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Conseils de gestion

Comment ouvrir un restaurant en France : démarches et autorisations

Auteur
Jose Amar
Date
28.10.2026
Durée
17 minutes
Comment ouvrir un restaurant en France : autorisations de la mairie, licence, hygiène, statut et financement chiffré. Suivez la méthode pas à pas.
Salle de restaurant prête pour l'ouverture, illustrant les démarches et autorisations pour ouvrir un restaurant en France
Avant propos
Cet article a une vocation strictement informative. Les règles fiscales et comptables évoluent régulièrement, et chaque situation présente ses propres spécificités qui ne peuvent pas être traitées dans un contenu général. Aucune décision ne devrait être prise sur la seule base des éléments présentés ici.

Pour sécuriser votre projet, prenez rendez-vous avec le cabinet FINAUDEC. Un échange personnalisé reste le seul moyen d'obtenir une réponse adaptée à votre situation.
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TVA multi-taux, food cost et paie HCR sont au cœur de notre accompagnement des restaurants et hôtels-restaurants.

Vous vous demandez comment ouvrir un restaurant en France sans perdre des mois en allers-retours avec la mairie, la banque et l'administration ? Le projet se joue sur trois fronts à la fois : les autorisations (licence, hygiène, urbanisme, sécurité), la structure juridique et le financement. Un oubli sur l'un d'eux suffit à décaler l'ouverture ou à fragiliser la trésorerie dès les premiers mois.

Ce guide suit l'ordre réel d'un projet : choix entre création et reprise, statut, démarches en mairie, licence et permis d'exploitation, obligations sanitaires, contraintes du local, spécificités d'une ouverture en zone rurale, puis plan de financement chiffré. Chaque étape est accompagnée des pièces à préparer et des erreurs qui coûtent le plus cher.

Chez FINAUDEC, cabinet d'expertise comptable spécialisé en hôtellerie-restauration, nous accompagnons des porteurs de projet de la première maquette financière jusqu'au premier bilan. Les points présentés ici sont ceux que nous vérifions systématiquement avant une ouverture.

Comment ouvrir un restaurant en France : les grandes étapes du projet

Ouvrir un restaurant revient à mener en parallèle un projet commercial, un projet immobilier et un projet administratif. L'erreur classique consiste à signer le bail ou à lancer les travaux avant d'avoir vérifié que le local peut accueillir une cuisine et du public. L'ordre des étapes compte autant que leur contenu.

Concrètement, prévoyez plusieurs mois entre l'idée validée et l'ouverture pour une création, un peu moins pour une reprise de fonds en état d'exploitation. Les délais les plus longs concernent rarement la licence : ce sont les autorisations de travaux, le financement bancaire et la livraison du chantier qui pèsent le plus.

Rétroplanning type d'une ouverture de restaurant

  1. Étape 1Concept, étude de marché, prévisionnel

    Choix du concept et du lieu, analyse de la concurrence, premier budget d'investissement et plan de financement.

  2. Étape 2Local, bail et montage juridique

    Vérification de la destination du local, négociation du bail ou du rachat de fonds, choix de la structure, rendez-vous bancaires.

  3. Étape 3Autorisations de travaux et formations

    Dépôt des demandes d'urbanisme et ERP, permis d'exploitation, formation hygiène, demande de terrasse et d'enseigne.

  4. Étape 4Immatriculation, travaux, recrutement

    Création de la société, ouverture du compte, chantier, achats d'équipement, embauches et déclarations sociales.

  5. Au moins 15 jours avantDéclaration de licence en mairie

    Déclaration préalable avec l'attestation de permis d'exploitation, puis déclaration DDPP avant l'ouverture.

  6. OuvertureAffichages et contrôles internes

    Affichage des prix et des mentions obligatoires, plan de maîtrise sanitaire en place, premier tableau de bord hebdomadaire.

Avant même ces étapes, vous devez être majeur et ne pas avoir fait l'objet de certaines condamnations pénales. Aucun diplôme n'est exigé pour ouvrir un restaurant, mais des formations sont obligatoires dès lors que vous servez de l'alcool ou que vous manipulez des denrées : nous les détaillons dans notre article faut-il un diplôme pour ouvrir un restaurant.

Créer un restaurant ou reprendre un fonds de commerce ?

La reprise d'un fonds de commerce est la voie la plus fréquente. Le fonds comprend notamment le droit au bail, le matériel, les contrats et la clientèle. Vous démarrez avec un local déjà affecté à la restauration, une cuisine équipée et un historique de chiffre d'affaires que la banque peut analyser.

