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Conseils de gestion

Trésorerie prévisionnelle : construire un plan fiable

Auteur
Jose Amar
Date
15.10.2026
Durée
18 minutes
Trésorerie prévisionnelle : méthode en 7 étapes, échéances fiscales, cas pratique chiffré et erreurs à éviter. Construisez un plan fiable dès maintenant.
Dirigeant de restaurant et expert-comptable analysant ensemble un plan de trésorerie prévisionnelle mensuel
Avant propos
Cet article a une vocation strictement informative. Les règles fiscales et comptables évoluent régulièrement, et chaque situation présente ses propres spécificités qui ne peuvent pas être traitées dans un contenu général. Aucune décision ne devrait être prise sur la seule base des éléments présentés ici.

Pour sécuriser votre projet, prenez rendez-vous avec le cabinet FINAUDEC. Un échange personnalisé reste le seul moyen d'obtenir une réponse adaptée à votre situation.
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La trésorerie prévisionnelle est le document qui répond à la question que tout dirigeant se pose un jour : aurai-je assez d'argent sur mon compte pour payer les salaires, la TVA et mes fournisseurs dans trois mois ? Une entreprise rentable sur le papier peut se retrouver en difficulté si ses encaissements arrivent trop tard. À l'inverse, un plan de trésorerie bien construit permet d'anticiper un creux, de négocier un financement avant d'en avoir besoin et de décider sereinement d'un recrutement ou d'un investissement.

Ce guide vous donne une méthode complète pour bâtir un plan fiable : les données à réunir, la construction mois par mois, le calendrier des échéances fiscales et sociales, un cas pratique chiffré sur un restaurant, la gestion des scénarios et les erreurs qui faussent la plupart des prévisions. Vous repartirez avec une structure de tableau directement réutilisable, que vous utilisiez un tableur gratuit ou un logiciel dédié.

Chez FINAUDEC, cabinet d'expertise comptable à Paris, nous construisons et suivons ces plans pour des PME, des ETI et des groupes de l'hôtellerie, de la restauration, de la boulangerie et de la formation. Les conseils qui suivent sont ceux que nous appliquons au quotidien avec nos clients.

Qu'est-ce qu'une trésorerie prévisionnelle et à quoi sert-elle ?

Une trésorerie prévisionnelle, ou plan de trésorerie, projette mois par mois (voire semaine par semaine) les entrées et les sorties d'argent de l'entreprise sur une période donnée, en général 12 mois. Elle part du solde bancaire du jour et calcule, pour chaque période, le solde de fin de mois attendu.

Concrètement, un plan de trésorerie sert à quatre choses :

  • Anticiper les tensions : repérer le mois où le solde passera sous le seuil acceptable, avec plusieurs semaines d'avance plutôt que la veille d'une échéance.
  • Dimensionner un financement : savoir combien emprunter, à quelle date et sous quelle forme (emprunt amortissable, crédit-bail, facilité de caisse).
  • Valider une décision : tester l'effet d'un recrutement, de travaux ou d'une acquisition avant de s'engager.
  • Dialoguer avec les partenaires : un banquier, un investisseur ou un repreneur demandera presque toujours un prévisionnel de trésorerie crédible.

Trésorerie prévisionnelle, budget et compte de résultat : quelles différences ?

La confusion la plus fréquente consiste à prendre le compte de résultat prévisionnel pour un plan de trésorerie. Les deux documents utilisent les mêmes chiffres de départ, mais ils ne mesurent pas la même chose. Le compte de résultat enregistre les produits et les charges au moment où ils sont acquis ou engagés ; la trésorerie enregistre les flux au moment où l'argent entre ou sort réellement du compte bancaire.

Les trois écarts majeurs entre résultat et trésorerie

  • Les délais de paiement : une facture émise en mars et réglée en mai compte dans le chiffre d'affaires de mars, mais dans la trésorerie de mai.
  • La TVA : absente du compte de résultat, elle transite pourtant par votre compte. Vous l'encaissez avec vos ventes et vous la reversez plus tard. Le plan de trésorerie se raisonne donc en montants TTC.
  • Les investissements et les emprunts : l'achat d'un équipement sort en une fois de la trésorerie, alors que le compte de résultat ne supporte qu'un amortissement étalé. Le remboursement du capital d'un emprunt, lui, ne passe jamais en charges mais pèse bien sur le compte bancaire.

