Prendre rendez-vous

Conseils de gestion

Taux rémunération compte courant d'associé 2025 : règles et remboursement

Auteur
Jose Amar
Date
21.10.2026
Durée
17 minutes
Taux rémunération compte courant d'associé 2025 : 4,55 % déductible, fiscalité 2026 et remboursement. Cas chiffré et checklist pour sécuriser vos intérêts.
Dirigeant d'hôtel-restaurant examinant la rémunération de son compte courant d'associé et le taux déductible
Avant propos
Cet article a une vocation strictement informative. Les règles fiscales et comptables évoluent régulièrement, et chaque situation présente ses propres spécificités qui ne peuvent pas être traitées dans un contenu général. Aucune décision ne devrait être prise sur la seule base des éléments présentés ici.

Pour sécuriser votre projet, prenez rendez-vous avec le cabinet FINAUDEC. Un échange personnalisé reste le seul moyen d'obtenir une réponse adaptée à votre situation.
Prendre rendez-vous
Sommaire
Poser une question sur l'article
Merci ! Nous revenons vers vous dans les 24h !
‍
Prendre rendez-vous directement
Oops! Something went wrong while submitting the form.

Le taux rémunération compte courant d'associé 2025 est la première question que se posent les dirigeants qui ont avancé des fonds à leur société : à quel taux puis-je me verser des intérêts sans que l'administration fiscale ne remette en cause leur déduction ? Pour un exercice clos le 31 décembre 2025, la réponse tient en un chiffre : 4,55 %. Mais ce chiffre ne suffit pas. Il varie selon la date de clôture, il suppose un capital entièrement libéré et il ne dit rien de la façon dont l'associé sera imposé, ni des règles qui encadrent le remboursement des sommes prêtées.

Le compte courant d'associé reste l'outil de financement le plus souple d'une PME : il permet de financer une rénovation d'hôtel, un besoin de trésorerie saisonnier dans un restaurant ou le démarrage d'un organisme de formation, sans augmentation de capital ni dossier bancaire. Cette souplesse a une contrepartie : des règles fiscales et juridiques précises.

Chez FINAUDEC, cabinet d'expertise comptable, nous traitons chaque année ces questions avec des dirigeants d'hôtels, de restaurants, d'organismes de formation et de groupes de PME. Ce guide fait le point sur les taux en vigueur en 2025 et 2026, la méthode de calcul, la fiscalité côté société et côté associé, les règles de remboursement et les erreurs à éviter, avec un cas pratique chiffré pas à pas.

Qu'est-ce qu'un compte courant d'associé et pourquoi le rémunérer ?

Le compte courant d'associé enregistre les sommes qu'un associé laisse ou met à la disposition de sa société en plus de son apport au capital. Juridiquement, il s'analyse comme un prêt : l'associé devient créancier de la société. Les modalités (rémunération, durée, remboursement) sont fixées par les statuts ou par une convention de compte courant signée entre la société et l'associé, comme le rappelle la fiche Compte courant d'associé : fonctionnement et fiscalité du portail officiel des entreprises.

Le compte peut être alimenté de plusieurs façons : versement volontaire de fonds, rémunération de dirigeant non prélevée, dividendes laissés à la disposition de la société, remboursements de frais non perçus. Dans tous les cas, il figure au passif du bilan, en dettes, généralement au compte 455 « Associés – Comptes courants ».

Rémunérer n'est pas une obligation pour une personne physique

Lorsque l'associé est une personne physique, la rémunération est facultative : il peut prêter gratuitement à sa société. En revanche, lorsque l'associé est une société (holding, société sœur), une avance sans intérêts peut être qualifiée d'acte anormal de gestion par l'administration. Dans un groupe, la question du taux se pose donc systématiquement.

Pourquoi verser des intérêts ?

Les intérêts sont une charge financière déductible pour la société, qui n'exige pas de bénéfice distribuable, contrairement aux dividendes, et ne supporte pas de cotisations sociales, contrairement à une rémunération. Ce levier se combine avec les autres ; nous l'abordons dans notre guide salaire ou dividende pour se rémunérer en hôtel-restaurant.

