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Conseils de gestion

Contrat saisonnier : règles, durée et coût pour l'employeur en 2026

Auteur
Jose Amar
Date
30.10.2026
Durée
17 minutes
Contrat saisonnier 2026 : motif, mentions, durée, prime de précarité, reconduction et coût employeur chiffré pour hôtels et restaurants. Le guide complet.
Équipe d'un hôtel-restaurant en pleine saison, illustrant le recrutement en contrat saisonnier
Avant propos
Cet article a une vocation strictement informative. Les règles fiscales et comptables évoluent régulièrement, et chaque situation présente ses propres spécificités qui ne peuvent pas être traitées dans un contenu général. Aucune décision ne devrait être prise sur la seule base des éléments présentés ici.

Pour sécuriser votre projet, prenez rendez-vous avec le cabinet FINAUDEC. Un échange personnalisé reste le seul moyen d'obtenir une réponse adaptée à votre situation.
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Le contrat saisonnier est l'outil de recrutement le plus utilisé par les hôtels, restaurants, campings et commerces touristiques pour absorber les pics d'activité de l'été ou de l'hiver. Il offre une souplesse réelle : pas de prime de précarité, pas de délai de carence entre deux saisons, un terme qui peut suivre la fin effective de la saison. Mais cette souplesse a une contrepartie : un motif mal choisi, une mention oubliée ou un contrat remis en retard, et le contrat peut être requalifié en CDI, avec un rappel de salaires et des indemnités à la clé.

Cet article fait le point sur ce que dit le Code du travail sur le contrat à durée déterminée saisonnier en 2026 : quand y recourir, comment le rédiger, combien de temps il peut durer, comment fonctionnent la reconduction et l'ancienneté, et surtout combien il coûte réellement à l'employeur, avec un cas chiffré pas à pas pour un hôtel-restaurant.

Chez FINAUDEC, cabinet d'expertise comptable spécialisé dans l'hôtellerie et la restauration, nous préparons chaque année les recrutements saisonniers de nos clients : choix du contrat, paramétrage de la paie, budget de masse salariale et impact sur la trésorerie de la saison. Voici la méthode que nous appliquons.

Qu'est-ce qu'un contrat saisonnier au sens du Code du travail ?

Le contrat saisonnier n'est pas un contrat à part : c'est un contrat à durée déterminée (CDD) conclu pour l'un des motifs prévus par l'article L1242-2 du Code du travail, son 3°, qui vise les emplois à caractère saisonnier. Il s'agit des emplois dont les tâches sont appelées à se répéter chaque année, à des dates à peu près fixes, en fonction du rythme des saisons ou des modes de vie collectifs.

Deux critères doivent donc être réunis. Le premier est la régularité : l'activité revient tous les ans, à la même période, indépendamment de la volonté de l'employeur. Le second est le lien avec la saison ou les modes de vie collectifs : la saison estivale sur le littoral, la saison d'hiver en station, les vendanges, les récoltes, mais aussi les flux touristiques liés aux vacances scolaires. Un hôtel de station de ski qui renforce ses équipes de décembre à avril remplit typiquement ces deux conditions.

Ce qui ne relève pas du contrat saisonnier

Un simple surcroît d'activité, même prévisible, n'est pas une saison. Un restaurant parisien qui recrute pour un salon professionnel, un traiteur qui doit honorer une grosse commande, un hôtel urbain qui connaît une bonne période : ces situations relèvent du CDD pour accroissement temporaire d'activité, avec ses propres règles. De même, un poste occupé toute l'année ne peut pas être découpé en contrats saisonniers successifs : le contrat saisonnier ne doit jamais servir à pourvoir durablement un emploi lié à l'activité normale et permanente de l'entreprise.

Point de vigilance : le test de la « vraie » saison

  • La tâche revient-elle chaque année, à des dates à peu près fixes, à cause des saisons ou des modes de vie collectifs (vacances, sports d'hiver, vendanges) ?
  • Le poste disparaît-il, ou se réduit-il nettement, hors saison ?
  • Le contrat est-il calé sur la saison, et non sur toute l'année ou sur un pic d'activité ponctuel (salon, mariage, commande exceptionnelle) ?
  • Si une réponse est « non », le motif saisonnier est fragile : un CDD pour accroissement temporaire d'activité, un CDI intermittent ou un CDI est sans doute plus adapté.

