Prendre rendez-vous

Conseils de gestion

Soldes intermédiaires de gestion : lire les SIG pour piloter sa marge

Auteur
Jose Amar
Date
4.11.2026
Durée
17 minutes
Soldes intermédiaires de gestion : calcul de chaque SIG, tableau Excel, cas pratique chiffré et réforme du PCG 2025 pour savoir où se perd votre marge.
Dirigeant de PME analysant les soldes intermédiaires de gestion pour comprendre la formation de sa marge
Avant propos
Cet article a une vocation strictement informative. Les règles fiscales et comptables évoluent régulièrement, et chaque situation présente ses propres spécificités qui ne peuvent pas être traitées dans un contenu général. Aucune décision ne devrait être prise sur la seule base des éléments présentés ici.

Pour sécuriser votre projet, prenez rendez-vous avec le cabinet FINAUDEC. Un échange personnalisé reste le seul moyen d'obtenir une réponse adaptée à votre situation.
Prendre rendez-vous
Sommaire
Poser une question sur l'article
Merci ! Nous revenons vers vous dans les 24h !
‍
Prendre rendez-vous directement
Oops! Something went wrong while submitting the form.

Votre chiffre d'affaires progresse, mais la trésorerie ne suit pas et le résultat recule. Pour comprendre pourquoi, le compte de résultat ne suffit pas : il additionne des produits et des charges sans dire à quel étage la marge s'évapore. Les soldes intermédiaires de gestion (SIG) répondent précisément à cette question, en découpant la formation du résultat en paliers successifs, de la marge commerciale jusqu'au résultat net.

Ce guide vous montre comment calculer chaque solde, comment construire un tableau des soldes intermédiaires de gestion sur Excel à partir de votre balance, et surtout comment le lire pour décider : revoir un prix de vente, renégocier un fournisseur, ajuster un planning ou différer un investissement. Il intègre les changements du plan comptable applicables depuis 2025.

Chez FINAUDEC, cabinet d'expertise comptable à Paris, nous utilisons les SIG comme point de départ de chaque revue de performance avec nos clients PME, restaurateurs, hôteliers, boulangers et organismes de formation. L'exemple chiffré ci-dessous en est directement inspiré.

Que sont les soldes intermédiaires de gestion et à quoi servent-ils ?

Les soldes intermédiaires de gestion sont une présentation analytique du compte de résultat. Au lieu de comparer le total des produits au total des charges, ils retranchent les charges par familles, dans un ordre logique : d'abord ce qui est consommé pour produire, puis la rémunération du travail et de l'État, puis l'usure des équipements, le coût du financement et enfin l'impôt. Chaque palier isole une décision de gestion différente.

Ce découpage répond à trois besoins concrets :

  • Localiser la perte de marge : un résultat net en baisse peut venir des achats, de la masse salariale, des amortissements d'un nouvel équipement ou des intérêts d'un emprunt. Les SIG séparent ces causes.
  • Comparer dans le temps et entre établissements : un EBE ou une valeur ajoutée se comparent d'un exercice à l'autre ou d'un site à l'autre, indépendamment du mode de financement.
  • Dialoguer avec les financeurs : banquiers, repreneurs et investisseurs raisonnent en EBE et en valeur ajoutée bien plus qu'en résultat net.

Le tableau des SIG n'est pas un document obligatoire : les documents de synthèse comprennent le bilan, le compte de résultat et l'annexe. C'est un outil de gestion, que vous pouvez produire chaque année avec la plaquette, mais aussi chaque mois si votre comptabilité est tenue à jour. Si vous débutez dans la lecture des états financiers, commencez par notre guide pour lire et analyser les charges et les produits du compte de résultat.

Comment calculer les soldes intermédiaires de gestion, étape par étape ?

Le calcul suit une cascade : chaque solde reprend le précédent et lui ajoute ou retranche un groupe de produits et de charges. Le tableau ci-dessous récapitule les formules ; les sous-parties détaillent ce que chacune révèle.

