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Conseils de gestion

Compte de résultat : lire et analyser ses charges et ses produits

Auteur
Jose Amar
Date
3.11.2026
Durée
16 minutes
Compte de résultat : apprenez à lire vos charges et produits, calculer marge et EBE avec un cas chiffré et piloter la rentabilité de votre PME.
Dirigeant de PME analysant les charges et les produits de son compte de résultat avec son expert-comptable
Avant propos
Cet article a une vocation strictement informative. Les règles fiscales et comptables évoluent régulièrement, et chaque situation présente ses propres spécificités qui ne peuvent pas être traitées dans un contenu général. Aucune décision ne devrait être prise sur la seule base des éléments présentés ici.

Pour sécuriser votre projet, prenez rendez-vous avec le cabinet FINAUDEC. Un échange personnalisé reste le seul moyen d'obtenir une réponse adaptée à votre situation.
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Le compte de résultat est le document qui répond à la question que tout dirigeant se pose en fin d'année : ai-je gagné de l'argent, et pourquoi ? Pourtant, beaucoup de chefs d'entreprise se contentent de regarder la dernière ligne, le bénéfice ou la perte, sans exploiter les dizaines de lignes qui la précèdent. C'est dommage : c'est précisément là que se lisent la qualité de la marge, la dérive d'un poste de charges ou le poids réel de l'endettement.

Ce guide vous explique comment lire un compte de résultat étage par étage, ce qui a changé dans sa présentation depuis les exercices ouverts en 2025, et comment passer de la lecture à l'analyse grâce aux soldes intermédiaires de gestion et à quelques ratios simples. Un cas pratique complet, celui d'une SAS exploitant deux restaurants, sert de fil conducteur, avec chaque calcul détaillé.

Chez FINAUDEC, cabinet d'expertise comptable à Paris, nous présentons chaque année les comptes de restaurants, d'hôtels, d'organismes de formation et de PME en croissance à leurs dirigeants. Les erreurs de lecture et les questions décrites ici sont celles que nous rencontrons le plus souvent lors de ces rendez-vous.

Qu'est-ce qu'un compte de résultat et à quoi sert-il ?

Le compte de résultat récapitule l'ensemble des produits (ce que l'entreprise a gagné) et des charges (ce qu'elle a consommé) au cours d'un exercice, généralement de douze mois. La différence entre les deux donne le résultat net : un bénéfice si les produits l'emportent, une perte dans le cas contraire. Il fait partie, avec le bilan et l'annexe, des comptes annuels que toute société commerciale établit à la clôture.

Les montants sont hors taxes et rattachés à l'exercice où l'opération est réalisée, et non à celui de son paiement : une vente de décembre encaissée en février compte dans l'exercice de décembre. C'est pourquoi le résultat n'est jamais égal à la variation de la trésorerie.

Un outil de pilotage, pas seulement une obligation

Le compte de résultat sert d'abord à des tiers : l'administration fiscale, qui part du résultat comptable pour calculer l'impôt ; les associés, qui approuvent les comptes et décident de l'affectation du bénéfice ; le banquier, qui juge la capacité de remboursement. Pour le dirigeant, il permet surtout de savoir quels postes créent ou détruisent de la marge et de décider, chiffres à l'appui, des prix, des effectifs ou des investissements. Il ne dit rien, en revanche, du patrimoine ni de la trésorerie disponible : sa lecture se complète toujours par celle du bilan.

Quelle différence entre bilan et compte de résultat ?

La différence entre bilan et compte de résultat tient en une image : le bilan est une photographie du patrimoine à la date de clôture, le compte de résultat est le film de l'activité pendant l'exercice. Le premier recense ce que l'entreprise possède (immobilisations, stocks, créances, trésorerie) et ce qu'elle doit (capitaux propres, emprunts, dettes fournisseurs et fiscales). Le second retrace les flux de l'année.

Bilan et compte de résultat : les différences essentielles
CritèreBilanCompte de résultat
Ce qu'il mesureLe patrimoine : ce que l'entreprise possède et ce qu'elle doitL'activité : ce que l'entreprise a gagné ou perdu
HorizonUne photographie à la date de clôtureUn film de l'exercice, du premier au dernier jour
StructureActif (emplois) et passif (ressources)Produits (classe 7) et charges (classe 6)
Question clé du dirigeantSuis-je solide et solvable ?Suis-je rentable et sur quels postes ?
Lien entre les deuxLe résultat net s'inscrit dans les capitaux propresLe résultat net est le solde final du document

Le résultat net vient s'inscrire dans les capitaux propres du bilan jusqu'à ce que l'assemblée décide de son affectation. Pour approfondir la lecture du patrimoine, consultez notre guide pour lire l'actif et le passif d'un bilan comptable comme un dirigeant.

