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Entrepreneuriat & croissance

Ouvrir en franchise : investissement, contrat et montage financier

Auteur
Jose Amar
Date
2.11.2026
Durée
17 minutes
Ouvrir en franchise : budget d’ouverture, DIP, clauses du contrat de franchise et montage financier, avec un cas chiffré de restaurant. Le guide complet.
Entrepreneur préparant le budget et le montage financier de l’ouverture d’un restaurant en franchise
Avant propos
Cet article a une vocation strictement informative. Les règles fiscales et comptables évoluent régulièrement, et chaque situation présente ses propres spécificités qui ne peuvent pas être traitées dans un contenu général. Aucune décision ne devrait être prise sur la seule base des éléments présentés ici.

Pour sécuriser votre projet, prenez rendez-vous avec le cabinet FINAUDEC. Un échange personnalisé reste le seul moyen d'obtenir une réponse adaptée à votre situation.
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Ouvrir en franchise séduit chaque année des cadres en reconversion, des restaurateurs qui veulent changer d’échelle et des entrepreneurs qui préfèrent un concept éprouvé à une page blanche. La promesse est claire : une marque connue, un savoir-faire transmis, une assistance au démarrage. La contrepartie l’est tout autant : un droit d’entrée, des redevances pendant toute la durée du contrat et une liberté de gestion encadrée par le réseau.

Le succès d’une franchise se joue avant l’ouverture, dans trois documents : le document d’information précontractuelle (DIP), le contrat de franchise et le plan de financement. Ce guide vous donne une méthode pour budgéter l’investissement, lire le DIP avec un œil critique, négocier les clauses qui comptent et bâtir un montage financier que votre banquier acceptera, avec un cas pratique chiffré pas à pas.

Chez FINAUDEC, cabinet d’expertise comptable à Paris, nous accompagnons des franchisés en restauration, hôtellerie et services, du prévisionnel d’ouverture au pilotage de plusieurs établissements. Les points de vigilance ci-dessous sont ceux que nous retrouvons dans la plupart des dossiers.

Ouvrir en franchise : comment fonctionne le modèle ?

La franchise repose sur un échange. Le franchiseur met à disposition sa marque, son enseigne et ses méthodes commerciales ; le franchisé, commerçant indépendant, les exploite à ses risques et profits et verse une contrepartie financière. Le modèle existe dans de nombreux secteurs : restauration rapide, distribution alimentaire, immobilier, coiffure, services à la personne, hôtellerie.

Trois éléments conditionnent la validité du contrat. Selon la fiche Obligations du franchisé et du franchiseur publiée par Service Public Entreprendre, le savoir-faire transmis doit être secret, substantiel et identifié ; à défaut, le contrat n’est pas valable. La marque est mise à disposition par une licence, et le franchiseur doit maintenir ses droits de propriété. Enfin, il doit assurer une assistance réelle : choix de l’emplacement, aménagement, animation du réseau, suivi et audits. Le franchisé reste un indépendant : si son autonomie n’est qu’apparente, le contrat peut être requalifié en contrat de travail.

Avantages et contreparties

  • Avantages : concept testé, notoriété immédiate, formation et outils, conditions d’achat négociées par le réseau, crédibilité accrue auprès des banques.
  • Contreparties : coût d’entrée élevé, redevances calculées le plus souvent sur le chiffre d’affaires, perte d’autonomie, dépendance à la santé financière du franchiseur, risque de concurrence entre points de vente du même réseau.

Combien coûte l’ouverture d’une franchise ?

Le budget d’une franchise ne se limite pas au droit d’entrée affiché sur la plaquette du réseau. Il additionne un ticket d’entrée, l’investissement physique dans le point de vente et une réserve de trésorerie, puis des coûts récurrents qui pèsent sur la rentabilité pendant toute la durée du contrat.

Les coûts de démarrage

Le droit d’entrée est une somme forfaitaire exigible à la signature initiale, mais pas au renouvellement. Service Public Entreprendre indique qu’il varie de 5 000 € à plus de 50 000 € selon les réseaux. S’y ajoutent l’aménagement du local aux standards de l’enseigne, les équipements, le dépôt de garantie du bail, la formation initiale (parfois facturée à part), les frais juridiques et comptables et un fonds de roulement pour les premiers mois.

