Prendre rendez-vous

Conseils de gestion

France compétences : enregistrer son référentiel au RNCP ou au RS

Auteur
Jose Amar
Date
27.10.2026
Durée
17 minutes
France compétences et référentiel : critères RNCP et RS, procédure 2026, calcul des taux d'insertion et erreurs à éviter pour réussir votre enregistrement.
Équipe de restauration en situation de travail, illustrant un référentiel métier enregistré au RNCP
Avant propos
Cet article a une vocation strictement informative. Les règles fiscales et comptables évoluent régulièrement, et chaque situation présente ses propres spécificités qui ne peuvent pas être traitées dans un contenu général. Aucune décision ne devrait être prise sur la seule base des éléments présentés ici.

Pour sécuriser votre projet, prenez rendez-vous avec le cabinet FINAUDEC. Un échange personnalisé reste le seul moyen d'obtenir une réponse adaptée à votre situation.
Prendre rendez-vous
Sommaire
Poser une question sur l'article
Merci ! Nous revenons vers vous dans les 24h !
‍
Prendre rendez-vous directement
Oops! Something went wrong while submitting the form.

Enregistrer son référentiel auprès de France compétences est devenu l'étape qui sépare un organisme de formation « catalogue » d'un organisme capable de capter les grands financements : compte personnel de formation, apprentissage, contrats de professionnalisation. Sans fiche au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) ou au répertoire spécifique (RS), vos formations restent hors du champ du CPF, quelle que soit leur qualité pédagogique.

La procédure est exigeante : critères réglementaires précis, données d'insertion vérifiées, référentiels originaux, contrôle renforcé depuis le décret n° 2025-500 du 6 juin 2025. Ce guide vous explique comment choisir entre RNCP et RS, monter le dossier, calculer vos taux d'insertion et éviter les refus les plus fréquents.

Chez FINAUDEC, cabinet d'expertise comptable spécialisé dans les organismes de formation, nous accompagnons des dirigeants qui structurent leur offre certifiante. Nous voyons au quotidien l'impact financier d'un enregistrement réussi, ou d'une échéance mal anticipée, sur le chiffre d'affaires et la trésorerie.

Pourquoi enregistrer un référentiel auprès de France compétences ?

France compétences, créée par la loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel, tient à jour les deux répertoires nationaux : le RNCP et le répertoire spécifique. L'enregistrement atteste que la valeur économique et sociale d'une certification est reconnue par la collectivité et par les financeurs.

Pour un organisme de formation, l'enjeu est d'abord économique. L'article L.6323-6 du code du travail réserve le financement par le CPF aux formations sanctionnées par une certification enregistrée au RNCP, par un bloc de compétences, ou par une certification ou habilitation du répertoire spécifique. Côté RNCP, l'enregistrement conditionne aussi l'accès à l'apprentissage (hors CQP) et à la VAE, et ouvre la voie du contrat de professionnalisation.

Certifier n'est pas former

France compétences insiste sur une distinction souvent mal comprise : la formation est un processus d'acquisition, la certification professionnelle est la reconnaissance officielle de compétences, quelle que soit la façon dont elles ont été acquises. Vous ne faites donc pas enregistrer une formation, mais une certification que votre formation prépare. On part donc du métier et des compétences, pas du programme.

Qui peut déposer une demande ?

L'article L.6113-2 du code du travail qualifie de « ministères et organismes certificateurs » les ministères, les commissions paritaires nationales de l'emploi de branche, les organismes et les instances à l'origine de l'enregistrement. Un organisme de formation privé peut donc devenir certificateur et porter sa propre certification, seul ou en co-certification. Il peut aussi rester simple partenaire habilité d'un certificateur existant, sans déposer de dossier lui-même.

RNCP ou répertoire spécifique : quel répertoire choisir pour votre référentiel ?

Le choix du répertoire n'est pas une question de prestige mais de nature de la certification. Le RNCP vise les certifications qui préparent à un métier identifié ; le répertoire spécifique accueille des compétences complémentaires à un ou plusieurs métiers.

