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Qu'est-ce que la facturation électronique, et pourquoi tous les dirigeants de PME en parlent-ils depuis la rentrée ? Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA établies en France doivent être capables de recevoir des factures électroniques, et les grandes entreprises et ETI doivent déjà émettre les leurs par ce canal. Votre PME, elle, devra émettre toutes ses factures entre professionnels sous forme électronique au plus tard le 1er septembre 2027, en même temps qu'elle transmettra à l'administration les données de ses ventes aux particuliers et à l'étranger.
La réforme touche votre logiciel de facturation, votre caisse, vos fichiers clients, votre circuit d'achats et votre TVA. Pour un hôtel, un restaurant ou un organisme de formation, la question n'est plus de savoir si vous êtes concerné, mais comment vous organiser.
Chez FINAUDEC, cabinet d'expertise comptable, nous accompagnons des PME et des ETI dans ce passage depuis le choix de la plateforme jusqu'au rapprochement comptable. Ce guide vous donne le calendrier exact, les règles issues de la loi de finances pour 2026 et des textes de juillet 2026, la différence entre e-invoicing et e-reporting, un cas pratique chiffré et une méthode de préparation pas à pas.
Au sens de l'article 289 bis du Code général des impôts, une facture électronique est une facture émise, transmise et reçue sous forme dématérialisée, qui comporte un socle minimum de données sous forme structurée et qui est adressée au client par l'intermédiaire d'une plateforme agréée. Les trois conditions sont cumulatives : il ne suffit pas qu'un document soit numérique pour qu'il soit une facture électronique.
C'est la confusion la plus répandue. L'administration fiscale le dit sans ambiguïté : une facture au format image PDF, qu'elle soit scannée ou générée par un tableur, envoyée par mail n'est pas une facture électronique. Ce qui fait la facture électronique, c'est la donnée structurée (un fichier lisible par une machine) et le circuit (de votre plateforme agréée vers celle de votre client).
Selon la documentation de la DGFiP, une facture électronique comporte 34 données obligatoirement transmises en format structuré, parmi lesquelles le SIREN du fournisseur, le numéro unique de la facture et le taux de TVA. Elles permettront à terme de pré-remplir les déclarations de TVA.
L'arrêté du 27 juillet 2026 fixe les formats acceptés. Il s'agit de la norme UBL (Universal Business Language) et de la norme CII (Cross Industry Invoice), chacune selon le profil européen EN16931 ou le profil étendu français, ainsi que d'un format mixte associant un fichier XML structuré à un PDF/A-3 lisible par l'humain. C'est ce dernier format que de nombreux éditeurs commercialisent sous le nom Factur-X.
La réforme ajoute quatre mentions à celles que vos factures comportent déjà :
Elles conditionnent l'adressage : sans SIREN client fiable, la facture ne trouve pas son destinataire dans l'annuaire.
Le calendrier résulte de l'article 91 de la loi de finances pour 2024, confirmé par le décret du 25 mars 2024 puis par les textes de juillet 2026. Il distingue deux obligations : la réception, qui s'applique à tous au même moment, et l'émission, échelonnée selon la taille de l'entreprise. L'e-reporting suit le même calendrier que l'émission.
| Catégorie | Critères (appréciés au 1er janvier 2025) | Réception | Émission et e-reporting |
|---|---|---|---|
| Grande entreprise | Entreprise ne répondant pas à la définition d'une ETI | 1er septembre 2026 | 1er septembre 2026 |
| ETI | 250 à 4 999 salariés, CA inférieur à 1,5 Md€ ou total de bilan inférieur à 2 Md€ | 1er septembre 2026 | 1er septembre 2026 |
| PME | Moins de 250 salariés, CA inférieur à 50 M€ ou total de bilan inférieur à 43 M€ | 1er septembre 2026 | 1er septembre 2027 |
| Micro-entreprise | Moins de 10 salariés, CA ou total de bilan inférieur à 2 M€ | 1er septembre 2026 | 1er septembre 2027 |
La catégorie s'apprécie au niveau de chaque personne juridique, au 1er janvier 2025, sur la base du dernier exercice clos avant cette date ou, à défaut, du premier exercice clos après. Dans un groupe, chaque société est donc appréciée séparément. Attention : les PME membres d'un assujetti unique au sens de l'article 256 C du CGI ne bénéficient pas du report à 2027.
Date d'appréciation de la catégorie de l'entreprise (micro, PME, ETI, grande entreprise), sur la base du dernier exercice clos avant cette date.
Loi de finances pour 2026 : relèvement de l'amende par facture à 50 €, nouvelle sanction en cas d'absence de plateforme de réception, e-reporting porté à 500 € par transmission.
