Actualités comptables & fiscales

L'imposition des dividendes est l'une des décisions fiscales les plus rentables, ou les plus coûteuses, qu'un dirigeant de PME prend chaque année. Depuis le 1er janvier 2026, la hausse de la CSG sur les revenus du capital porte le prélèvement forfaitaire unique (PFU, ou « flat tax ») à 31,4 %, contre 30 % auparavant. Pour un dividende de 60 000 €, la différence entre la flat tax et l'option pour le barème progressif peut dépasser 3 500 € dans un sens comme dans l'autre.
Ce guide vous donne les règles en vigueur en 2026, une méthode de comparaison chiffrée, un cas pratique complet appliqué à un restaurant exploité en SAS et les pièges qui font perdre de l'argent chaque année : option globale mal anticipée, dispense d'acompte oubliée, dividendes de gérant majoritaire soumis à cotisations sociales.
Chez FINAUDEC, cabinet d'expertise comptable à Paris 17e, nous arbitrons chaque printemps, avec nos clients de l'hôtellerie, de la restauration et de la formation, entre rémunération, dividendes et mise en réserve. Les chiffres ci-dessous sont ceux que nous utilisons pour ces simulations.
Un dividende est une distribution de bénéfice déjà imposé : la société a d'abord payé l'impôt sur les sociétés, puis l'associé personne physique est imposé sur ce qu'il perçoit. Cette double strate explique pourquoi la fiscalité sur les dividendes ne se raisonne jamais seule, mais toujours en ajoutant l'IS payé en amont.
Le bénéfice d'une société soumise à l'IS est taxé à 25 %. Un taux réduit de 15 % s'applique jusqu'à 42 500 € de bénéfice pour les PME dont le chiffre d'affaires hors taxes est inférieur à 10 M€ et dont le capital est détenu à au moins 75 % par des personnes physiques, comme le rappelle la fiche Fiscalité des dividendes perçus par les associés de Service Public Entreprendre.
Une fois distribué, le dividende supporte deux prélèvements distincts : l'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux. Par défaut, l'impôt sur le revenu est calculé au taux forfaitaire de 12,8 %. Sur option, vous pouvez lui substituer le barème progressif. Les prélèvements sociaux, eux, sont dus dans tous les cas.
En pratique, la société qui verse le dividende prélève à la source un acompte d'impôt de 12,8 % et les prélèvements sociaux, puis les reverse à l'administration. Elle déclare ces sommes sur le formulaire 2777-SD dans les 15 jours qui suivent le mois du versement. L'imposition définitive se joue l'année suivante, dans votre déclaration de revenus.
Pour les dividendes perçus à compter du 1er janvier 2026, le PFU atteint 31,4 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. La hausse provient de l'article 12 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025), qui porte la CSG sur les revenus de placement de 9,2 % à 10,6 %.
Selon la fiche Prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine et de placement de Service Public, le taux de 18,6 % se décompose ainsi : CSG de 10,6 %, CRDS de 0,5 % et prélèvement de solidarité de 7,5 %. Certains placements restent à 17,2 % (assurance-vie, PEL, CEL, plan d'épargne populaire), mais les dividendes de votre société relèvent bien du taux de 18,6 %.
Le PFU est simple, mais il a un prix : il exclut l'abattement de 40 %, la déductibilité partielle de la CSG et la déduction des frais. Pour un foyer peu imposé, ce renoncement coûte cher. Pour un foyer imposé à 30 % ou plus, il est au contraire largement compensé par le taux forfaitaire de 12,8 %.
| Critère | PFU (flat tax) | Option pour le barème |
|---|---|---|
| Impôt sur le revenu | 12,8 % du montant brut | Taux marginal du foyer (0 % à 45 %) |
| Abattement de 40 % | Non | Oui |
| CSG déductible (6,8 points) | Non | Oui |
| Frais et charges déductibles | Non | Oui |
| Prélèvements sociaux | 18,6 % en 2026 | 18,6 % en 2026 |
| Taux global si foyer imposable | 31,4 % | De 18,6 % à 42,5 % environ selon la tranche |
| Portée du choix | Régime par défaut | Global : tous les revenus mobiliers et plus-values de l'année |
Si vous cochez la case 2OP de la déclaration de revenus, vos dividendes sont ajoutés à vos autres revenus et imposés au barème. Trois mécanismes allègent alors la base taxable.
Pour les revenus de 2025, déclarés en 2026, le barème par part est le suivant : 0 % jusqu'à 11 600 €, 11 % de 11 601 € à 29 579 €, 30 % de 29 580 € à 84 577 €, 41 % de 84 578 € à 181 917 € et 45 % au-delà. Le barème applicable aux revenus 2026 est fixé par la loi de finances ; nos exemples utilisent le dernier barème publié sur Service Public, à titre illustratif.