Le budget, enfin, est l'objectif de performance de l'année (chiffre d'affaires, marges, charges). Il alimente le plan de trésorerie, qui en est la traduction en flux de caisse. Si vous préparez un projet de création ou de développement, le plan de trésorerie s'insère dans un ensemble plus large décrit dans notre article business plan : exemple concret et méthode pour une PME.

Quelles données réunir avant de construire votre plan de trésorerie ?

Un plan fiable se construit à partir de données vérifiées, pas d'estimations globales. Avant d'ouvrir votre tableur, rassemblez les éléments suivants. Cette préparation représente souvent la moitié du travail, mais elle conditionne la justesse de tout le reste.

  1. Les soldes bancaires rapprochés de tous les comptes au jour de départ, y compris les comptes secondaires et les placements disponibles.
  2. La balance âgée clients : factures émises non encore payées, avec leur date d'échéance et le comportement réel de chaque client (paie-t-il à l'échéance, avec dix jours de retard ?).
  3. La balance âgée fournisseurs : factures reçues à payer et conditions de paiement négociées.
  4. Le carnet de commandes ou les réservations confirmées, ainsi que l'historique des ventes des deux ou trois derniers exercices pour mesurer la saisonnalité.
  5. Les éléments de paie : masse salariale nette, charges sociales, primes prévues, embauches et départs programmés.
  6. Les contrats récurrents et les tableaux d'amortissement des emprunts : loyers, crédits-bails, abonnements, échéances bancaires.
  7. Le calendrier fiscal de l'entreprise : régime de TVA, montant de l'IS de l'exercice précédent, CFE de l'année passée.
  8. Les projets décidés : investissements, travaux, distribution de dividendes, remboursement de comptes courants d'associés.

Comment construire un tableau de trésorerie prévisionnelle pas à pas ?

Le tableau de trésorerie prévisionnelle classique comporte une colonne par mois et trois blocs de lignes : les encaissements, les décaissements et le calcul du solde. Le schéma ci-dessous résume la démarche en sept étapes, que nous détaillons ensuite.

Construire une trésorerie prévisionnelle en 7 étapes

1Partir du solde bancaire réel

Solde rapproché de tous les comptes au premier jour, pas le solde comptable.

2Lister les encaissements

Ventes au rythme réel de paiement, subventions, apports, cessions.

3Lister les décaissements

Fournisseurs, salaires, charges sociales, loyers, frais généraux.

4Caler les échéances fiscales

TVA, acomptes et solde d'IS, CFE, aux dates légales.

5Ajouter emprunts et investissements

Échéances bancaires, crédit-bail, achats de matériel, travaux.

6Calculer flux et solde cumulé

Flux du mois = encaissements − décaissements ; solde fin = solde début + flux.

7Comparer au seuil de sécurité

Repérer le point bas, tester un scénario prudent, décider.

Étapes 1 à 3 : solde de départ, encaissements et décaissements

Le point de départ est le solde bancaire réel, après rapprochement : chèques émis non débités, prélèvements à venir et virements en transit inclus. Les encaissements se placent ensuite au mois où l'argent arrive, en tenant compte du délai de paiement observé de chaque catégorie de clients. Dans la restauration ou l'hôtellerie, une grande partie des ventes est encaissée immédiatement par carte, mais les séminaires, les groupes ou les comptes entreprises peuvent être réglés à 30 ou 60 jours.

Étapes 4 et 5 : fiscalité, emprunts et investissements

Les échéances fiscales et sociales obéissent à un calendrier précis, détaillé dans la section suivante. Placez-les à leur date exacte, et non en moyenne mensuelle : un acompte d'impôt sur les sociétés tombe un mois donné et crée un creux ponctuel. De même, les échéances d'emprunt se reportent ligne par ligne depuis le tableau d'amortissement, capital et intérêts compris.

Étapes 6 et 7 : solde cumulé et seuil de sécurité

Pour chaque mois, le flux net égale les encaissements moins les décaissements ; le solde de fin de mois égale le solde de début plus ce flux, et devient le solde de début du mois suivant. Comparez ensuite chaque solde de fin de mois à un seuil de sécurité que vous fixez vous-même, exprimé par exemple en jours de décaissements courants et ajusté selon la régularité de vos encaissements et votre accès au crédit. Si vos gros décaissements tombent en début de mois, le point bas réel se situe en cours de mois : passez alors à un suivi hebdomadaire.