Les neuf soldes intermédiaires de gestion et leur calcul
SoldeFormule
1. Marge commercialeVentes de marchandises − coût d'achat des marchandises vendues (achats ± variation de stock)
2. Production de l'exerciceProduction vendue + production stockée + production immobilisée
3. Valeur ajoutéeMarge commerciale + production − consommations en provenance de tiers
4. Excédent brut d'exploitation (EBE)Valeur ajoutée + subventions d'exploitation − impôts et taxes − charges de personnel
5. Résultat d'exploitationEBE + reprises et autres produits − dotations et autres charges d'exploitation
6. Résultat courant avant impôtsRésultat d'exploitation ± quote-part sur opérations en commun + résultat financier
7. Résultat exceptionnelProduits exceptionnels − charges exceptionnelles
8. Résultat netRCAI + résultat exceptionnel − participation − impôt sur les bénéfices
9. Plus ou moins-values de cessionProduits de cession − valeur comptable des immobilisations cédées

La marge commerciale : la performance du négoce

Elle ne concerne que les marchandises revendues en l'état : boissons et confiseries d'une boulangerie, produits d'accueil revendus par un hôtel, ouvrages vendus par un organisme de formation. Elle se calcule en retranchant des ventes de marchandises le coût d'achat des marchandises vendues, c'est-à-dire les achats corrigés de la variation de stock.

La production de l'exercice : le volume de l'activité de fabrication

Elle additionne la production vendue (produits fabriqués et prestations de services), la production stockée, qui correspond à la variation du stock de produits finis et d'en-cours, et la production immobilisée, c'est-à-dire les travaux réalisés par l'entreprise pour elle-même. La production stockée peut être négative en cas de déstockage.

La valeur ajoutée : la richesse créée

La valeur ajoutée correspond à la marge commerciale et à la production, diminuées des consommations en provenance de tiers : matières premières, sous-traitance, loyers, énergie, honoraires, publicité, transport, crédit-bail. C'est la richesse que l'entreprise crée par son propre travail, et qu'elle va ensuite répartir entre ses salariés, l'État, ses prêteurs et ses associés.

L'excédent brut d'exploitation : le cœur du diagnostic

L'EBE ajoute à la valeur ajoutée les subventions d'exploitation et en retranche les impôts et taxes (hors impôt sur les bénéfices) ainsi que les charges de personnel. Il mesure la ressource dégagée par le métier, avant toute décision d'investissement, de financement ou de fiscalité. C'est l'indicateur que votre banquier regarde en premier.

Le résultat d'exploitation, le résultat courant et le résultat net

Le résultat d'exploitation intègre les dotations aux amortissements et aux provisions, leurs reprises, les autres produits et charges de gestion courante et, désormais, le résultat des cessions d'immobilisations corporelles et incorporelles. Le résultat courant avant impôts (RCAI) ajoute le résultat financier : intérêts d'emprunt, produits de placement, différences de change. Viennent enfin le résultat exceptionnel, la participation des salariés et l'impôt sur les bénéfices, qui conduisent au résultat net.

Quels changements du plan comptable depuis 2025 pour la lecture des SIG ?

Le règlement ANC n° 2022-06 du 4 novembre 2022 modifie le plan comptable général. Homologué par arrêté du 26 décembre 2023 publié au Journal officiel du 30 décembre 2023, il s'applique aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2025. Pour un exercice calé sur l'année civile, les comptes 2025 sont donc les premiers établis selon les nouvelles règles, et trois d'entre elles changent directement la lecture des soldes.

Un résultat exceptionnel resserré

Le nouvel article 513-5 du PCG réserve le résultat exceptionnel aux produits et charges directement liés à un événement majeur et inhabituel, aux écritures d'origine purement fiscale (provisions réglementées, amortissements dérogatoires), à certains changements de méthode et aux corrections d'erreurs. Les opérations de l'activité normale et courante relèvent du résultat courant. Conséquence : des charges que vous classiez auparavant en exceptionnel pèsent désormais sur le résultat d'exploitation, voire sur l'EBE.

Les aides et indemnités liées à un tel événement mais reçues en compensation de charges d'exploitation restent, elles, en résultat d'exploitation.

Les cessions d'immobilisations passent en exploitation

Le modèle de compte de résultat intègre désormais en exploitation les produits des cessions d'immobilisations incorporelles et corporelles (compte 757) et leur valeur comptable (compte 657). La vente d'un four, d'un véhicule ou d'un fonds peut donc gonfler ou réduire votre résultat d'exploitation. Pour piloter, isolez ce solde de cession dans une ligne distincte de votre tableau des SIG.

La fin des transferts de charges

Le règlement supprime les transferts de charges de la liste des produits. Les remboursements viennent désormais en diminution de la charge concernée : par exemple, les remboursements de charges de personnel se lisent au compte 649 « Remboursements de charges de personnel ». Votre poste « charges de personnel » est donc présenté net, ce qui facilite la lecture mais impose de retraiter l'exercice précédent pour comparer.