Contrat saisonnier, CDD d'usage ou CDD classique : lequel choisir ?

En hôtellerie-restauration, trois formes de CDD coexistent et sont souvent confondues. Le contrat saisonnier couvre une saison entière. Le CDD d'usage, autorisé dans les secteurs où il est d'usage constant de ne pas recourir au CDI, sert surtout aux « extras » recrutés pour quelques heures ou quelques jours : nous l'avons détaillé dans notre article sur le contrat extra et le CDD d’usage en restauration. Le CDD pour accroissement temporaire d'activité, enfin, répond à un pic ponctuel et non cyclique.

Comparatif des trois CDD utilisés en hôtellerie-restauration
CritèreContrat saisonnierCDD d'usage (extra)CDD accroissement d'activité
MotifTâches qui reviennent chaque année selon les saisonsEmploi par nature temporaire dans un secteur d'usageSurcroît ponctuel et non cyclique
TermePrécis ou imprécis (fin de saison), avec durée minimalePrécis ou imprécis, avec durée minimalePrécis en principe
Prime de précaritéNon due, sauf convention plus favorableNon due, sauf convention plus favorableDue : 10 % de la rémunération brute
Délai de carenceNon applicable (sauf accord de branche contraire)Non applicable (sauf accord de branche contraire)Applicable
CDD successifs avec le même salariéAutorisésAutorisésEncadrés (carence entre deux contrats)
Durée maximale légaleBornée par la saisonBornée par l'objet du contrat18 mois renouvellements compris (règle générale)
Congés payésIndemnité compensatrice d'au moins 10 % si non prisIndemnité compensatrice d'au moins 10 % si non prisIndemnité compensatrice d'au moins 10 % si non pris

Comment rédiger un contrat saisonnier conforme ?

Comme tout CDD, le contrat saisonnier doit être écrit et comporter la définition précise de son motif. À défaut, il est réputé conclu pour une durée indéterminée : c'est la cause de requalification la plus fréquente, et la plus facile à éviter. Un contrat verbal, un simple échange de SMS ou un contrat qui mentionne « renfort saisonnier » sans viser l'emploi à caractère saisonnier vous expose directement.

Les mentions obligatoires

L'article L1242-12 du Code du travail liste les mentions qui doivent figurer dans tout CDD. Le tableau ci-dessous les reprend et précise comment les adapter à un emploi saisonnier en hôtel ou en restaurant.

Mentions obligatoires d'un contrat saisonnier (article L1242-12)
MentionCe qu'il faut écrire concrètement
Motif du recours« Emploi à caractère saisonnier » au sens du 3° de l'article L1242-2, en décrivant la saison (ex. saison estivale 2026 de l'établissement)
Terme du contratDate de fin précise, ou à défaut durée minimale et fin de la saison comme terme
Clause de renouvellementSi le contrat a un terme précis et que vous voulez pouvoir le prolonger
Poste occupéIntitulé précis (commis de cuisine, réceptionniste, femme de chambre…) et, le cas échéant, mention d'un poste à risques particuliers
Convention collectiveIntitulé de la convention applicable, par exemple celle des hôtels, cafés, restaurants
Période d'essaiSa durée, si elle est prévue
RémunérationMontant et composantes : salaire de base, primes, avantages en nature (nourriture, logement)
Retraite complémentaire et prévoyanceNom et adresse de la caisse de retraite complémentaire et, le cas échéant, de l'organisme de prévoyance

Nous recommandons d'ajouter plusieurs éléments qui ne sont pas listés par cet article mais qui évitent la plupart des litiges : le lieu de travail, la durée du travail et sa répartition (y compris le régime des heures supplémentaires), les modalités de logement et de repas si vous les fournissez, et une éventuelle clause de reconduction pour la saison suivante.

Les délais à respecter

La déclaration préalable à l'embauche doit être faite avant la prise de poste : un saisonnier qui commence le lundi matin doit avoir été déclaré au plus tard avant son arrivée. Le contrat écrit doit ensuite être transmis au salarié dans les deux jours ouvrables suivant l'embauche. Le retard de transmission n'entraîne plus à lui seul la requalification en CDI, mais il ouvre droit pour le salarié à une indemnité qui peut atteindre un mois de salaire.