Budget d’ouverture en franchise : les postes à chiffrer
PosteNatureExemple restaurant (hypothèse)
Droit d’entréeForfait versé à la signature, non dû au renouvellement30 000 €
Travaux et aménagementMise aux normes du concept (façade, salle, cuisine)220 000 €
ÉquipementsMatériel de cuisine, mobilier, caisse, informatique90 000 €
Dépôt de garantie du bailMontant fixé par le bail commercial15 000 €
Formation initialeParfois facturée en plus du droit d’entrée8 000 €
Frais d’installationHonoraires juridiques et comptables, frais bancaires, assurances12 000 €
Stock de démarrageMatières premières et consommables10 000 €
Trésorerie de lancementCouverture du BFR et des premiers mois35 000 €
Total du besoin420 000 €

Dans notre exemple de restaurant franchisé, le droit d’entrée ne représente que 7 % du besoin total. Les travaux et équipements pèsent plus de 70 %. C’est pourquoi deux réseaux au droit d’entrée identique peuvent exiger des investissements du simple au double : le cahier des charges d’aménagement est souvent plus déterminant que le ticket d’entrée.

Les coûts récurrents

Une fois le point de vente ouvert, le franchisé supporte :

  • la redevance d’exploitation, fixe ou proportionnelle au chiffre d’affaires, plafonnée ou non selon le contrat ;
  • la redevance publicitaire qui alimente le fonds de communication du réseau, distincte de la publicité locale que vous financez vous-même ;
  • les achats auprès de fournisseurs imposés ou référencés, dont les prix intègrent parfois une marge pour la tête de réseau ;
  • les frais de remise aux normes lors des évolutions du concept ou du renouvellement.

Additionnées, les redevances peuvent absorber une part importante de l’excédent brut d’exploitation : dans le cas pratique plus bas, elles en représentent 44 %. Raisonnez donc toujours en marge après redevances, jamais en chiffre d’affaires.

Que doit contenir le DIP et comment l’analyser ?

Le document d’information précontractuelle est l’outil central de votre décision. L’article L330-3 du Code de commerce impose à toute personne qui met à disposition un nom commercial, une marque ou une enseigne en exigeant une exclusivité ou une quasi-exclusivité de remettre un document donnant des informations sincères, pour permettre un engagement en connaissance de cause. Le DIP et le projet de contrat doivent être communiqués au moins vingt jours avant la signature, ou avant le versement de toute somme si une somme est exigée avant la signature, par exemple pour réserver une zone.

Le contenu obligatoire

L’article R330-1 du Code de commerce précise le contenu du document. On y trouve notamment :

  • l’identité de l’entreprise, sa forme juridique, ses dirigeants et son capital ;
  • l’enregistrement de la marque et, en cas de licence, sa durée ;
  • les domiciliations bancaires (limitables aux cinq principales) ;
  • la date de création, les grandes étapes de l’entreprise et l’expérience professionnelle des dirigeants ;
  • une présentation de l’état général et local du marché et de ses perspectives ;
  • les comptes annuels des deux derniers exercices ;
  • la liste des entreprises du réseau, le nombre de celles qui l’ont quitté au cours de l’année précédente et l’implantation des établissements concurrents dans la zone ;
  • la durée du contrat, ses conditions de renouvellement, de résiliation et de cession, l’étendue des exclusivités ;
  • la nature et le montant des investissements spécifiques à l’enseigne avant le démarrage.

Comment le lire en expert-comptable

Le DIP se lit comme un dossier d’acquisition. Quatre réflexes :

  1. Analysez les comptes du franchiseur : rentabilité, endettement, part des droits d’entrée dans son chiffre d’affaires. Un réseau qui vit surtout des nouvelles ouvertures plutôt que des redevances de franchisés installés doit vous interroger.
  2. Calculez le taux de sortie : rapportez le nombre de franchisés sortis au nombre total de points de vente, et demandez les motifs (cessions, fermetures, résiliations).
  3. Appelez des franchisés de la liste, en particulier des sortants, sur leur chiffre d’affaires réel, la qualité de l’assistance et le respect des exclusivités.
  4. Confrontez l’état du marché local à votre emplacement : flux, concurrence, loyers.