RNCP ou répertoire spécifique : les différences qui comptent
CritèreRNCPRépertoire spécifique (RS)
ObjetCertifications préparant à un métier identifié (diplômes, titres à finalité professionnelle, CQP)Compétences complémentaires à un métier, compétences transversales, habilitations réglementaires
Base légaleArticle L.6113-5 du code du travailArticle L.6113-6 du code du travail
Niveau de qualificationOui, niveau du cadre national (1 à 8)Non, aucun niveau de qualification reconnu par l'État
StructureRéférentiels d'activités, de compétences et d'évaluation, découpage en blocs de compétencesRéférentiels de compétences et d'évaluation, publics cibles et prérequis à démontrer
Critères d'examenArticle R.6113-9Article R.6113-11
Durée maximale5 ans5 ans
Accès aux dispositifsCPF, apprentissage (hors CQP), contrat de professionnalisation, VAECPF, dans les mêmes conditions que le RNCP

Les quatre familles du répertoire spécifique

Le vademecum publié par France compétences en janvier 2026 distingue quatre types de certifications au RS :

  • les certifications de compétences rattachées à un métier et visant une spécialisation (techniques ou méthodes appliquées) ;
  • les certifications de compétences transversales, mobilisables dans de nombreuses situations professionnelles (informatique, langues) ;
  • les certifications couvrant une activité professionnelle autonome complémentaire à une activité principale ;
  • les habilitations ou certifications découlant d'une obligation légale ou réglementaire, qui relèvent en général de l'enregistrement de droit.

En revanche, une action de sensibilisation, un bilan de compétences ou une préparation à un concours n'ont pas vocation à être enregistrés au RS.

Exemple de raisonnement pour un organisme de formation en hôtellerie-restauration

Un organisme qui forme des adultes en reconversion au métier de chef de rang vise un emploi complet : il relève du RNCP, avec un référentiel d'activités, un niveau de qualification et des blocs de compétences. Le même organisme qui propose un module « accords mets et vins » destiné à des serveurs déjà en poste vise une spécialisation : la logique est celle du répertoire spécifique. Se tromper de répertoire est l'un des motifs de refus les plus évitables.

Enregistrement au nom de l'État ou sur demande ?

L'article L.6113-5 du code du travail prévoit deux voies d'enregistrement au RNCP, pour une durée maximale de cinq ans :

  • Au nom de l'État (anciennement dite « de droit ») : diplômes et titres à finalité professionnelle délivrés au nom de l'État, créés par décret et organisés par arrêté après avis des commissions professionnelles consultatives ;
  • Sur demande : diplômes, titres à finalité professionnelle et certificats de qualification professionnelle créés et délivrés en leur nom propre par des ministères ou des organismes certificateurs, après avis conforme de la commission de la certification professionnelle de France compétences.

Un organisme de formation privé relève, sauf exception, de la procédure sur demande. Pour le répertoire spécifique, l'article L.6113-6 prévoit également une durée maximale de cinq ans et un avis conforme de la commission ; les certifications et habilitations exigées par l'État pour exercer une activité y sont, elles, enregistrées de droit.

Comment se déroule la procédure d'enregistrement sur demande ?

La demande est adressée au directeur général de France compétences par voie électronique, au moyen d'une téléprocédure dédiée (article R.6113-8 du code du travail). La liste des informations à fournir est fixée par arrêté. Le dossier suit ensuite un circuit en plusieurs filtres successifs.

Les 6 étapes d'un enregistrement sur demande

1Pré-étude

Opportunité, périmètre, choix RNCP ou RS, données des promotions disponibles.

2Dépôt en ligne

Dossier déposé sur la téléprocédure de France compétences.

3Complétude

Pièces exigées, honorabilité des dirigeants, refus possibles sans examen des critères.

4Instruction

Un instructeur unique analyse les critères et rédige un rapport, ensuite supervisé.

5Commission

Avis conforme de la commission de la certification professionnelle, réunie chaque mois sauf en août.

6Décision

Décision du directeur général, mise en ligne puis publiée au Journal officiel.

La complétude administrative

Avant toute instruction, le dossier doit être jugé « complet » : toutes les pièces exigées doivent être déposées, dans les formes requises, et les dirigeants de l'organisme et de ses co-certificateurs doivent répondre à la condition d'honorabilité de l'article R.6113-14. Un dossier incomplet est retourné au demandeur pour compléments.

L'instruction et la supervision

Une fois le dossier déclaré complet, un instructeur est désigné et ses coordonnées vous sont communiquées par courriel. Il devient votre interlocuteur unique jusqu'à la décision. Le vademecum est clair : l'instruction n'est ni un échange contradictoire sur la valeur du dossier, ni un accompagnement pour répondre aux attendus. Le rapport d'instruction fait ensuite l'objet d'une supervision, qui propose un avis favorable, défavorable ou réservé.

