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Entrepreneuriat & croissance

Ouvrir une chambre d'hôtes : démarches, rentabilité et achat

Auteur
Jose Amar
Date
27.10.2026
Durée
17 minutes
Ouvrir une chambre d'hôtes en 2026 : déclaration en mairie, table d'hôtes, micro-BIC ou réel, business plan chiffré et rachat. Le guide d'un expert-comptable.
Maison d'hôtes accueillante en zone rurale, projet d'ouverture d'une chambre d'hôtes rentable
Avant propos
Cet article a une vocation strictement informative. Les règles fiscales et comptables évoluent régulièrement, et chaque situation présente ses propres spécificités qui ne peuvent pas être traitées dans un contenu général. Aucune décision ne devrait être prise sur la seule base des éléments présentés ici.

Pour sécuriser votre projet, prenez rendez-vous avec le cabinet FINAUDEC. Un échange personnalisé reste le seul moyen d'obtenir une réponse adaptée à votre situation.
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Découvrez comment FINAUDEC accompagne les chambres d'hôtes au quotidien.

Vous rêvez d'ouvrir une chambre d'hôtes, ou vous avez repéré une belle maison d'hôtes en vente et vous vous demandez si l'affaire tient la route ? Le projet séduit par son côté humain, mais il obéit à un cadre précis : définition légale stricte, déclaration en mairie, immatriculation obligatoire, règles propres à la table d'hôtes, et une fiscalité profondément remaniée par la loi du 19 novembre 2024 sur les meublés de tourisme.

Ce guide suit l'ordre réel d'un projet : vérifier que votre activité relève bien de la chambre d'hôtes, accomplir les démarches, choisir le bon régime fiscal, puis bâtir un business plan crédible et, si vous rachetez une maison existante, en évaluer le prix et le financement. Chaque étape est illustrée par des chiffres vérifiés sur les sources officielles en octobre 2026 et par un cas pratique complet.

Chez FINAUDEC, cabinet d'expertise comptable spécialisé dans l'hôtellerie et l'hébergement touristique, nous accompagnons des porteurs de projet à chaque étape, de l'étude de rentabilité à la première clôture. Si vous souhaitez être suivi par un expert-comptable pour chambres d'hôtes, vous trouverez en fin d'article les points à préparer avant de nous consulter.

Qu'est-ce qu'une chambre d'hôtes au sens de la loi ?

Le Code du tourisme (articles L324-3 à L324-5) définit les chambres d'hôtes comme des chambres meublées situées chez l'habitant, louées à des touristes pour une ou plusieurs nuitées. Deux idées sont essentielles : la chambre se trouve dans l'habitation de l'exploitant, et l'accueil est personnel. Ce n'est ni un hôtel, ni un meublé de tourisme loué en totalité.

Une capacité plafonnée à 5 chambres et 15 personnes

L'appellation « chambre d'hôtes » est réservée aux structures de 5 chambres au maximum, pouvant accueillir 15 personnes simultanément au plus. Au-delà, vous ne pouvez plus utiliser ce nom, et l'établissement bascule dans d'autres règles, notamment celles des établissements recevant du public (ERP) pour la sécurité incendie et l'accessibilité. Ce plafond structure tout le modèle économique : votre chiffre d'affaires est mécaniquement limité par le nombre de chambres.

Les prestations attendues

Selon la fiche officielle « Ouvrir une chambre d'hôtes » d'Entreprendre Service Public, une chambre d'hôtes doit proposer au moins trois des quatre prestations suivantes : accueil en personne par le loueur, petit-déjeuner compris dans le prix et servi par le loueur, fourniture du linge de maison, nettoyage régulier des locaux. Une simple boîte à clés ne suffit pas à caractériser l'accueil. Chaque chambre doit aussi donner accès, directement ou non, à une salle de bains et à un WC.

Les critères d'une chambre d'hôtes en 2026
CritèreRègle applicable
LocalisationDans l'habitation de l'exploitant, locaux restant à usage d'habitation
Capacité5 chambres et 15 clients simultanés au maximum
PrestationsAu moins 3 sur 4 : accueil en personne, petit-déjeuner, linge, ménage
Surface minimale hors sanitaires7 m² pour 1 personne, 9 m² pour 2, 14 m² pour 3, 18 m² pour 4, puis 5 m² par personne supplémentaire
SanitairesAu moins 1 salle de bains et 1 WC pour 5 personnes
Formalité préalableDéclaration en mairie (cerfa n° 13566) et immatriculation de l'entreprise

Comment ouvrir une chambre d'hôtes : les démarches dans l'ordre

La question « comment ouvrir une chambre d'hôtes » appelle une réponse séquentielle. Certaines formalités conditionnent les suivantes, et un oubli peut coûter cher : l'absence de déclaration en mairie est sanctionnée par une contravention de 450 €, et l'exploitation sans immatriculation est qualifiée de travail dissimulé.

