulletins de paie de chaque mois.
Pour évaluer le surcoût de l'option B, on retient une hypothèse de charges patronales de 40 % sur l'excédent (le taux réel dépend de votre effectif, des niveaux de salaire et de la réduction générale de cotisations). Le coût direct passe à 3 300 × 8,40 = 27 720 €, auquel s'ajoutent environ 1 426 € de cotisations patronales, soit près de 29 146 €.
| Indicateur | Option A : titre de 12,20 € à 60 % | Option B : titre de 14 € à 60 % |
|---|---|---|
| Part employeur par titre | 7,32 € | 8,40 € |
| Part salarié par titre | 4,88 € | 5,60 € |
| Coût direct annuel employeur | 24 156 € | 27 720 € |
| Fraction soumise à cotisations | 0 € | 3 564 € |
| Cotisations patronales sur l'excédent (hypothèse 40 %) | 0 € | ≈ 1 426 € |
| Coût total employeur estimé | 24 156 € | ≈ 29 146 € |
Conclusion du cas : l'option B coûte environ 5 000 € de plus pour un gain de 1,80 € de valeur faciale par titre, dont une partie est absorbée par les cotisations. Si l'objectif est d'améliorer le pouvoir d'achat, il est souvent plus efficace de passer à un titre de 14,64 € financé à 50 % : la part patronale reste à 7,32 €, totalement exonérée, et c'est la part salariale qui augmente.
C'est l'une des questions les plus fréquentes dans le secteur HCR, où le travail le dimanche est la norme. Selon l'article R3262-8 du code du travail, les titres-restaurant ne peuvent pas être utilisés les dimanches et jours fériés. Mais l'employeur peut décider de lever cette interdiction pour les salariés qui travaillent ces jours-là.
La forme de la décision dépend du support des titres. Pour des titres papier, la mention de l'autorisation doit figurer de façon très apparente sur les titres eux-mêmes. Pour des titres dématérialisés (carte ou application), l'employeur doit informer par tout moyen les salariés concernés, avant l'émission des titres.
La proposition de loi n° 2892, déposée le 9 juin 2026 par le député Christophe Naegelen et plusieurs de ses collègues, a fait l'objet d'une procédure accélérée engagée par le Gouvernement le 28 septembre 2026. Après son passage en commission des affaires sociales le 7 octobre, elle a été adoptée en séance le 12 octobre 2026, comme le retrace le dossier législatif de l'Assemblée nationale.
Le texte adopté en séance n'étant pas encore publié au moment où nous écrivons, l'analyse qui suit repose sur le texte de la commission (n° 3274). Des amendements ont pu le modifier en séance, et le Sénat pourra encore le faire évoluer.
Le texte de la commission prévoit une entrée en vigueur au 1er janvier 2028, pour les titres émis au titre de 2028 et des années suivantes, les contrats en cours faisant l'objet d'un avenant si nécessaire. Il prolonge par ailleurs d'un an la dérogation actuelle, en remplaçant l'année 2026 par 2027 dans la loi du 16 août 2022.
Le texte de la commission ne touche ni au plafond journalier de 25 €, fixé par l'article R3262-10 du code du travail, ni au régime social et fiscal de la part patronale. La fourchette de 50 à 60 % et la limite d'exonération indexée restent la référence pour la paie.
| Sujet | Règle en 2026 | Texte de la commission (entrée en vigueur prévue en 2028) |
|---|---|---|
| Support | Papier, carte ou application | Titre défini comme un titre spécial de paiement dématérialisé |
| Dimanche et jours fériés | Usage interdit, sauf décision de l'employeur pour les salariés travaillant ces jours-là | Utilisation possible tous les jours de la semaine, y compris dimanches et jours fériés |
| Produits alimentaires | Tout produit alimentaire jusqu'au 31 décembre 2026 | Repas ou produits alimentaires, sauf catégories exclues par décret ; dérogation actuelle prolongée d'un an (2027) |
| Commerces acceptants | Restaurateurs et assimilés, détaillants en fruits et légumes, plus dérogation temporaire | Liste étendue aux activités de commerce de détail alimentaire |
| Commissions des émetteurs | Négociées librement | Plafonnement possible par décret en Conseil d'État, récapitulatif annuel des frais au commerçant |
| Remises à l'employeur | — | Interdiction de remise ramenant le prix d'achat sous la valeur des titres |
| Titres non utilisés | Échange dans les quinze jours suivant la période d'utilisation | Possibilité de don à des associations d'aide alimentaire habilitées |
Le texte adopté le 12 octobre 2026 par l'Assemblée nationale doit encore passer devant le Sénat, puis, en cas de désaccord, en commission mixte paritaire. Son contenu peut évoluer d'ici là.
Tant qu'aucune loi n'est promulguée et publiée au Journal officiel, ce sont les règles actuelles du code du travail qui s'appliquent à vos titres 2026 : pas d'usage le dimanche sans décision de votre part, plafond journalier de 25 €, dérogation alimentaire jusqu'au 31 décembre 2026.
Plafond d'exonération de la part patronale porté à 7,32 € pour les titres émis à partir de cette date.
Dépôt à l'Assemblée nationale de la proposition de loi visant à moderniser et rééquilibrer le fonctionnement du titre-restaurant.
Adoption du texte en première lecture par l'Assemblée nationale, en procédure accélérée. Il doit encore être examiné par le Sénat.
Fin, en l'état du droit, de la dérogation qui permet de payer tout produit alimentaire, même non directement consommable.
