Entrepreneuriat & croissance

Vous cherchez un business plan exemple qui ne soit pas un modèle vide à remplir, mais un dossier chiffré, construit ligne par ligne, que vous pourriez présenter à votre banquier ? C'est exactement ce que vous trouverez ici. Le business plan n'est pas un exercice scolaire : c'est le document qui décide si votre projet obtient un financement, à quel prix et avec quelles garanties.
Dans cet article, nous déroulons un cas complet : une PME de boulangerie-pâtisserie qui ouvre une seconde boutique et cherche 220 000 € d'emprunt. Vous verrez comment faire le business plan étape par étape, comment passer du chiffre d'affaires à la capacité de remboursement, quels tableaux financiers présenter, et quelles erreurs font échouer la majorité des dossiers.
Chez FINAUDEC, cabinet d'expertise comptable à Paris, nous construisons et relisons chaque année des prévisionnels pour des PME de la restauration, de l'hôtellerie, de la boulangerie et de la formation. Les conseils qui suivent viennent de ce que les financeurs nous demandent réellement, pas d'un manuel théorique.
Le business plan, ou plan d'affaires, est le dossier qui présente votre projet et démontre qu'il est viable. Selon Bpifrance Création, il sert à mesurer la maturité du projet, à vérifier son réalisme et sa rentabilité, puis à convaincre vos interlocuteurs. Il comporte deux volets indissociables : une partie rédigée (le projet, le marché, la stratégie, l'équipe) et une partie financière (les prévisions chiffrées).
Il sert à la fois d'outil de pilotage pour vous et de dossier de preuve pour la banque, les investisseurs ou un futur associé. Pour une PME déjà en activité, il ne sert pas qu'à la création. Ouverture d'un établissement, rachat, investissement lourd, entrée d'un associé : la question posée reste la même : le projet génère-t-il assez de trésorerie pour rembourser ce qu'il coûte ?
Il n'existe pas de plan imposé, mais les attentes des financeurs sont stables. Bpifrance Création recommande un dossier de 10 à 30 pages hors annexes, articulé autour des éléments suivants, que nous reprenons dans notre exemple :
Pour les horizons, retenez la règle utilisée par la plupart des banques : compte de résultat et plan de financement sur 3 ans, plan de trésorerie mensuel sur 12 mois. Au-delà de trois ans, les projections perdent leur crédibilité pour une PME ; en deçà, on ne voit pas l'activité atteindre son rythme de croisière.
Objectif, montant recherché, destinataire du dossier, date de décision.
Zone de chalandise, concurrents, prix pratiqués, flux de clients observés.
Volume × prix, mois par mois, avec une justification pour chaque hypothèse.
Investissements, effectif, loyer, énergie, charges externes.
Besoins durables = ressources durables : apport, emprunt, crédit-bail.
Compte de résultat, CAF, annuités d'emprunt, seuil de rentabilité.
Hypothèse prudente, centrale et haute ; mesure du coussin de trésorerie.
Partie rédigée, annexes, puis executive summary de 1 à 2 pages, écrit en dernier.
Prenons un cas représentatif de ce que nous accompagnons. Deux associés exploitent depuis huit ans une boulangerie-pâtisserie rentable dans l'Ouest parisien. Ils repèrent un local de 120 m² dans un quartier résidentiel en développement, à quatre kilomètres de leur premier point de vente, et décident de créer une nouvelle SAS, détenue directement par eux deux, pour porter cette seconde boutique.
Objectif : un prêt bancaire de 220 000 € sur sept ans, avec un apport en capital de 90 000 €. Prix, salaires, loyer et taux sont des hypothèses de travail à remplacer par vos propres devis et offres. Le business plan doit donc démontrer trois choses au banquier : que le chiffre d'affaires est atteignable, que l'exploitation dégage une marge suffisante dès la première année et que la capacité d'autofinancement couvre les échéances, y compris dans un scénario défavorable.
Le chiffre d'affaires est l'hypothèse la plus scrutée du business plan, car toutes les autres en découlent. La seule méthode défendable consiste à le reconstruire à partir de volumes et de prix, jamais à partir du résultat que l'on souhaite obtenir.
Pour notre boulangerie, le calcul repose sur trois paramètres. Ouverture 6 jours sur 7, soit 310 jours par an après déduction des congés. Le ticket moyen observé dans la première boutique est de 7,50 € HT. La fréquentation est estimée à 260 clients par jour la première année, contre 340 dans la boutique historique, pour tenir compte du temps nécessaire à la constitution d'une clientèle.