Comment est structuré un compte de résultat ?

Le plan comptable général répartit produits et charges en trois étages, suivis de la participation des salariés et de l'impôt sur les bénéfices. Chaque étage dégage son propre solde.

Les trois étages du compte de résultat

Étage 1Exploitation

Chiffre d'affaires, achats consommés, charges externes, impôts et taxes, personnel, dotations.

Comptes 60 à 65, 681 et 70 à 75, 781.

Étage 2Financier

Intérêts d'emprunt, produits de placement, dividendes reçus, écarts de change.

Comptes 66, 686 et 76, 786.

Étage 3Exceptionnel

Événements majeurs et inhabituels, écritures d'origine purement fiscale, certaines corrections d'erreurs.

Comptes 67, 687 et 77, 787.

Résultat net = résultat d'exploitation + quote-part sur opérations en commun + résultat financier + résultat exceptionnel − participation des salariés − impôt sur les bénéfices.

Les produits et les charges d'exploitation

C'est le cœur du document. Les produits regroupent le chiffre d'affaires net (ventes de marchandises revendues en l'état et production vendue de biens ou de services), la production stockée ou immobilisée, les subventions et les reprises. Les charges comprennent les achats et leur variation de stock, les charges externes (loyers, énergie, sous-traitance, honoraires), les impôts et taxes, le personnel et les dotations.

Le résultat d'exploitation mesure ce que rapporte le métier, indépendamment du financement et des événements inhabituels.

Les produits et les charges financiers

Ils regroupent les intérêts d'emprunt, les produits de placement, les dividendes reçus et les écarts de change. Un résultat financier très négatif signale un endettement lourd. Ajouté au résultat d'exploitation, il donne le résultat courant avant impôts.

Participation et impôt sur les bénéfices

Après les trois étages viennent la participation des salariés aux résultats, lorsqu'elle s'applique, puis l'impôt sur les sociétés. Pour une société soumise à l'IS, le taux normal est de 25 %. Un taux réduit de 15 % s'applique jusqu'à 42 500 € de bénéfice lorsque le chiffre d'affaires ne dépasse pas 10 millions d'euros et que le capital, entièrement libéré, est détenu à 75 % au moins par des personnes physiques, directement ou via une société elle-même détenue à 75 % au moins par des personnes physiques (conditions détaillées sur entreprendre.service-public.fr).

Ce qui a changé dans le compte de résultat depuis 2025

Le règlement ANC n° 2022-06 du 4 novembre 2022, qui modernise la présentation des états financiers du plan comptable général, s'applique aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2025. Pour la plupart des PME clôturant au 31 décembre, les comptes 2025 sont donc les premiers établis selon les nouvelles règles. Trois changements modifient directement la lecture du compte de résultat.

Un résultat exceptionnel redéfini et resserré

Sont désormais classés en résultat exceptionnel les produits et charges directement liés à un événement majeur et inhabituel. Un événement est majeur lorsque ses conséquences peuvent influencer le jugement des lecteurs des comptes ; il est inhabituel lorsqu'il n'est pas lié à l'exploitation normale et courante, ce qui est présumé lorsqu'il ne s'est pas produit au cours des derniers exercices et qu'il est peu probable qu'il se reproduise. S'y ajoutent les écritures d'origine purement fiscale, comme les amortissements dérogatoires et les autres provisions réglementées, certains changements de méthode et les corrections d'erreurs.

Le texte précise que les charges que l'entreprise aurait supportées de toute façon restent en exploitation. Lors d'un arrêt de production, par exemple, les loyers, les salaires et les amortissements de la période d'arrêt ne deviennent pas exceptionnels, et les indemnités d'assurance qui compensent ces charges sont classées en exploitation.

