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Conseils de gestion

Fiscalité chambre d'hôtes : statut, impôts, TVA et Urssaf en 2026

Auteur
Jose Amar
Date
27.10.2026
Durée
16 minutes
Fiscalité chambre d'hôtes 2026 : micro-BIC à 50 %, seuil Urssaf, TVA, taxe de séjour, CFE. Cas chiffré et méthode pour choisir le bon régime.
Chambre d'hôtes aménagée dans une maison de caractère, illustrant la fiscalité et le statut du loueur
Avant propos
Cet article a une vocation strictement informative. Les règles fiscales et comptables évoluent régulièrement, et chaque situation présente ses propres spécificités qui ne peuvent pas être traitées dans un contenu général. Aucune décision ne devrait être prise sur la seule base des éléments présentés ici.

Pour sécuriser votre projet, prenez rendez-vous avec le cabinet FINAUDEC. Un échange personnalisé reste le seul moyen d'obtenir une réponse adaptée à votre situation.
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Découvrez comment FINAUDEC accompagne les chambres d'hôtes au quotidien.

La fiscalité des chambres d'hôtes a profondément changé en deux ans. La loi du 19 novembre 2024 a raboté l'abattement du micro-BIC, l'Urssaf applique depuis le 1er janvier 2026 un taux de cotisations plus élevé aux micro-entrepreneurs du secteur, et les seuils ont été revalorisés pour la période 2026-2028. Pour un propriétaire qui ouvre, ou exploite déjà, quelques chambres dans sa maison, ces règles pèsent directement sur le revenu net de l'activité.

Statut, impôt sur le revenu, cotisations sociales, TVA, taxe de séjour, CFE : ce guide reprend chaque prélèvement, avec les seuils en vigueur en 2026, un cas pratique chiffré et une méthode pour choisir entre micro-BIC et régime réel. Il explique aussi ce qui distingue fiscalement une chambre d'hôtes d'un meublé de tourisme, deux activités souvent confondues.

Chez FINAUDEC, cabinet d'expertise comptable spécialisé dans l'hôtellerie et l'hébergement touristique, nous accompagnons des maisons d'hôtes de toutes tailles. Si vous cherchez un expert-comptable pour chambres d'hôtes, vous trouverez ici les repères pour poser les bonnes questions dès la création.

Qu'est-ce qu'une chambre d'hôtes au sens de la loi ?

Le terme « chambre d'hôtes » n'est pas libre. Il désigne une chambre meublée située chez l'habitant, louée à des touristes pour une ou plusieurs nuitées. Le cadre est strict : 5 chambres et 15 personnes au maximum accueillies en même temps. Au-delà, l'appellation n'est plus autorisée et l'établissement relève des règles des établissements recevant du public, comme un petit hôtel.

La chambre d'hôtes se définit aussi par les services rendus. L'exploitant doit fournir au moins trois des quatre prestations suivantes : l'accueil des clients en personne, le petit-déjeuner servi par le loueur, la fourniture et le renouvellement du linge de maison, et le nettoyage régulier des locaux. Chaque chambre doit donner accès à une salle de bains et à un WC, et respecter des surfaces minimales (7 m² pour une personne, 9 m² pour deux, 14 m² pour trois, 18 m² pour quatre).

Chambre d'hôtes, meublé de tourisme, hôtel : les grandes différences
CritèreChambre d'hôtesMeublé de tourismeHôtel
Capacité5 chambres et 15 personnes au plusLogement entier loué à une clientèle de passagePas de plafond, règles ERP
Présence du loueurAccueil chez l'habitant, obligatoireNon requiseExploitation commerciale
ServicesAu moins 3 sur 4 : accueil, petit-déjeuner, linge, ménageFacultatifsPrestations hôtelières complètes
ClassementPas de classement officiel, labels privés possiblesClassement en étoiles facultatifClassement en étoiles
Micro-BIC (revenus 2026)83 600 €, abattement 50 %Classé : 83 600 €, 50 %. Non classé : 15 000 €, 30 %Selon l'activité, le plus souvent au réel
Déclaration préalableMairie, cerfa n° 13566Mairie (règles locales renforcées)Formalités d'ouverture d'un ERP

Chambre d'hôtes statut : quelles formalités avant d'ouvrir ?

