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Conseils de gestion

Commissaire aux apports : rôle et cas où il est obligatoire

Auteur
Jose Amar
Date
20.10.2026
Durée
17 minutes
Commissaire aux apports : quand est-il obligatoire, dispense des 30 000 €, contenu du rapport, responsabilités. Guide chiffré et checklist pour vos apports.
Commissaire aux apports examinant l'évaluation des apports en nature lors de la création d'une société
Avant propos
Cet article a une vocation strictement informative. Les règles fiscales et comptables évoluent régulièrement, et chaque situation présente ses propres spécificités qui ne peuvent pas être traitées dans un contenu général. Aucune décision ne devrait être prise sur la seule base des éléments présentés ici.

Pour sécuriser votre projet, prenez rendez-vous avec le cabinet FINAUDEC. Un échange personnalisé reste le seul moyen d'obtenir une réponse adaptée à votre situation.
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Un associé apporte son fonds de restaurant, son four de boulangerie ou les titres de sa société d'exploitation à une nouvelle structure : dans la plupart de ces situations, la loi impose l'intervention d'un commissaire aux apports. Ce professionnel indépendant apprécie, sous sa responsabilité, la valeur des apports en nature, afin que le capital social affiché corresponde à une réalité économique. Un apport surévalué gonfle artificiellement le capital, fausse la répartition du pouvoir entre associés et trompe les créanciers.

Le sujet paraît technique, mais il conditionne la sécurité juridique de votre opération : faut-il un commissaire aux apports obligatoire dans votre cas, pouvez-vous vous en dispenser, que contiendra le rapport du commissaire aux apports et qu'engagez-vous si vous passez outre ? Ce guide répond à chacune de ces questions, textes du Code de commerce à l'appui, avec un cas pratique chiffré et une checklist.

Chez FINAUDEC, cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes à Paris, nous intervenons régulièrement sur des créations de sociétés, des apports de fonds de commerce en hôtellerie-restauration et des structurations de holdings : les conseils qui suivent sont tirés de ces dossiers.

Qu'est-ce qu'un commissaire aux apports et quel est son rôle ?

Le commissaire aux apports est un professionnel chargé d'apprécier la valeur des apports en nature faits à une société, ainsi que, le cas échéant, les avantages particuliers consentis à un associé (par exemple un droit prioritaire sur les bénéfices). Il intervient lors de la constitution d'une société ou lors d'une augmentation de capital rémunérée par des biens autres que de l'argent.

Sa mission n'est pas de fixer le prix à la place des associés. Il exerce un contrôle de l'évaluation proposée par l'apporteur : il vérifie que les biens existent, qu'ils appartiennent bien à l'apporteur, que la méthode retenue est pertinente et que la valeur globale est au moins égale au montant du capital (et de la prime d'émission éventuelle) rémunérant l'apport. Il protège ainsi trois publics : les autres associés, les futurs investisseurs et les créanciers, qui se fient au capital social comme indicateur de solidité.

Apport en nature, en numéraire ou en industrie : ce qui est concerné

Seuls les apports en nature déclenchent l'intervention du commissaire. Un apport en numéraire (une somme d'argent déposée sur un compte bloqué) n'a pas besoin d'être évalué : sa valeur est certaine. L'apport en industrie (savoir-faire, travail) n'est pas visé par les textes sur le commissariat aux apports, qui ne concernent que les apports en nature et les avantages particuliers.

Constituent en revanche des apports en nature : un fonds de commerce (clientèle, droit au bail, matériel, enseigne), un immeuble, des véhicules, du mobilier, une marque, un logiciel, des stocks ou encore des titres de société. Ce dernier cas est très fréquent lors de la création d'une holding, lorsque le dirigeant apporte les actions ou parts de sa société d'exploitation.

Commissaire aux apports, commissaire aux comptes, commissaire à la fusion : ne pas confondre

Le commissaire aux apports intervient de manière ponctuelle, pour une opération donnée. Le commissaire aux comptes, lui, certifie chaque année les comptes d'une société pendant un mandat : nous détaillons ce rôle dans notre article sur la mission et les rapports du commissaire aux comptes. Le commissaire à la fusion apprécie les modalités d'une fusion, et notamment le caractère équitable du rapport d'échange. Enfin, le commissaire à la transformation intervient lors d'un changement de forme sociale, comme expliqué dans notre guide sur la transformation de SARL en SAS.