Les cessions d'immobilisations remontent en exploitation

Le nouveau modèle fait apparaître parmi les produits d'exploitation les produits des cessions d'immobilisations incorporelles et corporelles et, parmi les charges d'exploitation, la valeur comptable de ces immobilisations cédées. La vente d'un véhicule, d'un four ou d'un mobilier, qui alimentait auparavant le résultat exceptionnel, influence désormais le résultat d'exploitation. Les cessions d'immobilisations financières, elles, figurent dans le résultat financier.

La fin des transferts de charges

Le poste « transferts de charges » a été supprimé. Les remboursements qui y étaient logés sont désormais enregistrés selon leur nature. Le nouveau modèle prévoit par exemple des comptes de remboursements de charges de personnel, dont le solde vient en déduction des salaires et des cotisations sociales. Concrètement, une charge de personnel peut apparaître plus basse qu'auparavant simplement parce que les remboursements y sont désormais imputés, sans aucun gain réel.

Point de vigilance : comparer 2025 avec 2024

  • Une plus ou moins-value de cession d'un équipement apparaissait auparavant en exceptionnel. Elle remonte désormais dans le résultat d'exploitation.
  • Les « transferts de charges » ont disparu des produits d'exploitation. Dans la colonne N-1, ceux de 2024 sont présentés, par simplification, parmi les reprises sur amortissements, dépréciations et provisions.
  • La colonne N-1 est reclassée selon le nouveau modèle, mais le résultat exceptionnel de 2024 n'est pas retraité selon la nouvelle définition : un exceptionnel 2025 plus mince peut venir de la règle, pas de l'activité.
  • Les comptes 2024 tels qu'ils avaient été publiés sont présentés séparément dans l'annexe : lisez-la avant de commenter les écarts.

Comment lire un compte de résultat ligne par ligne : cas pratique d'un restaurant

Prenons une SAS qui exploite deux restaurants et clôture au 31 décembre. Elle sert des repas, comptabilisés en production vendue, et revend des boissons, comptabilisées en ventes de marchandises. Voici son compte de résultat 2025, établi selon le nouveau modèle et volontairement simplifié.

Compte de résultat simplifié d'une SAS de restauration (exercice 2025)
PosteMontant
Ventes de marchandises (boissons revendues)420 000 €
Production vendue (repas)1 380 000 €
Chiffre d'affaires net1 800 000 €
Reprises sur provisions6 000 €
Produit de cession d'un four4 000 €
Autres produits2 000 €
Total des produits d'exploitation (I)1 812 000 €
Achats de marchandises120 000 €
Variation de stock de marchandises− 3 000 €
Achats de matières premières420 000 €
Variation de stock de matières2 000 €
Autres achats et charges externes330 000 €
Impôts, taxes et versements assimilés22 000 €
Salaires520 000 €
Cotisations sociales150 000 €
Dotations aux amortissements70 000 €
Dotations aux provisions5 000 €
Valeur comptable du four cédé1 000 €
Autres charges3 000 €
Total des charges d'exploitation (II)1 640 000 €
1. Résultat d'exploitation (I − II)172 000 €
Produits financiers1 000 €
Charges financières (intérêts d'emprunt)18 000 €
2. Résultat financier− 17 000 €
3. Résultat courant avant impôts155 000 €
Charges exceptionnelles (dotation aux amortissements dérogatoires)5 000 €
4. Résultat exceptionnel− 5 000 €
Impôt sur les sociétés33 250 €
Bénéfice net116 750 €

Étape 1 : vérifier le chiffre d'affaires et sa composition

Le chiffre d'affaires net atteint 1 800 000 € : 1 380 000 € de repas et 420 000 € de boissons. Premier réflexe : rapprocher ce montant des tickets de caisse et des relevés de terminaux de paiement, puis vérifier sa répartition par établissement. Un chiffre d'affaires global en hausse peut masquer un établissement en recul.

Étape 2 : calculer les consommations réelles grâce aux variations de stock

Les achats ne correspondent pas à ce qui a été consommé : la variation de stock (stock d'ouverture moins stock de clôture) corrige l'écart. Le stock de boissons a augmenté de 3 000 € : leur coût est de 120 000 − 3 000 = 117 000 €. Le stock de matières a baissé de 2 000 € : la consommation est de 420 000 + 2 000 = 422 000 €. Un inventaire de clôture bâclé fausse directement la marge.