La question du statut de la chambre d'hôtes revient dans toutes les créations. Juridiquement, la location de chambres d'hôtes est une activité commerciale. Elle se pratique le plus souvent en entreprise individuelle, au régime micro-entreprise ou au régime réel. Le choix de la forme juridique et du régime fiscal se fait dès l'immatriculation, mais il peut être revu ensuite.

La déclaration en mairie

Avant d'accueillir le moindre client, vous devez déclarer votre activité à la mairie de la commune où se situent les chambres, au moyen du formulaire cerfa n° 13566. Toute modification (nombre de chambres, période d'ouverture) doit également être déclarée. L'absence de déclaration est passible d'une contravention pouvant atteindre 450 €.

L'immatriculation de l'activité

Depuis la réforme des formalités, l'immatriculation se fait sur le guichet des formalités des entreprises, qui vous attribue un numéro Siren. Elle est obligatoire quel que soit le montant des revenus, même pour deux chambres ouvertes l'été. Exercer sans immatriculation expose au risque de travail dissimulé : c'est l'une des erreurs les plus coûteuses que nous rencontrons chez les loueurs qui ont démarré « pour voir ».

Les obligations d'exploitation

Le loueur doit afficher ses prix toutes taxes comprises (chambre avec petit-déjeuner, suppléments, table d'hôtes boissons comprises) à l'extérieur, à l'accueil et dans chaque chambre. Une note doit être remise au client particulier au-delà de 25 € et une facture au client professionnel. Pour chaque client étranger majeur, une fiche individuelle de police est remplie et conservée six mois.

Les 5 démarches avant d'accueillir vos premiers hôtes

1Vérifier le cadre

5 chambres et 15 personnes au plus, chez vous, avec au moins 3 des 4 prestations.

2Déclarer en mairie

Formulaire cerfa n° 13566, avant le démarrage de l'activité.

3Immatriculer l'activité

Sur le guichet des formalités des entreprises, quel que soit le niveau de revenus.

4Choisir les régimes

Micro ou réel, franchise de TVA ou non, micro-social ou non.

5Organiser la gestion

Taxe de séjour, affichage des prix, notes clients, fiches de police, compte bancaire dédié.

Pour vérifier l'ensemble de ces règles, la fiche officielle Ouvrir une chambre d’hôtes sur le site Entreprendre Service-Public est mise à jour régulièrement. Si vous hésitez entre plusieurs formes juridiques pour un projet plus large, notre comparateur de statuts juridiques permet de mesurer les différences entre entreprise individuelle et société.

Fiscalité chambre d'hôtes : comment sont imposés vos revenus ?

Les revenus tirés de la location de chambres d'hôtes relèvent de la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Ils sont soumis à l'impôt sur le revenu du foyer, au barème progressif, après détermination du bénéfice selon l'un des deux régimes : le micro-BIC ou le régime réel.

Le micro-BIC : un abattement forfaitaire de 50 %

En micro-BIC, vous déclarez simplement le montant de vos recettes. L'administration applique un abattement forfaitaire de 50 % censé couvrir toutes vos charges, et vous êtes imposé sur le solde. Cet abattement était de 71 % jusqu'aux revenus 2024 : la loi du 19 novembre 2024 l'a abaissé à 50 % à compter des revenus 2025.

Le seuil a suivi le même mouvement. Pour les revenus 2025, le micro-BIC des chambres d'hôtes était plafonné à 77 700 € de recettes. Pour les revenus 2026, le seuil est porté à 83 600 €, à condition que les recettes hors taxes de 2024 ou de 2025 ne l'aient pas dépassé. Ce mécanisme sur deux ans évite qu'une très bonne saison isolée vous fasse basculer immédiatement au réel.

Le régime réel : déduire les charges et amortir

Au régime réel, le bénéfice est égal aux recettes diminuées des charges réellement engagées : énergie, produits d'accueil, linge, petits-déjeuners, assurance, commissions des plateformes, frais bancaires, honoraires comptables, intérêts d'emprunt. Surtout, vous pouvez amortir les travaux d'aménagement, le mobilier et l'équipement, c'est-à-dire étaler leur coût sur leur durée d'utilisation.

Ce régime impose une comptabilité complète et le dépôt d'une liasse fiscale BIC. En contrepartie, un éventuel déficit est reportable sur les dix années suivantes, selon l'administration. Pour comprendre les règles d'amortissement des meubles, notre article sur l'amortissement du mobilier en location meublée détaille les durées usuelles et les pièges à éviter.