1. Valider l'urbanisme et la configuration des lieux

Avant toute dépense, vérifiez le règlement de copropriété le cas échéant, le plan local d'urbanisme et la faisabilité des travaux (création de salles d'eau, cloisonnement). Mesurez les chambres : une pièce trop petite au regard des surfaces minimales ne pourra pas être commercialisée pour le nombre de personnes prévu.

2. Déclarer l'activité en mairie

La déclaration se fait auprès du maire de la commune où se situe l'habitation, avant le début de la location, au moyen du formulaire cerfa n° 13566. Elle mentionne votre identité, l'adresse, le nombre de chambres, la capacité d'accueil maximale et les périodes de location prévues. Toute modification ultérieure (une chambre supplémentaire, par exemple) impose une nouvelle déclaration.

3. Immatriculer l'entreprise

La location de chambres d'hôtes est une activité commerciale. Elle doit être immatriculée au registre national des entreprises (RNE) et au RCS, avec obtention d'un numéro SIREN, quel que soit le montant des revenus, même nul. La démarche s'effectue en ligne sur le guichet unique des formalités d'entreprises. C'est à ce moment que vous choisissez votre forme juridique et votre régime fiscal, d'où l'intérêt de les avoir étudiés en amont.

4. Régulariser les obligations annexes

Si vous servez de l'alcool à la table d'hôtes, vous devez suivre la formation au permis d'exploitation et déclarer la licence en mairie (voir plus bas). Renseignez-vous auprès de la commune sur la taxe de séjour, souscrivez une assurance responsabilité civile professionnelle adaptée, et préparez les fiches de police à faire remplir par chaque client étranger majeur, à conserver six mois.

Le parcours d'ouverture d'une chambre d'hôtes

1Étude du projet

Urbanisme, surfaces, travaux, business plan sur trois ans.

2Choix du cadre

Entreprise individuelle ou société, micro-BIC ou réel, TVA.

3Déclaration en mairie

Cerfa n° 13566 avant la première nuitée.

4Immatriculation

RNE et RCS via le guichet unique, obtention du SIREN.

5Table d'hôtes et alcool

Permis d'exploitation et licence si boissons alcoolisées.

6Ouverture

Taxe de séjour, fiches de police, assurance, comptabilité.

Table d'hôtes : quelle réglementation respecter ?

La table d'hôtes est facultative, mais elle change souvent l'économie du projet : elle augmente le panier moyen et fidélise une clientèle qui cherche l'authenticité. La réglementation de la table d'hôtes repose sur quatre principes rappelés par l'administration : un menu unique, un repas réservé aux occupants des chambres, une table unique partagée, et une cuisine élaborée de préférence avec des produits locaux. Le repas est facturé en supplément de la nuitée et son prix, boissons comprises, doit être affiché.

Si vous ouvrez votre salle à des clients extérieurs ou proposez une carte, vous exploitez en réalité un restaurant. Les règles d'hygiène du Code de la santé publique s'appliquent dans tous les cas, sous le contrôle des directions départementales de la protection des populations (DDPP).

Servir de l'alcool : permis d'exploitation et licence

Les boissons alcoolisées ne peuvent être servies qu'à l'occasion des repas. Il faut suivre une formation de 7 heures menant au permis d'exploitation spécifique aux loueurs de chambres d'hôtes, valable 10 ans, puis déclarer en mairie une « petite licence restaurant » (boissons jusqu'à 18°) ou une licence restaurant (tous alcools). Le choix dépend de votre carte : vin et cidre avec la petite licence, digestifs et alcools forts avec la licence restaurant.

Quel statut juridique choisir pour une maison d'hôtes ?

L'activité peut être exercée en entreprise individuelle ou en société. L'entreprise individuelle, souvent couplée au régime micro, convient à un projet de taille modeste où la maison est aussi la résidence principale du couple d'exploitants.