Quelle durée pour un contrat saisonnier ?

Le contrat saisonnier peut être conclu de deux façons. Avec un terme précis, il fixe une date de fin dès la signature (par exemple du 1er juin au 30 septembre). Avec un terme imprécis, il prévoit une durée minimale et prend fin avec la saison elle-même : l'article L1242-7 du Code du travail autorise cette formule pour les emplois saisonniers. C'est souvent la solution la plus adaptée lorsque la date de fermeture dépend de l'enneigement, de la météo ou de la fréquentation.

Le Code du travail ne fixe pas de durée chiffrée propre au contrat saisonnier : sa durée est bornée par la saison. Un contrat qui s'étendrait sur presque toute l'année, ou des contrats saisonniers enchaînés pour couvrir l'ensemble de l'année, ne correspondent plus à une saison et peuvent être requalifiés. Si le contrat a un terme précis et une clause de renouvellement, il peut être prolongé, mais toujours dans la limite de la saison.

La période d'essai

Le contrat saisonnier peut prévoir une période d'essai. Sauf usages ou stipulations conventionnelles prévoyant une durée plus courte, elle se calcule à raison d'un jour par semaine de contrat, dans la limite de deux semaines si le contrat dure six mois au plus, et d'un mois au-delà. Pour un contrat à terme imprécis, le calcul se fait sur la durée minimale prévue au contrat. Exemple : un contrat de 16 semaines (début juin à fin septembre) autorise au plus 16 jours d'essai, ramenés au plafond de deux semaines.

La prime de précarité est-elle due pour un contrat saisonnier ?

Non, en principe. La prime de précarité, ou indemnité de fin de contrat, est égale à 10 % de la rémunération totale brute dans un CDD classique. L'article L1243-10 du Code du travail prévoit qu'elle n'est pas due pour les contrats conclus au titre du 3° de l'article L1242-2, ce qui inclut les emplois saisonniers, sauf dispositions conventionnelles plus favorables.

Vérifiez donc votre convention collective, vos accords d'entreprise et vos usages : une prime de fin de saison versée chaque année à tous les saisonniers peut, selon les cas, devenir un usage opposable.

Ce qui reste dû : l'indemnité compensatrice de congés payés

L'absence de prime de précarité ne signifie pas l'absence d'indemnité de fin de contrat. Le saisonnier acquiert des congés payés comme tout salarié. S'il ne peut pas les prendre pendant son contrat, ce qui est le cas le plus fréquent en pleine saison, il perçoit une indemnité compensatrice de congés payés qui ne peut pas être inférieure à 10 % de la rémunération totale brute perçue pendant le contrat. Elle est versée à la fin du contrat, sauf si celui-ci se poursuit par un CDI.

Contrats successifs, reconduction et ancienneté : que prévoit la loi ?

Pas de délai de carence et des contrats successifs autorisés

Entre deux CDD sur le même poste, un délai de carence s'applique en principe. Pour les emplois saisonniers, l'article L1244-4-1 écarte ce délai, à défaut de stipulation contraire dans la convention ou l'accord de branche. L'article L1244-1 autorise par ailleurs la conclusion de contrats saisonniers successifs avec le même salarié. Vous pouvez donc réembaucher votre équipe d'été d'une année sur l'autre, ou enchaîner une saison d'hiver et une saison d'été, à condition que chaque contrat corresponde bien à une saison.

La clause de reconduction et le droit à reconduction

Le contrat peut contenir une clause de reconduction pour la saison suivante. Une convention ou un accord collectif peut aussi imposer à l'employeur de proposer au saisonnier un emploi similaire pour la même saison de l'année suivante, sauf motif réel et sérieux.

Dans les branches où l'emploi saisonnier est particulièrement développé, désignées par arrêté du ministre du Travail, et à défaut d'accord sur le sujet, la loi va plus loin. Selon l'article L1244-2-2 du Code du travail, le salarié qui a effectué au moins deux saisons dans la même entreprise sur deux années consécutives bénéficie d'un droit à la reconduction de son contrat, dès lors que l'employeur dispose d'un emploi saisonnier compatible avec sa qualification. L'employeur doit l'informer des conditions de reconduction, avant le terme du contrat, par un moyen conférant date certaine (lettre recommandée, remise en main propre contre décharge, courriel avec accusé de réception).