Dans quels cas le commissaire aux apports est-il obligatoire ?

Le principe est simple : dès qu'une société reçoit un apport en nature, son évaluation doit en principe reposer sur le rapport d'un commissaire aux apports. Les modalités varient ensuite selon la forme sociale et selon qu'il s'agit d'une création ou d'une augmentation de capital. Le tableau ci-dessous synthétise les règles en vigueur.

Commissaire aux apports obligatoire : synthèse par opération
OpérationPrincipeDispense possibleTexte
Constitution d'une SARL / EURL avec apport en natureCommissaire aux apports désigné à l'unanimité des futurs associés ou par le jugeOui : chaque apport ≤ 30 000 € et total non évalué ≤ moitié du capital, décision unanimeArt. L. 223-9 et D. 223-6-1 C. com.
Constitution d'une SAS / SASU avec apport en natureRapport d'un commissaire aux apports annexé aux statutsOui : mêmes conditions (seuil de 30 000 € fixé par l'art. D. 227-3)Art. L. 227-1 et D. 227-3 C. com.
Constitution d'une SA avec apport en nature ou avantages particuliersCommissaire(s) désigné(s) à l'unanimité des fondateurs ou par le jugePas de dispense de seuilArt. L. 225-8 et L. 225-14 C. com.
Augmentation de capital en nature d'une SARLCommissaire désigné à l'unanimité des associés ou par le jugeAucun mécanisme de dispense prévu par le texteArt. L. 223-33 C. com.
Augmentation de capital en nature d'une SA ou d'une SASCommissaire(s) désigné(s) à l'unanimité des actionnaires ou par le jugeCas limités : titres cotés ou actifs déjà évalués à la juste valeurArt. L. 225-147 et L. 225-147-1 C. com.
Fusion comportant des apports en natureLe commissaire à la fusion établit le rapport sur les apportsSi l'on renonce au commissaire à la fusion, un commissaire aux apports doit intervenirArt. L. 236-10 C. com.

À la constitution d'une SARL ou d'une EURL

L'article L. 223-9 du Code de commerce prévoit que les statuts doivent contenir l'évaluation de chaque apport en nature, au vu d'un rapport annexé établi par un commissaire aux apports. Celui-ci est désigné à l'unanimité des futurs associés ou, à défaut, par décision de justice à la demande du futur associé le plus diligent. Dans une EURL, c'est l'associé unique qui le désigne.

À la constitution d'une SAS ou d'une SASU

La SAS emprunte en principe les règles de la société anonyme, mais l'article L. 227-1 du Code de commerce lui ouvre la même faculté de dispense que la SARL. Le rapport du commissaire est annexé aux statuts. Dans une SASU, l'associé unique désigne le commissaire aux apports.

À la constitution d'une SA

Dans la société anonyme, un ou plusieurs commissaires aux apports sont désignés à l'unanimité des fondateurs ou, à défaut, par décision de justice. Aucun seuil de dispense n'est prévu à la création. L'assemblée générale constitutive ne peut réduire l'évaluation des apports qu'à l'unanimité des souscripteurs.

Lors d'une augmentation de capital par apport en nature

Pour la SARL, l'article L. 223-33 renvoie à l'intervention d'un commissaire aux apports désigné à l'unanimité des associés ou, à défaut, par le juge. Pour la SA et la SAS, l'article L. 225-147 du Code de commerce impose un ou plusieurs commissaires aux apports, désignés à l'unanimité des actionnaires ou, à défaut, par décision de justice. Si l'assemblée réduit l'évaluation, l'approbation expresse des apporteurs est requise, faute de quoi l'augmentation de capital n'est pas réalisée.

Lors d'une fusion ou d'un apport partiel d'actif

En cas de fusion comportant des apports en nature, c'est le commissaire à la fusion qui établit le rapport sur la valeur des apports. Si les actionnaires de toutes les sociétés participantes renoncent à l'unanimité à la désignation d'un commissaire à la fusion, un commissaire aux apports doit néanmoins intervenir pour apprécier les apports (article L. 236-10 du Code de commerce). La renonciation au premier ne supprime donc pas le contrôle de la valeur.