La société (SARL, SAS ou leurs versions unipersonnelles) devient pertinente lorsque le projet s'accompagne d'un emprunt important, de travaux lourds ou de plusieurs associés. Elle pose toutefois une question délicate : la maison, qui reste votre habitation, doit-elle appartenir à la société ou rester dans votre patrimoine personnel ? La réponse a des conséquences sur la fiscalité de la revente, la déductibilité des charges et la protection de votre logement. Notre comparateur de statuts juridiques permet de poser les premiers critères avant d'en discuter avec votre conseil.

Fiscalité : micro-BIC ou régime réel en 2026 ?

Les revenus de chambres d'hôtes relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Depuis la loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, les chambres d'hôtes ne bénéficient plus de l'ancien régime avantageux de 71 % d'abattement. Une réponse ministérielle à la question écrite n° 4597 a confirmé qu'elles relèvent désormais du 2° du 1 de l'article 50-0 du CGI, avec un abattement de 50 %.

Les seuils applicables

Pour les revenus 2025, le micro-BIC était ouvert jusqu'à 77 700 € de recettes. Les seuils ayant été revalorisés pour la période 2026-2028, le barème publié au BOFiP (BOI-BAREME-000044) classe les chambres d'hôtes dans la catégorie des « autres entreprises », plafonnée à 83 600 €. L'abattement forfaitaire reste de 50 %. En cas de dépassement, le régime micro reste applicable un ou deux ans, avant un basculement automatique au réel.

Micro-BIC ou réel : les règles pour une chambre d'hôtes
CritèreMicro-BICRégime réel
Seuil de recettes77 700 € (revenus 2025), 83 600 € (2026 à 2028)Aucun plafond, option possible à tout moment
Calcul du bénéficeRecettes moins un abattement forfaitaire de 50 %Recettes moins charges réelles et amortissements
Amortissement du bâti et du mobilierNonOui, sur la quote-part affectée à l'activité
Obligations comptablesLivre des recettes, registre des achatsComptabilité complète, bilan, liasse fiscale
Profil adaptéPeu de charges, pas d'emprunt, maison déjà détenueAchat récent, travaux, emprunt, charges supérieures à 50 % des recettes

Le raisonnement est simple : dès que vos charges réelles, amortissements compris, dépassent 50 % de vos recettes, le régime réel devient plus intéressant. C'est presque toujours le cas les premières années d'un projet de rachat financé à crédit. Pour aller plus loin sur les évolutions récentes de la location touristique, consultez notre article sur la fiscalité des meublés de tourisme et de la para-hôtellerie.

TVA, cotisations sociales, CFE, taxe de séjour : quels prélèvements anticiper ?

La TVA

Vous bénéficiez de la franchise en base de TVA tant que votre chiffre d'affaires de l'année précédente ne dépasse pas 85 000 €, ou celui de l'année en cours 93 500 €. Au-delà, la TVA est due dès le premier jour de dépassement. Les taux sont de 10 % pour l'hébergement et la table d'hôtes (2,1 % en Corse) et de 20 % pour les boissons alcoolisées. Une facture mêlant nuitée, dîner et vin comporte donc plusieurs taux : vérifiez que votre outil de facturation gère cette ventilation.

Les cotisations sociales

Au-delà d'un revenu égal à 13 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 6 248 € sur la base du plafond 2026 de 48 060 €, vous êtes redevable de cotisations sociales en tant qu'indépendant. En dessous, seuls les prélèvements sociaux s'appliquent. En micro-entreprise, le taux de cotisations indiqué par l'administration pour cette activité est de 21,2 % des recettes, ce qui pèse lourd quand les marges sont faibles.

La CFE et les impôts locaux

La cotisation foncière des entreprises (CFE) est en principe due, mais les chambres situées dans l'habitation personnelle de l'exploitant en sont exonérées, sauf délibération contraire de la commune. Une exonération s'applique aussi en dessous de 5 000 € de chiffre d'affaires annuel. Renseignez-vous dès l'étude du projet : la position de la commune peut changer le résultat de quelques centaines d'euros par an.

La taxe de séjour

Le tarif applicable aux chambres d'hôtes est fixé par la commune ou l'intercommunalité entre 0,20 € et 0,80 € par personne et par nuit en 2026, auquel peuvent s'ajouter des taxes additionnelles selon le territoire (la fiche officielle sur la taxe de séjour détaille le mécanisme). Vous la collectez auprès des clients et la reversez à la collectivité. Notre guide sur la taxe de séjour en hôtellerie explique les modalités de calcul et de reversement.