Quelles échéances fiscales et sociales intégrer dans la trésorerie prévisionnelle ?

Les décaissements fiscaux et sociaux sont prévisibles, mais ils sont souvent sous-estimés ou mal datés. Le tableau ci-dessous reprend les principales échéances pour une société à l'impôt sur les sociétés clôturant son exercice le 31 décembre, telles que les présentent les fiches officielles du service public sur les régimes de TVA et sur le paiement de l'impôt sur les sociétés.

Échéances fiscales et sociales à placer dans le plan (exercice clos le 31 décembre)
ÉchéanceDate de décaissementMontant à prévoir
TVA – régime réel normalChaque mois, avec la déclaration déposée entre le 15 et le 24 du mois suivantTVA collectée du mois − TVA déductible
TVA – régime réel simplifiéAcompte en juillet, acompte en décembre, solde avec la CA12 début mai55 % puis 40 % de la TVA de l'année précédente, puis le solde
Acomptes d'impôt sur les sociétés15 mars, 15 juin, 15 septembre, 15 décembreUn quart de l'IS de référence, si l'IS dépasse 3 000 €
Solde d'impôt sur les sociétés15 mai de l'année suivanteIS dû − acomptes versés (remboursement si excédent)
CFE15 décembre ; acompte de mi-juin si la CFE de l'an passé dépasse 3 000 €Acompte de 50 % de la CFE de l'année précédente
Cotisations sociales (DSN)Le 5 ou le 15 du mois suivant la paie, selon l'effectif et la date de paiePart patronale et part salariale précomptée

La TVA : le flux le plus souvent oublié

Au régime réel normal, la TVA se déclare et se paie chaque mois ; la déclaration et le paiement deviennent trimestriels lorsque la TVA annuelle est inférieure à 4 000 €. Au régime réel simplifié, l'entreprise verse deux acomptes, en juillet (55 % de la TVA de l'année précédente) et en décembre (40 %), puis régularise avec la déclaration annuelle CA12 déposée début mai ; les entreprises qui ont payé moins de 1 000 € de TVA l'année précédente sont dispensées d'acomptes.

L'impôt sur les sociétés et la CFE

L'IS se règle en quatre acomptes trimestriels et un solde. Pour un exercice clos le 31 décembre, les acomptes tombent les 15 mars, 15 juin, 15 septembre et 15 décembre, et le solde le 15 mai de l'année suivante. Aucun acompte n'est dû lorsque l'IS est inférieur à 3 000 €, ni pour une société nouvellement créée. La CFE est payable au plus tard le 15 décembre ; lorsque celle de l'année précédente dépasse 3 000 €, un acompte de 50 % est réclamé à la mi-juin, comme le rappelle la fiche officielle consacrée à la CFE.

Les cotisations sociales

Les cotisations sociales sont déclarées et payées via la DSN mensuelle, à échéance du 5 ou du 15 du mois suivant la période de paie selon l'effectif de l'entreprise et la date de versement des salaires. Dans le plan, distinguez donc les salaires nets, versés en fin de mois, et les charges sociales, décaissées le mois suivant.

Cas pratique : la trésorerie prévisionnelle d'un restaurant sur six mois

Prenons un restaurant parisien de 80 couverts, exploité par une SAS à l'IS qui clôture au 31 décembre et relève du régime réel normal de TVA. Le dirigeant prépare en décembre son plan de janvier à juin. Il dispose de 60 000 € de trésorerie au 1er janvier et prévoit de remplacer un four mixte en avril pour 28 000 €, payé comptant. Les hypothèses, toutes exprimées en montants TTC, sont les suivantes :