Point de vigilance : comparer 2024 et 2025 sans se tromper

  • Les plus ou moins-values de cession d'immobilisations corporelles et incorporelles (757 et 657) figurent désormais dans le résultat d'exploitation : neutralisez-les pour comparer deux exercices.
  • Le résultat exceptionnel est réservé aux événements majeurs et inhabituels et aux écritures d'origine fiscale : des charges autrefois classées en exceptionnel pèsent maintenant sur l'exploitation.
  • Les comptes de transferts de charges ont disparu : les remboursements se lisent en diminution des charges concernées, par exemple au 649 pour le personnel.
  • Retraitez l'exercice N-1 selon les mêmes règles avant de commenter une variation d'EBE ou de résultat d'exploitation.

Comment construire un tableau des soldes intermédiaires de gestion sur Excel ?

Votre logiciel comptable édite souvent un tableau des SIG standard. Le construire vous-même sur Excel vous permet de choisir le niveau de détail utile à votre métier et de le mettre à jour chaque mois.

  1. Exportez la balance générale de l'exercice et de l'exercice précédent (comptes de classe 6 et 7, soldes à la date d'arrêté).
  2. Créez une table de correspondance : une colonne « numéro de compte », une colonne « ligne SIG ». Raisonnez sur les racines de comptes (607, 6037, 64…) pour que les nouveaux sous-comptes soient captés automatiquement.
  3. Agrégez avec SOMME.SI ou SOMME.SI.ENS : chaque ligne du tableau additionne les comptes qui lui sont affectés. Respectez les signes : produits au crédit, charges au débit, variations de stock dans les deux sens.
  4. Calculez les soldes en cascade : chaque solde est une simple formule sur les lignes précédentes, jamais une saisie manuelle.
  5. Ajoutez les colonnes N-1, écart en euros et écart en pourcentage, puis les ratios rapportés au chiffre d'affaires et à la valeur ajoutée.
  6. Contrôlez : le résultat net du tableau doit être égal, à l'euro près, au résultat comptable. Un écart signale un compte non affecté.

Le tableau suivant donne la correspondance entre les comptes du plan comptable et les lignes de votre fichier, selon le modèle de compte de résultat et la table de passage publiés par l'ANC.

Mapping des comptes du PCG vers le tableau des SIG (plan de comptes en vigueur depuis 2025)
Ligne du tableauComptes à reprendrePoint d'attention
Ventes de marchandises707, 7097 (rabais accordés, en moins)Ne pas y mélanger les produits fabriqués
Coût d'achat des marchandises vendues607, 6037, frais accessoires 608 et rabais obtenus 609 rattachésLe signe de la variation de stock (6037) est la source d'erreur la plus fréquente
Production vendue701 à 706, 708 rattachés, 709 correspondantsLes activités annexes (708) se rattachent au poste qu'elles concernent
Production stockée et immobilisée71 et 72Le 71 peut être créditeur ou débiteur
Consommations en provenance de tiers601, 602, 6031, 6032, 604 à 606, 61 et 62Le crédit-bail (6122, 6125) y figure : à retraiter si vous comparez avec une entreprise propriétaire
Subventions d'exploitation74Les aides reçues en compensation de charges d'exploitation restent en exploitation
Impôts et taxes63Hors impôt sur les bénéfices (695)
Charges de personnel641, 645, 647, 648, sous déduction du 649Les remboursements de charges de personnel se lisent désormais au 649
Autres produits et charges d'exploitation75 et 65 (hors 755 et 655), 757 et 657, 781, 6811 à 6817Les cessions d'immobilisations corporelles et incorporelles sont passées en exploitation
Résultat financier76, 786, 66, 686Intérêts d'emprunt, escomptes, change
Résultat exceptionnel77, 787, 67, 687Périmètre resserré depuis le 1er janvier 2025

Ce fichier devient la colonne vertébrale de votre tableau de bord financier et de ses indicateurs clés : les mêmes correspondances alimentent les ratios mensuels et le suivi budgétaire.

Cas pratique : où une boulangerie perd-elle sa marge ?

Prenons une boulangerie-pâtisserie parisienne avec une activité traiteur et un rayon de boissons et confiseries revendues en l'état. Son chiffre d'affaires passe de 950 000 € à 1 000 000 €, soit une progression d'environ 5,3 %. Le dirigeant s'attend à une amélioration du résultat. Le tableau des SIG raconte une autre histoire.