Les comptes prévisionnels ne font pas partie du contenu obligatoire. S’ils vous sont remis, ils doivent être sincères et sérieux, mais vous devez construire votre propre prévisionnel sur votre emplacement et vos coûts réels. Selon Service Public Entreprendre, l’absence de DIP expose le franchiseur à une amende de 7 500 € et peut entraîner la nullité du contrat.

Calendrier type d’une ouverture en franchise

  1. Mois 1 à 2Sélection des réseaux

    Rencontres franchiseurs, échanges avec des franchisés en place et sortis du réseau, premier budget.

  2. Mois 2Réception du DIP et du projet de contrat

    Point de départ du délai légal : au moins 20 jours avant toute signature ou tout versement.

  3. Mois 2 à 3Analyse et prévisionnel

    Lecture du DIP, revue des comptes du franchiseur, prévisionnel indépendant sur votre emplacement.

  4. Mois 3 à 4Montage financier

    Apport, prêt d'honneur, rendez-vous bancaires, garanties, accord de principe sous conditions.

  5. Mois 4 à 5Signatures

    Contrat de franchise, bail commercial, offres de prêt : idéalement coordonnés par des conditions suspensives.

  6. Mois 5 à 8Travaux, formation, recrutement

    Aménagement aux normes du réseau, formation initiale, constitution des stocks, ouverture.

Quelles clauses du contrat de franchise négocier en priorité ?

Le contrat de franchise est souvent rédigé à partir d’un modèle unique pour tout le réseau : c’est un contrat d’adhésion, dont beaucoup de clauses ne se négocient pas. Une clause qui crée un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties peut toutefois être écartée (article 1171 du Code civil). La fiche Déroulement du contrat de franchise cite comme exemples une redevance sans contrepartie réelle, l’interdiction faite au franchisé de résilier ou une non-concurrence post-contractuelle sans limite géographique.

Contrat de franchise : les clauses à passer au crible
ClauseCe que dit le droitCe qu’il faut vérifier
DuréeGénéralement 5 à 10 ans selon l’investissementCohérence avec la durée de votre prêt et de votre bail
RedevancesMontant, échéances et mode de calcul obligatoires dans le contratAssiette (CA HT ou TTC), minimum garanti, redevance publicitaire
Exclusivité territorialePas d’exclusivité sans clause expressePérimètre précis, ventes en ligne et livraison incluses ou non
Approvisionnement exclusif10 ans maximum (article L330-1 du Code de commerce)Prix d’achat, marge du franchiseur, liberté de référencement local
Non-concurrence post-contractuelle1 an maximum, limitée aux locaux, sous quatre conditions (article L341-2)Rédaction conforme, sinon clause réputée non écrite
Cession et transmissionClause d’agrément et pacte de préférence fréquentsDélais de réponse, critères d’agrément, valeur de sortie
RésiliationManquements graves ou répétés, clause pénale possiblePréavis raisonnable, indemnités, sort des stocks et du fichier clients
RenouvellementJamais automatique, il doit être prévuConditions, nouveau droit d’entrée ou non, travaux de remise aux normes

La non-concurrence après la fin du contrat

Pour les contrats liant un réseau à l’exploitant d’un magasin de commerce de détail, l’article L341-2 du Code de commerce répute non écrite toute clause qui restreint la liberté d’exercice de l’ancien franchisé après la fin du contrat. Elle n’est valable que si celui qui l’invoque prouve quatre conditions cumulatives : elle porte sur des biens et services en concurrence avec ceux du contrat, elle est limitée aux terrains et locaux exploités, elle est indispensable à la protection d’un savoir-faire substantiel, spécifique et secret, et sa durée n’excède pas un an après la fin du contrat.

L’articulation avec le bail commercial

Le local est l’actif le plus structurant de votre projet. Vérifiez que la durée du contrat de franchise est cohérente avec celle du bail et que la destination du bail autorise l’activité du réseau. Notre guide sur le bail commercial et les clauses clés à négocier par le locataire détaille les points à sécuriser. Par ailleurs, l’article L341-1 du Code de commerce impose, dans son champ d’application, une échéance commune aux contrats liant le réseau et l’exploitant, les baux commerciaux étant expressément exclus de cette règle.