  • Encaissements clients : 150 000 € en janvier, 145 000 € en février, puis une montée en charge jusqu'à 205 000 € en juin avec les terrasses.
  • Achats de matières et boissons payés à 30 jours : les achats de décembre, mois de fêtes, pèsent sur janvier.
  • Salaires nets de 48 000 € par mois, 52 000 € en juin avec les renforts d'été ; charges sociales de 26 000 € payées le mois suivant.
  • Loyer et charges locatives de 15 000 €, énergie et frais généraux de 12 000 €, échéance d'emprunt de 6 500 € par mois.
  • TVA nette reversée le mois suivant l'activité : 14 000 € en janvier au titre du mois de décembre, puis entre 9 000 € et 13 000 €.
  • IS : acomptes de 7 000 € les 15 mars et 15 juin, solde de 4 000 € le 15 mai.
Tableau de trésorerie prévisionnelle du restaurant – scénario central, janvier à juin
Ligne (en €)Janv.Févr.MarsAvr.MaiJuin
Trésorerie début de mois60 00036 50019 50027 00013 00028 500
Encaissements clients TTC150 000145 000175 000185 000195 000205 000
Achats matières et boissons52 00045 00044 00052 00056 00059 000
Salaires nets48 00048 00048 00048 00048 00052 000
Charges sociales26 00026 00026 00026 00026 00026 000
Loyer et charges locatives15 00015 00015 00015 00015 00015 000
Énergie et frais généraux12 00012 00012 00012 00012 00012 000
TVA nette à reverser14 0009 5009 00011 50012 00013 000
Échéance d'emprunt6 5006 5006 5006 5006 5006 500
Impôt sur les sociétés––7 000–4 0007 000
Investissement (four mixte)–––28 000––
Total décaissements173 500162 000167 500199 000179 500190 500
Flux net du mois−23 500−17 0007 500−14 00015 50014 500
Trésorerie fin de mois36 50019 50027 00013 00028 50043 000

Lecture du tableau : le calcul pas à pas

En janvier, les décaissements totalisent 173 500 € : 52 000 € d'achats, 48 000 € de salaires, 26 000 € de charges sociales, 15 000 € de loyer, 12 000 € de frais généraux, 14 000 € de TVA et 6 500 € d'emprunt. Avec 150 000 € encaissés, le flux net est de −23 500 € et le solde tombe à 36 500 €. Février prolonge la baisse (−17 000 €) : le solde atteint 19 500 €. Le restaurant n'est pas en perte : il paie en début d'année les achats et la TVA d'un mois de décembre très actif.

Le mois critique est avril. L'encaissement de 185 000 € ne couvre pas les 199 000 € de décaissements, gonflés par le four. La cascade suivante montre comment se forme ce point bas.

Formation du point bas d'avril (scénario central)

Trésorerie au 1er avril27 000 €
+ Encaissements clients+ 185 000 €
− Charges d'exploitation (achats, personnel, loyer, frais généraux)− 153 000 €
− TVA nette de mars− 11 500 €
− Échéance d'emprunt− 6 500 €
− Four mixte payé comptant− 28 000 €
= Trésorerie au 30 avril13 000 €

Avec un seuil de sécurité fixé à 25 000 € (environ quatre à cinq jours de décaissements courants pour cet établissement), deux mois passent sous la barre : février et avril. Le plan ne signale pas une crise, mais il envoie un message clair : payer le four comptant en avril est une mauvaise idée.

Le scénario prudent change la décision

Testons maintenant une baisse de 8 % des ventes, avec des achats qui suivent la même baisse et des charges fixes inchangées (TVA laissée constante par prudence). Le solde chute à 680 € fin mars et devient négatif en avril (−23 960 €). Si le four est financé par crédit-bail ou par un emprunt dédié plutôt que payé comptant, le solde reste positif sur toute la période, avec un point bas à 680 € fin mars. Les premiers loyers ou échéances de ce financement, quelques centaines d'euros par mois dans notre hypothèse, ne modifient pas la conclusion.

Comparaison des scénarios : solde de trésorerie en fin de mois (en €)
ScénarioJanv.Févr.MarsAvr.MaiJuin
Central36 50019 50027 00013 00028 50043 000
Prudent (ventes −8 %)28 6603 660680−23 960−19 580−16 760
Prudent + four financé28 6603 6606804 0408 42011 240

La décision s'impose : financer l'équipement et solliciter, dès janvier, une facilité de caisse couvrant le creux de mars dans le scénario prudent. Demandée en position de force, avec un plan chiffré, elle s'obtient bien plus facilement qu'en urgence. Pour les établissements très saisonniers, nous détaillons ces mécanismes dans notre guide sur la trésorerie d'un restaurant ou d'un hôtel à activité saisonnière.

Comment fiabiliser une trésorerie prévisionnelle dans la durée ?

Comparer le prévu et le réalisé chaque mois

À chaque fin de mois, remplacez la colonne prévisionnelle par le réalisé bancaire et analysez les écarts significatifs. Un écart sur les encaissements révèle souvent un client qui paie plus tard que prévu ; un écart sur les achats peut signaler une dérive du coût matière.

