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Actualités comptables & fiscales

Amortissement dégressif : coefficients 2026 et intérêt pour la PME

Auteur
Jose Amar
Date
1.11.2026
Durée
17 minutes
Amortissement dégressif : coefficients 2026, biens éligibles, calcul pas à pas et bascule au linéaire. Cas chiffré pour savoir si votre PME y gagne.
Expert-comptable analysant avec un restaurateur le plan d'amortissement dégressif de ses équipements
Avant propos
Cet article a une vocation strictement informative. Les règles fiscales et comptables évoluent régulièrement, et chaque situation présente ses propres spécificités qui ne peuvent pas être traitées dans un contenu général. Aucune décision ne devrait être prise sur la seule base des éléments présentés ici.

Pour sécuriser votre projet, prenez rendez-vous avec le cabinet FINAUDEC. Un échange personnalisé reste le seul moyen d'obtenir une réponse adaptée à votre situation.
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L'amortissement dégressif permet de déduire plus vite le coût d'un investissement : au lieu d'étaler la charge en parts égales, vous concentrez l'essentiel de la déduction sur les premiers exercices. Pour une PME bénéficiaire qui renouvelle sa cuisine professionnelle, équipe un hôtel ou modernise un atelier, c'est un levier de trésorerie concret : moins d'impôt sur les sociétés dans les années où l'investissement pèse le plus sur la banque.

Le mécanisme reste pourtant mal utilisé. Certains dirigeants l'ignorent, d'autres l'appliquent à des biens qui n'y ont pas droit, d'autres encore ne savent pas quand basculer vers le linéaire en fin de plan. Ce guide reprend les coefficients en vigueur en 2026, la liste des biens éligibles, la méthode de calcul pas à pas, un cas pratique complet chiffré et les situations où le dégressif n'a pas d'intérêt.

Chez FINAUDEC, cabinet d'expertise comptable à Paris, nous intégrons ce choix dès la décision d'investissement, avec le plan de financement et la prévision de résultat : c'est à ce moment-là, et non à la clôture, que l'option se prépare.

Qu'est-ce que l'amortissement dégressif ?

L'amortissement constate la perte de valeur d'une immobilisation au fil de son utilisation. En mode linéaire, l'annuité est constante : un bien de 50 000 € amorti sur 5 ans génère 10 000 € de charge par an. En mode dégressif, on applique chaque année un taux majoré à la valeur résiduelle du bien : l'annuité est forte la première année puis diminue d'exercice en exercice.

Le total amorti reste identique : 100 % du prix de revient, ni plus ni moins. Le dégressif ne crée donc pas de déduction supplémentaire, il en avance le calendrier. L'avantage est un avantage de trésorerie, comparable à un prêt sans intérêt consenti par l'administration fiscale, que vous « remboursez » en fin de plan lorsque les annuités deviennent inférieures à celles du linéaire.

Le régime est prévu par l'article 39 A du Code général des impôts, et ses modalités pratiques sont précisées par les articles 22 à 25 de l'annexe II du CGI. Il s'agit d'un mode d'amortissement fiscal : l'entreprise peut le pratiquer même si, sur le plan strictement comptable, la consommation réelle du bien est plutôt linéaire. Nous verrons plus loin comment cette différence se traduit dans les comptes.

Si vous souhaitez revoir les fondamentaux avant d'entrer dans le détail, notre guide sur l'amortissement comptable, ses principes et l'écart avec le fiscal pose le cadre général.

Quels sont les coefficients de l'amortissement dégressif en 2026 ?

Le taux dégressif s'obtient en multipliant le taux linéaire par un coefficient qui dépend de la durée normale d'utilisation du bien. L'article 39 A du CGI fixe trois coefficients, inchangés dans la version en vigueur depuis le 31 décembre 2018 et toujours applicables en 2026 :

  • 1,25 lorsque la durée normale d'utilisation est de 3 ou 4 ans ;
  • 1,75 lorsque cette durée est de 5 ou 6 ans ;
  • 2,25 lorsque cette durée est supérieure à 6 ans.

Le taux linéaire de référence est égal à 100 divisé par le nombre d'années de la durée normale d'utilisation (article 24 de l'annexe II). Le tableau ci-dessous donne les taux dégressifs qui en découlent pour les durées les plus courantes.

Coefficients de l'amortissement dégressif (article 39 A du CGI) et taux qui en résultent
Durée normale d'utilisationTaux linéaireCoefficientTaux dégressif
3 ans33,33 %1,2541,67 %
4 ans25 %1,2531,25 %
5 ans20 %1,7535 %
6 ans16,67 %1,7529,17 %
7 ans14,29 %2,2532,14 %
8 ans12,50 %2,2528,13 %
10 ans10 %2,2522,50 %
15 ans6,67 %2,2515 %
20 ans5 %2,2511,25 %

Deux remarques pratiques. D'abord, le passage d'une tranche à l'autre crée des effets de seuil : un bien amorti sur 7 ans bénéficie d'un taux dégressif de 32,14 %, supérieur à celui d'un bien amorti sur 6 ans (29,17 %). Ensuite, la durée retenue n'est pas libre : elle doit correspondre à la durée normale d'utilisation, appréciée selon les usages de chaque secteur d'activité, et non être choisie pour décrocher le meilleur coefficient.