Commissaire aux apports obligatoire ou non : comment fonctionne la dispense ?

À la création d'une SARL ou d'une SAS, les futurs associés peuvent décider de ne pas recourir à un commissaire aux apports si trois conditions cumulatives sont réunies :

  • la valeur de chaque apport en nature n'excède pas 30 000 € ;
  • la valeur totale des apports en nature non soumis à l'évaluation d'un commissaire n'excède pas la moitié du capital ;
  • la décision est prise à l'unanimité des futurs associés.

Le seuil de 30 000 € est fixé par l'article D. 223-6-1 du Code de commerce pour la SARL et par l'article D. 227-3 pour la SAS. Les deux conditions chiffrées s'apprécient ensemble : un apport unique de 25 000 € dans une société au capital de 40 000 € respecte le plafond individuel, mais dépasse la moitié du capital (20 000 €). Le commissaire reste alors obligatoire.

Le cas particulier de l'entrepreneur individuel

Dans une EURL ou une SASU, le recours au commissaire n'est pas non plus obligatoire lorsque l'associé unique, personne physique exerçant son activité professionnelle en nom propre avant la constitution, apporte des éléments qui figuraient dans le bilan de son dernier exercice. C'est le schéma classique du restaurateur ou du boulanger en entreprise individuelle qui passe en société : les valeurs sont alors déjà documentées par une comptabilité.

Arbre de décision : faut-il un commissaire aux apports à la constitution d'une SARL ou d'une SAS ?

1. La société reçoit-elle au moins un apport en nature (fonds de commerce, matériel, titres, immeuble, marque) ?
Non : pas de commissaire aux apports (apports en numéraire uniquement)Oui : question 2
2. S'agit-il d'une société unipersonnelle dont l'associé unique, personne physique exerçant en nom propre, apporte des éléments figurant au bilan de son dernier exercice ?
Oui : recours non obligatoireNon : question 3
3. Chaque apport en nature vaut-il 30 000 € ou moins ?
Non : commissaire aux apports obligatoireOui : question 4
4. Le total des apports en nature non évalués par un commissaire dépasse-t-il la moitié du capital ?
Oui : commissaire aux apports obligatoireNon : question 5
5. Tous les futurs associés décident-ils, à l'unanimité, de s'en dispenser ?
Non : commissaire aux apports obligatoireOui : dispense possible
Dispense obtenue : les associés restent solidairement responsables pendant cinq ans, à l'égard des tiers, de la valeur attribuée aux apports en nature.

Attention : la dispense est une faculté, pas une recommandation. Lorsqu'elle est utilisée, ou lorsque les associés retiennent une valeur différente de celle proposée par le commissaire, ils sont solidairement responsables pendant cinq ans, à l'égard des tiers, de la valeur attribuée aux apports en nature. Sur un apport de 28 000 € de matériel d'occasion, l'économie d'honoraires peut se révéler un mauvais calcul si la valeur est contestée par un créancier.

Point de vigilance

La dispense des 30 000 € est prévue pour la constitution d'une SARL ou d'une SAS. Pour une augmentation de capital par apport en nature, les textes renvoient à la désignation d'un commissaire aux apports sans reprendre ce mécanisme de dispense : ne transposez pas mécaniquement le seuil de la création à l'augmentation de capital.

Cas pratique : création d'une SAS de restauration avec apport d'un fonds de commerce

Paul exploite une brasserie en entreprise individuelle. Il s'associe avec Claire pour créer une SAS qui reprendra l'exploitation et financera des travaux. Paul apporte son fonds de commerce, qu'il valorise à 85 000 € ; Claire apporte 40 000 € en numéraire. Le capital envisagé est de 125 000 €, soit 68 % pour Paul et 32 % pour Claire.

Étape 1 : le commissaire est-il obligatoire ?

La société comptant deux associés, l'exception de l'entrepreneur individuel apporteur unique ne joue pas. L'apport de Paul (85 000 €) dépasse le plafond de 30 000 € : la dispense est impossible, quel que soit l'accord des associés. Le commissaire aux apports est donc obligatoire et son rapport sera annexé aux statuts.