Étape 3 : passer en revue les charges de structure

Les autres achats et charges externes s'élèvent à 330 000 € (loyers, énergie, entretien, honoraires, commissions des plateformes de livraison). Les charges de personnel atteignent 670 000 €, dont 520 000 € de salaires et 150 000 € de cotisations. Les 70 000 € de dotations aux amortissements traduisent l'usure des cuisines et des salles.

Étape 4 : lire les soldes successifs

Les produits d'exploitation totalisent 1 812 000 € et les charges d'exploitation 1 640 000 €, soit un résultat d'exploitation de 172 000 €. On remarque que la vente d'un ancien four (4 000 € de prix de cession, 1 000 € de valeur comptable) figure désormais en exploitation : elle améliore ce solde de 3 000 €. Le résultat financier est de 1 000 − 18 000 = − 17 000 €, d'où un résultat courant avant impôts de 155 000 €. La dotation de 5 000 € aux amortissements dérogatoires, écriture d'origine purement fiscale, constitue le seul élément exceptionnel.

Étape 5 : contrôler l'impôt et le résultat net

Le résultat avant impôt est de 155 000 − 5 000 = 150 000 €. En supposant, pour simplifier, que le résultat fiscal est égal au résultat comptable et que la société remplit les conditions du taux réduit, l'impôt se calcule ainsi :

  • 42 500 € × 15 % = 6 375 € ;
  • (150 000 − 42 500) = 107 500 € × 25 % = 26 875 € ;
  • impôt total : 6 375 + 26 875 = 33 250 €.

Le bénéfice net ressort à 150 000 − 33 250 = 116 750 €, soit 6,5 % du chiffre d'affaires. Dans la réalité, le résultat fiscal diffère presque toujours du résultat comptable en raison des réintégrations et déductions extra-comptables ; l'impôt réel se vérifie sur la liasse fiscale.

Comment analyser ses charges et ses produits avec les soldes intermédiaires de gestion ?

Le compte de résultat présente les postes par nature, ce qui ne suffit pas pour juger la rentabilité. Les soldes intermédiaires de gestion (SIG) réorganisent ces mêmes chiffres en une cascade de marges successives, du chiffre d'affaires au résultat net. Ils sont présentés dans la plupart des plaquettes de comptes annuels et sont détaillés dans notre article sur les soldes intermédiaires de gestion pour piloter sa marge.

Cascade : du chiffre d'affaires au résultat net (cas pratique)

Ventes de marchandises (boissons)420 000 €
− Coût d'achat des marchandises vendues117 000 €
= Marge commerciale303 000 €
+ Production vendue (repas)1 380 000 €
− Matières premières consommées422 000 €
− Autres achats et charges externes330 000 €
= Valeur ajoutée931 000 €
− Impôts et taxes22 000 €
− Salaires et cotisations sociales670 000 €
= Excédent brut d'exploitation (EBE)239 000 €
+ Reprises, autres produits et cessions d'immobilisations12 000 €
− Dotations, valeur nette des biens cédés et autres charges79 000 €
= Résultat d'exploitation172 000 €
− Résultat financier (intérêts d'emprunt nets)17 000 €
− Résultat exceptionnel (amortissements dérogatoires)5 000 €
− Impôt sur les sociétés33 250 €
= Résultat net116 750 €

La marge commerciale

Elle concerne uniquement l'activité de négoce : ventes de marchandises moins coût d'achat des marchandises vendues. Ici, 420 000 − 117 000 = 303 000 €, soit un taux de marge de 72,1 % sur les boissons. Un taux qui baisse d'une année sur l'autre peut révéler une hausse des prix fournisseurs non répercutée, de la casse, de la consommation non facturée ou des erreurs d'inventaire.

La valeur ajoutée

Elle mesure la richesse créée par l'entreprise elle-même : marge commerciale plus production de l'exercice, moins les consommations en provenance de tiers (matières et charges externes). Dans le cas pratique : 303 000 + 1 380 000 − 422 000 − 330 000 = 931 000 €, soit 51,7 % du chiffre d'affaires. C'est cette valeur ajoutée qui rémunère le personnel, l'État, les prêteurs et les associés.