Les prélèvements d'une chambre d'hôtes en 2026
PrélèvementSeuil ou taux de référenceÀ retenir
TVAFranchise jusqu'à 85 000 € (N-1) ou 93 500 € (N)10 % hébergement et repas, 20 % alcool
Cotisations socialesDues au-delà de 13 % du PASS (6 248 € en 2026)21,2 % des recettes en micro-entreprise
CFEExonération si chambres dans l'habitation personnelleSauf délibération contraire de la commune
Taxe de séjour0,20 € à 0,80 € par personne et par nuitTaxes additionnelles possibles selon le territoire
Impôt sur le revenuMicro-BIC : 50 % d'abattement jusqu'à 83 600 €Option pour le réel si les charges sont élevées

Une chambre d'hôtes est-elle rentable ? Le business plan pas à pas

La rentabilité d'une maison d'hôtes dépend de trois variables : le prix moyen de la nuitée, le nombre de jours d'ouverture et le taux d'occupation. Le plafond de cinq chambres limite le potentiel, si bien que chaque point d'occupation et chaque euro de prix comptent. La méthode générale est détaillée dans notre article business plan : exemple concret et méthode ; voici son application à une chambre d'hôtes.

Le cas pratique : une maison de cinq chambres

Prenons l'exemple hypothétique d'un couple qui exploite une maison de cinq chambres en zone rurale touristique. Les hypothèses sont les suivantes : ouverture de 220 jours par an, taux d'occupation moyen de 55 %, nuitée à 110 € pour deux personnes petit-déjeuner compris, table d'hôtes à 32 € par personne, choisie par 30 % des chambres occupées. L'exploitant relève de la franchise en base de TVA.

  • Nuitées vendues : 5 chambres × 220 jours × 55 % = 605 nuitées.
  • Recettes d'hébergement : 605 × 110 € = 66 550 €.
  • Couverts de table d'hôtes : 605 × 30 % × 2 personnes = 363 couverts, soit 363 × 32 € = 11 616 €.
  • Recettes totales : 78 166 €, sous les seuils de 83 600 € (micro-BIC) et de 85 000 € (franchise de TVA).

Côté charges, retenons des montants prudents : 5 445 € de denrées pour les petits-déjeuners (9 € par nuitée), 3 993 € pour la table d'hôtes (11 € par couvert), 3 600 € de linge et produits d'accueil, 4 800 € d'énergie et d'eau imputables à l'activité, 4 991 € de commissions de plateformes (15 % sur la moitié des recettes d'hébergement), 2 400 € d'assurance, site et logiciel, 2 500 € de taxes et honoraires, 3 000 € d'entretien. Total : 30 729 €.

Cascade de calcul : du chiffre d'affaires au résultat fiscal (régime réel)

Recettes hébergement et table d'hôtes78 166 €
Charges d'exploitation− 30 729 €
Excédent brut d'exploitation47 437 €
Amortissements (bâti affecté, travaux, mobilier)− 18 548 €
Intérêts d'emprunt affectés à l'activité (45 %)− 6 696 €
Résultat imposable au réel22 193 €

Au micro-BIC, le bénéfice imposable serait de 78 166 € × 50 % = 39 083 €, soit près de 17 000 € de plus. Cas hypothétique, chiffres arrondis.

Lecture du résultat

Les amortissements proviennent de la quote-part de la maison affectée à l'activité (hypothèse de 45 % d'un bâti de 500 000 €, soit 225 000 € amortis sur 30 ans), de 80 000 € de travaux amortis sur 15 ans et de 40 000 € de mobilier amorti sur 7 ans. Au réel, le résultat imposable tombe à 22 193 €, contre 39 083 € au micro-BIC. L'écart d'environ 17 000 € de base taxable justifie largement le coût d'une comptabilité complète.

Côté social, l'écart est aussi marqué. En micro-entreprise, les cotisations atteindraient 78 166 € × 21,2 %, soit environ 16 571 €, même si le revenu réel est faible. Au réel, elles sont calculées sur le revenu professionnel, ce qui réduit la charge les années où les investissements pèsent sur le résultat.