Étape 2 : l'appréciation de la valeur

Le commissaire examine les comptes des derniers exercices, le bail commercial et sa durée restante, l'état du matériel et les méthodes de valorisation (rentabilité, chiffre d'affaires, comparables). Pour comprendre ces méthodes, reportez-vous à notre guide sur la valorisation d'un fonds de commerce. Il constate que le matériel de cuisine est en partie amorti et à renouveler, et que le bail arrive à échéance prochainement : il conclut à une valeur de 72 000 €.

Cascade : de la valeur proposée au nouveau capital

Valeur du fonds proposée par Paul85 000 €
Apport en numéraire de Claire40 000 €
Capital envisagé (85 000 + 40 000)125 000 €
Test 1 : apport de Paul supérieur à 30 000 €Dispense impossible
Valeur appréciée par le commissaire aux apports72 000 €
Écart à arbitrer (85 000 − 72 000)13 000 €
Capital si la valeur est ramenée à 72 000 € (72 000 + 40 000)112 000 €
Part de Paul (72 000 / 112 000)64,3 %
Part de Claire (40 000 / 112 000)35,7 %
Répartition initialement prévue : 68 % / 32 %Écart de 3,7 points

Étape 3 : l'arbitrage des associés

Trois options s'ouvrent. Première option : retenir 72 000 € ; le capital passe à 112 000 € et Paul détient 64,3 % au lieu de 68 %, soit une perte de 3,7 points de droits de vote et de dividendes. Deuxième option : Paul complète son apport par 13 000 € en numéraire pour conserver un capital de 125 000 € et sa quote-part initiale. Troisième option : maintenir 85 000 € contre l'avis du commissaire ; les associés engagent alors leur responsabilité solidaire pendant cinq ans envers les tiers pour l'écart, et s'exposent au risque pénal en cas de surévaluation frauduleuse.

Variante : la boulangerie et ses petits apports

Une SARL de boulangerie est créée avec un capital de 50 000 €. Les associés apportent 28 000 € en numéraire, un four de 14 000 € et un véhicule de livraison de 8 000 €. Chaque apport en nature est inférieur à 30 000 € et leur total (22 000 €) n'excède pas la moitié du capital (25 000 €) : la dispense est possible à l'unanimité. Si le four était valorisé 18 000 €, le total des apports en nature atteindrait 26 000 € et dépasserait la moitié du capital : le commissaire redeviendrait obligatoire.

Qui peut être commissaire aux apports et comment est-il désigné ?

Pour la SARL, l'article R. 223-6 du Code de commerce prévoit que le commissaire aux apports est choisi parmi les commissaires aux comptes inscrits ou parmi les experts inscrits sur les listes établies par les cours et tribunaux. À défaut d'unanimité des associés, il est désigné par ordonnance du président du tribunal de commerce statuant sur requête.

Le commissaire aux apports est soumis aux règles d'incompatibilité applicables aux commissaires aux comptes (article L. 821-31 du Code de commerce, auquel renvoient les articles L. 225-8 et L. 225-147). Il ne peut notamment pas détenir d'intérêt dans la société bénéficiaire de l'apport ou dans une entité qui la contrôle ou qu'elle contrôle. Il doit être indépendant de l'apporteur comme de la société.

Comment se déroule une mission de commissaire aux apports ?

La mission suit un enchaînement précis, qui doit être anticipé dans le rétroplanning de l'opération : la date de signature des statuts ou de l'assemblée générale dépend de la remise du rapport.

Les 6 étapes d'une mission de commissariat aux apports

1Désignation

À l'unanimité des associés ou, à défaut, par décision de justice sur requête.

2Acceptation

Contrôle des incompatibilités, lettre de mission, calendrier aligné sur la date d'assemblée.

3Collecte

Projet de traité d'apport, comptes, titres de propriété, baux, rapport d'évaluation de l'apporteur.

4Diligences

Existence et propriété des biens, méthodes de valorisation, hypothèses, événements postérieurs.

5Rapport

Conclusion sur la valeur des apports et, le cas échéant, sur les avantages particuliers.

6Mise à disposition

Annexe aux statuts ou dépôt au siège et au greffe avant l'assemblée selon la forme sociale.