Les très petites recettes

Selon la fiche officielle consacrée aux chambres d'hôtes, aucun impôt sur le revenu n'est dû lorsque les recettes annuelles ne dépassent pas 760 €. Ce cas ne concerne qu'une activité très ponctuelle, par exemple quelques nuitées lors d'un événement local. Les autres obligations (déclaration en mairie, taxe de séjour) restent applicables.

Micro-BIC ou régime réel : comment choisir pour vos chambres d'hôtes ?

Le bon régime n'est pas celui qui paraît le plus simple, c'est celui qui aboutit au revenu net le plus élevé une fois l'impôt et les cotisations payés. Depuis la baisse de l'abattement à 50 %, le calcul mérite d'être refait, en particulier si vous avez financé des travaux ou acheté du mobilier.

Cas pratique : une maison d'hôtes de quatre chambres

Prenons l'exemple, purement hypothétique, de Claire et Marc, qui exploitent quatre chambres dans une longère de Bretagne. Leur chiffre d'affaires de 2025 est inférieur au seuil, ils ne facturent donc pas la TVA (franchise en base). En 2026, ils encaissent 48 000 € de recettes : 480 nuitées à 100 € en moyenne, petit-déjeuner compris.

Leurs charges d'exploitation s'élèvent à 15 500 € : petits-déjeuners et produits d'accueil (4 800 €), énergie et eau imputables aux chambres (3 600 €), blanchisserie et linge (2 100 €), commissions des plateformes de réservation (2 900 €), assurance, téléphone, logiciel et frais divers (2 100 €). Ils remboursent par ailleurs un prêt travaux, dont les intérêts 2026 représentent 2 500 €. Enfin, les 140 000 € de travaux d'aménagement amortis sur 15 ans et 12 000 € de mobilier amortis sur 7 ans génèrent environ 11 000 € d'amortissements annuels (9 333 € + 1 714 €, arrondis).

Cascade de calcul : base imposable 2026 de la maison d'hôtes (cas hypothétique)

Micro-BIC
Recettes encaissées48 000 €
Abattement forfaitaire 50 %- 24 000 €
Charges réellesnon déductibles
Base imposable24 000 €
Régime réel
Recettes encaissées48 000 €
Charges d'exploitation- 15 500 €
Intérêts d'emprunt- 2 500 €
Amortissements (travaux, mobilier)- 11 000 €
Bénéfice imposable19 000 €

Étape par étape :

  1. Micro-BIC : 48 000 € × (1 - 50 %) = 24 000 € de base imposable, quelles que soient les dépenses réelles.
  2. Régime réel : 48 000 € - 15 500 € - 2 500 € - 11 000 € = 19 000 € de bénéfice imposable.
  3. Écart : 24 000 € - 19 000 € = 5 000 € de base imposable en moins au régime réel.
  4. Effet sur l'impôt : à un taux marginal d'imposition de 30 %, l'économie atteint 5 000 € × 30 % = 1 500 € par an, à comparer au coût supplémentaire de la tenue d'une comptabilité complète.

Le volet social accentue l'écart. En micro-entreprise, les cotisations sont calculées sur le chiffre d'affaires : 48 000 € × 21,2 % = 10 176 €, même si l'activité a beaucoup investi. Au réel, l'Urssaf calcule les cotisations sur le bénéfice de 19 000 €. Le montant exact dépend du barème des travailleurs indépendants, mais l'assiette est divisée par plus de deux.

Le raisonnement s'inverse pour une maison d'hôtes installée de longue date, sans emprunt ni investissement récent, dont les charges courantes représentent moins de la moitié des recettes. Dans ce cas, le micro-BIC reste souvent plus avantageux et plus léger à gérer. La comparaison doit être refaite à chaque étape importante : gros travaux, achat de mobilier, hausse de fréquentation.

L'option pour le régime réel est possible quel que soit le niveau de chiffre d'affaires. Elle engage pour plusieurs exercices : elle se prépare avec un prévisionnel, comme pour toute activité saisonnière. Notre guide sur la trésorerie d'une activité saisonnière montre comment anticiper les mois creux et les échéances fiscales.

Chambre d'hôtes Urssaf : quand et combien de cotisations ?