La commission et la décision

La commission de la certification professionnelle se réunit chaque mois, sauf en août. Le calendrier officiel 2026 prévoit onze séances, dont les trois dernières de l'année les 29 octobre, 24 novembre et 15 décembre 2026. En cas d'avis favorable, le directeur général prononce l'enregistrement dans un délai d'un à trois jours, par une décision mise en ligne puis publiée au Journal officiel. L'avis fixe la durée d'enregistrement, l'intitulé et, pour le RNCP, le niveau de qualification.

Repères chiffrés de la procédure

5 ansdurée maximale d'enregistrement
3 ansdurée plafonnée si une seule année de données
11séances de la commission prévues en 2026
1 à 3 joursentre l'avis favorable et la décision

Quels critères France compétences examine-t-elle pour un référentiel RNCP ?

Les critères d'examen des demandes RNCP sont fixés par l'article R.6113-9 du code du travail, dans sa rédaction issue du décret n° 2025-500, applicable aux demandes transmises à compter du 1er octobre 2025. France compétences tient compte, le cas échéant, des manquements relevés lors de ses contrôles.

Les critères d'examen RNCP (article R.6113-9) et les preuves à préparer
CritèreCe que vérifie France compétencesPièces et données à préparer
1° Adéquation métier / emploisLes titulaires occupent-ils réellement le métier visé ?Enquêtes d'insertion, intitulés de postes, catégories socio-professionnelles
2° Impact sur l'emploiAccès ou retour à l'emploi, comparé à des certifications prochesTaux d'insertion global et dans le métier, analyse comparative
2° bis et 2° ter MoyensRéalité et adéquation des moyens techniques, pédagogiques et d'encadrementProgrammes, cahier des charges des centres, CV des formateurs, plateaux techniques
3° RéférentielsQualité et cohérence des référentiels, transitions écologique et numérique, santé-sécurité, handicapRéférentiels d'activités, de compétences et d'évaluation rédigés de façon originale
4° Contrôle et évaluationProcédures de contrôle des partenaires et organisation des épreuvesConvention d'habilitation, règlement des jurys, procès-verbaux
5° Contraintes légalesRespect de la réglementation du métierAnalyse réglementaire, prérequis d'accès éventuels
6° VAEPossibilité d'accéder à la certification par la VAEProcédure de recevabilité et d'évaluation VAE
7° Blocs de compétencesCohérence des blocs et de leurs évaluationsTableau de découpage en blocs, modalités d'évaluation par bloc
8° et 9° Correspondances, branchesCohérence des équivalences, association des CPNEF le cas échéantTableau de correspondances, courriers de branche

Ce qui a changé avec le décret de 2025

Le décret n° 2025-500 a introduit deux critères décisifs pour les organismes de formation : la vérification de la réalité des moyens techniques, pédagogiques et d'encadrement mis en œuvre pour les promotions de titulaires, et l'adéquation de ces actions avec les référentiels. Ces exigences font écho au critère 4 du référentiel Qualiopi : le dossier doit démontrer que tous les centres qui préparent à la certification disposent de moyens réels, et pas seulement l'organisme déposant.

Les exceptions aux critères d'insertion

Les critères 1° à 2° ter ne s'appliquent pas aux premières demandes portant sur une certification exigée par une norme internationale ou un texte pour exercer une activité. Par ailleurs, l'article R.6113-10 permet d'enregistrer, pour trois ans, un projet visant un métier inscrit sur la liste annuelle des métiers émergents ou en particulière évolution, sans examen de ces mêmes critères.

Quels critères s'appliquent au répertoire spécifique ?

Les demandes au RS sont examinées selon l'article R.6113-11. Les critères sont proches de ceux du RNCP mais centrés sur l'adéquation des compétences aux besoins du marché du travail et sur l'impact de la certification en matière de sécurisation ou de développement des parcours professionnels. S'y ajoutent la réalité et l'adéquation des moyens de formation, la qualité des référentiels de compétences et d'évaluation, les procédures de contrôle et, le cas échéant, la cohérence avec les blocs de compétences du RNCP.