Une ancienneté qui se cumule

Pour le calcul de l'ancienneté, les durées des contrats saisonniers successifs conclus dans la même entreprise sont additionnées. Un salarié qui fait quatre saisons d'été de quatre mois dans votre hôtel totalise ainsi seize mois d'ancienneté. Cette ancienneté compte pour les droits conventionnels qui en dépendent (primes d'ancienneté, maintien de salaire en cas d'arrêt, indemnités) : elle doit être suivie précisément dans votre logiciel de paie.

Le cycle de vie d'un contrat saisonnier, de l'embauche à la saison suivante

  • Avant le premier jour

    Déclaration préalable à l'embauche (DPAE) effectuée avant la prise de poste, contrat rédigé avec le motif « emploi à caractère saisonnier ».

  • Dans les 2 jours ouvrables

    Remise du contrat écrit et signé au salarié, avec toutes les mentions obligatoires.

  • Premières semaines

    Période d'essai éventuelle : un jour par semaine de contrat, plafonnée à deux semaines pour un contrat de six mois au plus.

  • Pendant la saison

    Suivi du temps de travail, des heures supplémentaires et des congés : à défaut de congés pris, une indemnité compensatrice de 10 % sera due.

  • Avant le terme

    Information du salarié sur les conditions de reconduction, par un moyen conférant date certaine (lorsque le droit à reconduction légal s'applique).

  • Au terme

    Solde de tout compte : dernier salaire et indemnité compensatrice de congés payés, sans prime de précarité sauf disposition conventionnelle plus favorable.

  • Saison suivante

    Nouveau contrat possible immédiatement, sans délai de carence ; l'ancienneté se cumule d'une saison à l'autre.

Combien coûte un contrat saisonnier à l'employeur ?

Le coût d'un saisonnier ne se limite pas à son salaire de base. Pour budgéter correctement une saison, il faut intégrer cinq postes : le salaire brut (qui ne peut pas être inférieur au Smic ni au minimum conventionnel), les heures supplémentaires, l'indemnité compensatrice de congés payés, les cotisations patronales, et les avantages en nature éventuels (repas, logement). En 2026, le Smic s'élève à 12,31 € brut de l'heure, soit 1 867,02 € brut par mois pour un temps plein, selon le montant publié par l'administration après la revalorisation fixée par arrêté du 22 mai 2026.

En hôtellerie-restauration, le minimum conventionnel dépend du niveau et de l'échelon du poste : consultez notre grille de salaires HCR 2026 avant de fixer la rémunération. Les repas fournis au personnel donnent lieu à un avantage en nature spécifique, que nous détaillons dans notre guide sur l'avantage en nature repas en HCR.

Cas pratique : un commis de cuisine pour la saison d'été

Prenons un hôtel-restaurant du littoral qui recrute un commis de cuisine du 1er juin au 30 septembre, soit quatre mois. Les hypothèses sont les suivantes : un salaire de base de 1 950 € brut par mois, 60 heures supplémentaires sur la saison valorisées à 900 € brut au total, aucun congé pris pendant le contrat, et un taux de charges patronales nettes de 25 % du brut, retenu à titre d'hypothèse (le taux réel doit être calculé par votre logiciel de paie).

  1. Rémunération brute de la saison : 1 950 € × 4 = 7 800 €, plus 900 € d'heures supplémentaires, soit 8 700 €.
  2. Prime de précarité : 0 €, car le contrat est saisonnier et nous supposons que la convention ne prévoit rien de plus favorable.
  3. Indemnité compensatrice de congés payés : 10 % × 8 700 € = 870 €.
  4. Brut total versé : 8 700 € + 870 € = 9 570 €.
  5. Charges patronales : 25 % × 9 570 € = 2 392,50 €, arrondi à 2 393 €.
  6. Coût employeur de la saison : 9 570 € + 2 393 € = 11 963 €, soit environ 2 991 € par mois.