Décret et arrêté d'application : formats admis (UBL, CII, format mixte), modalités de transmission des données.
Toutes les entreprises doivent pouvoir recevoir des factures électroniques. Les grandes entreprises et ETI émettent et transmettent leurs données.
PME et micro-entreprises : émission obligatoire des factures électroniques et e-reporting des transactions et des paiements.
La loi permettait un report par décret, au plus tard au 1er décembre 2027 pour les PME. Le décret du 27 juillet 2026 maintient le 1er septembre 2027 : préparez-vous sur cette date.
Le périmètre est large. La facturation électronique concerne les achats et ventes de biens et de services entre entreprises établies en France et assujetties à la TVA, y compris celles placées sous le régime de la franchise en base. Les micro-entrepreneurs ne sont donc pas exclus.
Dès lors qu'une opération est réalisée avec un professionnel assujetti établi en France et qu'elle entre dans le champ de la TVA française, la facture devra transiter par une plateforme agréée à compter de septembre 2027. Les opérations exonérées de TVA en application des articles 261 à 261 E du CGI échappent toutefois à l'obligation d'émission électronique. C'est notamment le cas d'une grande partie des actions de formation professionnelle continue : un organisme de formation exonéré ne sera pas tenu d'émettre ses factures exonérées par ce canal. Pour mesurer précisément votre situation, relisez notre analyse de la TVA des organismes de formation et de leur exonération.
En réception, aucune entreprise n'est épargnée. Même un organisme de formation qui ne facture que des prestations exonérées, même une micro-entreprise, doit pouvoir recevoir les factures électroniques de ses fournisseurs français via une plateforme agréée depuis le 1er septembre 2026.
Les ventes à des particuliers ne donnent pas lieu à facture électronique. Elles relèvent en revanche de l'e-reporting.
L'e-reporting est la seconde brique de la réforme. Là où l'e-invoicing organise l'échange de factures entre entreprises, l'e-reporting consiste à transmettre à l'administration, toujours par votre plateforme agréée, des données sur les opérations qui ne passent pas par une facture électronique. Il comporte deux volets.
Il vise les ventes réalisées avec des personnes non assujetties, typiquement des particuliers, et les opérations réalisées avec des opérateurs établis à l'étranger (article 290 du CGI). Pour un restaurant, ce sont vos ventes en salle et à emporter ; pour un hôtel, les nuitées vendues à des particuliers ou à une agence étrangère. Aucune donnée nominative relative à un particulier n'est transmise : les remontées vers l'administration sont agrégées.
Il porte sur les encaissements, c'est-à-dire, selon la DGFiP, le montant encaissé par l'entreprise servant à déterminer la TVA collectée exigible (article 290 A du CGI). Il concerne au premier chef les prestations de services, pour lesquelles la TVA devient exigible à l'encaissement, sauf option pour les débits. Un hôtel qui encaisse l'acompte puis le solde d'un séminaire fera remonter ces paiements : l'occasion de remettre à plat votre comptabilisation des arrhes, acomptes et avoirs clients.
| Opération | Exemple | Obligation |
|---|---|---|
| Vente à une entreprise assujettie établie en France | Séminaire facturé à une société parisienne, repas d'affaires facturé à une PME | Facture électronique via plateforme agréée (e-invoicing) |
| Vente à un particulier | Nuitée réservée par un touriste, addition d'un client au restaurant | E-reporting des données de transaction |
| Vente à un professionnel établi hors de France | Groupe envoyé par un tour-opérateur étranger | E-reporting (pas de facture électronique obligatoire) |
| Prestation de services encaissée | Acompte puis solde d'un séminaire | E-reporting des données de paiement (encaissements) |
| Opération exonérée de TVA (articles 261 à 261 E du CGI) | Action de formation professionnelle exonérée | Pas d'émission électronique obligatoire ; réception toujours obligatoire |
| Achat auprès d'un fournisseur français | Facture de votre grossiste ou de votre blanchisserie | Réception via votre plateforme agréée |
La fréquence de transmission dépend de votre régime d'imposition à la TVA. Elle est fixée par l'annexe II au CGI, modifiée par le décret du 27 juillet 2026, et elle s'apprécie au niveau de chacune des plateformes agréées que vous utilisez. Lorsqu'aucune opération n'a été réalisée sur la période, aucune transmission n'est requise. Votre rôle est de fournir à votre plateforme des données fiables, notamment depuis la caisse.
L'architecture française repose sur un réseau de plateformes privées agréées par l'État, sans portail public gratuit d'échange de factures. L'État, de son côté, définit les normes, gère l'annuaire central et contrôle les plateformes.