Le test de la trésorerie

Un résultat comptable positif ne suffit pas. Si le couple a emprunté 420 000 € sur 20 ans à un taux hypothétique de 3,6 %, l'annuité atteint environ 29 490 €. L'excédent brut d'exploitation de 47 437 € ne laisse alors qu'environ 17 950 € avant cotisations sociales, impôt sur le revenu et dépenses personnelles. Cet emprunt finance toutefois aussi le logement familial, qui aurait de toute façon un coût. Pour une activité saisonnière, construisez un plan mois par mois, comme expliqué dans notre article sur la trésorerie d'une activité saisonnière.

Acheter une chambre d'hôtes à vendre : prix et points de contrôle

Rechercher une « chambre d'hôtes à vendre » revient le plus souvent à acheter une maison avec une activité en place. À la différence d'un hôtel, il n'existe généralement pas de fonds de commerce autonome à céder : l'activité est attachée à l'habitation et à la personne de l'exploitant. Le prix annoncé reflète donc surtout la valeur immobilière, à laquelle s'ajoutent le mobilier et, éventuellement, une valeur de notoriété (site internet, avis clients, fichier de réservations).

Décomposer le prix demandé

Demandez au vendeur une ventilation claire entre l'immobilier, le mobilier et les éléments incorporels. Cette répartition conditionne vos frais d'acquisition, vos futurs amortissements au régime réel et votre capacité à justifier la valeur de chaque poste en cas de contrôle. Un mobilier surévalué pour réduire les droits de mutation est un risque fiscal ; un mobilier sous-évalué vous prive d'amortissements.

Auditer l'activité existante

Ne vous contentez pas d'un chiffre d'affaires déclaré. Exigez les déclarations fiscales des trois dernières années, l'historique des réservations par canal, le taux d'occupation mois par mois et la part des commissions de plateformes. Vérifiez la conformité : déclaration en mairie à jour, immatriculation, nombre de chambres réellement autorisé, licence pour l'alcool. Une maison commercialisant six chambres, par exemple, ne relève pas de la chambre d'hôtes et vous exposerait à des mises en conformité coûteuses. Notre page consacrée à la reprise d'un hôtel ou d'un restaurant détaille la démarche d'audit d'acquisition.

Évaluer la valeur économique

Comparez le prix au marché immobilier local pour un bien équivalent sans activité, puis mesurez ce que l'activité ajoute réellement en excédent brut d'exploitation. Si l'écart de prix demandé pour l'activité dépasse plusieurs années d'excédent, la négociation s'impose.

Point de vigilance avant de signer

  • Le régime fiscal du vendeur ne se transmet pas : votre résultat dépendra de vos propres charges et amortissements.
  • Les avis clients et la page de réservation sont rattachés au vendeur : prévoyez contractuellement leur transfert.
  • Les réservations déjà encaissées par le vendeur doivent être soldées à la signature (arrhes et acomptes).
  • Faites chiffrer les travaux de mise aux normes avant l'offre, pas après.

Comment financer la création ou le rachat d'une maison d'hôtes ?

Le financement d'une maison d'hôtes combine presque toujours un apport personnel important et un crédit bancaire. Les banques analysent le projet sous deux angles : la valeur du bien en garantie, et la capacité de l'activité à couvrir une partie des remboursements. Un dossier convaincant comprend un business plan sur trois ans, un plan de trésorerie mensuel, les devis de travaux et, en cas de rachat, les comptes du vendeur.

Construire le plan de financement

Reprenons notre cas : prix de la maison 650 000 €, frais d'acquisition estimés à 45 000 €, travaux 80 000 €, mobilier 40 000 € et réserve de trésorerie 15 000 €, soit un besoin total de 830 000 €. Avec un apport de 410 000 €, issu par exemple de la vente de la résidence précédente, l'emprunt ressort à 420 000 €. Tous ces montants sont des hypothèses de travail, à remplacer par vos propres chiffres.

Arbitrer entre prêt immobilier et prêt professionnel

Selon votre statut, la banque peut proposer un prêt immobilier classique (l'habitation étant votre résidence principale) ou un financement professionnel, parfois scindé en deux lignes : la partie habitation et la partie activité. Ce découpage a des conséquences sur la déductibilité des intérêts au régime réel. Dans notre exemple, seule la quote-part de 45 % des intérêts affectée à l'activité a été déduite.