Cascade de calcul : commis de cuisine, saison de 4 mois

Salaire de base : 1 950 € × 4 mois7 800 €
Heures supplémentaires majorées (hypothèse : 60 h sur la saison)+ 900 €
= Rémunération brute de la saison8 700 €
Prime de précarité (contrat saisonnier)0 €
Indemnité compensatrice de congés payés : 10 % × 8 700 €+ 870 €
= Brut total versé au salarié9 570 €
Charges patronales nettes (hypothèse : 25 % du brut)+ 2 393 €
Coût employeur estimé de la saison11 963 €

Le taux de 25 % est une hypothèse pédagogique : le taux réel dépend du niveau de salaire, de la réduction générale des cotisations, de l'effectif et de vos contrats de prévoyance et de mutuelle.

La comparaison avec un CDD classique

Si le même poste avait été pourvu par un CDD pour accroissement temporaire d'activité, la prime de précarité de 10 % aurait été due sur la rémunération brute, soit 870 €. Selon la méthode de calcul usuelle, l'indemnité compensatrice de congés payés est alors calculée sur une base qui inclut cette prime : 10 % × (8 700 € + 870 €) = 957 €. Le brut total passe à 10 527 €, et le coût employeur, avec la même hypothèse de 25 %, à environ 13 159 €.

L'écart atteint donc près de 1 200 € pour un seul salarié sur une saison. Pour une brigade de dix saisonniers, l'enjeu dépasse 11 000 €. C'est précisément pour cette raison que l'administration et les juges contrôlent la réalité du motif saisonnier : l'économie n'est légitime que si la saison est réelle. Pour simuler vos propres hypothèses, vous pouvez utiliser notre simulateur de coût du personnel.

Comment rompre un contrat saisonnier avant la fin de la saison ?

Comme tout CDD, le contrat saisonnier ne peut être rompu avant son terme que dans des cas limitativement énumérés par l'article L1243-1 du Code du travail : accord des parties, faute grave, force majeure ou inaptitude constatée par le médecin du travail. Une fermeture anticipée pour mauvaise fréquentation n'est pas, en soi, un cas de force majeure.

Si l'employeur rompt le contrat en dehors de ces cas, le salarié a droit à des dommages-intérêts d'un montant au moins égal aux rémunérations qu'il aurait perçues jusqu'au terme du contrat. Le salarié peut, de son côté, rompre son contrat de façon anticipée s'il justifie d'une embauche en CDI, moyennant un préavis d'un jour par semaine, plafonné à deux semaines.

Le cas du contrat à terme imprécis

Avec un terme imprécis, le contrat prend fin avec la saison. Encore faut-il pouvoir démontrer que la saison est effectivement terminée : fermeture de l'établissement, baisse objective de l'activité, fin des réservations. Conservez ces éléments. Un contrat qui se poursuit au-delà de son échéance devient un CDI, avec maintien de l'ancienneté acquise.

Quelles sont les erreurs fréquentes à éviter ?

  • Utiliser le motif saisonnier pour un établissement ouvert toute l'année à activité stable : sans variation saisonnière réelle, le motif ne tient pas. Documentez la saisonnalité (chiffre d'affaires mensuel, taux d'occupation, périodes de fermeture).
  • Faire commencer le salarié avant la signature : un saisonnier qui travaille plusieurs jours sans contrat écrit est exposé à une demande de requalification. La DPAE et le contrat se préparent avant l'arrivée.
  • Oublier le motif ou le rédiger vaguement : « renfort » ou « surcroît de travail » ne suffit pas. Visez l'emploi à caractère saisonnier et la saison concernée.
  • Enchaîner les contrats pour couvrir l'année : saison d'hiver, puis intersaison, puis saison d'été sur le même poste, c'est un emploi permanent déguisé.
  • Oublier l'indemnité compensatrice de congés payés dans le budget : c'est 10 % de la masse salariale saisonnière au minimum.
  • Négliger l'information sur la reconduction : dans les branches concernées, un salarié non informé de son droit à reconduction peut le revendiquer.
  • Sous-estimer le besoin de trésorerie : la masse salariale de la saison est décaissée au moment où le chiffre d'affaires monte, et le solde de tout compte tombe en fin de saison, quand les encaissements ralentissent.

Sur ce dernier point, le recrutement des saisonniers doit être intégré au prévisionnel de la saison. Notre article sur la trésorerie d’un hôtel ou d’un restaurant saisonnier détaille la méthode pour anticiper ces décaissements.