Le volet chambre d'hôtes Urssaf obéit à une règle propre au secteur : vous n'êtes pas affilié à la sécurité sociale des indépendants dès le premier euro. L'affiliation devient obligatoire lorsque le revenu imposable tiré de l'activité dépasse 13 % du plafond annuel de la sécurité sociale (PASS). Le PASS 2026 étant fixé à 48 060 €, ce seuil s'établit à 6 248 €.

En micro-entreprise, le revenu imposable correspond à 50 % des recettes : le seuil de 6 248 € de revenu est donc atteint avec environ 12 496 € de chiffre d'affaires, comme l'indique l'Urssaf. Une fois affilié, vous le restez jusqu'à la cessation de l'activité.

Arbre de décision : votre régime social de loueur de chambres d'hôtes en 2026

Question 1 : votre revenu imposable tiré des chambres d'hôtes dépasse-t-il 13 % du PASS (6 248 € en 2026) ?

En micro-BIC, cela correspond à environ 12 496 € de recettes, compte tenu de l'abattement de 50 %.

Non : pas de cotisations sociales d'indépendant. Le revenu supporte les prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine. L'immatriculation reste obligatoire.
Oui : affiliation obligatoire à l'Urssaf en tant que travailleur indépendant. Passez à la question 2.
Question 2 : vos recettes restent-elles sous le seuil du micro (83 600 € pour 2026) ?

Le seuil s'apprécie sur les recettes hors taxes des années précédentes : un dépassement isolé ne fait pas basculer immédiatement.

Oui : micro-entreprise possible, cotisations de 21,2 % du chiffre d'affaires encaissé, déclarées mensuellement ou trimestriellement.
Non, ou option pour le réel : cotisations de travailleur indépendant calculées par l'Urssaf sur le bénéfice réel.

Sous le seuil : les prélèvements sociaux

En dessous du seuil, vous ne versez pas de cotisations d'indépendant et ne vous constituez donc pas de droits à la retraite au titre de cette activité. Le revenu imposable supporte en revanche les prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine, prélevés avec l'impôt sur le revenu. Leur taux était de 17,2 % sur les revenus 2025 ; la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 l'a porté à 18,6 % dans le cas général des revenus du patrimoine.

Au-dessus du seuil : micro-social ou cotisations au réel

En micro-entreprise, les cotisations sont égales à un pourcentage du chiffre d'affaires encaissé, déclaré chaque mois ou chaque trimestre. Depuis le 1er janvier 2026, l'activité de chambres d'hôtes est rattachée aux prestations de services BIC et le taux est de 21,2 %, contre 12,3 % auparavant au titre des ventes et de la fourniture de logement. L'Urssaf avait accordé une tolérance pour reporter ce changement à 2026.

Hors micro-entreprise, les cotisations sont calculées sur le bénéfice déclaré, selon le barème des travailleurs indépendants. L'aide à la création ou à la reprise d'entreprise (Acre) peut alléger les cotisations la première année, sous conditions. Les modalités d'affiliation sont détaillées sur la page de l’Urssaf consacrée à la location de chambre d’hôtes.

La TVA s'applique-t-elle à vos chambres d'hôtes ?

Oui en principe. Contrairement à la location meublée « nue » de services, la chambre d'hôtes associe l'hébergement à des prestations de type hôtelier (petit-déjeuner, linge, ménage, accueil). Elle entre donc dans le champ de la TVA. Dans la majorité des petites maisons d'hôtes, la franchise en base permet toutefois de ne pas la facturer.

La franchise en base

Vous bénéficiez de la franchise si votre chiffre d'affaires de l'année précédente ne dépasse pas 85 000 €, ou celui de l'année en cours 93 500 €. Vous facturez alors sans TVA et ne récupérez pas celle payée sur vos achats. Si vous franchissez 93 500 € en cours d'année, la TVA devient exigible à partir de l'opération qui fait dépasser ce seuil.

Les taux applicables

Lorsque la TVA est due, l'hébergement et la table d'hôtes sont soumis au taux de 10 % (2,1 % en Corse) et les boissons alcooliques au taux de 20 %. Une même note peut donc comporter plusieurs taux. Notre article sur la TVA dans l'hôtellerie et les taux multiples sur une même facture détaille la ventilation à opérer.

Renoncer à la franchise peut parfois être intéressant, par exemple l'année d'un gros chantier, car la TVA sur les travaux devient récupérable. Mais il faut alors facturer 10 % à vos clients particuliers, qui ne la récupèrent pas : sauf à absorber cette hausse dans vos prix, la marge diminue. La décision se prend au cas par cas, chiffres à l'appui.