Les erreurs fréquentes quand on ouvre une chambre d'hôtes

  1. Ouvrir sans immatriculation au motif que les revenus seront faibles : l'immatriculation est obligatoire dès le premier euro.
  2. Dépasser cinq chambres ou quinze personnes en conservant l'appellation : vous sortez du cadre légal et pouvez relever des règles des ERP.
  3. Rester au micro-BIC par habitude alors que les charges et amortissements dépassent 50 % des recettes.
  4. Confondre table d'hôtes et restaurant en accueillant des clients extérieurs ou en proposant une carte.
  5. Servir de l'alcool sans permis d'exploitation ni licence déclarée.
  6. Bâtir le prévisionnel sur une occupation de haute saison appliquée à toute l'année.
  7. Oublier la taxe de séjour dans le prix affiché, ou ne pas la reverser à la collectivité.
  8. Acheter sans audit des recettes et de la conformité de l'activité existante.

Checklist : ouvrir une chambre d'hôtes en 10 points

  • Vérifier l'urbanisme, la copropriété et la configuration des chambres (surfaces, sanitaires).
  • Réaliser un business plan sur trois ans avec trois scénarios d'occupation.
  • Choisir la forme juridique et la détention de la maison (en nom propre ou en société).
  • Comparer micro-BIC et régime réel sur les trois premiers exercices.
  • Déposer la déclaration en mairie (cerfa n° 13566) avant la première nuitée.
  • Immatriculer l'entreprise sur le guichet unique et obtenir le SIREN.
  • Suivre la formation au permis d'exploitation et déclarer la licence si vous servez de l'alcool.
  • Se renseigner sur la taxe de séjour et la position de la commune sur la CFE.
  • Souscrire une assurance responsabilité civile professionnelle et prévoir les fiches de police.
  • Mettre en place un outil de facturation et un suivi mensuel des recettes et de la trésorerie.

En résumé : ouvrir une chambre d'hôtes rentable, c'est d'abord bien poser les chiffres

Ouvrir une chambre d'hôtes suppose de respecter une définition stricte (cinq chambres, quinze personnes, accueil chez l'habitant), d'accomplir deux formalités incontournables, la déclaration en mairie et l'immatriculation, et d'encadrer la table d'hôtes si vous en proposez une. Depuis la loi du 19 novembre 2024, la fiscalité est moins favorable au micro-BIC : avec un abattement de 50 % et un plafond de 83 600 € de recettes en 2026, le régime réel s'impose souvent dès qu'il y a emprunt, travaux ou rachat.

La rentabilité se joue sur le prix moyen, l'occupation et la maîtrise des charges, mais aussi sur un plan de financement qui distingue la part logement de la part activité. Pour sécuriser votre création ou votre rachat, du business plan au choix du régime fiscal, découvrez l'accompagnement de FINAUDEC en tant qu'expert-comptable dédié aux chambres d'hôtes et maisons d'hôtes.

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Foire aux questions

Faut-il déclarer une chambre d'hôtes en mairie ?

Oui. Avant la première location, vous devez déclarer l'activité auprès de la mairie de la commune où se trouve votre habitation, avec le formulaire cerfa n° 13566. La déclaration précise le nombre de chambres, la capacité d'accueil et les périodes d'ouverture. Toute modification impose une nouvelle déclaration. À défaut, vous vous exposez à une contravention de 450 €, sans compter les risques liés à l'absence d'immatriculation.

Combien de chambres peut-on louer en chambre d'hôtes ?

L'appellation « chambre d'hôtes » est limitée à 5 chambres et à 15 personnes accueillies simultanément. Au-delà, vous ne pouvez plus utiliser ce nom et l'établissement peut relever de la réglementation des établissements recevant du public, plus exigeante en matière de sécurité incendie et d'accessibilité. Ce plafond limite le chiffre d'affaires potentiel : il doit être intégré dès le business plan.

Quel régime fiscal pour une chambre d'hôtes en 2026 ?

Les revenus relèvent des BIC. Le micro-BIC est accessible jusqu'à 83 600 € de recettes pour les revenus 2026, avec un abattement forfaitaire de 50 % depuis la loi du 19 novembre 2024 (77 700 € pour les revenus 2025). Vous pouvez opter pour le régime réel, qui permet de déduire les charges réelles et d'amortir le bâti affecté à l'activité, les travaux et le mobilier.

Faut-il une licence pour proposer une table d'hôtes ?

Le repas lui-même ne nécessite pas de licence, à condition de respecter les règles de la table d'hôtes : menu unique, table unique, repas réservé aux occupants des chambres. Pour servir de l'alcool pendant les repas, il faut suivre une formation de 7 heures au permis d'exploitation et déclarer en mairie une petite licence restaurant ou une licence restaurant selon les boissons servies.

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