Actualités comptables & fiscales

Le prix d’une plateforme agréée de facturation électronique est devenu une question concrète pour toutes les entreprises françaises : depuis le 1er septembre 2026, chacune doit être capable de recevoir ses factures électroniques par ce canal, et les PME émettront à leur tour au plus tard le 1er septembre 2027. Or les offres vont de la formule gratuite pour les besoins essentiels à des projets d’intégration de plusieurs milliers d’euros pour un groupe.
Le bon choix ne se résume pas au tarif mensuel. Il dépend de vos volumes, de vos logiciels (caisse, PMS hôtelier, ERP, comptabilité), du nombre de sociétés à raccorder et de la qualité du support le jour où une facture est rejetée. Ce guide vous donne les modèles de tarification observés, une grille de critères, un cas pratique chiffré sur trois ans et les erreurs à éviter.
Chez FINAUDEC, cabinet d’expertise comptable à Paris, nous accompagnons des PME, des groupes hôteliers, des restaurants et des organismes de formation dans ce choix : l’objectif est de retenir une solution qui sécurise la conformité sans alourdir votre organisation. Pour le calendrier détaillé et la préparation générale, consultez aussi notre article sur le calendrier de la facturation électronique et la préparation des PME.
Une plateforme agréée (PA) est, selon l’administration, une entreprise privée immatriculée par l’État pour émettre, transmettre et recevoir des factures électroniques, et pour transmettre à l’administration les données de transaction et de paiement. La fiche officielle d’entreprendre.service-public.gouv.fr la présente comme « l’unique intermédiaire reconnu » par l’administration fiscale pour ces opérations. L’article 289 bis du CGI prévoit que l’émission, la transmission et la réception des factures électroniques s’effectuent en recourant à une plateforme agréée.
Le modèle français est dit distribué : il n’existe pas de portail public gratuit pour échanger les factures entre entreprises. L’État fixe les normes, organise l’interopérabilité et gère l’annuaire national, tandis que les factures transitent entre les plateformes choisies par chaque entreprise. Votre plateforme peut donc être différente de celle de vos clients et de vos fournisseurs : l’annuaire se charge d’orienter chaque facture vers la bonne plateforme de réception.
Les formats acceptés sont les formats structurés UBL ou CII, ou un format mixte qui associe un fichier de données structurées et une image de la facture. Un PDF classique envoyé par e-mail n’est plus une facture électronique conforme pour les opérations entrant dans le champ de la réforme.
La date à laquelle vous devez émettre dépend de la catégorie de votre entreprise ; la date à laquelle vous devez recevoir est la même pour tous. C’est ce décalage qui explique que beaucoup de PME ont d’abord choisi une plateforme pour la seule réception, avant d’étendre leur usage à l’émission.
Toutes les entreprises : capacité de recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée.
Grandes entreprises et ETI : émission électronique de leurs factures B2B et e-reporting.
PME, TPE et micro-entreprises : émission électronique de leurs factures B2B.
E-reporting des transactions et des paiements selon le même calendrier.
Choix possible d’une plateforme agréée et entrée volontaire anticipée pour les entreprises dont l’échéance d’émission est en 2027.
Les catégories d’entreprises (micro-entreprise, PME, ETI, grande entreprise) reposent sur les critères de l’article 3 du décret n° 2008-1354 du 18 décembre 2008 : une PME occupe moins de 250 personnes et réalise un chiffre d’affaires annuel n’excédant pas 50 millions d’euros ou un total de bilan n’excédant pas 43 millions d’euros ; une ETI n’est pas une PME, occupe moins de 5 000 personnes et réalise un chiffre d’affaires n’excédant pas 1 500 millions d’euros ou un total de bilan n’excédant pas 2 000 millions d’euros.
Dans un groupe, ne raisonnez pas société par société sans vérification : la notion d’entreprise au sens de ce décret peut conduire à agréger plusieurs entités liées. Une filiale de petite taille appartenant à un groupe qualifié d’ETI peut donc relever d’une échéance plus précoce que ce que suggère sa seule taille. Faites valider ce point avant de fixer votre planning de déploiement.