Taxe de séjour, CFE, taxes locales : quelles autres impositions ?

La taxe de séjour

La commune, ou l'intercommunalité, peut instituer une taxe de séjour. Elle est payée par le client et collectée par vous, puis reversée à la collectivité. Au régime « au réel », elle est due par personne et par nuitée ; au régime forfaitaire, c'est le loueur qui la supporte, en fonction de la capacité d'accueil. Pour les chambres d'hôtes, le tarif voté par la commune est compris en 2026 entre 0,20 € et 0,80 € par personne et par nuitée.

Une taxe additionnelle départementale de 10 % peut s'y ajouter, et l'Île-de-France applique une taxe additionnelle de 200 %. Sont notamment exonérés les mineurs et les titulaires d'un contrat de travail saisonnier employés dans la commune. Exemple : un couple accompagné d'un enfant séjourne trois nuits dans une commune qui applique 0,80 € avec la taxe additionnelle départementale. Le calcul porte sur deux adultes : 2 × 3 × 0,80 € = 4,80 €, majorés de 10 %, soit 5,28 € à collecter.

Les tarifs exacts de votre commune sont consultables via le simulateur indiqué sur la fiche Taxe de séjour : quels sont les tarifs ?. Pour la tenue du registre et le reversement, notre guide sur la taxe de séjour en hôtellerie s'applique largement aux chambres d'hôtes.

La cotisation foncière des entreprises

La CFE est due en principe par toute activité commerciale. Deux exonérations jouent toutefois fréquemment : l'exonération des redevables dont le chiffre d'affaires annuel ne dépasse pas 5 000 €, et celle des chambres situées dans l'habitation personnelle du loueur, sauf délibération contraire de la commune. Une déclaration initiale (formulaire 1447-C-SD) doit être déposée au plus tard le 31 décembre de l'année de création.

Fiscalité chambre d'hôtes : les chiffres clés en 2026
Impôt ou cotisationRègle applicableMontant ou taux 2026
Impôt sur le revenuBIC, micro-BIC ou régime réelMicro : recettes jusqu'à 83 600 €, abattement 50 %
Petites recettesAucun impôt dû selon l'administrationRecettes annuelles jusqu'à 760 €
Affiliation socialeObligatoire au-delà de 13 % du PASS6 248 € de revenu imposable
Cotisations micro-socialesPourcentage du chiffre d'affaires encaissé21,2 %
TVAFranchise en base sous les seuils85 000 € (N-1) ou 93 500 € (N) ; sinon 10 % hébergement et table d'hôtes, 20 % alcool
Taxe de séjourTarif communal par personne et par nuitéeEntre 0,20 € et 0,80 €, plus taxes additionnelles éventuelles
CFEDue en principeExonération si chiffre d'affaires annuel au plus égal à 5 000 € ; habitation personnelle exonérée sauf délibération contraire

Chambre d'hôtes ou meublé de tourisme : quelles différences fiscales ?

Les deux activités relèvent des BIC, mais leur traitement diverge sur plusieurs points. En micro-BIC, la chambre d'hôtes est alignée sur le meublé de tourisme classé : 83 600 € de seuil pour les revenus 2026 et abattement de 50 %. Le meublé de tourisme non classé est nettement moins favorisé, avec un seuil de 15 000 € et un abattement de 30 %.

En pratique, la chambre d'hôtes impose une présence et des services, elle relève de la TVA (avec franchise possible) et elle doit être immatriculée. Le meublé de tourisme laisse plus de liberté sur la présence, mais les communes encadrent de plus en plus strictement ces locations, notamment en zone tendue. Pour aller plus loin sur l'autre branche, consultez notre article consacré à la fiscalité du meublé de tourisme et de la para-hôtellerie.

Quelles erreurs fréquentes éviter ?

  • Ne pas s'immatriculer parce que l'activité est « accessoire » : l'immatriculation est requise quel que soit le revenu.
  • Appeler « chambres d'hôtes » un logement entier loué sans petit-déjeuner ni présence : c'est un meublé de tourisme, avec un autre régime.
  • Raisonner avec l'ancien abattement de 71 % ou l'ancien taux de 12,3 % : vos prévisionnels de rentabilité sont alors surestimés.
  • Oublier le seuil d'affiliation à l'Urssaf : un rappel de cotisations sur plusieurs années pèse lourd sur la trésorerie.
  • Rester au micro-BIC l'année de gros travaux, alors que le régime réel permettrait d'amortir et de déduire les intérêts.
  • Mal gérer la taxe de séjour : tarif obsolète, mineurs taxés à tort, reversement oublié.
  • Mélanger finances personnelles et professionnelles : un compte bancaire dédié facilite la justification des recettes et des charges.