Les documents à préparer

Le délai de la mission dépend surtout de la qualité du dossier transmis. Rassemblez en amont :

  • le projet de statuts ou de traité d'apport, avec la description précise de chaque bien apporté ;
  • les trois derniers bilans et comptes de résultat de l'activité apportée, le cas échéant ;
  • les justificatifs de propriété (factures, actes, certificats d'immatriculation, dépôt de marque) ;
  • le bail commercial et ses avenants pour un fonds de commerce ;
  • la note d'évaluation de l'apporteur, avec ses hypothèses et ses méthodes ;
  • l'état des inscriptions (nantissements, privilèges) grevant les biens.

Pour un apport de titres à une holding, ajoutez les comptes de la société dont les titres sont apportés, un prévisionnel et le pacte d'associés éventuel. Notre article consacré à la holding immobilière détaille les enjeux de structuration qui accompagnent souvent ce type d'apport.

Que contient le rapport du commissaire aux apports ?

Le rapport du commissaire aux apports est le livrable qui fonde l'évaluation inscrite dans les statuts ou soumise à l'assemblée. Il est rédigé conformément à la doctrine professionnelle de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes et comporte, en pratique :

  • la description de chaque apport et de sa rémunération (nombre de titres émis, prime d'apport éventuelle) ;
  • les méthodes d'évaluation retenues et les raisons de ce choix ;
  • les diligences mises en œuvre et leurs limites ;
  • une conclusion indiquant si la valeur des apports est au moins égale au montant de l'augmentation de capital, prime d'émission comprise, ou si elle est surévaluée ;
  • le cas échéant, l'appréciation des avantages particuliers.

La conclusion peut être sans réserve, assortie d'observations ou défavorable. Une conclusion défavorable n'empêche pas juridiquement les associés de retenir la valeur proposée, mais elle engage leur responsabilité et alerte tout tiers qui consultera le dossier au greffe.

Mise à disposition et délais

Rapport du commissaire aux apports : où et quand le mettre à disposition
SituationMise à disposition du rapportRéférence
Création d'une SARL ou d'une SASRapport annexé aux statuts, qui contiennent l'évaluation de chaque apport en natureArt. L. 223-9 et L. 227-1 C. com.
Création d'une SARapport déposé au greffe avec le projet de statuts, à la disposition des souscripteursArt. L. 225-8 C. com.
Augmentation de capital en nature d'une SA (et par renvoi d'une SAS)Rapport tenu à la disposition des actionnaires au siège social 8 jours au moins avant l'assemblée générale extraordinaireArt. R. 225-136 C. com.
Augmentation de capital en nature d'une société par actionsDépôt au greffe 8 jours au moins avant la date de l'assemblée appelée à décider l'augmentationArt. R. 123-107 C. com.
Assemblée qui réduit l'évaluationApprobation expresse des apporteurs, à défaut l'augmentation de capital n'est pas réaliséeArt. L. 225-147 C. com.

Que risquez-vous sans commissaire aux apports ou avec un apport surévalué ?

La responsabilité civile des associés et dirigeants

À la constitution d'une SARL ou d'une SAS, lorsqu'il n'y a pas eu de commissaire aux apports ou que la valeur retenue diffère de celle qu'il proposait, les associés sont solidairement responsables pendant cinq ans, à l'égard des tiers, de la valeur attribuée aux apports en nature. Lors d'une augmentation de capital de SARL, cette responsabilité solidaire pèse sur les gérants et sur les personnes ayant souscrit à l'augmentation (article L. 223-33).

Le risque pénal

L'article L. 241-3 du Code de commerce punit de cinq ans d'emprisonnement et de 375 000 € d'amende le fait, pour toute personne, de faire attribuer frauduleusement à un apport en nature une évaluation supérieure à sa valeur réelle dans une SARL. Le caractère frauduleux suppose une intention : une erreur de bonne foi n'est pas visée, mais une valeur maintenue malgré un rapport défavorable fragilise votre défense.