La création de A à Z laisse plus de liberté sur le concept, mais elle impose souvent un changement de destination du local, une adaptation du bail et l'achat de tout l'équipement. Elle coûte généralement plus cher en travaux et allonge les délais d'autorisation.

Ce que la reprise ajoute comme formalités

En cas de rachat de fonds, la cession doit être publiée dans un journal d'annonces légales dans les 15 jours, puis l'acte est enregistré au service des impôts des entreprises avec paiement des droits de mutation. Vérifiez aussi que la destination prévue au bail est bien « restaurant » : à défaut, une déspécialisation du bail sera nécessaire. Notre guide pour reprendre un restaurant détaille l'audit du fonds et la négociation du prix.

Ce que la création impose côté local

Transformer un local d'habitation ou un commerce non alimentaire en restaurant suppose une déclaration préalable ou un permis de construire auprès de la mairie, l'accord du bailleur et, en copropriété, l'autorisation du règlement ou de l'assemblée générale. L'extraction des fumées est souvent le point de blocage : faites-la valider techniquement avant de signer.

Quelle structure juridique choisir pour ouvrir un restaurant ?

Le choix du statut conditionne la protection de votre patrimoine, votre régime social de dirigeant, la fiscalité des bénéfices et la crédibilité du dossier auprès des banques. Trois grandes familles s'offrent à vous.

  • L'entreprise individuelle : formalités simples, pas de capital social, comptabilité allégée. Elle convient à un petit projet sans associé.
  • La micro-entreprise : régime fiscal et social simplifié, mais plafonné. En 2026, le seuil de chiffre d'affaires est de 203 100 € pour les activités de vente et d'hébergement, dont relève la restauration sur place.
  • La société (SAS, SASU, SARL, EURL) : adaptée dès qu'il y a des associés, un emprunt significatif ou une perspective de développement.

Dans la pratique, la micro-entreprise est rarement adaptée à un restaurant traditionnel. Les investissements, les salaires et le loyer ne sont pas déductibles au réel, et le plafond de chiffre d'affaires est vite atteint : notre cas pratique plus bas montre qu'un restaurant de 40 couverts doit dépasser ce seuil simplement pour être rentable.

SAS ou SARL pour un restaurant ?

La SAS offre une grande souplesse statutaire et un dirigeant assimilé salarié, plus coûteux en charges sociales mais mieux couvert. La SARL avec gérant majoritaire présente des cotisations plus faibles, et la SARL de famille permet d'opter pour l'impôt sur le revenu. Pour comparer les options selon votre situation, utilisez notre comparateur de statuts juridiques.

L'immatriculation se fait ensuite en ligne sur le Guichet des formalités des entreprises, qui inscrit la société au RNE et au RCS et délivre les numéros SIREN et SIRET.

Quelles autorisations de la mairie pour ouvrir un restaurant ?

La mairie est votre interlocuteur principal. L'autorisation de la mairie pour ouvrir un restaurant recouvre en réalité plusieurs démarches distinctes, qui relèvent de services différents (police administrative, urbanisme, voirie). Le tableau ci-dessous les regroupe avec les autres déclarations obligatoires.

Les autorisations et déclarations à obtenir avant d'ouvrir
DémarcheAuprès de quiQuandPoint clé
Immatriculation de l'entrepriseGuichet des formalités des entreprisesAvant le début d'activitéDélivre SIREN et SIRET, inscription au RNE et au RCS
Déclaration de licence (débit de boissons ou restaurant)Mairie, préfecture de police à ParisAu moins 15 jours avant l'ouvertureJoindre l'attestation de permis d'exploitation ; récépissé délivré immédiatement
Permis d'exploitationOrganisme de formation agrééAvant la déclaration de licence20 heures minimum, valable 10 ans
Formation hygiène alimentaireOrganisme agréé par le ministère de l'agricultureAvant l'ouverture14 heures minimum, au moins une personne formée par établissement
Déclaration de manipulation de denrées animalesDDPP du départementAvant l'ouvertureEn ligne ou par courrier ; restaurants 100 % végans exemptés
Changement de destination, travaux, devantureMairie (urbanisme)Avant les travauxDéclaration préalable ou permis de construire selon les cas
Terrasse sur le domaine publicMairieAvant l'installationPermis de stationnement (terrasse ouverte) ou permis de voirie (terrasse fermée), non transmis avec le fonds
EnseigneMairieAvant la poseRègles spécifiques si enseigne lumineuse
Diffusion de musiqueSacemAvant la première diffusionDéclaration et redevance annuelle