Quel est le taux rémunération compte courant d'associé 2025 et 2026 ?

Le taux est d'abord libre : la société et l'associé fixent le taux qu'ils veulent dans la convention. Mais la déduction fiscale des intérêts est plafonnée par le 3° du 1 de l'article 39 du code général des impôts. Le plafond, appelé taux de référence ou taux maximal des intérêts déductibles, est égal à la moyenne annuelle des taux effectifs moyens pratiqués par les établissements de crédit pour des prêts à taux variable aux entreprises d'une durée initiale supérieure à deux ans.

Les taux trimestriels sont publiés au Journal officiel et repris par l'administration dans la doctrine BOFiP BOI-BIC-CHG-50-50-30, actualisée chaque trimestre. Les valeurs récentes sont les suivantes : 4,92 % au 1er trimestre 2025, 4,60 % au 2e, 4,36 % au 3e, 4,30 % au 4e, puis 4,31 % au 1er trimestre 2026 et 4,35 % au 2e trimestre 2026.

Les taux de référence par date de clôture

Pour un exercice de douze mois, l'administration publie directement le taux applicable selon la date de clôture. Le tableau ci-dessous reprend les valeurs publiées pour les exercices clos fin 2024 à septembre 2026.

Taux maximal de déduction des intérêts de compte courant (exercice de 12 mois)
Date de clôture de l'exerciceTaux de référence
31 décembre 2024 au 30 janvier 20255,75 %
31 mars au 29 avril 20255,49 %
30 juin au 30 juillet 20255,16 %
30 septembre au 30 octobre 20254,81 %
30 novembre au 30 décembre 20254,64 %
31 décembre 2025 au 30 janvier 20264,55 %
31 janvier au 27 février 20264,49 %
28 février au 30 mars 20264,44 %
31 mars au 29 avril 20264,39 %
31 mai au 29 juin 20264,34 %
30 juin au 29 septembre 20264,33 %

La baisse est nette : un exercice civil 2024 permettait de déduire jusqu'à 5,75 %, un exercice civil 2025 seulement 4,55 %. Une convention signée il y a deux ans à 5,5 % produit donc aujourd'hui une fraction d'intérêts non déductible. C'est le premier point à contrôler avant chaque clôture.

Exercice décalé ou de durée différente de douze mois

Lorsque l'exercice ne coïncide pas avec l'année civile, le taux est une moyenne pondérée des taux trimestriels selon le nombre de mois de chaque trimestre compris dans l'exercice. La même logique s'applique aux exercices plus courts ou plus longs que douze mois, par exemple un premier exercice de dix-huit mois. Dans ces situations, ne reprenez pas un taux « de lecture directe » : refaites le calcul à partir des taux trimestriels, selon les formules détaillées par la doctrine administrative.

À quelles conditions les intérêts sont-ils déductibles pour la société ?

La déduction des intérêts versés aux associés repose sur deux conditions cumulatives. Elles s'appliquent quelle que soit la forme de la société et qu'elle relève de l'impôt sur les sociétés ou de l'impôt sur le revenu, dès lors qu'elle exerce une activité industrielle ou commerciale.

Condition 1 : un capital entièrement libéré

Aucun intérêt n'est déductible tant que le capital social n'est pas intégralement libéré. En pratique, la condition concerne surtout les sociétés par actions (SAS, SA), seules autorisées à étaler la libération de leur capital. Une SAS créée avec un capital libéré de moitié qui rémunère dès la première année un compte courant perd la déduction de la totalité des intérêts, et pas seulement de l'excédent.

L'administration admet toutefois une tolérance en cas d'augmentation de capital : la règle n'est pas appliquée lorsque l'acte prévoit expressément la libération intégrale du capital souscrit dans un délai maximum de trois ans.

Condition 2 : un taux inférieur ou égal au taux de référence

La limite s'apprécie sur le taux brut et le montant brut des intérêts, avant toute retenue à la source. Surtout, chaque compte courant est examiné séparément : il est impossible de compenser un excédent constaté sur le compte d'un associé avec une marge disponible sur le compte d'un autre.