Fin de la période d'utilisation des titres millésimés 2026, puis quinze jours pour les échanger auprès de l'employeur.
Date d'entrée en vigueur prévue par le texte de la commission pour la réforme (titres émis au titre de 2028 et des années suivantes).
Le traitement paie est plus simple qu'il n'y paraît, mais il demande de la rigueur dans le décompte. La part salariale apparaît sur le bulletin comme une retenue sur le net à payer, après les cotisations. La part patronale exonérée n'apparaît pas dans l'assiette des cotisations ; seule la fraction excédentaire éventuelle y est réintégrée. Pour vous repérer dans ces lignes, consultez notre guide pour lire une fiche de paie ligne par ligne.
Lors de l'achat des titres auprès de l'émetteur, l'entreprise décaisse la valeur faciale totale des titres, augmentée des frais de service. La part patronale constitue une charge de personnel déductible du résultat imposable, les frais de l'émetteur une charge externe, et la part salariale est récupérée par la retenue sur salaire.
Dans la restauration et l'hôtellerie, la plupart des salariés de salle et de cuisine prennent leur repas sur place. La convention collective HCR encadre cet avantage nourriture, qui fait l'objet d'une évaluation forfaitaire en paie : nous l'expliquons en détail dans notre article sur l'avantage en nature repas HCR. Le titre-restaurant n'a pas vocation à s'y ajouter pour le même repas, puisque le code du travail limite l'attribution à un titre par repas compris dans l'horaire.
Le titre-restaurant trouve en revanche toute sa place pour les salariés qui ne bénéficient pas du repas sur place : fonctions support d'un groupe, équipes d'un hôtel sans restauration, personnels de réception aux horaires décalés, salariés en télétravail. Les spécificités de paie propres au secteur sont détaillées dans notre guide de la convention collective HCR.
Si votre restaurant accepte les titres de vos clients, la réforme vous concerne à double titre. L'encadrement envisagé des commissions et la remise, chaque mois de janvier, d'un récapitulatif annuel des frais exprimés en pourcentage des titres perçus vous permettraient de mieux mesurer le coût réel de ce moyen de paiement. À l'inverse, l'ouverture pérenne aux commerces alimentaires et l'usage tous les jours pourraient déplacer une partie des dépenses vers la grande distribution.
Les redressements portent rarement sur le principe, presque toujours sur l'application. Voici les erreurs les plus fréquentes.
Les prochains mois sont décisifs : fin de la dérogation alimentaire au 31 décembre 2026 sauf prolongation, échange des titres millésimés 2026, préparation d'une réforme annoncée pour 2028. Voici les actions à mener dans l'ordre.
Les titres qui ne sont ni utilisés ni échangés dans les délais deviennent définitivement périmés. Selon l'article L3262-5 du code du travail, leur contre-valeur est alors versée au budget des activités sociales et culturelles des entreprises qui ont acheté les titres : elle ne revient donc pas librement dans la trésorerie de l'employeur.
En 2026, la règle du jeu reste celle du code du travail : une participation de 50 à 60 %, une exonération limitée à 7,32 € par titre, un titre par repas compris dans l'horaire, un plafond d'usage de 25 € par jour et un usage le dimanche réservé, sur décision de l'employeur, aux salariés qui travaillent ce jour-là. La réforme adoptée par l'Assemblée nationale le 12 octobre 2026 annonce un titre dématérialisé, utilisable tous les jours, avec une entrée en vigueur prévue en 2028, mais elle doit encore être examinée par le Sénat.
Le bon réflexe consiste à sécuriser dès maintenant votre paramétrage de paie et votre décompte, puis à préparer sereinement la transition. Pour auditer votre dispositif, fixer la valeur faciale la plus efficace ou adapter votre politique d'avantages, les équipes FINAUDEC de notre pôle social et paie vous accompagnent, en lien avec votre comptabilité. Les montants et références cités sont issus de la fiche Service-public consacrée aux titres-restaurant et des textes officiels.
Pour les titres émis à partir du 1er janvier 2026, la part financée par l'employeur est exonérée de cotisations sociales dans la limite de 7,32 € par titre, contre 7,26 € en 2025. Cette exonération suppose aussi que la participation patronale représente entre 50 % et 60 % de la valeur du titre. La valeur faciale permettant d'atteindre l'exonération maximale se situe donc entre 12,20 € et 14,64 €.
En principe non. L'article R3262-8 du code du travail interdit l'usage des titres les dimanches et jours fériés. L'employeur peut toutefois l'autoriser pour les salariés qui travaillent ces jours-là, ce qui concerne directement les restaurants et hôtels. Il doit alors le mentionner très visiblement sur les titres papier, ou informer les salariés concernés avant l'émission des titres dématérialisés.
Non, la loi ne rend pas leur attribution obligatoire : c'est un avantage que l'entreprise choisit de mettre en place, sauf engagement conventionnel, accord collectif ou usage qui l'impose. En revanche, dès que l'entreprise en attribue, les règles s'appliquent : participation entre 50 % et 60 %, un titre par repas compris dans l'horaire de travail et égalité de traitement entre salariés placés dans la même situation.
Oui. L'Urssaf précise qu'un salarié en télétravail dont la journée comporte une pause méridienne réservée à la prise d'un repas a droit à l'attribution d'un titre-restaurant, dans les mêmes conditions qu'un salarié présent sur site. Refuser les titres aux seuls télétravailleurs expose l'entreprise à une rupture d'égalité de traitement et à des rappels.