Contrat saisonnier : la checklist de l'employeur avant chaque saison

  1. Valider le motif : la saison est-elle réelle, répétitive et documentée ? Le poste disparaît-il hors saison ?
  2. Choisir le terme : date précise si la fermeture est connue, terme imprécis avec durée minimale si elle dépend de la fréquentation ou de la météo.
  3. Vérifier la convention collective : minimum conventionnel, prime de fin de saison éventuelle, règles de reconduction, délai de carence, avantages en nature.
  4. Lister les salariés à reconduire : ceux qui ont effectué deux saisons sur deux années consécutives et ceux qui bénéficient d'une clause de reconduction.
  5. Préparer les modèles de contrat par poste, avec toutes les mentions obligatoires.
  6. Budgéter la masse salariale : salaires, heures supplémentaires prévisibles, indemnité compensatrice de congés payés, charges patronales, logement et repas.
  7. Organiser l'administratif : DPAE avant l'embauche, remise du contrat dans les deux jours ouvrables, inscription au registre du personnel, suivi médical.
  8. Planifier la fin de saison : information sur la reconduction, soldes de tout compte, documents de fin de contrat.

En résumé : un contrat souple, à condition de le sécuriser

Le contrat saisonnier est un CDD adapté aux activités qui reviennent chaque année au rythme des saisons. Il dispense de prime de précarité et de délai de carence, et il peut prendre fin avec la saison elle-même. En contrepartie, l'employeur doit justifier une saisonnalité réelle, rédiger un contrat écrit et motivé, le remettre dans les deux jours ouvrables, verser l'indemnité compensatrice de congés payés et respecter les règles de reconduction et d'ancienneté.

Bien utilisé, il permet d'économiser plusieurs centaines d'euros par salarié et par saison par rapport à un CDD classique. Mal utilisé, il expose à une requalification en CDI, à une indemnité d'au moins un mois de salaire et à des rappels qui effacent largement l'économie réalisée.

Vous préparez votre prochaine saison ou souhaitez faire auditer vos contrats saisonniers et votre paramétrage de paie ? Découvrez notre accompagnement en social et paie pour les hôtels et restaurants : nous vous aidons à choisir le bon contrat, à chiffrer la saison et à sécuriser chaque embauche.

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Foire aux questions

La prime de précarité est-elle due à la fin d'un contrat saisonnier ?

Non, en principe. L'article L1243-10 du Code du travail exclut l'indemnité de fin de contrat pour les emplois saisonniers, sauf si une convention ou un accord collectif prévoit des dispositions plus favorables. Le salarié perçoit en revanche une indemnité compensatrice de congés payés, d'au moins 10 % de sa rémunération brute totale, s'il n'a pas pu prendre ses congés pendant le contrat. Vérifiez aussi vos usages internes et vos accords d'entreprise.

Quelle est la durée maximale d'un contrat saisonnier ?

Le Code du travail ne fixe pas de durée chiffrée propre au contrat saisonnier : il est limité à la durée de la saison. Il peut être conclu avec une date de fin précise ou avec un terme imprécis, assorti d'une durée minimale, qui correspond à la fin de la saison. Un contrat couvrant quasiment toute l'année, ou des contrats enchaînés sur le même poste, ne correspondent plus à une saison et risquent la requalification en CDI.

Peut-on enchaîner plusieurs contrats saisonniers avec le même salarié ?

Oui. Le Code du travail autorise les contrats saisonniers successifs avec le même salarié, et le délai de carence ne s'applique pas aux emplois saisonniers, sauf accord de branche contraire. Chaque contrat doit toutefois correspondre à une véritable saison : enchaîner hiver, intersaison et été sur un même poste revient à pourvoir un emploi permanent. Les durées des contrats successifs dans l'entreprise s'additionnent pour le calcul de l'ancienneté.

Un saisonnier a-t-il droit à la reconduction de son contrat ?

Il peut en bénéficier de trois façons : par une clause de reconduction dans son contrat, par une convention ou un accord collectif, ou par la loi. Dans les branches désignées par arrêté et à défaut d'accord, le salarié qui a effectué au moins deux saisons dans la même entreprise sur deux années consécutives a droit à la reconduction si un emploi saisonnier compatible avec sa qualification existe. L'employeur doit l'en informer avant le terme du contrat.

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