Redevances : l’assiette fait la différence

Une redevance de 5 % ne coûte pas la même chose selon qu’elle s’applique au chiffre d’affaires HT ou TTC, qu’elle inclut ou non les ventes en livraison, ou qu’elle s’accompagne d’un minimum annuel garanti. Ce minimum est le point le plus dangereux en phase de démarrage : il transforme une charge variable en charge fixe au moment où votre chiffre d’affaires est le plus incertain. Négociez une montée en charge progressive sur les premières années.

Points de vigilance avant de signer

  • Le délai de 20 jours court aussi avant tout versement d’argent, y compris une « réservation de zone ».
  • Les comptes prévisionnels remis par le franchiseur ne sont pas obligatoires : s’ils existent, ils doivent être sincères, mais ils ne remplacent pas votre propre prévisionnel.
  • Sans savoir-faire secret, substantiel et identifié, le contrat de franchise n’est pas valable.
  • La clause d’approvisionnement exclusif est limitée à 10 ans ; la non-concurrence post-contractuelle à 1 an, sous quatre conditions cumulatives.

Comment bâtir le montage financier d’une franchise ?

L’apport personnel, socle du dossier

Les banques financent rarement un projet sans apport significatif du porteur, et beaucoup de réseaux exigent eux-mêmes un apport minimal dans leurs critères de recrutement. L’apport peut prendre la forme de capital social ou de compte courant d’associé. Plus il est élevé, plus le prêt est facile à obtenir et plus les remboursements laissent de marge à l’exploitation.

Les quasi-fonds propres et les aides

Le prêt d’honneur, accordé à titre personnel et sans intérêt par des réseaux d’accompagnement à la création, est apporté ensuite à la société. Il renforce les fonds propres aux yeux du banquier et produit un effet de levier sur le prêt bancaire. Certains franchiseurs disposent aussi d’accords avec des banques partenaires ou proposent un accompagnement au financement : utile, mais comparez toujours avec votre propre banque.

La dette bancaire et les garanties

Le prêt professionnel finance l’essentiel des travaux et du fonds. La banque demandera des garanties : caution personnelle du dirigeant (à limiter en montant et en durée), garantie d’un organisme comme Bpifrance, et souvent un nantissement du fonds de commerce, dont nous expliquons le fonctionnement dans notre article sur le nantissement de fonds de commerce. Alignez la durée du prêt sur la durée de vie économique des aménagements et, autant que possible, sur la durée du contrat de franchise.

Le crédit-bail pour les équipements

Le crédit-bail ou la location financière des équipements (cuisine, froid, caisse) allège le besoin d’emprunt et l’apport à mobiliser. Les loyers sont des charges d’exploitation, ce qui réduit l’EBE affiché mais ne pèse pas sur l’endettement bancaire au sens strict. Comparez le coût total avec un financement classique.

Plan de financement de l’exemple
RessourceMontantPart du besoinRemarque
Apport personnel (capital et compte courant)100 000 €23,8 %Socle exigé par la banque et souvent par le franchiseur
Prêt d’honneur20 000 €4,8 %Prêt personnel sans intérêt, renforce les fonds propres
Crédit-bail équipements60 000 €14,3 %Loyers en charges d’exploitation
Prêt bancaire professionnel240 000 €57,1 %7 ans, garanties à négocier
Total des ressources420 000 €100 %

Le dossier bancaire doit contenir un prévisionnel sur trois ans, le DIP, le projet de contrat, le bail ou la promesse de bail et votre parcours. Pour sa construction, appuyez-vous sur notre méthode de business plan chiffré pour ouvrir un restaurant, transposable à la plupart des concepts en franchise.

Cas pratique : ouvrir un restaurant en franchise, le calcul pas à pas

Prenons un entrepreneur qui ouvre un restaurant franchisé en Île-de-France. Les hypothèses ci-dessous sont pédagogiques : elles ne correspondent à aucun réseau en particulier et doivent être remplacées par vos propres chiffres.

Étape 1 : le besoin et le financement

Le besoin total s’élève à 420 000 € (voir le premier tableau). Il est couvert par 100 000 € d’apport, 20 000 € de prêt d’honneur, 60 000 € de crédit-bail sur les équipements et 240 000 € de prêt bancaire. Les fonds propres et quasi-fonds propres atteignent 120 000 €, soit 28,6 % du besoin.