La déclaration préalable du restaurant

Tout restaurant, qu'il serve de l'alcool ou non, est déclaré à la mairie (à la préfecture de police à Paris) au moins 15 jours avant l'ouverture, au moyen du formulaire Cerfa n° 11542. Vous y joignez un justificatif d'identité et, si vous servez de l'alcool, l'attestation de permis d'exploitation. Un récépissé (Cerfa n° 11543) vous est remis immédiatement. Les règles figurent sur la fiche officielle Licences de débits de boissons de Service Public Entreprendre.

Urbanisme, enseigne et terrasse

Les travaux de devanture, d'aménagement ou d'extension doivent être autorisés avant leur démarrage. La pose d'une enseigne est également soumise à autorisation. Quant à la terrasse, elle occupe le domaine public : il faut un permis de stationnement pour une terrasse ouverte, un permis de voirie pour une terrasse fermée. Cette autorisation est personnelle et ne se transmet pas avec le fonds. Le chauffage et la climatisation y sont interdits, sauf en terrasse fermée et hermétique.

Licence restaurant et permis d'exploitation : que faut-il obtenir ?

Un restaurant qui sert de l'alcool uniquement à l'occasion des repas n'a pas besoin d'une licence III ou IV : une licence restaurant suffit. Elle est gratuite et se déclare avec la déclaration préalable en mairie. Le choix dépend des boissons proposées.

Quelle licence selon les boissons servies ?
Votre offreLicence adaptéeCe qu'elle permet
Restaurant sans aucune boisson alcooliséeAucune licence d'alcoolDéclaration du restaurant en mairie et obligations sanitaires classiques
Vin, bière, cidre servis pendant les repasPetite licence restaurantBoissons du groupe 3 (18° maximum) consommées sur place, en accompagnement des repas
Carte complète (apéritifs, digestifs, spiritueux) pendant les repasLicence restaurantToutes les boissons dont la vente est autorisée, à l'occasion des repas
Service d'alcool en dehors des repas (bar, comptoir)Licence de débit de boissons (III ou IV)Vente à consommer sur place sans repas ; création de nouvelles licences IV interdite en principe

La licence restaurant couvre les boissons titrant plus de 18° servies pendant les repas, la petite licence restaurant se limite aux boissons de groupe 3 (vin, bière, cidre). Si vous envisagez une activité de bar en dehors des repas, la question devient plus complexe : l'ouverture d'un nouveau débit de 4e catégorie est en principe interdite, ce qui oblige à racheter une licence existante. Notre article sur la grande licence restaurant détaille ces arbitrages.

Le permis d'exploitation

Le permis d'exploitation est obligatoire pour déclarer une licence permettant la consommation d'alcool sur place. Il s'obtient au terme d'une formation d'au moins 20 heures dispensée par un organisme agréé, en présentiel ou en visioconférence. Il est valable 10 ans et se renouvelle par une formation de mise à jour d'au moins 6 heures. Comptez jusqu'à environ 1 000 € selon l'organisme.

Durée de vie de la licence

La licence n'a pas de durée déterminée, mais elle est annulée au bout de 5 ans d'arrêt volontaire d'exploitation. Tout changement de propriétaire ou de gérant (mutation) et tout déplacement (translation) doit être déclaré selon la même procédure, au moins 15 jours à l'avance.

Point de vigilance : le récépissé ne vaut pas autorisation d'exploiter

  • Le récépissé de déclaration prouve que vous détenez la licence, mais il ne suffit pas à lui seul pour exploiter : sécurité incendie, accessibilité, hygiène et urbanisme doivent aussi être en règle.
  • La licence n'a pas de durée limitée, mais elle est annulée après 5 ans sans exploitation volontaire.
  • L'autorisation de terrasse n'est pas transmise avec le fonds : en cas de reprise, une nouvelle demande est nécessaire.

Hygiène alimentaire : quelles obligations avant l'ouverture ?

Deux obligations sanitaires s'imposent à tout restaurant commercial avant le premier service : une formation spécifique et une déclaration auprès de la direction départementale de la protection des populations (DDPP).