Travailler en prévision glissante

Plutôt que de figer un plan de janvier à décembre, ajoutez un mois à l'horizon à chaque clôture mensuelle : vous disposez ainsi en permanence d'une vision à douze mois. C'est la méthode dite du rolling forecast.

Construire au moins deux scénarios

Un scénario central et un scénario prudent suffisent dans la plupart des PME. Le scénario prudent peut combiner baisse des ventes, allongement des délais clients et hausse de l'énergie. L'objectif n'est pas de prédire l'avenir, mais de savoir à partir de quel niveau de dégradation il faut agir.

Le plan de trésorerie gagne enfin à être relié à vos indicateurs de pilotage : délai moyen de paiement clients, besoin en fonds de roulement, marge brute. Notre article sur les indicateurs clés d'un tableau de bord financier de PME présente les ratios à suivre en parallèle.

Prévisionnel financier gratuit ou outil dédié : que choisir ?

Beaucoup de dirigeants cherchent un prévisionnel financier gratuit pour démarrer. Un tableur bien construit suffit largement à une TPE ou à une entreprise en création : douze colonnes mensuelles, des lignes regroupées par famille, des formules simples de cumul. Les modèles gratuits proposés en ligne sont un bon point de départ, à condition de les adapter : la plupart oublient la TVA, les décalages de charges sociales ou les échéances d'IS.

Quel outil pour votre tableau de trésorerie prévisionnelle ?
OutilPoints fortsLimitesPour qui ?
Tableur (modèle gratuit)Gratuit, souple, compréhensible par tousSaisie manuelle, risque d'erreur de formule, pas de rapprochement automatiqueTPE, création, premier plan
Module de trésorerie du logiciel comptable ou bancaireFlux bancaires synchronisés, catégorisation, factures à payer et à encaisserPrévisions parfois limitées aux factures saisies, scénarios sommairesPME équipées d'un outil comme Pennylane ou Qonto
Logiciel de prévision dédiéScénarios, multi-sociétés, mise à jour glissanteAbonnement, paramétrage initial à soignerPME en croissance, groupes
Modèle sur mesure + restitution Power BIConsolidation, indicateurs, lien avec le budgetDemande une donnée comptable propre et un accompagnementGroupes multi-établissements, ETI

Au-delà d'un certain volume de transactions, la saisie manuelle devient le principal facteur d'erreur et un outil synchronisé avec la banque s'impose. Quel que soit l'outil, la logique reste la même : une donnée comptable propre en entrée, des hypothèses documentées, une mise à jour régulière.

La structure minimale d'un modèle gratuit

Si vous construisez votre propre fichier, prévoyez au minimum un onglet « Hypothèses » (croissance, délais clients et fournisseurs, saisonnalité, embauches), un onglet « Plan » alimenté par ces hypothèses et un onglet « Réalisé » pour le suivi. Évitez de saisir des montants en dur dans le plan : chaque chiffre doit découler d'une hypothèse identifiable, sinon personne ne pourra le modifier sans casser le fichier.

Quelles erreurs fréquentes faussent un plan de trésorerie ?

  1. Raisonner en hors taxes. La trésorerie se construit en TTC, avec une ligne séparée pour la TVA à reverser. Un plan HT surestime les marges de manœuvre puis surprend le mois du paiement.
  2. Confondre facturation et encaissement. Placer les ventes au mois de facturation, sans délai de paiement, fait apparaître une trésorerie fictive.
  3. Lisser les échéances ponctuelles. Diviser l'IS, la CFE ou les primes par douze masque les creux réels.
  4. Oublier le remboursement du capital des emprunts, au motif qu'il n'apparaît pas dans le compte de résultat.
  5. Être trop optimiste sur la croissance. Un chiffre d'affaires en hausse augmente aussi les achats, les stocks et parfois les créances clients : la croissance consomme de la trésorerie avant d'en produire.
  6. Ignorer les flux propres au dirigeant : dividendes, remboursement de compte courant, rémunération exceptionnelle.
  7. Ne jamais confronter le plan au réalisé.

Dans la restauration, une erreur supplémentaire concerne les ventes encaissées d'avance (privatisations, bons cadeaux, arrhes de séminaires) : elles gonflent la trésorerie du mois de réservation mais ne financent pas les mois suivants. Un tableau de bord de restaurant bien construit aide à isoler ces flux.