Étape 2 : le coût de la dette

Avec un taux hypothétique de 4,5 %, le prêt de 240 000 € sur 7 ans donne une mensualité de 3 336 €, soit une annuité de 40 032 €. Le crédit-bail de 60 000 € sur 5 ans, au même taux, représente environ 1 119 € par mois, soit 13 423 € par an.

Étape 3 : l’exploitation en année pleine

Le restaurant vise 900 000 € de chiffre d’affaires HT. Les redevances d’exploitation (5 %) et de publicité (2 %) représentent 63 000 € par an.

Cascade de calcul : année pleine du restaurant franchisé

Chiffre d’affaires HT annuel900 000 €
− Achats consommés (28 %)− 252 000 €
− Masse salariale chargée, dirigeant inclus (32 %)− 288 000 €
− Loyer et charges locatives− 60 000 €
− Redevance d’exploitation (5 % du CA)− 45 000 €
− Redevance publicitaire (2 % du CA)− 18 000 €
− Autres charges externes et impôts d’exploitation (9 %)− 81 000 €
− Loyers de crédit-bail équipements− 13 423 €
= Excédent brut d’exploitation (EBE)142 577 €
− Annuité du prêt bancaire (capital + intérêts)− 40 032 €
= Trésorerie dégagée avant impôt et réinvestissement102 545 €

Hypothèses pédagogiques, non représentatives d’un réseau particulier. Taux d’emprunt retenu : 4,5 % sur 7 ans pour le prêt, 4,5 % sur 5 ans pour le crédit-bail.

L’EBE atteint 142 577 €, soit 15,8 % du chiffre d’affaires. Il couvre 3,6 fois l’annuité bancaire, ce qui constitue un dossier confortable. Mais les redevances pèsent à elles seules 44 % de cet EBE : c’est le prix du concept, qu’il faut mettre en regard du chiffre d’affaires supplémentaire attendu de la marque.

Étape 4 : le point mort et le scénario prudent

Les charges variables (achats et redevances) représentent 35 % du chiffre d’affaires, d’où une marge sur coûts variables de 65 %. Les charges fixes d’exploitation (personnel, loyer, autres charges, crédit-bail) s’élèvent à 442 423 €. Le chiffre d’affaires qui annule l’EBE est donc de 442 423 / 0,65, soit environ 680 650 €. Pour couvrir aussi l’annuité du prêt, il faut environ 742 200 €.

Si le chiffre d’affaires plafonne à 720 000 € la première année (−20 %), l’EBE tombe à environ 25 600 € et ne couvre plus l’annuité : il manque près de 14 400 € de trésorerie, sans compter le BFR. D’où l’intérêt de la réserve de 35 000 € intégrée au plan de financement, d’un différé d’amortissement du prêt de quelques mois et d’une redevance sans minimum garanti au démarrage.

Quelle structure juridique et quel suivi comptable pour un franchisé ?

La plupart des franchisés exploitent en société (SAS, SASU, SARL ou EURL) pour isoler le patrimoine personnel et faciliter l’entrée d’associés ou la cession. Le choix dépend de votre statut social souhaité, de votre mode de rémunération et de vos projets de développement : notre comparateur des statuts juridiques vous aide à arbitrer.

Le traitement du droit d’entrée

Comptablement, le droit d’entrée n’est pas toujours une simple charge. Selon ce qu’il rémunère (droit d’usage de la marque sur la durée du contrat, formation, assistance au démarrage), il peut être inscrit en immobilisation incorporelle et amorti, ou ventilé entre plusieurs natures. L’analyse du contrat conditionne ce traitement, et donc votre résultat des premières années : faites-la valider dès la signature.

Développer plusieurs points de vente

Au-delà du deuxième ou troisième établissement, une holding animatrice qui détient chaque société d’exploitation permet de mutualiser les fonctions support, de remonter la trésorerie et de financer les ouvertures suivantes. Le pilotage devient alors un sujet à part entière : notre article sur le reporting groupe et la consolidation pour un franchisé multi-établissements présente les indicateurs et l’organisation à mettre en place.

Quelles sont les erreurs fréquentes quand on ouvre en franchise ?