Cas pratique : tableau des SIG d'une boulangerie-pâtisserie avec activité traiteur (en euros)
PosteExercice N-1Exercice NÉcart
Ventes de marchandises (boissons, confiseries)110 000120 000+10 000
− Coût d'achat des marchandises vendues60 00068 000+8 000
Marge commerciale50 00052 000+2 000
Production vendue (pains, pâtisseries, traiteur)840 000880 000+40 000
− Matières premières consommées220 000253 000+33 000
− Autres achats et charges externes140 000150 000+10 000
Valeur ajoutée530 000529 000−1 000
+ Subventions d'exploitation5 0005 0000
− Impôts et taxes14 00015 000+1 000
− Charges de personnel365 000390 000+25 000
Excédent brut d'exploitation156 000129 000−27 000

Étape 1 : la marge commerciale

En N, les ventes de marchandises atteignent 120 000 €. Les achats de marchandises s'élèvent à 70 000 € et le stock de marchandises a augmenté de 2 000 € : le coût d'achat des marchandises vendues est donc de 70 000 − 2 000 = 68 000 €. La marge commerciale ressort à 120 000 − 68 000 = 52 000 €, soit 43,3 % des ventes, contre 45,5 % en N-1 (50 000 / 110 000).

Étape 2 : la valeur ajoutée

La production vendue atteint 880 000 €, sans production stockée ni immobilisée. Les achats de matières premières sont de 250 000 € et le stock de matières a diminué de 3 000 € : la consommation est donc de 250 000 + 3 000 = 253 000 €. Avec 150 000 € d'autres achats et charges externes (loyer, énergie, emballages, entretien), les consommations en provenance de tiers totalisent 403 000 €.

Valeur ajoutée = 52 000 + 880 000 − 403 000 = 529 000 €. Elle est stable en valeur (530 000 € en N-1) malgré 50 000 € de ventes supplémentaires : toute la croissance a été absorbée par les consommations.

Étape 3 : l'excédent brut d'exploitation

EBE = 529 000 + 5 000 (subventions d'exploitation) − 15 000 (impôts et taxes) − 390 000 (salaires et cotisations) = 129 000 €, contre 156 000 € en N-1. L'EBE perd 27 000 €, soit environ 17 %, alors que l'activité progresse.

Étape 4 : du résultat d'exploitation au résultat net

Au résultat d'exploitation, on ajoute 2 000 € de reprises sur provisions, 1 000 € d'autres produits et 8 000 € de prix de cession d'un ancien laboratoire mobile, puis on retranche 45 000 € de dotations aux amortissements, 3 000 € d'autres charges et 5 000 € de valeur comptable de l'actif cédé : 129 000 + 11 000 − 53 000 = 87 000 €. Le résultat financier est de − 12 000 € (500 € de produits, 12 500 € d'intérêts d'emprunt), d'où un RCAI de 75 000 €.

Le résultat exceptionnel se limite à une dotation aux amortissements dérogatoires de 2 000 €, écriture d'origine fiscale. Avec un impôt sur les bénéfices retenu à 15 000 € dans notre hypothèse, le résultat net s'établit à 75 000 − 2 000 − 15 000 = 58 000 €.

La cascade des SIG de l'exercice N, du chiffre d'affaires au résultat net

Chiffre d'affaires (marchandises + production vendue)1 000 000 €
− Coût des marchandises vendues et consommations externes− 471 000 €
= Valeur ajoutée529 000 €
+ Subventions − impôts et taxes − personnel− 400 000 €
= Excédent brut d'exploitation129 000 €
+ Reprises, autres produits, cession − dotations, autres charges, VNC− 42 000 €
= Résultat d'exploitation87 000 €
− Résultat financier (intérêts d'emprunt nets)− 12 000 €
= Résultat courant avant impôts75 000 €
− Résultat exceptionnel (dotation aux amortissements dérogatoires)− 2 000 €
− Impôt sur les bénéfices (montant de l'hypothèse)− 15 000 €
= Résultat net58 000 €

Chaque bandeau bleu est un point de contrôle : c'est entre deux bandeaux que la marge se crée ou se perd.