Démontrer la valeur d'usage

Pour le RS, France compétences parle de valeur d'usage : l'utilité avérée de la certification pour les entreprises et les actifs. Selon le vademecum, elle n'est démontrable qu'après une mobilisation effective et à une échelle minimale de la formation à vocation certifiante. Les preuves possibles sont des données de devenir professionnel, des courriers d'entreprises utilisatrices, de branches ou de fédérations, et des témoignages de titulaires.

Deux limites sont posées : la valeur d'usage ne peut résulter uniquement de courriers de soutien ou de témoignages d'anciens stagiaires (sauf certifications visant principalement des indépendants), et un organisme habilité par un autre certificateur ne peut pas réutiliser les témoignages de ses stagiaires pour sa propre demande.

Préparer un renouvellement au RS

Lors d'un renouvellement, le dossier doit présenter un bilan portant sur l'intégralité des stagiaires, certifiés ou non. Il précise le taux de réponse aux enquêtes, le nombre de stagiaires entrés en formation, le nombre de candidats présentés et le nombre de certifiés, d'où découlent le taux de présentation et le taux de réussite.

Comment calculer les taux d'insertion de vos promotions ?

C'est le cœur du dossier RNCP et la principale source de refus. Pour l'analyse, France compétences retient les promotions de l'année civile en cours et de l'année civile précédente, sous réserve de disponibilité des données. Pour une première demande, il s'agit des titulaires ayant réussi les épreuves à l'issue de la formation ou de la VAE ; pour un renouvellement, des titulaires de la certification déjà enregistrée. Si vos données ne portent que sur une seule année, la durée d'enregistrement est plafonnée à trois ans.

Les deux taux attendus

  • Taux d'insertion dans le métier visé : répondants en emploi dans le métier visé, divisés par le nombre de répondants, après neutralisation ;
  • Taux d'insertion global dans l'emploi : répondants en emploi, tous postes confondus, divisés par le nombre de répondants, après neutralisation.

Le suivi est demandé au plus tard à six mois après l'obtention de la certification et peut être complété par une information à deux ans ou plus. Seuls les répondants entrent dans le calcul. Sont neutralisées, au numérateur comme au dénominateur, les personnes en poursuite d'études (y compris en alternance) et celles dans l'impossibilité d'exercer un emploi.

Cas pratique : un titre de responsable de salle en restauration

Prenons un organisme de formation parisien qui prépare au titre « Responsable de salle en restauration » et souhaite le faire enregistrer au RNCP. Sur l'année civile de référence, 112 personnes ont obtenu la certification. Il interroge les titulaires six mois après et obtient 95 réponses.

Cas pratique : taux d'insertion d'une promotion

Titulaires de la certification sur l'année civile112
Répondants à l'enquête à 6 mois95
Neutralisés (poursuite d'études, alternance, impossibilité d'exercer)− 15
Base de calcul (répondants non neutralisés)80
En emploi, tous postes confondus66
Dont en emploi dans le métier visé54
Taux d'insertion global : 66 / 8082,5 %
Taux d'insertion dans le métier visé : 54 / 8067,5 %

Pas à pas : sur les 95 répondants, 12 poursuivent leurs études (dont 7 en alternance) et 3 sont dans l'impossibilité temporaire de travailler, soit 15 personnes neutralisées. La base de calcul est de 95 − 15 = 80 répondants. Parmi eux, 66 sont en emploi : le taux global est de 66 / 80 = 82,5 %. Sur ces 66, 54 occupent un poste dont l'intitulé, la catégorie socio-professionnelle et le niveau de responsabilité correspondent au métier visé : le taux dans le métier est de 54 / 80 = 67,5 %.

Les 12 autres personnes en emploi (serveurs, employés polyvalents) ne comptent pas dans le métier visé si leur poste ne présente pas une proximité importante avec le cadre d'emploi de la certification. C'est précisément ce que l'instructeur vérifie : la fiabilité des données, éventuellement par échantillonnage, et la cohérence des métiers déclarés avec le niveau de qualification. Gonfler le taux en requalifiant des postes est assimilé à une fausse déclaration.

Ce que le chiffre ne dit pas seul

France compétences évalue chaque indicateur dans son contexte : situation antérieure des titulaires (demandeurs d'emploi, reconversion), statut de l'emploi obtenu (CDI, CDD, intérim), tensions de recrutement, spécificités du bassin d'emploi, délai pour se constituer une clientèle pour les indépendants. Un taux de 67,5 % dans un métier en tension, avec des emplois durables, peut être plus convaincant qu'un taux supérieur fondé sur des contrats très courts.