Le cas des avances consenties par une société associée

Pour les sociétés soumises à l'IS, l'article 212 du CGI ouvre une alternative lorsque le prêteur est une entreprise liée ou associée : la société peut déduire les intérêts au taux qu'elle aurait pu obtenir d'établissements financiers indépendants dans des conditions analogues, s'il est supérieur au taux de référence. Depuis la loi de finances pour 2026, cette possibilité est étendue aux entreprises associées mais non liées, pour les exercices clos à compter du 31 décembre 2025. Ce taux de marché doit être justifié par la société emprunteuse (offres bancaires, analyse de crédit), ce qui suppose un dossier documenté.

Cette faculté ne joue pas pour un associé personne physique : pour lui, le plafond reste le taux de référence.

À retenir sur la déduction des intérêts

  • Deux conditions cumulatives : un capital entièrement libéré et un taux qui ne dépasse pas le taux de référence.
  • Le taux de référence dépend de la date de clôture : 4,55 % pour un exercice civil 2025, 4,33 % pour une clôture entre le 30 juin et le 29 septembre 2026.
  • Chaque compte courant est examiné séparément, sans compensation entre associés.
  • L'excédent n'est pas seulement réintégré : il est requalifié en revenu distribué chez l'associé.

Comment calculer les intérêts déductibles : cas pratique d'un hôtel

Prenons une SAS exploitant un hôtel de 40 chambres, à l'exercice civil. Pour financer la rénovation de deux étages, son président, associé personne physique, apporte 200 000 € en compte courant le 1er janvier 2025. La convention prévoit un taux de 5 %. Le capital est entièrement libéré et la société est imposée au taux normal de l'IS sur cette fraction de bénéfice.

Étape 1 : calculer les intérêts contractuels

200 000 € × 5 % = 10 000 € d'intérêts au titre de 2025. Si l'avance n'avait été versée que le 1er juillet, le calcul se ferait au prorata du temps : 200 000 € × 5 % × 184/365, soit 5 041 € environ.

Étape 2 : déterminer le plafond fiscal

Pour un exercice clos le 31 décembre 2025, le taux de référence est de 4,55 %. Plafond : 200 000 € × 4,55 % = 9 100 €.

Étape 3 : isoler l'excédent

10 000 € − 9 100 € = 900 €. Ce montant reste une charge en comptabilité, mais il est réintégré extra-comptablement pour le calcul du résultat fiscal.

Étape 4 : mesurer l'effet pour la société et pour l'associé

La fraction déductible procure une économie d'IS de 9 100 € × 25 % = 2 275 €. Côté associé, les intérêts inscrits en compte en 2026 supportent le prélèvement forfaitaire de 12,8 % et les prélèvements sociaux de 18,6 %, soit 3 140 € retenus à la source, et un net de 6 860 €.

Cascade de calcul : compte courant de 200 000 € rémunéré à 5 %

Intérêts contractuels : 200 000 € × 5 %10 000 €
Plafond fiscal : 200 000 € × 4,55 % (clôture au 31/12/2025)9 100 €
Fraction non déductible à réintégrer900 €
Économie d'IS au taux normal : 9 100 € × 25 %2 275 €
Retenues à la source en 2026 : 10 000 € × 31,4 %3 140 €
Net perçu par l'associé6 860 €

Hypothèses : exercice civil de 12 mois, avance présente toute l'année, capital entièrement libéré, intérêts inscrits en compte en 2026, associé sans dispense d'acompte.

En ramenant le taux de la convention à 4,55 %, la société aurait supprimé la réintégration, et l'associé aurait évité la requalification de 900 € en revenu distribué. Pour un projet de travaux, intégrez ce coût dans le calcul de rentabilité, comme nous le détaillons dans notre article sur le ROI d'une rénovation hôtelière.

Comment l'associé est-il imposé sur la rémunération du compte courant d'associé ?