L’administration ne fixe aucun tarif : les plateformes sont des acteurs privés en concurrence. Elle indique toutefois, dans sa FAQ « Tout savoir sur la facturation électronique », qu’au 1er août 2026 plus d’une dizaine de plateformes sur les 150 agréées par l’État proposaient des offres gratuites ou sans surcoût répondant aux besoins essentiels des plus petites structures.
plateformes agréées par l’État au 1er août 2026, selon la FAQ de la DGFiP
d’entre elles proposaient à cette date une offre gratuite ou sans surcoût pour les besoins essentiels
données obligatoirement transmises en format structuré dans une facture électronique
ouvrables au plus pour enregistrer un changement de plateforme
Au-delà de ces offres d’entrée, la facturation électronique tarif se construit généralement à partir de quelques briques. Les montants varient fortement d’un éditeur à l’autre : retenez la logique de chaque modèle plutôt que des prix de catalogue, qui évoluent vite.
| Modèle | Comment il fonctionne | Pour qui | Point d’attention |
|---|---|---|---|
| Offre gratuite ou incluse | Fonctions essentielles (réception, émission simple) incluses dans un logiciel ou une banque déjà utilisés | TPE, PME à faible volume | Limites de volume, support, connecteurs et réversibilité |
| Abonnement forfaitaire | Prix mensuel fixe avec un quota de factures inclus | PME aux volumes stables | Coût du dépassement de quota |
| Paiement au flux | Prix unitaire par facture émise ou reçue, parfois par statut | Volumes irréguliers, activités saisonnières | Budget difficile à prévoir en haute saison |
| Tarif par entité | Abonnement facturé pour chaque SIREN raccordé | Petits groupes | Effet multiplicateur dans un groupe de 5 à 10 sociétés |
| Offre groupe sur devis | Abonnement global, intégration ERP ou PMS, gestion multi-entités | ETI, groupes, réseaux de franchisés | Frais de projet et durée d’engagement |
Un abonnement mensuel bas peut cacher des frais de mise en service, un plafond de factures vite dépassé, un connecteur payant vers votre logiciel comptable ou un tarif par entité qui se multiplie dans un groupe.
Comparez toujours un coût total sur trois ans, temps interne compris, à volumétrie identique.
Beaucoup d’entreprises ne contractent pas directement avec une plateforme agréée. Elles continuent d’utiliser leur logiciel de facturation électronique, leur outil comptable ou leur caisse, qui se raccorde à une plateforme agréée en arrière-plan. Ce type d’outil est appelé solution compatible (SC) : il n’est pas immatriculé et ne peut pas transmettre directement les factures à l’administration.
L’administration a d’ailleurs créé deux logos distincts, « plateforme agréée » et « solution compatible », pour aider les entreprises à s’y retrouver. Les deux options sont valables, à condition de vérifier la plateforme agréée qui se trouve réellement derrière la solution compatible.
| Critère | Plateforme agréée en direct | Solution compatible raccordée |
|---|---|---|
| Statut | Immatriculée par l’État | Non immatriculée, raccordée à une PA |
| Transmission à l’administration | Directe | Par l’intermédiaire de la PA partenaire |
| Intégration à vos outils | Via API ou connecteurs, souvent à construire | Native si la solution est déjà votre outil de gestion |
| Interlocuteur en cas de rejet | La plateforme | L’éditeur, puis la PA partenaire |
| Cas d’usage typique | Groupe, ETI, volumes importants, ERP spécifique | TPE, PME, restaurant, organisme de formation |
| Question à poser | Quels connecteurs sont inclus ? | Quelle PA est utilisée et que se passe-t-il si le partenariat cesse ? |
Une plateforme peu chère mais mal intégrée génère des ressaisies, des rejets non traités et un risque de non-conformité. Voici les critères à examiner, classés par importance.
C’est le critère qui pèse le plus sur le coût réel. Vérifiez l’existence de connecteurs standard vers votre logiciel comptable, votre ERP, votre caisse ou votre PMS. Une facture fournisseur reçue doit arriver dans la comptabilité sans ressaisie, avec ses statuts. Une facture client doit partir depuis l’outil qui la produit, et non depuis un portail séparé.
Dans un groupe, chaque société dispose de son propre SIREN et doit être joignable dans l’annuaire. Demandez si la plateforme gère plusieurs SIREN sous un seul compte, avec des droits d’accès différenciés par société, une vision consolidée des flux et un traitement simple des factures intragroupe (management fees, refacturations de frais, loyers). C’est souvent là que les offres « par entité » deviennent coûteuses.
Les plateformes agréées doivent notamment être certifiées ISO 27001 sur leur activité de facturation électronique, héberger les données dans l’Union européenne et recourir à une offre qualifiée SecNumCloud lorsqu’elles utilisent un service de cloud externalisé dans les conditions prévues par la réglementation. Ces exigences sont communes à toutes les PA : elles ne doivent pas être vendues comme une option premium.
Vous pouvez changer de plateforme à tout moment. Les nouvelles informations sont enregistrées dans l’annuaire dans un délai maximal de 15 jours ouvrables, l’ancienne plateforme continue d’assurer certains services pendant un an et transmet les informations nécessaires dans un délai de 5 jours ouvrés sur demande. Regardez néanmoins la durée d’engagement, les conditions d’export de vos archives et la qualité du support en cas de rejet.