La formation hygiène alimentaire de 14 heures

Les établissements de restauration commerciale (restauration traditionnelle, cafétérias, restauration rapide, vente à emporter, food-trucks) doivent compter au moins une personne ayant suivi une formation en hygiène alimentaire d'une durée minimale de 14 heures, auprès d'un organisme agréé par le ministère chargé de l'agriculture. Cette formation n'a pas de date limite de validité. La plupart des diplômes de cuisine l'incluent, et un professionnel justifiant d'au moins 3 ans d'expérience comme gestionnaire ou exploitant dans le secteur alimentaire peut en être dispensé. Les détails figurent sur la fiche officielle Règles d'hygiène dans la restauration.

La déclaration à la DDPP

Toute activité qui manipule des denrées d'origine animale destinées au consommateur final doit être déclarée à la DDPP avant l'ouverture, en ligne ou par courrier. Un agrément sanitaire n'est nécessaire que si vous vendez ces denrées à d'autres professionnels. Les restaurants entièrement végans sont exemptés de cette déclaration.

Le quotidien : plan de maîtrise sanitaire et affichages

Au-delà des formalités, vous devez organiser la traçabilité, la chaîne du froid, le nettoyage et la gestion des allergènes, en vous appuyant sur le guide de bonnes pratiques d'hygiène de la profession. Les allergènes des plats non préemballés doivent figurer sur la carte ou sur un support consultable par les clients. L'origine des viandes de bœuf, porc, volaille et mouton doit également être indiquée, sous peine d'une amende pouvant atteindre 1 500 € pour une personne physique et 7 500 € pour une personne morale.

Local, ERP et travaux : les points qui bloquent le plus souvent

Un restaurant est un établissement recevant du public (ERP). Il doit respecter les règles de sécurité incendie (évacuation, éclairage de sécurité, alarme, extincteurs, sécurité des appareils de cuisson) et d'accessibilité aux personnes handicapées. La plupart des petits restaurants relèvent de la 5e catégorie, pour laquelle la réglementation de sécurité incendie des ERP prévoit au moins un extincteur portatif pour 300 m² et un par niveau.

Les vérifications à faire avant de signer

  • Destination du local : le bail et le règlement de copropriété autorisent-ils une activité de restauration avec cuisson ?
  • Extraction : existe-t-il un conduit ou une possibilité technique et juridique de le créer jusqu'en toiture ?
  • Accessibilité : l'entrée, la circulation et les sanitaires peuvent-ils être mis aux normes, ou une dérogation est-elle envisageable ?
  • Puissance électrique et gaz : le raccordement supporte-t-il l'équipement de cuisine prévu ?
  • Zones protégées : si vous servez de l'alcool hors repas, le local est-il situé à proximité d'établissements où les débits de boissons sont interdits ?

Pensez enfin aux obligations d'affichage à l'ouverture : prix des plats et des boissons visibles depuis l'extérieur pendant le service, mention de la licence, eau potable gratuite, affiche réglementaire sur la protection des mineurs et l'ivresse publique, panneau d'interdiction de fumer. La liste complète est disponible sur la fiche Réglementation dans un bar ou un restaurant.

Ouvrir un restaurant dans un petit village : quelles spécificités ?

Ouvrir un restaurant dans un petit village suit les mêmes règles qu'en ville, mais avec un modèle économique et des leviers différents. Le loyer est plus faible, la concurrence aussi, mais la zone de chalandise est réduite et la saisonnalité souvent marquée. Le restaurant devient fréquemment un lieu de vie, ce qui ouvre la porte à des partenariats avec la commune.

La commune peut être propriétaire du fonds

De nombreuses communes rurales rachètent ou créent un fonds pour maintenir un dernier commerce, puis le confient à un exploitant en location-gérance ou via un bail. Les loyers sont souvent modérés en contrepartie d'engagements d'ouverture. Ce montage limite votre investissement initial, mais vous ne constituez pas de valeur sur un fonds qui ne vous appartient pas.

La question de la licence IV en zone rurale

Si vous souhaitez une activité de bar en plus du restaurant, le plafond est en principe strict. La loi Engagement et proximité du 27 décembre 2019 (article 47) a toutefois ouvert une dérogation temporaire, d'une durée initiale de trois ans, permettant de créer une licence de 4e catégorie dans les communes de moins de 3 500 habitants qui n'en possédaient pas, avec interdiction de la transférer hors de l'intercommunalité (texte sur Légifrance). Ce dispositif étant temporaire, vérifiez auprès de la mairie et de la préfecture qu'il est encore ouvert à la date de votre projet.