Pour un associé personne physique domicilié en France, les intérêts déductibles sont des revenus de capitaux mobiliers de la catégorie des produits de placement à revenu fixe. Ils sont soumis par défaut au prélèvement forfaitaire unique : 12,8 % d'impôt sur le revenu, auquel s'ajoutent les prélèvements sociaux. Le taux de ces derniers est passé de 17,2 % à 18,6 % pour les revenus de 2026, selon la fiche prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine et de placements de Service Public. Le PFU sur ces intérêts atteint donc 31,4 % en 2026, contre 30 % pour les revenus 2025.

L'acompte prélevé par la société

La société qui verse les intérêts agit comme établissement payeur. Elle prélève à la source un acompte d'impôt sur le revenu de 12,8 %, non libératoire, ainsi que les prélèvements sociaux, et les reverse au Trésor via la déclaration n° 2777. L'associé peut demander à en être dispensé si le revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année est inférieur à 25 000 € (personne seule) ou 50 000 € (couple soumis à imposition commune). La demande, faite sur l'honneur, doit être remise à la société au plus tard le 30 novembre de l'année précédant le paiement.

Option pour le barème progressif

L'associé peut opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu. Cette option globale porte sur l'ensemble de ses revenus mobiliers et plus-values de l'année ; elle ouvre droit à une CSG partiellement déductible. Elle est en général intéressante pour les foyers non imposables ou imposés dans la tranche à 11 %. Pour arbitrer entre PFU et barème sur l'ensemble de vos revenus de capitaux, consultez notre analyse de la fiscalité des dividendes du dirigeant de PME.

Le sort des intérêts excédentaires

La fraction non déductible n'est pas seulement une perte d'économie d'impôt pour la société. Elle est considérée chez l'associé comme un revenu distribué, assimilé à un produit de parts sociales ou d'actions, et elle est exclue de l'abattement de 40 % en cas d'option pour le barème. L'excédent supporte donc deux fois la fiscalité : réintégration à l'IS d'un côté, imposition comme revenu distribué de l'autre.

Qui paie quoi sur 10 000 € d'intérêts de compte courant (exercice clos le 31/12/2025)
PosteFraction « dans le taux » (9 100 €)Fraction excédentaire (900 €)
Traitement chez la sociétéCharge financière déductibleRéintégrée au résultat fiscal
Qualification chez l'associéRevenu de créance, compte courantRevenu distribué (produit de parts)
Abattement de 40 % au barèmeSans objetExclu
Imposition au PFU (versement en 2026)12,8 % + 18,6 % = 31,4 %12,8 % + 18,6 % = 31,4 %
Coût fiscal pour l'associé2 857,40 €282,60 €
Économie d'IS pour la société (25 %)2 275 €0 €

Associé personne morale

Lorsque le prêteur est une société soumise à l'IS, typiquement une holding, les intérêts perçus sont de simples produits financiers imposés à l'IS. Le taux retenu doit pouvoir être justifié des deux côtés : trop faible, il expose la société prêteuse au grief d'acte anormal de gestion ; trop élevé, il expose l'emprunteuse à une réintégration.

Quelles formalités juridiques et déclaratives respecter ?

Rédiger une convention de compte courant

Une convention écrite et datée est le meilleur rempart en cas de contrôle. Elle précise le montant ou le plafond des avances, le taux (fixe ou indexé sur le taux de référence), la date de calcul et de paiement des intérêts, la durée, les conditions de remboursement et, le cas échéant, une clause de blocage. Indexer le taux sur le taux maximal déductible évite de renégocier à chaque baisse.

Appliquer la procédure des conventions réglementées

Une convention de compte courant rémunéré conclue avec un dirigeant ou un associé relève en principe des conventions réglementées. En SARL, l'article L. 223-19 du code de commerce impose un rapport du gérant ou du commissaire aux comptes et un vote de l'assemblée, l'intéressé ne prenant pas part au vote. En SAS, l'article L. 227-10 du code de commerce vise les conventions conclues avec le président, un dirigeant ou un actionnaire détenant plus de 10 % des droits de vote. Une convention non approuvée produit ses effets, mais la personne intéressée peut avoir à en supporter les conséquences dommageables pour la société. En société unipersonnelle, la convention est simplement mentionnée au registre des décisions.