L'excédent brut d'exploitation

L'EBE s'obtient en retirant de la valeur ajoutée les impôts et taxes et les charges de personnel, et en ajoutant les subventions d'exploitation : 931 000 − 22 000 − 670 000 = 239 000 €, soit 13,3 % du chiffre d'affaires. Indépendant des amortissements, du financement et de l'impôt, c'est l'indicateur que regardent en premier banquiers et repreneurs. En restauration, la décomposition des coûts matière est développée dans notre guide sur la marge brute d'un restaurant.

Comment analyser l'évolution de vos charges d'une année sur l'autre ?

Un compte de résultat se lit toujours en comparaison, avec l'exercice précédent et le budget. La méthode la plus efficace consiste à rapporter chaque poste au chiffre d'affaires, ce qui neutralise l'effet volume et fait ressortir les vraies dérives.

Analyse N-1 / N : les postes rapportés au chiffre d'affaires
Poste2024% du CA2025% du CA
Chiffre d'affaires1 650 000 €100 %1 800 000 €100 %
Marchandises et matières consommées480 000 €29,1 %539 000 €29,9 %
Autres achats et charges externes315 000 €19,1 %330 000 €18,3 %
Impôts et taxes21 000 €1,3 %22 000 €1,2 %
Charges de personnel610 000 €37,0 %670 000 €37,2 %
Excédent brut d'exploitation224 000 €13,6 %239 000 €13,3 %

Lecture du tableau : le chiffre d'affaires progresse de 150 000 €, soit + 9,1 %, mais l'EBE ne gagne que 15 000 €, soit + 6,7 %. Le taux d'EBE recule donc de 13,6 % à 13,3 %. Les charges externes et les impôts ont pourtant été mieux absorbés. Le coupable est le coût des marchandises et matières consommées, passé de 29,1 % à 29,9 % du chiffre d'affaires.

Chiffrer l'impact d'une dérive

Si le ratio de 2024 avait été maintenu, les consommations 2025 auraient été de 480 000 / 1 650 000 × 1 800 000 = 523 636 €. L'écart avec les 539 000 € constatés représente 15 364 € de marge perdue, soit l'équivalent de l'essentiel de la progression de l'EBE. Ce calcul transforme une impression en décision : renégocier un fournisseur, revoir les fiches techniques ou ajuster la carte.

Quels ratios suivre pour piloter rentabilité et marges ?

Quelques ratios suffisent. Leur évolution et l'écart avec votre budget comptent plus que leur niveau absolu.

Les ratios de pilotage tirés du compte de résultat
RatioCalculCas pratiqueCe qu'il révèle
Taux de marge commercialeMarge commerciale / ventes de marchandises72,1 %La capacité à revendre au-dessus du coût d'achat
Coût matière (food cost)Matières consommées / production vendue30,6 %La maîtrise des achats, des portions et des pertes
Poids de la masse salarialeSalaires + cotisations / CA37,2 %L'adéquation des effectifs à l'activité
Taux de valeur ajoutéeValeur ajoutée / CA51,7 %La richesse créée par l'entreprise elle-même
Taux d'EBEEBE / CA13,3 %La performance opérationnelle avant financement
Taux de marge netteRésultat net / CA6,5 %Ce qui reste réellement pour l'entreprise et ses associés
Poids des frais financiersCharges financières / EBE7,5 %Le poids de la dette sur la rentabilité

Suivez-les chaque mois, pas seulement à la clôture. Notre article consacré au tableau de bord financier et aux indicateurs clés d'une PME explique comment les intégrer à un reporting mensuel.

Quelles erreurs éviter quand on lit son compte de résultat ?

  • Ne regarder que le résultat net. Un bénéfice peut provenir d'une plus-value de cession ou d'une reprise de provision et masquer une exploitation déficitaire.
  • Confondre résultat et trésorerie. Un bénéfice ne garantit pas que la banque est créditrice : il faut regarder les délais clients, les stocks et le remboursement des emprunts.
  • Oublier les variations de stock. Comparer les achats au chiffre d'affaires, sans tenir compte du stock, donne un coût matière faux.
  • Comparer 2025 et 2024 sans retraitement. La réforme du résultat exceptionnel et la suppression des transferts de charges déplacent des montants entre étages.
  • Attendre la clôture pour lire ses chiffres. Découvrir une dérive de marge cinq mois après la fin de l'exercice laisse peu de marge de manœuvre.