À l'inverse, lorsqu'une commune ne compte qu'un seul débit de 4e catégorie, son transfert vers une autre commune nécessite l'avis favorable du maire (article L3332-11 du Code de la santé publique). C'est une protection pour les villages, mais aussi une contrainte si vous rachetez une licence dans l'idée de la déplacer.

Adapter le modèle économique

En zone rurale, le prévisionnel doit intégrer une fréquentation plus irrégulière : service du midi porté par les actifs et les artisans, soirées et week-ends liés au tourisme. Une activité complémentaire (épicerie, dépôt de pain, vente à emporter, traiteur pour les événements locaux) améliore souvent le seuil de rentabilité. Attention cependant aux taux de TVA : les plats à consommer sur place relèvent de 10 %, les boissons alcoolisées de 20 % et certains produits vendus en épicerie de 5,5 %.

Comment financer l'ouverture d'un restaurant : cas pratique chiffré

Prenons un projet type : deux associés créent un restaurant traditionnel de 40 couverts dans un local loué 1 000 € par mois, sans fonds de commerce à racheter. Les montants ci-dessous sont des hypothèses de travail destinées à illustrer la méthode ; ils doivent être remplacés par vos devis et vos propres données.

Cas pratique : budget d'ouverture et plan de financement (40 couverts, création)
BesoinsMontantRessourcesMontant
Travaux d'aménagement et mise aux normes85 000 €Apport personnel des associés45 000 €
Équipement de cuisine et extraction60 000 €Prêt d'honneur (personnel, sans garantie)15 000 €
Mobilier, vaisselle, caisse15 000 €Emprunt bancaire sur 7 ans134 000 €
Dépôt de garantie (3 mois de loyer)3 000 €
Frais de création, formations, honoraires5 000 €
Stock initial6 000 €
Trésorerie de démarrage20 000 €
Total des besoins194 000 €Total des ressources194 000 €

Étape 1 : mesurer l'apport et la dette

L'apport personnel (45 000 €) représente 23 % du besoin total. Ajouté au prêt d'honneur, qui est un prêt personnel sans intérêt ni garantie que les associés apportent ensuite à la société, il porte les fonds propres et quasi-fonds propres à 60 000 €, soit 31 % du projet. C'est ce ratio qui rassure la banque sur l'implication des porteurs.

Sur l'emprunt de 134 000 € remboursé en 84 mensualités, avec un taux hypothétique de 5 %, la mensualité ressort à environ 1 894 €, soit près de 22 700 € par an à couvrir par l'exploitation.

Étape 2 : calculer le seuil de rentabilité

On additionne les charges fixes annuelles, puis on les divise par le taux de marge sur coûts variables. Avec un coût matière de 30 % et 5 % d'autres charges variables, chaque euro de chiffre d'affaires hors taxes laisse 0,65 € pour couvrir les charges fixes.

Du seuil de rentabilité au nombre de couverts par jour

Charges fixes annuelles (personnel, loyer, énergie, assurances, honoraires, intérêts, amortissements)150 000 €
Coûts variables (matières premières 30 % + autres 5 %)35 % du CA HT
Taux de marge sur coûts variables65 %
Seuil de rentabilité = 150 000 € / 0,65230 769 € HT
Ticket moyen HT retenu22 €
Couverts annuels nécessaires = 230 769 / 2210 490 couverts
Sur 280 jours d'ouverture≈ 38 couverts par jour

Étape 3 : confronter le résultat à la réalité

Environ 38 couverts par jour pour 40 places, sur deux services, correspond à moins d'une rotation complète par jour : l'objectif est atteignable dans un emplacement correct. Mais ce seuil ne couvre que les charges comptables. Il faut aussi rembourser le capital de l'emprunt, ce qui suppose de dégager une capacité d'autofinancement supérieure aux échéances. En pratique, visez un chiffre d'affaires nettement supérieur au seuil pour absorber les aléas de la première année.

Ce calcul confirme aussi que la micro-entreprise est inadaptée : le chiffre d'affaires nécessaire (environ 230 800 € HT) dépasse le plafond de 203 100 €. Pour construire votre propre prévisionnel sur trois ans, appuyez-vous sur notre business plan restaurant chiffré.