Les obligations déclaratives

  • Déclaration de contrat de prêt (cerfa n° 10142) à déposer chaque année par la société, au plus tard à la date de dépôt de sa déclaration de résultat.
  • Déclaration et paiement de l'acompte et des prélèvements sociaux retenus à la source sur les intérêts.
  • Déclaration des revenus de capitaux mobiliers versés (imprimé fiscal unique), qui permet le pré-remplissage chez l'associé.
  • Réintégration de la fraction non déductible dans le tableau de détermination du résultat fiscal.

Comment comptabiliser les intérêts du compte courant ?

Les intérêts courus de l'exercice sont enregistrés en charges financières, que l'associé les perçoive ou les laisse en compte. Ils sont crédités sur le compte courant de l'associé pour leur montant brut ; les retenues à la source sont ensuite constatées en dette envers l'État et le net reste disponible sur le compte ou est versé à l'associé.

Trois points de vigilance en pratique. D'abord, la date : les intérêts se rattachent à l'exercice au cours duquel ils courent, même s'ils sont payés après la clôture. Ensuite, le calcul doit suivre les mouvements réels du compte (apports, prélèvements, remboursements) et non le solde de clôture. Enfin, un compte qui devient débiteur change de nature : il ne s'agit plus d'un prêt de l'associé, mais d'une avance de la société, interdite pour certaines personnes. Ce cas est traité dans notre article sur le compte courant d'associé débiteur et sa régularisation.

Quelles sont les règles du remboursement compte courant d'associé ?

Le remboursement du principal n'est pas un revenu pour l'associé : il récupère sa créance, sans imposition.

Principe : remboursable à tout moment

À défaut de clause contraire dans les statuts ou la convention, la créance de l'associé est remboursable à tout moment. Lorsque l'associé en fait la demande, la société ne peut pas refuser, même en invoquant des difficultés financières, ni limiter le remboursement à ce que sa trésorerie peut supporter. Elle peut en revanche solliciter des délais de paiement, limités à deux ans, sur le fondement de l'article 1343-5 du code civil.

En PME saisonnière, anticipez les sorties dans le plan de trésorerie, comme nous le montrons dans notre guide sur la trésorerie d'un restaurant ou d'un hôtel saisonnier.

Le blocage du compte courant

Bloquer un compte courant signifie que la société n'a plus l'obligation de rembourser pendant la durée convenue : les fonds deviennent de véritables capitaux permanents. Le blocage résulte d'une décision unanime de l'assemblée ou d'une convention de blocage signée avec l'associé. Il est souvent exigé par la banque lors d'un prêt d'acquisition ou de travaux, parfois assorti d'une clause de postposition qui fait passer l'associé après la banque.

En cas de procédure collective

Dès l'ouverture d'un redressement ou d'une liquidation judiciaire, la société ne peut plus rembourser le compte courant. L'associé doit déclarer sa créance auprès du mandataire ou du liquidateur, comme tout créancier, et ne sera payé qu'après les créanciers privilégiés, si les actifs le permettent.

L'associé demande son remboursement : que faire ?

1. La société fait-elle l'objet d'une procédure collective ?
OuiRemboursement interdit. L'associé déclare sa créance au mandataire ou au liquidateur.
NonPassez à la question 2.
2. Existe-t-il une convention de blocage, de postposition ou un terme ?
OuiAppliquez la clause : pas de remboursement avant l'échéance ou la levée de l'engagement (banque, pacte).
NonLa créance est remboursable à tout moment. Passez à la question 3.
3. La trésorerie permet-elle un remboursement immédiat ?
OuiRemboursez, documentez l'opération et mettez à jour la convention et les intérêts courus.
NonNégociez un échéancier ou sollicitez du juge un délai de grâce, limité à 2 ans.

Les alternatives au remboursement

L'associé peut aussi incorporer son compte courant au capital par compensation de créance, ce qui renforce les capitaux propres et rassure les partenaires bancaires, ou consentir un abandon de créance. Ces opérations ont des conséquences fiscales et juridiques propres, à étudier avec votre expert-comptable avant toute décision.