Le chiffre d'affaires de l'année 1 s'établit donc ainsi : 260 clients × 7,50 € × 310 jours = 604 500 € HT. Pour les années suivantes, les associés retiennent une montée progressive de la fréquentation (290 puis 310 clients par jour) et une hausse modérée du ticket moyen (7,70 € puis 7,90 €), liée au développement de l'offre traiteur et pâtisserie. On obtient 692 230 € en année 2 et 759 190 € en année 3.
Ce qui distingue un bon prévisionnel d'un tableau Excel optimiste, c'est la source de chaque chiffre. Le ticket moyen provient des données de caisse de la première boutique. La fréquentation repose sur un comptage réalisé sur deux semaines devant le local, croisé avec le nombre de logements livrés dans le quartier. La montée en charge s'appuie sur l'historique de la première ouverture. Pour une PME de services ou un organisme de formation, la logique est identique, avec des contrats signés ou un carnet de commandes.
Pensez enfin à la saisonnalité : un chiffre annuel juste peut cacher un trimestre de trésorerie négative.
Le plan de financement initial répond à une question simple : de combien avez-vous besoin pour démarrer, et d'où vient cet argent ? Il obéit à une règle d'équilibre stricte : le total des besoins doit être égal au total des ressources. Les besoins durables (investissements, besoin en fonds de roulement, trésorerie de départ) doivent être couverts par des ressources durables (capital, comptes courants d'associés, emprunts à moyen terme, crédit-bail).
| Besoins | Montant | Ressources | Montant |
|---|---|---|---|
| Travaux d'aménagement | 120 000 € | Apport en capital des associés | 90 000 € |
| Fours, chambre froide, vitrines, caisse | 95 000 € | Emprunt bancaire sur 7 ans | 220 000 € |
| Droit au bail | 60 000 € | ||
| Frais d'établissement et honoraires | 10 000 € | ||
| Stock initial | 5 000 € | ||
| Trésorerie de démarrage | 20 000 € | ||
| Total des besoins | 310 000 € | Total des ressources | 310 000 € |
La trésorerie de démarrage de 20 000 € est souvent oubliée ; elle absorbe pourtant les décalages des premières semaines, les dépenses imprévues et le temps que la clientèle se constitue. Le stock initial est modeste parce que la boulangerie travaille en flux tendu. Enfin, l'apport représente un peu moins de 30 % du besoin total : c'est un niveau qui rassure la banque, car les associés partagent le risque.
Créer une société dédiée isole le risque mais multiplie les obligations comptables. Si vous hésitez sur la forme juridique, notre comparateur des statuts juridiques vous aidera à comparer les options avant de figer le dossier.
Les associés retiennent, à titre d'hypothèse, un prêt de 220 000 € sur 84 mois à un taux de 4 % hors assurance. La mensualité constante s'établit à environ 3 007 €, soit 36 085 € par an. La première année, cette annuité se décompose en 8 294 € d'intérêts, qui sont une charge du compte de résultat, et 27 791 € de remboursement du capital, qui n'est pas une charge mais doit être financé par la capacité d'autofinancement. Cette distinction est au cœur de l'analyse bancaire.
Une fois le chiffre d'affaires établi, vous déroulez les charges poste par poste. Dans notre exemple, les hypothèses sont les suivantes :
Le personnel se chiffre en coût employeur (brut plus cotisations patronales), jamais en brut. Pour vos propres calculs, notre simulateur de coût du personnel donne une estimation poste par poste.
Les amortissements correspondent à l'étalement du coût des investissements sur leur durée d'utilisation. Dans l'exemple, nous avons retenu 10 ans pour les travaux (12 000 € par an), 7 ans pour le matériel (13 571 € par an) et 5 ans pour les frais d'établissement (2 000 € par an), soit 27 571 € par an ; le droit au bail n'est pas amorti dans ce scénario. Ces durées sont à valider avec votre expert-comptable selon la nature exacte de chaque bien.