Les erreurs fréquentes à éviter

  1. Appliquer le seuil de 30 000 € au total des apports : il s'apprécie apport par apport, et s'ajoute à la condition de la moitié du capital.
  2. Oublier l'unanimité : un seul associé opposé suffit à rendre le commissaire obligatoire.
  3. Transposer la dispense à une augmentation de capital : le mécanisme est prévu pour la constitution.
  4. Confier la mission à l'expert-comptable qui a préparé l'évaluation : son indépendance fait défaut.
  5. Désigner le commissaire trop tard : le rapport conditionne la signature des statuts et les délais de dépôt avant l'assemblée.
  6. Sous-documenter l'évaluation : une valeur sans méthode ni justificatifs sera remise en cause.
  7. Négliger la fiscalité de l'apport : droits d'enregistrement et plus-value d'apport doivent être analysés avant la signature.

Checklist avant de signer

  • Lister chaque apport en nature et sa valeur proposée.
  • Tester les conditions de dispense : 30 000 € par apport, moitié du capital, unanimité.
  • Vérifier les incompatibilités du professionnel pressenti.
  • Constituer le dossier documentaire complet.
  • Caler le calendrier : remise du rapport, mise à disposition, assemblée, dépôt au greffe.
  • Prévoir le scénario d'un écart de valeur (complément en numéraire, ajustement des parités).
  • Faire relire les statuts et le traité d'apport par votre conseil juridique.

Pour la rédaction des statuts et des actes d'apport, notre accompagnement juridique intervient en coordination avec le commissaire aux apports désigné.

En résumé : sécuriser vos apports en nature avec un commissaire aux apports

Le commissaire aux apports est obligatoire dès qu'une société reçoit un apport en nature, avec une seule vraie souplesse : la dispense unanime à la création d'une SARL ou d'une SAS, lorsque chaque apport n'excède pas 30 000 € et que leur total reste sous la moitié du capital. Dans tous les autres cas, et notamment pour l'apport d'un fonds de commerce ou de titres de société, son rapport est la pièce qui sécurise la valeur inscrite au capital.

Anticipez la désignation, documentez votre évaluation et prévoyez dès le départ la façon de traiter un écart de valeur. Ces trois réflexes évitent la responsabilité solidaire de cinq ans et les discussions difficiles lors d'une future cession ou levée de fonds.

Vous préparez une création de société, un apport de fonds de commerce ou une augmentation de capital en nature ? Découvrez notre expertise en audit légal et contractuel : l'équipe FINAUDEC vous aide à cadrer l'opération, préparer le dossier d'évaluation et respecter les délais légaux.

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Foire aux questions

Le commissaire aux apports est-il obligatoire pour créer une SAS ?

Il est obligatoire dès qu'une SAS reçoit un apport en nature, sauf dispense. Les futurs associés peuvent l'écarter à l'unanimité si chaque apport en nature vaut 30 000 € ou moins et si le total des apports non évalués n'excède pas la moitié du capital. Dans une SASU, la dispense joue aussi pour l'entrepreneur individuel qui apporte les éléments de son dernier bilan. Un capital constitué uniquement en numéraire ne nécessite aucun commissaire.

Qui désigne le commissaire aux apports ?

À la création d'une SARL ou d'une SAS, il est désigné à l'unanimité des futurs associés ou, à défaut, par décision de justice ; l'associé unique le désigne dans une EURL ou une SASU. Dans une SA, il est désigné à l'unanimité des fondateurs ou par le juge. Lors d'une augmentation de capital, il est désigné à l'unanimité des associés ou actionnaires, à défaut par décision de justice.

Le commissaire aux apports fixe-t-il la valeur de l'apport ?

Non. L'évaluation est proposée par l'apporteur et retenue par les associés. Le commissaire apprécie cette valeur sous sa responsabilité et conclut sur le point de savoir si elle est au moins égale au capital et à la prime qui rémunèrent l'apport. Les associés peuvent s'écarter de son avis, mais ils engagent alors leur responsabilité solidaire pendant cinq ans envers les tiers.

Que se passe-t-il si les associés retiennent une valeur supérieure à celle du commissaire ?

La société peut être constituée, mais les associés deviennent solidairement responsables pendant cinq ans, à l'égard des tiers, de la valeur attribuée aux apports en nature. En cas de surévaluation frauduleuse, le dirigeant ou l'apporteur s'expose en outre à des sanctions pénales. Dans une SA ou une SAS en augmentation de capital, une réduction de l'évaluation par l'assemblée exige l'accord exprès des apporteurs.

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