Méthode : analyser votre compte de résultat en 7 étapes

  1. Vérifier le chiffre d'affaires : cohérence avec les encaissements, la TVA collectée et la répartition par activité ou établissement.
  2. Contrôler les stocks : fiabilité de l'inventaire de clôture et calcul des consommations réelles.
  3. Calculer les SIG : marge commerciale, valeur ajoutée, EBE, résultat d'exploitation.
  4. Rapporter chaque poste au chiffre d'affaires et comparer avec l'exercice précédent et le budget.
  5. Identifier les trois plus grosses dérives et chiffrer leur impact en euros.
  6. Isoler les éléments non récurrents : cessions, reprises de provisions, résultat exceptionnel, pour obtenir un résultat « normatif ».
  7. Traduire l'analyse en décisions : prix, achats, organisation des équipes, investissements, financement, avec un responsable et une échéance pour chacune.

Pour que cette analyse repose sur des chiffres fiables, la qualité de la clôture est déterminante : cut-off des factures, charges à payer, produits constatés d'avance, provisions. Notre checklist de clôture comptable pour les PME détaille ces points.

Les obligations de publication à connaître

Le compte de résultat est déposé au greffe avec les autres comptes annuels, dans le mois qui suit leur approbation (deux mois en cas de dépôt en ligne). Pour les SARL et les SA, l'approbation doit intervenir dans les six mois suivant la clôture. Les petites entreprises peuvent joindre une déclaration de confidentialité afin que leur compte de résultat ne soit pas rendu public, une option appréciable face aux concurrents. Le défaut de dépôt est passible d'une amende de 1 500 €, portée à 3 000 € en cas de récidive (détails sur entreprendre.service-public.fr).

En résumé : faire du compte de résultat un outil de décision

Le compte de résultat ne se résume pas à sa dernière ligne. Lu étage par étage, puis réorganisé en soldes intermédiaires de gestion, il montre où se crée la marge, quels postes dérivent et ce que coûte réellement le financement. Rapporter chaque charge au chiffre d'affaires et chiffrer les écarts en euros fait émerger les décisions prioritaires. Depuis 2025, vérifiez aussi que vous comparez des exercices établis selon les mêmes règles.

Vous souhaitez aller plus loin que la plaquette annuelle et piloter vos marges chaque mois ? Découvrez notre accompagnement en DAF et RAF externalisé : FINAUDEC construit avec vous un reporting mensuel, analyse vos écarts et vous aide à transformer vos chiffres en décisions.

À lire aussi

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Foire aux questions

Comment lire un compte de résultat simplement ?

Lisez-le de haut en bas, par étages. Commencez par le chiffre d'affaires et sa composition, puis par le résultat d'exploitation, qui mesure ce que rapporte votre métier. Regardez ensuite le résultat financier, qui reflète le coût de la dette, puis le résultat exceptionnel, qui isole les événements inhabituels. Enfin, rapportez les principaux postes de charges au chiffre d'affaires et comparez-les avec l'exercice précédent pour repérer les dérives.

Quelle est la différence entre bilan et compte de résultat ?

Le bilan est une photographie du patrimoine à la date de clôture : ce que l'entreprise possède et ce qu'elle doit. Le compte de résultat retrace l'activité de tout l'exercice : les produits gagnés et les charges consommées. Les deux sont liés, car le résultat net du compte de résultat vient alimenter les capitaux propres du bilan. Le premier mesure la solidité, le second la rentabilité.

Qu'est-ce qui a changé dans le compte de résultat en 2025 ?

Pour les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2025, le règlement ANC n° 2022-06 a resserré le résultat exceptionnel aux événements majeurs et inhabituels et aux écritures d'origine purement fiscale. Les cessions d'immobilisations corporelles et incorporelles figurent désormais en exploitation, et le poste « transferts de charges » est supprimé. L'exercice 2024 est représenté selon le nouveau modèle, sans retraitement de son résultat exceptionnel : comparez avec prudence.

Pourquoi mon entreprise fait-elle un bénéfice sans avoir de trésorerie ?

Parce que le résultat et la trésorerie n'obéissent pas aux mêmes règles. Le compte de résultat enregistre les ventes et les charges lorsqu'elles sont réalisées, pas lorsqu'elles sont payées. Des clients qui paient tard, des stocks qui augmentent, des remboursements d'emprunt ou des investissements consomment de la trésorerie sans réduire le résultat. Le bilan et un plan de trésorerie permettent d'expliquer cet écart.

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