Checklist : sécuriser la fiscalité de vos chambres d'hôtes

  1. Vérifier que votre offre respecte la définition : 5 chambres et 15 personnes au plus, chez vous, avec au moins 3 des 4 prestations.
  2. Déposer la déclaration en mairie (cerfa n° 13566) et immatriculer l'activité avant la première nuitée.
  3. Estimer vos recettes et vos charges sur trois ans, amortissements compris.
  4. Comparer micro-BIC et régime réel, impôt et cotisations sociales inclus.
  5. Vérifier votre position par rapport au seuil d'affiliation de 6 248 € de revenu imposable.
  6. Suivre votre chiffre d'affaires par rapport aux seuils de franchise de TVA (85 000 € et 93 500 €).
  7. Paramétrer la taxe de séjour au tarif de votre commune et organiser son reversement.
  8. Déposer la déclaration initiale de CFE et vérifier les exonérations locales.
  9. Ouvrir un compte bancaire dédié et conserver notes, factures et justificatifs.

En résumé : une fiscalité à recalculer depuis 2025

La chambre d'hôtes reste une activité commerciale relevant des BIC, avec des formalités précises : déclaration en mairie, immatriculation, affichage des prix, taxe de séjour. Mais l'équilibre économique a changé : abattement micro-BIC ramené à 50 %, seuil porté à 83 600 € pour les revenus 2026, cotisations micro-sociales à 21,2 % depuis le 1er janvier 2026. Pour une maison d'hôtes qui investit, le régime réel redevient souvent le choix le plus rentable.

Chaque situation dépend de vos recettes, de vos investissements et de vos autres revenus. Le bon réflexe consiste à chiffrer les deux régimes avant d'ouvrir, puis à refaire l'exercice à chaque changement significatif.

FINAUDEC accompagne les propriétaires de maisons d'hôtes, de la création au pilotage annuel : choix du régime, comptabilité, déclarations fiscales et sociales. Découvrez notre accompagnement d'expert-comptable dédié aux chambres d'hôtes et échangeons sur votre projet.

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Foire aux questions

Faut-il payer des cotisations Urssaf sur une petite activité de chambres d'hôtes ?

Non tant que votre revenu imposable issu des chambres d'hôtes ne dépasse pas 13 % du plafond annuel de la sécurité sociale, soit 6 248 € en 2026. En micro-BIC, cela représente environ 12 496 € de recettes. En dessous, vous ne cotisez pas comme travailleur indépendant, mais ce revenu supporte les prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine. Au-delà, l'affiliation à l'Urssaf devient obligatoire.

Quel est le plafond du micro-BIC pour une chambre d'hôtes en 2026 ?

Pour les revenus 2026, le régime micro-BIC est ouvert si vos recettes hors taxes de 2024 ou 2025 n'ont pas dépassé 83 600 €. L'abattement forfaitaire est de 50 %, contre 71 % jusqu'aux revenus 2024. Au-delà du seuil, ou sur option, vous relevez du régime réel, qui permet de déduire les charges et les amortissements pour leur montant réel.

Doit-on facturer la TVA sur des chambres d'hôtes ?

Les chambres d'hôtes, qui associent hébergement et services comme le petit-déjeuner ou le linge, entrent dans le champ de la TVA. Tant que votre chiffre d'affaires de l'année précédente ne dépasse pas 85 000 € et celui de l'année en cours 93 500 €, la franchise en base vous dispense de la facturer. Au-delà, l'hébergement et la table d'hôtes sont taxés à 10 % et l'alcool à 20 %.

Faut-il s'immatriculer pour louer des chambres d'hôtes ?

Oui. La location de chambres d'hôtes est une activité commerciale qui doit être immatriculée sur le guichet des formalités des entreprises, quel que soit le montant des revenus. Cette formalité s'ajoute à la déclaration préalable en mairie au moyen du cerfa n° 13566. L'absence d'immatriculation expose à un risque de travail dissimulé, et l'absence de déclaration en mairie à une contravention.

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