Le point le plus souvent négligé : l'option pour le barème est globale. Elle s'applique à l'ensemble de vos revenus mobiliers et plus-values de cessions de valeurs mobilières de l'année, y compris ceux pour lesquels le barème est défavorable (intérêts, plus-values sans abattement). Bonne nouvelle, d'après la fiche Revenus d'épargne et de placements de Service Public : pour les revenus 2026 et suivants, vous pouvez renoncer à cette option dans le délai de réclamation ou en cours de contrôle si elle se révèle défavorable.
La règle est simple à poser et plus subtile à appliquer. Sous le barème, l'impôt sur un dividende de 100 € vaut votre taux marginal multiplié par 53,2 € : 60 € après abattement, moins 6,8 € de CSG déductible. Ce montant est à comparer aux 12,8 € du PFU.
Le point d'équilibre se situe donc autour d'un taux marginal de 24 % (12,8 / 53,2). En dessous, c'est-à-dire si vous êtes non imposable ou dans la tranche à 11 %, le barème gagne. Au-dessus, c'est-à-dire dans les tranches à 30 %, 41 % ou 45 %, le PFU gagne. C'est exactement la ligne de partage indiquée par l'administration.
| Tranche marginale | IR sur 100 € (barème) | Prélèvements sociaux | Total barème | Total PFU | Régime le plus favorable |
|---|---|---|---|---|---|
| 0 % | 0 € | 18,60 € | 18,60 € | 31,40 € | Barème |
| 11 % | 5,85 € | 18,60 € | 24,45 € | 31,40 € | Barème |
| 30 % | 15,96 € | 18,60 € | 34,56 € | 31,40 € | PFU |
| 41 % | 21,81 € | 18,60 € | 40,41 € | 31,40 € | PFU |
| 45 % | 23,94 € | 18,60 € | 42,54 € | 31,40 € | PFU |
Ce tableau raisonne en taux marginal constant. Or un dividende important peut faire basculer une partie de votre revenu d'une tranche à l'autre : une fraction est taxée à 11 %, le reste à 30 %. C'est pourquoi un foyer « à cheval » sur deux tranches doit toujours simuler les deux scénarios, comme le montre le cas pratique ci-dessous.
Prenons une SAS exploitant un restaurant de 1,4 M€ de chiffre d'affaires, détenue à 100 % par son président. L'exercice clos le 31 décembre 2025 dégage un bénéfice fiscal de 120 000 €. L'assemblée, réunie au printemps 2026, décide de distribuer 60 000 € et de laisser le reste en réserves pour financer la rénovation de la salle.
La société remplit les conditions du taux réduit. L'IS s'élève à 6 375 € (15 % de 42 500 €) plus 19 375 € (25 % de 77 500 €), soit 25 750 €. Le résultat net est de 94 250 €. Sur les 60 000 € versés, la société prélève 7 680 € d'acompte d'impôt et 11 160 € de prélèvements sociaux.
Les 34 250 € non distribués restent en réserves (réserve légale déjà dotée dans l'exemple). Pression globale IS + PFU sur les 60 000 € distribués : environ 48,5 % du bénéfice avant impôt correspondant si celui-ci relève intégralement du taux de 25 %.
Le président est marié, sans enfant à charge (2 parts). Nous testons trois niveaux d'autres revenus nets imposables du foyer : 30 000 €, 45 000 € et 90 000 €. Au barème, le revenu imposable ajouté est de 31 920 € : 36 000 € après abattement de 40 %, moins 4 080 € de CSG déductible (6,8 % de 60 000 €). Le calcul ignore la décote et les réductions d'impôt pour rester lisible.
| Profil du foyer | Autres revenus nets imposables | IR supplémentaire (barème) | Total barème (IR + PS) | Total PFU | Écart |
|---|---|---|---|---|---|
| Profil 1 | 30 000 € | 4 036 € | 15 196 € | 18 840 € | Barème : 3 644 € d'économie |
| Profil 2 | 45 000 € | 6 886 € | 18 046 € | 18 840 € | Barème : 794 € d'économie |
| Profil 3 | 90 000 € | 9 576 € | 20 736 € | 18 840 € | PFU : 1 896 € d'économie |
Les écarts parlent d'eux-mêmes. Avec 30 000 € d'autres revenus, le barème fait économiser 3 644 € : une grande partie du dividende reste taxée à 11 %. Avec 45 000 €, l'avantage fond à 794 €, car le dividende fait entrer le foyer plus nettement dans la tranche à 30 %. Avec 90 000 €, le PFU devient le meilleur choix, de 1 896 €.
Dans tous les cas, l'acompte de 7 680 € prélevé en 2026 s'impute sur l'impôt dû en 2027. Si l'option pour le barème aboutit à un impôt de 4 036 €, l'excédent de 3 644 € vous est restitué. L'acompte n'est donc pas un coût, mais une avance de trésorerie : d'où l'intérêt de la dispense lorsque vous y avez droit.
La fiscalité sur les dividendes dépend aussi du statut social du dirigeant. C'est souvent ce paramètre, plus que le choix PFU ou barème, qui fait la différence entre une SAS et une SARL.