Que faire si votre trésorerie prévisionnelle révèle un besoin de financement ?

Un plan qui fait apparaître un solde négatif remplit précisément son rôle : plus le besoin est identifié tôt, plus les solutions sont nombreuses et peu coûteuses.

Agir sur le besoin en fonds de roulement

  • Accélérer les encaissements : facturer dès la livraison, demander des acomptes sur les commandes importantes, relancer de façon systématique dès le premier jour de retard.
  • Négocier les délais fournisseurs, dans le respect du plafond légal : entre professionnels, le délai convenu ne peut dépasser 60 jours à compter de la date d'émission de la facture, ou 45 jours fin de mois si le contrat le prévoit, selon la fiche officielle sur les délais de paiement.
  • Réduire les stocks dormants ou à faible rotation.

Pensez aussi à faire valoir vos droits en cas de retard client : les pénalités de retard et l'indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 € par facture doivent figurer dans vos conditions générales et sur vos factures.

Recourir à un financement adapté

La règle d'or est d'adosser chaque besoin à un financement de même durée : un investissement durable se finance par un emprunt ou un crédit-bail, un creux saisonnier par une facilité de caisse ou un découvert autorisé, un décalage d'encaissement client par l'affacturage ou la mobilisation de créances.

Enfin, ces leviers financiers ne remplacent pas le travail sur les marges, détaillé dans notre article sur la rentabilité d'un restaurant.

En résumé : une trésorerie prévisionnelle fiable pour décider en confiance

Une trésorerie prévisionnelle fiable repose sur quelques principes simples : partir d'un solde bancaire rapproché, raisonner en TTC et au rythme réel des paiements, placer chaque échéance fiscale et sociale à sa date exacte, et comparer chaque mois le prévu au réalisé. Le cas du restaurant montre qu'un plan bien construit ne sert pas seulement à constater un creux : il oriente des décisions concrètes, comme financer un équipement plutôt que le payer comptant ou négocier une ligne de crédit avant d'en avoir besoin.

Le plan de trésorerie devient alors un véritable outil de pilotage, partagé avec votre banquier et vos associés. Si vous souhaitez être accompagné pour construire votre modèle, le relier à votre comptabilité et en assurer le suivi mensuel, découvrez notre accompagnement en DAF et RAF externalisé : nous mettons en place avec vous un plan adapté à votre secteur et à vos projets.

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Foire aux questions

Sur quelle durée établir une trésorerie prévisionnelle ?

La durée de référence est de 12 mois, découpés en colonnes mensuelles. Pour un projet de création ou une demande de financement, la banque peut demander une projection sur deux ou trois ans, souvent plus synthétique au-delà de la première année. En période de tension, complétez le plan mensuel par un suivi hebdomadaire sur les huit à treize prochaines semaines afin de repérer les points bas en cours de mois.

Faut-il raisonner en HT ou en TTC dans un plan de trésorerie ?

En TTC. La trésorerie mesure les montants qui entrent et sortent réellement du compte bancaire, TVA comprise. Les encaissements clients et les paiements fournisseurs s'inscrivent donc TTC, et la TVA nette à reverser figure sur une ligne distincte, au mois de son paiement effectif. Seuls les flux non soumis à TVA, comme les salaires ou les remboursements d'emprunt, se saisissent sans retraitement.

Quelle différence entre plan de trésorerie et prévisionnel financier ?

Le prévisionnel financier est un ensemble plus large : compte de résultat prévisionnel, plan de financement et plan de trésorerie. Le compte de résultat mesure la rentabilité, le plan de financement l'équilibre entre besoins durables et ressources, et le plan de trésorerie la capacité à faire face aux échéances mois par mois. Les trois documents doivent être cohérents entre eux.

Existe-t-il un modèle de trésorerie prévisionnelle gratuit ?

Oui, de nombreux modèles de tableur gratuits existent, et un fichier simple suffit pour une TPE. Vérifiez qu'il comporte une ligne de TVA à reverser, un décalage entre salaires et charges sociales, les échéances d'impôt sur les sociétés et le remboursement du capital des emprunts. Ajoutez un onglet d'hypothèses et un onglet de suivi du réalisé pour qu'il reste exploitable dans la durée.

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