Comment rédiger des référentiels conformes ?

L'article L.6113-1 du code du travail impose trois référentiels pour une certification RNCP : un référentiel d'activités (situations de travail et métiers visés), un référentiel de compétences (compétences et connaissances, y compris transversales) et un référentiel d'évaluation (critères et modalités d'évaluation). La certification peut être découpée en blocs de compétences, évaluables et validables séparément.

Les exigences transversales

Depuis 2025, les référentiels doivent intégrer les effets des transitions écologique et numérique sur le métier, les principes de prévention en santé et sécurité au travail, et les compétences liées au handicap et à l'accessibilité. Pour un métier de la restauration, cela peut concerner la lutte contre le gaspillage, les outils numériques de prise de commande, la prévention des troubles musculosquelettiques ou l'accueil de clients en situation de handicap.

Le niveau de qualification

Le cadre national des certifications professionnelles compte huit niveaux, du niveau 1 (maîtrise des savoirs de base) au niveau 8 (doctorat). Le baccalauréat est classé au niveau 4, la licence au niveau 6, le master au niveau 7. Le niveau ne dépend pas de la durée de formation mais de la complexité des savoirs, de la technicité des savoir-faire et du degré d'autonomie et de responsabilité. Évitez de communiquer en « bac + » : France compétences le déconseille expressément.

Quelles erreurs font échouer une demande d'enregistrement ?

Certaines erreurs ne laissent même pas au dossier la chance d'être examiné sur le fond. L'article R.6113-8-1 permet au directeur général de refuser l'enregistrement, après avis conforme de la commission, sans examiner les critères.

Point de vigilance : trois cas de refus sans examen des critères

  • Fausse déclaration : omission de titulaires, d'un partenaire ou manipulation des données d'insertion.
  • Reproduction littérale de tout ou partie d'un référentiel existant.
  • Communication trompeuse sur les formations ou la VAE, par vous ou vos partenaires habilités.

Ces refus ont des conséquences durables. En cas de réitération, le directeur général peut assortir sa décision d'une interdiction de dépôt d'un projet similaire pendant deux ans au plus. Et après trois refus sur une période de cinq ans, un nouveau dépôt pour un projet similaire n'est possible qu'un an après la notification du dernier refus (article R.6113-11-1).

Les autres erreurs fréquentes

  1. Oublier des titulaires ou des partenaires dans les promotions : une promotion doit être exhaustive, rattachée au projet et au demandeur.
  2. Confondre programme et référentiel : un référentiel de compétences décrit ce que la personne sait faire en situation de travail, pas le contenu des cours.
  3. Sous-documenter les moyens des partenaires : tous les centres préparant à la certification sont concernés par le critère des moyens.
  4. Négliger la communication : chaque support doit mentionner l'intitulé exact, le code RNCP ou RS, le nom du certificateur et la date d'enregistrement.
  5. Déposer trop tard avant l'échéance : un enregistrement n'ouvre aucun droit à renouvellement, et une certification échue ferme l'accès aux financements pour les nouvelles entrées.

Quelles obligations après l'enregistrement de votre référentiel ?

L'enregistrement n'est pas une fin en soi : il ouvre une période de contrôle. Le certificateur doit notamment enregistrer dans le système d'information du CPF les données relatives aux candidats inscrits, présents et titulaires (article L.6113-8). Un manquement dans cette transmission figure parmi les motifs de suspension ou de retrait d'une certification.

Le contrôle de France compétences

Le décret n° 2025-500 a renforcé les prérogatives de contrôle. France compétences, ou un tiers mandaté, peut contrôler sur pièces les certificateurs, y compris après un signalement, et vérifier le respect des critères, des mentions de l'habilitation des partenaires et de l'obligation de communication conforme (article R.6113-16-8). Les manquements constatés sont pris en compte lors du renouvellement.

Les conséquences pour la gestion de l'organisme

Une certification enregistrée change la structure économique de l'organisme : arrivée de financements CPF et apprentissage, contrats de partenariat avec des centres habilités, coûts d'ingénierie et d'enquêtes d'insertion récurrents. Ces flux doivent être tracés en comptabilité analytique et cohérents avec votre bilan pédagogique et financier. Le financement par les fonds publics et mutualisés suppose en parallèle la certification qualité du prestataire : notre guide sur la certification Qualiopi détaille la démarche, et celui sur le financement OPCO des organismes de formation les règles de prise en charge.