| Poste | Année 1 | Année 2 | Année 3 |
|---|---|---|---|
| Clients par jour × ticket moyen | 260 × 7,50 € | 290 × 7,70 € | 310 × 7,90 € |
| Chiffre d'affaires (310 jours) | 604 500 | 692 230 | 759 190 |
| Achats de matières (30 %) | − 181 350 | − 207 669 | − 227 757 |
| Charges de personnel | − 266 000 | − 280 000 | − 290 000 |
| Loyer, énergie, charges externes, taxes | − 116 000 | − 116 000 | − 116 000 |
| EBE | 41 150 | 88 561 | 125 433 |
| EBE en % du CA | 6,8 % | 12,8 % | 16,5 % |
| Dotations aux amortissements | − 27 571 | − 27 571 | − 27 571 |
| Intérêts d'emprunt | − 8 294 | − 7 162 | − 5 983 |
| Résultat avant impôt | 5 284 | 53 828 | 91 878 |
| Impôt sur les sociétés | − 793 | − 9 207 | − 18 720 |
| Résultat net | 4 492 | 44 621 | 73 159 |
| CAF (résultat net + amortissements) | 32 063 | 72 192 | 100 730 |
| Remboursement du capital emprunté | − 27 791 | − 28 924 | − 30 102 |
| Autofinancement disponible | 4 272 | 43 268 | 70 628 |
L'impôt sur les sociétés est calculé au taux réduit de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, puis au taux normal de 25 % au-delà. Ce taux réduit est réservé, selon Service Public Entreprendre, aux sociétés dont le chiffre d'affaires ne dépasse pas 10 millions d'euros et dont le capital, entièrement libéré, est détenu à 75 % au moins par des personnes physiques. C'est le cas ici, puisque les deux associés détiennent directement la nouvelle SAS. En année 2, l'impôt s'élève ainsi à 6 375 € sur la première tranche et 2 832 € sur le solde, soit 9 207 €.
Le banquier veut savoir si l'entreprise génère assez de trésorerie pour rembourser le capital emprunté, qui n'apparaît pas dans le compte de résultat. L'indicateur clé est la capacité d'autofinancement (CAF) : en simplifiant, le résultat net auquel on ajoute les amortissements, qui sont des charges sans sortie d'argent.
Lecture : la première année, la CAF couvre l'échéance bancaire, mais avec moins de 5 000 € de marge. C'est ce chiffre, plus que le résultat net, que le banquier regarde.
La lecture est sans appel : en année 1, le projet est rentable de justesse et la CAF couvre l'échéance avec une marge d'environ 4 300 €. C'est normal pour une ouverture, mais le banquier posera immédiatement la question : que se passe-t-il si la fréquentation est inférieure aux prévisions ? À partir de l'année 2, la situation change nettement : la CAF de 72 192 € représente 2,5 fois le capital à rembourser, ce qui donne au dossier sa solidité.
Pour un dossier bancaire, nous recommandons de présenter un ratio simple : remboursement annuel du capital / CAF. Plus ce ratio est faible, plus le projet dispose de marge pour absorber un imprévu. Ici, il atteint 87 % en année 1 puis tombe à 40 % en année 2 : attendez-vous à des questions sur la première année et, le cas échéant, à une demande de garanties ou de différé d'amortissement.
Le seuil de rentabilité, ou point mort, est le chiffre d'affaires à partir duquel l'entreprise couvre l'ensemble de ses charges. La méthode présentée par Bpifrance Création repose sur une formule simple : seuil de rentabilité = charges fixes / taux de marge sur coûts variables.
Ce résultat confirme le diagnostic : l'année 1 se joue à quelques pourcents de chiffre d'affaires. En année 3, avec 627 936 € de seuil pour 759 190 € de chiffre d'affaires, le point mort est atteint vers le 298e jour et la marge de sécurité dépasse 130 000 €. Exprimer le seuil en nombre de clients par jour parle souvent mieux au dirigeant : 596 951 € / 310 jours / 7,50 € ≈ 257 clients par jour, à comparer aux 260 prévus.
Un business plan qui ne présente qu'un scénario ne dit rien du risque. Présenter un scénario prudent montre au financeur que vous avez anticipé les difficultés et que vous savez comment y répondre. Dans notre exemple, nous faisons varier la seule fréquentation, toutes charges fixes inchangées.
| Indicateur | Prudent (−15 % de clients) | Central | Haut (+10 % de clients) |
|---|---|---|---|
| Clients par jour | 221 | 260 | 286 |
| Chiffre d'affaires HT | 513 825 € | 604 500 € | 664 950 € |
| EBE | − 22 323 € | 41 150 € | 83 465 € |
| CAF couvre l'échéance bancaire ? | Non : manque d'environ 58 400 € | Oui, de justesse | Oui, largement |
Le calcul du scénario prudent est direct : 15 % de clients en moins représentent 90 675 € de chiffre d'affaires perdu. Avec un taux de marge sur coûts variables de 70 %, la perte de marge atteint 63 473 €, ce qui fait passer l'EBE de 41 150 € à −22 323 €. Pour couvrir cette perte et honorer l'annuité de 36 085 €, il manque environ 58 400 € : la trésorerie de démarrage de 20 000 € n'en couvre qu'un tiers.