Anciennement appelée PDP (plateforme de dématérialisation partenaire), la plateforme agréée est l'unique intermédiaire reconnu par l'administration fiscale pour émettre, recevoir et transmettre les factures électroniques et les données d'e-reporting. Selon la DGFiP, au 1er août 2026, plus d'une dizaine des 150 plateformes agréées proposaient des offres gratuites ou sans surcoût pour les besoins essentiels des plus petites structures. La liste officielle est publiée sur la page des plateformes agréées d'impots.gouv.fr : vérifiez-y systématiquement le nom de la solution qu'un éditeur vous propose.
Une solution compatible est un logiciel (de facturation, de caisse, de gestion hôtelière) qui n'est pas immatriculé par l'administration. Elle ne peut pas transmettre directement les factures, mais elle est raccordée à une plateforme agréée. Des logos officiels distinguent les deux catégories.
L'annuaire recense les entreprises assujetties et indique, pour chacune, la plateforme chargée de recevoir ses factures et ses adresses de facturation. C'est lui qui oriente automatiquement chaque facture vers son destinataire. Vous pouvez changer de plateforme : les nouvelles informations sont enregistrées dans un délai maximal de 15 jours ouvrables, et l'ancienne plateforme continue d'assurer certains services pendant un an. Le réseau européen Peppol, canal officiel de transmission en Belgique, reste facultatif en France.
La loi de finances pour 2026 (article 123 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026) a durci le régime de sanctions prévu à l'origine. L'amende pour défaut d'émission électronique passe de 15 € à 50 € par facture, et celle qui frappe le défaut de transmission des données de 250 € à 500 € par transmission.
| Manquement | Amende | Plafond | Texte |
|---|---|---|---|
| Facture non émise sous forme électronique | 50 € par facture | 15 000 € par année civile | CGI, art. 1737, III |
| Absence de plateforme agréée pour recevoir les factures | 500 € après une mise en demeure restée sans effet pendant 3 mois, puis 1 000 € par nouvelle période de 3 mois | Aucun plafond prévu | CGI, art. 1737, IV bis |
| Défaut de transmission des données (e-reporting, art. 290 et 290 A) | 500 € par transmission | 15 000 € par année civile | CGI, art. 1788 D |
| Première infraction réparée spontanément ou dans les 30 jours d'une demande (e-reporting) | Pas d'amende, si aucune infraction sur l'année en cours et les 3 précédentes | - | CGI, art. 1788 D, V |
Dans son guide pratique de démarrage de juillet 2026, la DGFiP indique que les sanctions ne seront pas appliquées aux entreprises qui rencontrent des difficultés mais sont engagées dans une trajectoire sérieuse de mise en conformité.
La tolérance annoncée par l'administration pour la phase de démarrage n'est ni un report ni une suspension de l'obligation. Elle bénéficie aux entreprises qui peuvent prouver, documents datés à l'appui, une trajectoire sérieuse de mise en conformité. Une entreprise qui n'a engagé aucune démarche ne peut pas s'en prévaloir.
Pour la réception, le texte prévoit en outre une mise en demeure de se conformer dans un délai de trois mois avant toute amende. Sans plateforme de réception, les factures de vos fournisseurs ne peuvent pas vous être délivrées par le circuit électronique et vous parviennent, à titre exceptionnel, par e-mail ou courrier.
La SAS Hôtel des Ternes exploite un hôtel de 40 chambres avec restaurant à Paris. Elle emploie 28 salariés et a réalisé un chiffre d'affaires de 3,4 M€ sur son exercice clos le 31 décembre 2024. Elle n'est membre d'aucun assujetti unique.
Au 1er janvier 2025, sur la base de l'exercice 2024, la société compte moins de 250 salariés et un chiffre d'affaires inférieur à 50 M€ : c'est une PME. Conséquence :
L'analyse de ses ventes 2025 donne la répartition suivante : 2,38 M€ réalisés avec des particuliers (nuitées individuelles, restaurant, bar), soit 70 % ; 0,68 M€ avec des entreprises françaises (séminaires, repas d'affaires, contrats avec des sociétés voisines), soit 20 % ; 0,34 M€ avec des agences et tour-opérateurs étrangers, soit 10 %.
La leçon est claire : pour un hôtel-restaurant, le chantier principal n'est pas la facture électronique, c'est la qualité des données de caisse. Une caisse mal paramétrée, avec des taux de TVA erronés, produira un e-reporting erroné. Si vous facturez plusieurs taux sur une même note, revoyez notre guide sur la TVA dans l'hôtellerie et les taux multiples.
Supposons que l'hôtel, sans préparation et sans pouvoir démontrer la moindre démarche, continue d'envoyer ses factures B2B en PDF après septembre 2027 et manque six transmissions d'e-reporting en 2028. Les plafonds s'appliquant par année civile, le calcul se fait année par année :
Le plafond de 15 000 € de l'article 1737 est atteint dès la 300e facture, soit en un peu plus de quatre mois au rythme de 70 factures. Le coût d'une plateforme et de son paramétrage est sans commune mesure.