Quelle méthode pour préparer votre dossier en 8 étapes ?

Voici la méthode que nous recommandons aux dirigeants qui se lancent, à adapter selon que vous créez une certification ou que vous la renouvelez.

  1. Pré-étude d'opportunité : métier visé, besoins des entreprises, certifications proches déjà enregistrées, choix du répertoire.
  2. Audit des données : promotions disponibles sur l'année en cours et l'année précédente, exhaustivité des titulaires, partenaires inclus.
  3. Enquêtes d'insertion à six mois, avec un questionnaire qui recueille intitulé de poste, type de contrat et catégorie socio-professionnelle.
  4. Rédaction originale des référentiels, avec analyse des situations de travail et intégration des exigences transversales.
  5. Découpage en blocs et modalités d'évaluation propres à chaque bloc, voie VAE comprise.
  6. Dossier des moyens : programmes, cahier des charges des partenaires, profils des formateurs, plateaux techniques.
  7. Revue de la communication : site, plaquettes, plateformes, pour supprimer toute mention trompeuse.
  8. Calage du calendrier sur les séances de la commission et sur la date d'échéance de la certification en cours.

Si vous démarrez votre activité, commencez par sécuriser les fondamentaux décrits dans notre article sur les étapes pour devenir organisme de formation. Et pour mesurer l'effet des évolutions du compte personnel de formation sur votre modèle, consultez notre analyse de la nouvelle loi CPF et de ses impacts pour les organismes de formation.

En résumé : réussir l'enregistrement de votre référentiel France compétences

Enregistrer un référentiel au RNCP ou au RS, c'est d'abord choisir le bon répertoire, puis prouver par des données fiables que la certification débouche sur des emplois ou répond à un besoin réel. Le décret de 2025 a relevé le niveau d'exigence sur les moyens de formation et sur les contrôles. Les dossiers qui réussissent sont ceux qui anticipent : enquêtes d'insertion menées dès la première promotion, référentiels rédigés à partir du métier, partenaires documentés et communication irréprochable.

Cet enregistrement a aussi une dimension financière : il conditionne une part importante de votre chiffre d'affaires futur. Pour bâtir un budget prévisionnel, suivre la rentabilité par certification et sécuriser vos obligations déclaratives, découvrez notre accompagnement en expertise comptable pour les organismes de formation.

À lire aussi

Nos clients

Foire aux questions

Combien de temps dure un enregistrement au RNCP ou au RS ?

L'enregistrement est accordé pour une durée maximale de 5 ans, au RNCP comme au répertoire spécifique. La commission propose la durée dans son avis. Si, pour une première demande, vous ne présentez des données de titulaires que sur une seule année civile, la durée est plafonnée à 3 ans. À l'échéance, aucune prolongation automatique n'existe : il faut déposer une demande de renouvellement, examinée selon les mêmes critères.

Faut-il être certifié Qualiopi pour enregistrer une certification ?

Non, l'enregistrement au RNCP ou au RS et la certification Qualiopi sont deux démarches distinctes. La première reconnaît une certification professionnelle, la seconde atteste la qualité du prestataire de formation. En pratique, les deux se combinent : pour être financé par un OPCO, l'État, les régions ou la Caisse des dépôts au titre du CPF, le prestataire doit être certifié selon le référentiel national qualité.

Peut-on déposer une demande sans promotion de titulaires ?

Au RNCP, les deux premiers critères reposent sur l'analyse des promotions de titulaires : sans données d'insertion, le dossier ne peut pas les satisfaire. Deux exceptions existent : les certifications exigées par une norme ou un texte pour exercer une activité, et les projets visant un métier inscrit sur la liste des métiers émergents ou en particulière évolution, enregistrés alors pour trois ans.

Quelle différence entre le RNCP et le répertoire spécifique ?

Le RNCP recense les certifications qui préparent à un métier et délivrent un niveau de qualification du cadre national. Le répertoire spécifique accueille les certifications de compétences complémentaires ou transversales et les habilitations réglementaires, sans niveau de qualification. Les deux ouvrent le financement par le CPF, mais seul le RNCP permet l'apprentissage et la VAE.

Background Image
Chaque projet commence par une rencontre. Partagez-nous vos ambitions, vos défis ou vos interrogations : nous sommes là pour vous guider. Prenez contact dès maintenant et faisons ensemble le premier pas vers une réussite durable.
Contactez nos experts