Le business plan doit alors présenter la réponse prévue : différé de remboursement négocié avec la banque, apport complémentaire en compte courant d'associé, ou ajustement des horaires et effectifs si la fréquentation reste sous un seuil défini au troisième mois.
Les scénarios annuels doivent être prolongés par un plan de trésorerie mois par mois sur la première année : encaissements, décaissements, TVA, échéances d'emprunt, charges sociales, travaux payés avant l'ouverture. Une boulangerie encaisse comptant et a peu de besoin en fonds de roulement ; une PME qui facture des entreprises à 60 jours doit, elle, financer ce décalage. Notre guide sur la trésorerie prévisionnelle détaille la construction de ce tableau.
Les dossiers refusés partagent souvent les mêmes défauts. Bpifrance Création cite notamment la sous-estimation des besoins de financement, l'absence de prévisions de ventes détaillées et l'absence de scénarios alternatifs.
| Erreur | Ce que voit le financeur | Correction |
|---|---|---|
| CA calculé « à l'envers » à partir du besoin | Un chiffre sans lien avec le marché | Partir du volume observable et du prix pratiqué localement |
| Salaires en brut | Des charges de personnel sous-estimées | Raisonner en coût employeur complet |
| Pas de montée en charge | Une année 1 au niveau de croisière | Prévoir une rampe de fréquentation sur 6 à 18 mois |
| Trésorerie oubliée | Un plan bancal dès le premier trimestre | Prévoir une trésorerie de démarrage et un plan mensuel |
| Un seul scénario | Aucune mesure du risque | Présenter un scénario prudent et la réponse prévue |
| Confusion résultat et trésorerie | Une capacité de remboursement mal évaluée | Montrer la CAF et l'autofinancement disponible |
Vous pouvez tout à fait construire un business plan gratuit sans logiciel payant. Bpifrance Création propose un outil de business plan en ligne et des modèles de pitch deck accessibles après création d'un compte gratuit « Pass Créa », ainsi que des webinaires méthodologiques.
Un tableur bien construit reste souvent le meilleur support, à condition de respecter quelques principes :
Si votre projet relève de la restauration, notre guide du business plan pour ouvrir un restaurant détaille les ratios propres au secteur : coût matière, masse salariale, ticket moyen et taux de rotation des couverts.
Un bon business plan exemple ne se reconnaît pas à sa mise en page, mais à la solidité de sa chaîne de calcul : un chiffre d'affaires reconstruit à partir de volumes et de prix réels, des charges chiffrées en coût complet, un plan de financement équilibré, une CAF qui couvre les échéances et un scénario prudent assorti d'une réponse. Notre boulangerie le montre : un projet rentable à trois ans peut rester fragile la première année, et c'est précisément ce que le dossier doit assumer et traiter.
Vous préparez l'ouverture d'un établissement, un investissement ou une acquisition ? Notre équipe de DAF externalisé construit avec vous le prévisionnel, le confronte à vos comptes historiques et vous prépare au rendez-vous bancaire, pour que votre projet soit financé dans de bonnes conditions.
Bpifrance Création recommande un dossier de 10 à 30 pages, hors annexes. Pour une PME qui sollicite un prêt bancaire, une quinzaine de pages suffit généralement : résumé, présentation du projet et de l'équipe, étude de marché, stratégie commerciale, puis tableaux financiers. Les devis, le projet de bail, les CV et les études sont regroupés dans un dossier d'annexes séparé, pour garder le corps du document lisible.
La pratique la plus courante, et celle que présente Bpifrance Création, consiste à établir le compte de résultat et le plan de financement sur trois ans, et le plan de trésorerie mois par mois sur les douze premiers mois. Trois ans permettent de montrer la montée en charge jusqu'au rythme de croisière. Au-delà, les projections d'une PME deviennent difficiles à justifier et perdent leur crédibilité auprès du banquier.
Oui. L'outil en ligne de Bpifrance Création, accessible avec un compte gratuit, et un tableur bien construit suffisent pour la plupart des projets de PME. La fiabilité ne dépend pas de l'outil mais des hypothèses : chiffre d'affaires reconstruit à partir de volumes et de prix observés, salaires en coût employeur, scénario prudent, plan de trésorerie mensuel. Une relecture par un expert-comptable permet de repérer les incohérences avant le rendez-vous bancaire.
Le prévisionnel financier est la partie chiffrée du business plan : investissements, plan de financement, compte de résultat, trésorerie, seuil de rentabilité. Le business plan l'englobe et y ajoute la partie rédigée, qui présente le projet, le marché, la stratégie et l'équipe. Les deux sont indissociables : des chiffres sans argumentaire ne convainquent pas, un argumentaire sans chiffres non plus.