La DGFiP chiffre les gains de la réforme à 4,5 milliards d'euros par an à l'échelle de l'économie française. Pour l'hôtel, la réception automatisée supprime la saisie des factures fournisseurs, et les statuts horodatés de chaque facture donnent une visibilité sur les encaissements. C'est une donnée précieuse pour votre trésorerie prévisionnelle.
Vous avez jusqu'à septembre 2027 pour émettre, mais la réception est déjà obligatoire. Voici la méthode que nous recommandons, en six étapes, à engager dès maintenant.
Recenser les flux : clients professionnels en France, particuliers, clients étrangers, fournisseurs.
SIREN des clients, adresses de livraison, nature des opérations, option TVA sur les débits.
Plateforme agréée figurant sur la liste officielle, compatible avec votre logiciel de caisse ou de gestion.
Raccordement à la comptabilité, circuits de validation, traitement des statuts et des rejets.
Factures réelles sur un périmètre restreint, contrôle des rejets et du rapprochement comptable.
Conserver les preuves datées de la démarche : contrat, tests, tickets support, consignes internes.
Listez vos canaux de vente et d'achat, et l'outil qui produit chaque facture ou ticket : caisse, logiciel de gestion hôtelière, outil de gestion des formations, tableur. Complétez ensuite le SIREN de chaque client professionnel, les adresses de livraison et la nature des opérations, et vérifiez si vous avez opté pour la TVA sur les débits. Ce nettoyage est souvent le chantier le plus long.
Interrogez d'abord votre éditeur et votre banque, puis comparez sur la compatibilité avec vos logiciels métiers, la gestion de l'e-reporting depuis la caisse, le traitement des rejets et le coût. Définissez qui valide les factures reçues et qui traite les rejets, et raccordez la plateforme à votre comptabilité. Notre article sur le calendrier de clôture comptable des PME vous aide à caler ce chantier dans votre année.
Il n'est pas nécessaire que tout votre périmètre soit prêt pour commencer : vous pouvez émettre volontairement des factures électroniques avant votre échéance. Testez avec quelques clients réguliers, puis conservez des preuves datées (contrat, tests, tickets support, consignes internes) : ce sont exactement les éléments que l'administration examinera.
Les premiers mois de la réforme font apparaître des erreurs récurrentes, faciles à éviter si elles sont anticipées.
La facturation électronique est désormais une réalité pour toutes les entreprises françaises. Retenez trois points. Votre PME doit déjà recevoir ses factures fournisseurs via une plateforme agréée. Elle devra émettre ses factures B2B et transmettre ses données d'e-reporting au 1er septembre 2027. Et la tolérance de l'administration ne profite qu'aux entreprises capables de prouver une démarche sérieuse et documentée.
Les sources officielles restent la référence : la fiche Entreprendre.Service-Public sur la mise en conformité et l'espace dédié d'impots.gouv.fr.
Vous souhaitez cartographier vos flux, choisir une plateforme adaptée à vos logiciels métiers et raccorder votre comptabilité sans rupture ? L'équipe FINAUDEC vous accompagne dans le cadre de sa mission d'expertise comptable, de l'audit de vos flux au paramétrage et aux premiers tests.
C'est l'obligation d'émettre, de transmettre et de recevoir les factures entre entreprises assujetties à la TVA établies en France sous forme de données structurées, par l'intermédiaire d'une plateforme agréée par l'État. Un PDF envoyé par e-mail n'en est pas une. Elle s'accompagne de l'e-reporting des autres opérations.
Depuis le 1er septembre 2026, votre PME doit être en mesure de recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée. L'obligation d'émettre vos factures entre professionnels sous forme électronique, ainsi que l'e-reporting, s'appliquera au 1er septembre 2027. La catégorie de l'entreprise s'apprécie au 1er janvier 2025, sur la base du dernier exercice clos avant cette date.
L'e-invoicing concerne les factures échangées entre entreprises assujetties établies en France : elles circulent de plateforme agréée à plateforme agréée. L'e-reporting concerne les opérations sans facture électronique, c'est-à-dire les ventes aux particuliers et les opérations avec des opérateurs établis à l'étranger, ainsi que les données de paiement des prestations de services.
Oui, à deux titres. Il doit recevoir les factures électroniques de ses fournisseurs français depuis le 1er septembre 2026. Il n'émet pas de factures électroniques pour ses clients particuliers, mais il transmettra les données de ces ventes par e-reporting à compter du 1er septembre 2027 s'il est une PME ou une micro-entreprise.