Le président de SAS rémunéré pour son mandat est assimilé salarié. Ses dividendes ne sont pas soumis aux cotisations sociales : ils supportent uniquement les 18,6 % de prélèvements sociaux. La contrepartie est connue : un dirigeant payé uniquement en dividendes ne cotise pas et ne se constitue aucune protection sociale (retraite, indemnités journalières).
Pour un dirigeant travailleur indépendant d'une société à l'IS, l'article L136-3 du Code de la sécurité sociale intègre à l'assiette des cotisations la part des dividendes qui dépasse 10 % d'un montant de référence : le capital social, primes d'émission incluses, et les sommes inscrites en comptes courants d'associés. Les titres détenus par le conjoint, le partenaire de PACS et les enfants mineurs non émancipés sont pris en compte.
Exemple : une EURL au capital de 10 000 € dont le gérant a laissé 20 000 € en compte courant. Le montant de référence est de 30 000 €, le seuil de 3 000 €. Sur un dividende de 40 000 €, 37 000 € entrent dans l'assiette des cotisations sociales du gérant. L'impôt sur le revenu reste dû sur les 40 000 €.
Ce mécanisme change complètement l'arbitrage. Pour comparer rémunération et dividendes selon votre structure, consultez notre analyse salaire ou dividende pour un dirigeant d'hôtel-restaurant et, si vous êtes en EURL, notre simulateur EURL de revenu du dirigeant.
L'acompte de 12,8 % prélevé lors du versement n'est pas obligatoire pour tout le monde. Vous pouvez en être dispensé si le revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année est inférieur à 50 000 € pour une personne seule, ou 75 000 € pour un couple soumis à imposition commune.
Dans le cas d'une SASU dont vous êtes l'associé unique, c'est vous-même, en tant que président, qui recevez l'attestation. Archivez-la avec le procès-verbal de distribution.
Avant de parler fiscalité, la distribution doit être juridiquement valable. Un dividende versé sans bénéfice distribuable peut être qualifié de dividende fictif, avec des conséquences sérieuses pour le dirigeant.
Le procès-verbal d'assemblée est la pièce maîtresse de ce dossier : notre guide sur l'approbation des comptes annuels et le modèle de PV détaille les délais à respecter.
Nous retrouvons les mêmes erreurs d'un dossier à l'autre. Elles ne relèvent pas de l'optimisation agressive, mais d'un simple défaut d'anticipation.
L'imposition des dividendes se pilote, elle ne se subit pas. Voici la méthode que nous appliquons, entre la clôture et l'assemblée.
Lorsque les montants deviennent significatifs, la question de la structure se pose : une holding familiale permet de faire remonter les dividendes quasiment exonérés grâce au régime mère-fille (seuls 5 % sont imposés si la société mère détient au moins 5 % du capital depuis deux ans), puis de réinvestir sans passer par l'impôt personnel. Pour une création ou une transformation, notre comparateur de statuts juridiques met en regard SAS, SARL et EURL.
En 2026, la flat tax sur les dividendes passe à 31,4 %. Elle reste le régime le plus favorable dès que votre foyer est imposé à 30 % ou plus. Le barème progressif, grâce à l'abattement de 40 % et à la CSG déductible, l'emporte pour les foyers non imposables ou imposés à 11 %, et parfois au-delà lorsque le dividende chevauche deux tranches. Le statut social du dirigeant, la règle des 10 % en SARL et le caractère global de l'option pèsent autant que le taux lui-même.
Avant votre prochaine assemblée, faites chiffrer les deux scénarios sur votre situation réelle, avec l'IS, votre trésorerie et vos autres revenus. Les équipes FINAUDEC réalisent ces simulations dans le cadre de leur mission d'expertise comptable : contactez-nous pour arbitrer votre rémunération 2026 en connaissance de cause.
Pour les dividendes perçus à compter du 1er janvier 2026, le prélèvement forfaitaire unique s'élève à 31,4 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. La hausse par rapport aux 30 % antérieurs résulte du relèvement de la CSG sur les revenus de placement à 10,6 % par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026.
Sous le barème, l'impôt représente votre taux marginal appliqué à 53,2 % du dividende, après l'abattement de 40 % et la CSG déductible. Le point d'équilibre se situe vers un taux marginal de 24 %. Le barème gagne en pratique si vous êtes non imposable ou imposé à 11 % ; le PFU gagne à partir de 30 %. Entre deux tranches, une simulation est indispensable.
Non. L'option est globale : elle s'applique à tous vos revenus de capitaux mobiliers et à vos plus-values de cessions de valeurs mobilières de l'année. Pour les revenus 2026 et suivants, vous pouvez toutefois renoncer à l'option dans le délai de réclamation ou lors d'un contrôle si elle s'avère défavorable.
Non. Les dividendes du président de SAS ou de SASU sont des revenus de capitaux mobiliers : ils supportent les prélèvements sociaux de 18,6 % mais pas de cotisations sociales. En revanche, un dirigeant rémunéré uniquement en dividendes ne se constitue aucun droit à la retraite ni aux indemnités journalières.