Quelles erreurs éviter sur la rémunération et le remboursement ?

  1. Conserver un taux figé fixé quand le taux de référence était plus élevé : en 2025, un taux de 5 % génère une réintégration.
  2. Rémunérer avant la libération totale du capital d'une SAS : la déduction est alors refusée pour la totalité des intérêts.
  3. Oublier la retenue à la source et verser des intérêts bruts à l'associé, la société restant redevable des prélèvements.
  4. Négliger la procédure des conventions réglementées et l'absence de convention écrite.
  5. Rembourser un associé en période de difficultés sans analyser le risque de contestation ou les engagements de blocage pris envers la banque.
  6. Appliquer le taux de lecture directe à un exercice décalé ou de durée atypique.

Checklist annuelle du compte courant d'associé

Avant chaque clôture, passez en revue les points suivants :

  • La convention est écrite, signée et à jour (taux, durée, remboursement, blocage éventuel).
  • Le taux appliqué est comparé au taux de référence correspondant à la date de clôture, compte par compte.
  • La fraction excédentaire éventuelle est réintégrée et l'associé informé de sa requalification.
  • Les retenues à la source sont appliquées, déclarées et payées ; les demandes de dispense sont archivées.
  • La convention est soumise à l'assemblée ou mentionnée au registre des décisions.
  • Les remboursements prévus figurent dans le prévisionnel de trésorerie.

En résumé : sécuriser le taux, l'imposition et le remboursement

Le compte courant d'associé est un financement efficace à condition de le piloter. Retenez trois réflexes : aligner le taux de la convention sur le taux de référence de votre date de clôture (4,55 % pour un exercice civil 2025, 4,33 % pour une clôture au 30 juin 2026), vérifier la libération du capital et appliquer correctement les retenues à la source, désormais de 31,4 % sur les intérêts versés en 2026. Côté remboursement, anticipez : un compte non bloqué est exigible à tout moment.

Convention de compte courant, procédure des conventions réglementées, blocage demandé par la banque, incorporation au capital : nos équipes vous accompagnent dans la rédaction et le suivi de ces actes. Découvrez notre accompagnement juridique et vie sociale pour sécuriser vos comptes courants et la relation avec vos associés.

Nos clients

Foire aux questions

Quel est le taux maximal de rémunération d'un compte courant d'associé en 2025 ?

Pour un exercice de douze mois clos le 31 décembre 2025, les intérêts sont déductibles dans la limite de 4,55 %. Le taux varie avec la date de clôture : 4,64 % pour une clôture entre le 30 novembre et le 30 décembre 2025, 4,33 % pour une clôture entre le 30 juin et le 29 septembre 2026. Un taux supérieur reste possible, mais l'excédent n'est pas déductible.

Un associé peut-il prêter à sa société sans intérêts ?

Oui, lorsqu'il s'agit d'une personne physique : la rémunération du compte courant est facultative. En revanche, une société associée qui prête gratuitement à une autre société peut se voir reprocher un acte anormal de gestion par l'administration fiscale. Dans un groupe, prévoyez donc un taux justifié et une convention écrite.

Comment sont imposés les intérêts de compte courant perçus en 2026 ?

Pour un associé personne physique, ils sont soumis par défaut au prélèvement forfaitaire unique : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 31,4 %. La société retient ces montants à la source. L'associé peut opter pour le barème progressif, option globale qui porte sur l'ensemble de ses revenus mobiliers.

Que se passe-t-il si le taux appliqué dépasse le taux de référence ?

La fraction des intérêts correspondant à l'excédent est réintégrée au résultat fiscal de la société. Chez l'associé, cette fraction est requalifiée en revenu distribué et ne bénéficie pas de l'abattement de 40 % en cas d'option pour le barème. Chaque compte courant est examiné séparément, sans compensation possible entre associés.

Background Image
Chaque projet commence par une rencontre. Partagez-nous vos ambitions, vos défis ou vos interrogations : nous sommes là pour vous guider. Prenez contact dès maintenant et faisons ensemble le premier pas vers une réussite durable.
Contactez nos experts