Entités, SIREN, volumes émis et reçus, part B2B, B2C et international.
ERP, caisse, PMS hôtelier, logiciel comptable, banque : qui produit et qui reçoit les factures.
Retenir 3 à 4 plateformes immatriculées ou solutions compatibles raccordées.
Même volumétrie, même périmètre d’entités, coûts d’intégration inclus.
Une facture fournisseur, une facture client, un rejet, un avoir.
Réversibilité, SLA, support, puis inscription dans l’annuaire.
| Critère | Pondération | Questions à poser au fournisseur |
|---|---|---|
| Intégration aux outils | 30 % | Connecteurs inclus ? Délai de mise en place ? Qui maintient le connecteur ? |
| Multi-entités et intragroupe | 20 % | Combien de SIREN par compte ? Vue consolidée ? Droits par société ? |
| Coût total sur 3 ans | 20 % | Abonnement, flux, mise en service, archivage, options |
| Couverture fonctionnelle | 15 % | E-reporting inclus ? Statuts, avoirs, formats ? |
| Support et réversibilité | 15 % | SLA, langue, durée d’engagement, export des données |
Prenons un groupe composé d’une holding et de trois sociétés d’exploitation : deux hôtels et un restaurant. Toutes les sociétés sont des PME : elles reçoivent leurs factures électroniques depuis septembre 2026 et émettront au plus tard en septembre 2027. Les volumes annuels sont les suivants :
Soit 7 086 flux par an. Les ventes aux particuliers (nuitées, repas) relèvent de l’e-reporting et non de la facture électronique. Le groupe compare deux devis. Les tarifs ci-dessous sont des hypothèses de travail construites pour l’exemple, pas des prix d’éditeurs réels.
La holding (236 flux) reste sous son forfait. L’hôtel 1 (3 000 flux) dépasse de 2 000 flux, l’hôtel 2 (2 200 flux) de 1 200 flux, le restaurant (1 650 flux) de 650 flux. Le forfait ne se mutualise pas entre entités : les dépassements s’additionnent, soit 2 000 + 1 200 + 650 = 3 850 flux et 3 850 × 0,15 € = 577,50 € par an.
Sans connecteur PMS, la comptable du groupe estime à 6 heures par mois le temps d’export, d’import et de contrôle des factures émises et des rejets. Avec l’offre B, ce temps tombe à 1 heure par mois. Le coût horaire chargé retenu est de 45 €.
| Poste | Offre A : tarif par entité | Offre B : offre groupe |
|---|---|---|
| Abonnement annuel | 4 entités × 39 € × 12 = 1 872 € | 220 € × 12 = 2 640 € |
| Flux au-delà du forfait / à l’unité | 3 850 flux × 0,15 € = 577,50 € | 7 086 flux × 0,08 € = 566,88 € |
| Sous-total annuel plateforme | 2 449,50 € | 3 206,88 € |
| Mise en service (une fois) | 4 × 300 € = 1 200 € | 2 500 € (connecteur PMS inclus) |
| Coût plateforme sur 3 ans | 3 × 2 449,50 + 1 200 = 8 548,50 € | 3 × 3 206,88 + 2 500 = 12 120,64 € |
| Temps interne sur 3 ans | 6 h × 45 € × 36 mois = 9 720 € | 1 h × 45 € × 36 mois = 1 620 € |
| Coût total sur 3 ans | 18 268,50 € | 13 740,64 € |
Sur le seul coût de la plateforme, l’offre A est la moins chère : 8 548,50 € contre 12 120,64 € sur trois ans. Une fois le temps interne intégré, le classement s’inverse : l’offre B coûte 13 740,64 € contre 18 268,50 €, soit 4 527,86 € d’écart en faveur de l’offre groupe. Elle apporte en plus une vision consolidée des flux, utile pour le pilotage et pour la consolidation des comptes du groupe.
La leçon dépasse cet exemple : dans un groupe, le tarif par entité et l’absence de connecteur sont les deux postes qui font dériver le coût. À l’inverse, pour une société seule de quelques centaines de factures par an, une offre gratuite ou incluse dans son logiciel peut suffire, à condition de couvrir l’émission et l’e-reporting le moment venu.
Deux ressources officielles structurent votre choix. La première est la liste des plateformes agréées publiée sur impots.gouv.fr, téléchargeable et mise à jour régulièrement. Elle distingue les opérateurs qui remplissent toutes les conditions, tests d’interopérabilité compris, et ceux dont le dossier est complet et conforme mais dont l’immatriculation définitive attend la réussite des tests en conditions réelles.