Quels biens peuvent bénéficier de l'amortissement dégressif ?

Le dégressif n'est pas un droit général. Il est réservé aux entreprises soumises à l'impôt sur les sociétés ou à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), et seulement pour les catégories de biens énumérées par l'article 22 de l'annexe II du CGI. Trois conditions cumulatives sont à vérifier pour chaque immobilisation.

Condition n° 1 : un bien figurant dans la liste réglementaire

La liste vise essentiellement des biens d'équipement : matériels de production, de transport et de manutention, installations techniques, machines de bureau, matériels de recherche, installations de stockage. L'article 39 A étend le dispositif aux investissements hôteliers, meubles et immeubles, aux bâtiments industriels dont la durée normale d'utilisation n'excède pas 15 ans, aux satellites de communication et aux immeubles exclusivement destinés aux expositions et congrès.

Pour les clients que nous accompagnons, la mention des immeubles et matériels des entreprises hôtelières est déterminante : un hôtelier peut appliquer le dégressif non seulement à son mobilier et à ses équipements, mais aussi à certains éléments immobiliers. En restauration, les équipements de cuisine professionnelle relèvent en pratique des matériels de fabrication ou de transformation ; la qualification se vérifie bien par bien.

Condition n° 2 : un bien neuf

Les biens déjà usagés lors de leur acquisition sont exclus. Un four racheté d'occasion à un confrère, ou un véhicule utilitaire de seconde main, s'amortit obligatoirement en linéaire, quel que soit son état réel.

Condition n° 3 : une durée normale d'utilisation d'au moins trois ans

Les biens dont la durée normale d'utilisation est inférieure à trois ans sont exclus. C'est logique : le premier coefficient ne s'applique qu'à partir d'une durée de 3 ans.

Biens éligibles et biens exclus du dégressif
Éligibles (annexe II, art. 22, et art. 39 A du CGI)Exclus
Matériels et outillages de fabrication, de transformation ou de transportBiens déjà usagés lors de leur acquisition (occasion)
Matériels de manutentionBiens dont la durée normale d'utilisation est inférieure à trois ans
Installations d'épuration des eaux et d'assainissement de l'atmosphèreImmeubles d'habitation
Installations productrices de vapeur, de chaleur ou d'énergieChantiers
Installations de sécurité et à caractère médico-socialLocaux servant à l'exercice de la profession (bureaux, boutiques…)
Machines de bureau (hors machines à écrire)Biens incorporels (fonds de commerce, logiciels acquis, marques), non visés par la liste
Matériels et outillages de recherche scientifique ou techniqueBiens non visés par la liste réglementaire
Installations de magasinage et de stockage (hors locaux professionnels)
Immeubles et matériels des entreprises hôtelières
Bâtiments industriels dont la durée normale d'utilisation n'excède pas 15 ans

Les immeubles d'habitation, les chantiers et les locaux servant à l'exercice de la profession sont expressément écartés par l'article 39 A : les bureaux, la boutique d'une boulangerie ou les murs d'un organisme de formation ne peuvent donc pas être amortis en dégressif. Les incorporels, comme le fonds de commerce, n'entrent pas non plus dans la liste ; leur traitement est détaillé dans notre article sur la question de savoir si l'on peut amortir un fonds de commerce.

Comment calculer l'amortissement dégressif pas à pas ?

Le calcul suit une méthode réglementaire précise, fixée par l'article 23 de l'annexe II du CGI. Elle se décompose en quatre étapes.

Étape 1 : déterminer le taux dégressif

Identifiez la durée normale d'utilisation, calculez le taux linéaire (100 / durée), puis multipliez-le par le coefficient de la tranche. Pour un bien de 5 ans : 20 % × 1,75 = 35 %.

Étape 2 : calculer la première annuité avec le prorata en mois

La première année, le taux s'applique au prix de revient du bien (prix d'achat hors TVA récupérable, augmenté des frais directement attribuables comme la livraison ou l'installation). L'annuité est réduite au prorata de la période qui court du premier jour du mois d'acquisition jusqu'à la clôture de l'exercice. Un bien acheté le 28 avril compte donc pour tout le mois d'avril : c'est une différence notable avec le linéaire, qui se calcule en principe à partir de la date de mise en service.

Étape 3 : appliquer le même taux à la valeur résiduelle

Pour les exercices suivants, le même taux est appliqué à la valeur résiduelle comptable, c'est-à-dire au prix de revient diminué des amortissements déjà pratiqués. C'est ce qui rend les annuités décroissantes.

Étape 4 : basculer vers le linéaire au bon moment

Appliqué indéfiniment, un taux à une valeur résiduelle n'atteindrait jamais zéro. La réglementation prévoit donc une bascule : lorsque l'annuité dégressive devient inférieure à l'annuité obtenue en divisant la valeur résiduelle par le nombre d'années d'utilisation restant à courir à l'ouverture de l'exercice, l'entreprise peut retenir cette dernière. À partir de là, la valeur résiduelle est amortie par parts égales jusqu'au terme.