Les leviers de financement à combiner

  • Le prêt bancaire professionnel, qui finance l'essentiel des travaux et de l'équipement, souvent avec une garantie partielle d'un organisme public.
  • Les prêts d'honneur des réseaux d'accompagnement à la création, qui renforcent l'apport et facilitent l'accord bancaire.
  • Le crédit-bail ou la location financière pour le matériel de cuisine, qui préserve la trésorerie.
  • Les aides locales des régions, intercommunalités ou communes, particulièrement présentes en zone rurale pour le maintien du dernier commerce.

Quelles erreurs éviter quand on ouvre un restaurant ?

Les difficultés des premières années ont rarement une seule cause. Elles résultent le plus souvent d'une accumulation de décisions prises trop vite au démarrage. Voici celles que nous rencontrons le plus fréquemment.

  1. Signer le bail avant d'avoir validé l'extraction et la destination du local : des travaux impossibles ou refusés peuvent rendre le local inexploitable.
  2. Sous-estimer la trésorerie de démarrage : les premiers mois cumulent loyers, salaires et stocks avant que la clientèle soit installée. Une réserve couvrant plusieurs mois de charges fixes est un minimum prudent.
  3. Oublier les délais des formations : sans attestation de permis d'exploitation, la déclaration de licence ne peut pas être déposée, et sans personne formée à l'hygiène, l'ouverture est irrégulière.
  4. Choisir la micro-entreprise par facilité alors que le volume d'activité et les charges réelles la rendent inadaptée.
  5. Ne pas fixer ses prix à partir du coût de revient : sans fiches techniques, le coût matière dérive et la marge disparaît.
  6. Négliger les affichages obligatoires (prix, origine des viandes, allergènes) qui exposent à des amendes dès le premier contrôle.
  7. Piloter uniquement au relevé bancaire : un tableau de bord hebdomadaire (chiffre d'affaires, couverts, ticket moyen, coût matière, masse salariale) permet de corriger le tir avant la fin de l'exercice.

En résumé : ouvrir son restaurant avec des bases solides

Savoir comment ouvrir un restaurant en France, c'est d'abord respecter un ordre : valider le local avant de signer, choisir une structure adaptée au volume d'activité, suivre les formations obligatoires à temps, puis déposer la déclaration de licence au moins 15 jours avant l'ouverture et la déclaration DDPP avant le premier service. La réussite se joue ensuite sur le financement et le pilotage : un apport suffisant, une trésorerie de démarrage réaliste et un seuil de rentabilité calculé, puis suivi chaque semaine.

Vous préparez l'ouverture d'un restaurant et souhaitez sécuriser votre prévisionnel, votre montage juridique et vos premières déclarations ? L'équipe FINAUDEC vous accompagne à chaque étape au sein de son offre d'expertise comptable dédiée aux restaurateurs.

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Foire aux questions

Combien de temps faut-il pour ouvrir un restaurant en France ?

Comptez en général plusieurs mois pour une création, entre la validation du concept et le premier service. Les délais les plus longs concernent le local (autorisations de travaux, chantier, extraction) et le financement bancaire. La déclaration de licence, elle, doit être déposée au moins 15 jours avant l'ouverture. Une reprise de fonds déjà exploité peut être plus rapide, sous réserve des formalités de cession.

Faut-il une autorisation de la mairie pour ouvrir un restaurant ?

Oui. Tout restaurant est déclaré en mairie, à la préfecture de police à Paris, au moins 15 jours avant l'ouverture, avec le Cerfa n° 11542 et, si vous servez de l'alcool, l'attestation de permis d'exploitation. La mairie intervient aussi pour les travaux, le changement de destination du local, l'enseigne et la terrasse sur le domaine public, qui nécessitent chacun une autorisation distincte.

Quelle licence pour servir du vin au restaurant ?

Si vous servez du vin, de la bière ou du cidre uniquement pendant les repas, la petite licence restaurant suffit. Pour proposer aussi des apéritifs, digestifs et spiritueux à l'occasion des repas, il faut la licence restaurant. Ces deux licences sont gratuites. Servir de l'alcool en dehors des repas suppose en revanche une licence de débit de boissons de catégorie III ou IV.

Quelles formations sont obligatoires pour ouvrir un restaurant ?

Aucun diplôme n'est exigé, mais deux formations peuvent être obligatoires. Le permis d'exploitation, d'au moins 20 heures et valable 10 ans, est requis pour déclarer une licence permettant la consommation d'alcool sur place. La formation hygiène alimentaire de 14 heures minimum doit être suivie par au moins une personne de l'établissement, sauf dispense par diplôme ou expérience.

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