Le diagnostic : deux fuites identifiées

Les ratios révèlent les causes de la baisse d'EBE. Le coût matière passe de 26,2 % à 28,8 % de la production vendue. Appliqués à 880 000 € de production, ces 2,56 points représentent environ 22 500 € de marge perdue : hausse des prix de la farine, du beurre et des œufs non répercutée, et probablement davantage de pertes en fin de journée. Parallèlement, la masse salariale progresse de 25 000 € (+ 6,8 %), plus vite que l'activité, à la suite d'un recrutement au laboratoire traiteur.

Ratios de lecture des SIG : le cas pratique en pourcentages
RatioCalculN-1N
Taux de marge commercialeMarge commerciale / ventes de marchandises45,5 %43,3 %
Coût matièreMatières consommées / production vendue26,2 %28,8 %
Taux de valeur ajoutéeValeur ajoutée / chiffre d'affaires55,8 %52,9 %
Poids du personnelCharges de personnel / valeur ajoutée68,9 %73,7 %
Taux d'EBEEBE / chiffre d'affaires16,4 %12,9 %

Les décisions qui en découlent sont concrètes : revalorisation ciblée des prix de la gamme traiteur, révision des fiches techniques, suivi des invendus et ajustement des plannings sur les plages creuses. Le même raisonnement s'applique en restauration, où le coût matière se pilote finement à partir de la marge brute du restaurant.

Comment lire les SIG pour repérer où se crée et se perd la marge ?

Un tableau des SIG se lit de haut en bas, mais l'analyse utile consiste à regarder ce qui se passe entre deux soldes. Chaque intervalle correspond à une famille de décisions et à un responsable.

  • Entre le chiffre d'affaires et la valeur ajoutée : prix de vente, achats, fournisseurs, sous-traitance, loyers, énergie. C'est le terrain de la politique commerciale et des achats.
  • Entre la valeur ajoutée et l'EBE : la productivité du personnel. Rapportez les charges de personnel à la valeur ajoutée plutôt qu'au chiffre d'affaires : c'est le meilleur indicateur du partage de la richesse créée.
  • Entre l'EBE et le résultat d'exploitation : la politique d'investissement. Un investissement lourd fait chuter le résultat d'exploitation par les amortissements sans toucher l'EBE.
  • Entre le résultat d'exploitation et le RCAI : le coût de la dette. Une entreprise rentable dans son métier peut être fragilisée par un endettement mal calibré.

Quels retraitements appliquer pour comparer des entreprises entre elles ?

Les SIG bruts dépendent de choix de gestion qui faussent les comparaisons. Analystes et repreneurs les retraitent, sans modifier vos comptes.

  • Le crédit-bail : les redevances (comptes 6122 et 6125) sont comptées en charges externes et diminuent la valeur ajoutée et l'EBE. Pour comparer avec une entreprise qui a acheté ses équipements à crédit, on réintègre les redevances et on les décompose en dotation aux amortissements et en charge financière.
  • Le personnel extérieur : l'intérim et la mise à disposition de personnel figurent en charges externes. Les reclasser en charges de personnel permet de mesurer la productivité réelle du travail.
  • La rémunération du dirigeant : un dirigeant rémunéré principalement en dividendes améliore artificiellement l'EBE. Pour valoriser l'entreprise ou la comparer, on réintègre une rémunération normative.
  • Les éléments non récurrents : depuis la réforme du résultat exceptionnel, isolez vous-même dans votre tableau de gestion les charges ponctuelles désormais classées en exploitation.

Ces retraitements sont au cœur de la démarche de contrôle de gestion en PME : ils permettent de passer d'une lecture comptable à une lecture économique.

Quelles erreurs fréquentes faussent le tableau des SIG ?

Ces erreurs suffisent à tirer de mauvaises conclusions d'un tableau des soldes intermédiaires de gestion.

  • Inverser le signe de la variation de stock : un stock en hausse diminue le coût d'achat, un stock en baisse l'augmente. L'erreur peut déplacer la marge de plusieurs points.
  • Analyser sans inventaire fiable : sans comptage physique à la clôture, ou sur une situation intermédiaire sans stock estimé, le coût matière n'a pas de sens.
  • Oublier les charges à payer et les produits constatés d'avance sur une situation mensuelle : la marge du mois est alors fictive.
  • Comparer 2024 et 2025 sans retraitement : les cessions d'immobilisations, les transferts de charges et le nouveau périmètre exceptionnel rendent les deux exercices non comparables en l'état.
  • S'arrêter au résultat net : un résultat net stable peut cacher un EBE en chute compensé par une plus-value de cession ponctuelle.