  • Signer sous pression : un franchiseur qui presse la signature ou un versement avant l’expiration du délai de vingt jours ne respecte pas la loi.
  • Reprendre le prévisionnel du franchiseur sans l’adapter à votre emplacement, à votre loyer et à vos coûts salariaux.
  • Oublier la montée en charge : un point de vente atteint rarement son rythme de croisière dès le premier mois.
  • Sous-estimer les travaux : les devis réels dépassent fréquemment l’enveloppe indicative du réseau ; prévoyez une marge pour imprévus.
  • Négliger l’assiette des redevances et le minimum garanti.
  • Signer le bail et le contrat de franchise sans les coordonner : une durée incohérente ou une destination du bail trop étroite fragilise tout le projet.
  • Engager une caution personnelle illimitée sur l’ensemble des financements.

La checklist avant de signer votre contrat de franchise

  1. DIP et projet de contrat reçus, date notée, délai de vingt jours respecté avant toute signature ou tout versement.
  2. Comptes des deux derniers exercices du franchiseur analysés, taux de sortie du réseau calculé.
  3. Au moins trois franchisés contactés, dont un ancien membre du réseau.
  4. Prévisionnel indépendant sur trois ans, avec scénario prudent et calcul du point mort.
  5. Clauses de redevances, d’exclusivité territoriale, d’approvisionnement, de non-concurrence, de cession et de résiliation relues par un conseil spécialisé en franchise.
  6. Bail commercial ou promesse de bail cohérent avec la durée du contrat et l’activité.
  7. Accord bancaire obtenu ; signatures coordonnées par des conditions suspensives (obtention du prêt, du bail, des autorisations administratives).
  8. Choix de la structure juridique et du mode de rémunération arrêté avant l’immatriculation.

En résumé : ouvrir en franchise sans subir son contrat

Ouvrir en franchise, c’est acheter un concept et une méthode, mais c’est aussi s’engager pour plusieurs années sur des redevances, un approvisionnement et des normes. Le projet se sécurise en trois temps : un DIP lu comme un dossier d’acquisition, un contrat de franchise négocié sur les clauses qui pèsent vraiment (redevances, exclusivités, non-concurrence, sortie), et un montage financier testé sur un scénario prudent, avec un point mort réaliste et une réserve de trésorerie.

Vous étudiez un réseau ou préparez votre dossier bancaire ? Nos équipes en expertise comptable construisent avec vous le prévisionnel, analysent les comptes du franchiseur et vous accompagnent dans le pilotage de vos établissements.

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Foire aux questions

Quel budget prévoir pour ouvrir en franchise ?

Le budget dépend surtout du secteur et du cahier des charges d’aménagement. Le droit d’entrée varie de 5 000 € à plus de 50 000 € selon les réseaux, mais il ne représente souvent qu’une petite partie du besoin total : travaux, équipements, dépôt de garantie, formation, stock et trésorerie de lancement pèsent davantage. Pour un restaurant, l’investissement global peut atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros. Chiffrez chaque poste à partir de devis réels.

Quel est le délai entre la remise du DIP et la signature du contrat de franchise ?

Le document d’information précontractuelle et le projet de contrat doivent être communiqués au moins vingt jours avant la signature du contrat. Si le franchiseur demande une somme avant la signature, par exemple pour réserver une zone, le délai court avant ce versement, et les prestations correspondantes ainsi que les obligations en cas de désistement doivent être précisées par écrit. Mettez ce délai à profit pour analyser le document avec vos conseils.

Que se passe-t-il si le franchiseur ne remet pas de DIP ?

L’absence de document d’information précontractuelle expose le franchiseur à une amende et peut conduire à l’annulation du contrat si le franchisé démontre que son consentement a été vicié. Une information inexacte ou trompeuse, par exemple sur l’état du réseau ou du marché, peut aussi être invoquée. Conservez une preuve datée de la remise du DIP et de son contenu.

Peut-on négocier un contrat de franchise ?

Le contrat est souvent un modèle commun à tout le réseau, mais certains points se discutent : assiette et montée en charge des redevances, minimum garanti, périmètre d’exclusivité territoriale, délais de réponse en cas de cession, conditions de renouvellement. Une clause qui crée un déséquilibre significatif entre les parties peut être écartée par le juge. Faites relire le projet par un conseil spécialisé avant la signature.

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