La seconde est l’annuaire de la facturation électronique. Il recense les entreprises et entités publiques assujetties, leur plateforme de réception et leurs adresses de facturation, et il est mis à disposition des plateformes agréées pour l’adressage. Quand on parle d’« annuaire plateforme agréée facturation électronique », il s’agit de ce référentiel : votre plateforme vous y inscrit lorsque vous la désignez. Pour le détail de l’inscription et des adresses par établissement, lisez notre article sur le rôle de l’annuaire de la facturation électronique et l’adressage.
Pour un groupe, le choix de la plateforme est aussi un projet d’organisation financière : circuits de validation, rôles de chacun, calendrier de bascule. C’est typiquement une mission où un DAF ou RAF externalisé fait gagner du temps, en pilotant le cahier des charges et les tests. Pensez également à intégrer la bascule dans votre calendrier de clôture comptable pour éviter de changer d’outil au pire moment.
Si une entreprise n’a pas désigné de plateforme de réception, son adresse ne figure pas dans l’annuaire et ses fournisseurs ne peuvent pas lui adresser de facture électronique : leur plateforme les informe du rejet, et la facture peut alors, à titre exceptionnel, être transmise par e-mail ou par courrier. Le guide pratique de démarrage publié par la DGFiP demande à l’entreprise d’engager la démarche sans attendre, directement ou via son logiciel, son expert-comptable ou sa banque, et de conserver les échanges qui le prouvent.
Côté sanctions, les textes prévoient une amende par facture en cas de non-respect de l’obligation d’émission électronique (article 1737 du CGI) et un régime spécifique pour les manquements à la transmission des données (article 1788 D du CGI). Pour la réception, le défaut de recours à une plateforme agréée donne lieu à une mise en demeure de se conformer dans un délai de trois mois avant toute amende (article 1737, IV bis du CGI).
L’administration annonce pendant la phase de démarrage une approche pédagogique : pas de sanction pour les entreprises en difficulté mais engagées dans une trajectoire sérieuse de mise en conformité, documentée et suivie d’actions correctrices. Cette tolérance ne couvre pas l’inertie ou le refus durable d’entrer dans le dispositif. Autrement dit, retarder le choix de la plateforme n’est pas une option.
Le choix d’une plateforme agréée se joue sur trois questions : vos volumes et vos flux (B2B, B2C, intragroupe, international), l’intégration avec vos outils et le nombre de sociétés à raccorder. Les offres gratuites conviennent aux structures simples ; pour un groupe, une PME multi-sites ou un hôtel équipé d’un PMS, seul un coût total sur trois ans, temps interne compris, permet de comparer honnêtement.
Concrètement : cartographiez vos flux, filtrez trois ou quatre candidats sur la liste officielle, faites chiffrer un même périmètre, testez un rejet et un avoir, puis désignez votre plateforme et contrôlez votre inscription dans l’annuaire. Préparez dès maintenant votre fichier tiers pour l’émission de 2027.
Vous souhaitez être accompagné dans ce choix et dans la bascule de vos flux ? Découvrez notre accompagnement en expertise comptable pour les PME et les groupes : nous vous aidons à comparer les offres, à paramétrer la plateforme avec votre comptabilité et à sécuriser votre conformité.
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Il n’existe pas de tarif réglementé. Selon la DGFiP, au 1er août 2026, plus d’une dizaine des 150 plateformes agréées proposaient une offre gratuite ou sans surcoût pour les besoins essentiels des petites structures. Au-delà, les prix dépendent du modèle retenu (forfait, paiement au flux, tarif par entité, offre groupe) et des frais d’intégration. Comparez toujours un coût total sur trois ans à volumétrie identique.
Non. Chaque entreprise choisit librement sa plateforme agréée, qui peut être différente de celle de ses clients et de ses fournisseurs. L’annuaire national de la facturation électronique indique la plateforme de réception de chaque entreprise et permet d’orienter automatiquement la facture vers le bon destinataire. Les plateformes doivent être interopérables entre elles.
Oui, s’il est une solution compatible raccordée à une plateforme agréée. Une solution compatible n’est pas immatriculée et ne transmet pas directement les données à l’administration : elle passe par la plateforme agréée partenaire. Demandez à votre éditeur le nom de cette plateforme, la couverture de l’e-reporting et les conditions en cas de fin du partenariat.
Oui, à tout moment. Les nouvelles informations sont enregistrées dans l’annuaire dans un délai maximal de 15 jours ouvrables. L’ancienne plateforme continue d’assurer certains services pendant un an et transmet sur demande les informations nécessaires sous 5 jours ouvrés. Vérifiez toutefois la durée d’engagement de votre contrat et les modalités d’export de vos archives.