Comment intégrer les SIG au pilotage mensuel de votre entreprise ?

Le tableau des SIG annuel arrive trop tard pour corriger une dérive : quand la plaquette est remise, l'exercice suivant est déjà largement entamé. L'enjeu est donc de produire une version mensuelle ou trimestrielle, simplifiée mais fiable.

  1. Fixez une date de clôture mensuelle et une liste réduite d'écritures d'inventaire : stock estimé, charges à payer, congés payés, amortissements au douzième.
  2. Limitez-vous aux soldes utiles : marge commerciale, valeur ajoutée, EBE, et deux ou trois ratios propres à votre métier (coût matière, poids du personnel, taux d'EBE).
  3. Prolongez vers la trésorerie : de l'EBE, déduisez la variation du besoin en fonds de roulement, les investissements et les échéances d'emprunt pour vérifier que la marge se transforme en cash.

Ce dernier point fait le lien avec la capacité d'autofinancement et sa lecture par votre banquier, qui part de l'EBE pour mesurer votre capacité à rembourser et à investir. Pennylane et Power BI permettent d'automatiser ce circuit.

En résumé : faire des SIG un outil de décision

Les soldes intermédiaires de gestion transforment le compte de résultat en un diagnostic : la marge commerciale et la valeur ajoutée jugent vos prix et vos achats, l'EBE la productivité de vos équipes, le résultat d'exploitation vos investissements, le RCAI votre financement. Lus en pourcentage, sur plusieurs exercices et retraités des effets de la réforme du plan comptable applicable depuis 2025, ils indiquent précisément où agir.

Le cas de la boulangerie le montre : une croissance de 5 % du chiffre d'affaires peut s'accompagner d'une baisse de 17 % de l'EBE, et seul le découpage par soldes révèle les deux fuites à traiter.

Vous souhaitez mettre en place un tableau des SIG mensuel et l'exploiter en comité de direction ? Découvrez notre accompagnement en DAF et RAF externalisé : nos équipes construisent vos tableaux de bord et vous aident à transformer chaque écart de marge en décision.

À lire aussi

Nos clients

Foire aux questions

Quelle est la différence entre l'EBE et le résultat d'exploitation ?

L'EBE mesure la performance économique avant les dotations aux amortissements et aux provisions : il ne dépend ni de la politique d'investissement ni des choix d'amortissement. Le résultat d'exploitation, lui, intègre l'usure des équipements, les reprises, les autres produits et charges de gestion et, depuis 2025, les plus ou moins-values de cession d'immobilisations. Deux entreprises au même EBE peuvent donc afficher des résultats d'exploitation très différents si l'une loue son matériel et l'autre l'a acheté.

Comment faire un tableau des soldes intermédiaires de gestion sur Excel ?

Exportez la balance générale de votre logiciel comptable, ajoutez une colonne qui affecte chaque compte à une ligne du tableau (marge commerciale, consommations, personnel…), puis utilisez une fonction SOMME.SI sur cette colonne. Les soldes se calculent ensuite par soustractions successives. Ajoutez les colonnes N-1, écart et ratios en pourcentage. Vérifiez enfin que votre résultat net est identique à celui de la comptabilité : c'est le contrôle de cohérence indispensable.

Le tableau des soldes intermédiaires de gestion est-il obligatoire ?

Non. Les comptes annuels comprennent le bilan, le compte de résultat et l'annexe ; le tableau des SIG n'en fait pas partie. Il est pourtant demandé de fait par les banquiers, les repreneurs et les investisseurs, et la plupart des cabinets d'expertise comptable le joignent à la plaquette annuelle. Rien ne vous empêche de le produire chaque mois ou chaque trimestre.

Pourquoi la valeur ajoutée baisse-t-elle alors que mon chiffre d'affaires progresse ?

Parce que vos consommations en provenance de tiers augmentent plus vite que vos ventes. Les causes classiques : hausse des prix matières non répercutée, recours accru à la sous-traitance ou à l'intérim, dérive des loyers et de l'énergie, ou mix produit défavorable. Calculez le poids de chaque grande famille de charges externes en pourcentage du chiffre d'affaires sur deux exercices : l'écart pointe directement la fuite.

Background Image
Chaque projet commence par une rencontre. Partagez-nous vos ambitions, vos défis ou vos interrogations : nous sommes là pour vous guider. Prenez contact dès maintenant et faisons ensemble le premier pas vers une réussite durable.
Contactez nos experts