Concrètement, à chaque clôture, vous comparez deux montants : valeur résiduelle × taux dégressif, et valeur résiduelle ÷ années restantes. Vous retenez le plus élevé. Dans la pratique des plans dégressifs, l'exercice d'acquisition est compté comme une année entière pour le décompte des années restantes, ce qui permet de solder le plan à la fin du dernier exercice de la durée d'utilisation.

Cas pratique : un hôtel-restaurant qui investit 60 000 € dans sa cuisine

Prenons une SAS exploitant un hôtel-restaurant, clôturant ses comptes au 31 décembre, qui acquiert le 1er avril 2026 un ensemble d'équipements de cuisine neufs (fours, cellule de refroidissement, plonge) pour un prix de revient de 60 000 € HT, installation comprise. La durée normale d'utilisation retenue est de 5 ans. Ces données sont des hypothèses d'illustration.

Le calcul de la première annuité

Première annuité : la cascade de calcul

Prix de revient HT de l'équipement60 000 €
Taux linéaire (100 / 5 ans)20 %
Coefficient applicable (durée de 5 ou 6 ans)× 1,75
Taux dégressif35 %
Annuité théorique sur 12 mois (60 000 × 35 %)21 000 €
Prorata : d'avril à décembre, soit 9 mois sur 12× 9/12
Annuité dégressive 202615 750 €

En linéaire, la première annuité aurait été de 60 000 × 20 % × 9/12, soit 9 000 € (avec une mise en service au 1er avril). Le dégressif permet donc de déduire 6 750 € de plus dès 2026.

Le plan d'amortissement complet

Cas pratique : plan d'amortissement dégressif d'un équipement de 60 000 € HT sur 5 ans
ExerciceBase de calculAnnuité dégressive (35 %)Annuité linéaire sur durée restanteAnnuité retenueValeur nette fin d'exercice
2026 (9 mois)60 000,00 €15 750,00 €—15 750,00 €44 250,00 €
202744 250,00 €15 487,50 €11 062,50 € (÷ 4)15 487,50 €28 762,50 €
202828 762,50 €10 066,88 €9 587,50 € (÷ 3)10 066,88 €18 695,62 €
202918 695,62 €6 543,47 €9 347,81 € (÷ 2)9 347,81 € (bascule)9 347,81 €
20309 347,81 €—9 347,81 € (÷ 1)9 347,81 €0,00 €
Total60 000,00 €

Lisons ce plan ligne par ligne. En 2027, l'annuité dégressive (15 487,50 €) dépasse largement l'annuité linéaire sur la durée restante (44 250 € ÷ 4 = 11 062,50 €) : on reste en dégressif. En 2028, l'écart se resserre (10 066,88 € contre 9 587,50 €), mais le dégressif l'emporte encore. En 2029, l'annuité dégressive tombe à 6 543,47 €, inférieure à 18 695,62 € ÷ 2 = 9 347,81 € : c'est l'exercice de la bascule vers le linéaire. Les deux dernières annuités sont identiques et le bien est totalement amorti au 31 décembre 2030.

L'impact sur l'impôt et la trésorerie

Supposons que la société soit imposée au taux normal de l'impôt sur les sociétés, fixé à 25 %. Le supplément de déduction obtenu grâce au dégressif représente 6 750 € en 2026 et 3 487,50 € en 2027, soit 10 237,50 € sur deux exercices. L'économie d'impôt correspondante est de 1 687,50 € la première année et de 871,88 € la deuxième, soit 2 559,38 € de trésorerie conservée pendant la phase de remboursement de l'emprunt.

Si le bénéfice relève du taux réduit de 15 %, applicable jusqu'à 42 500 € de bénéfice pour les PME dont le chiffre d'affaires ne dépasse pas 10 millions d'euros et dont le capital, entièrement libéré, est détenu à 75 % au moins par des personnes physiques (conditions rappelées sur Entreprendre.Service-Public.fr), l'économie tombe à 1 535,63 €. L'avantage est moins spectaculaire, mais il reste gratuit.

Ce gain s'inverse ensuite : de 2028 à 2031, le dégressif produit des annuités inférieures au linéaire, et l'impôt est un peu plus élevé. Sur la durée totale, l'économie est nulle en valeur absolue. L'intérêt réel tient à la valeur temps de l'argent et à la sécurisation de la trésorerie au moment où l'entreprise en a le plus besoin. Intégrez ces flux dans votre plan de trésorerie prévisionnelle pour mesurer le gain mois par mois.

Amortissement dégressif ou linéaire : lequel choisir pour votre PME ?

Le dégressif n'est pas toujours la meilleure option. Son intérêt dépend de votre situation fiscale, de votre horizon de détention et de votre stratégie de présentation des comptes. Voici les situations les plus fréquentes.

Le dégressif est pertinent quand…

  • l'entreprise est durablement bénéficiaire et imposée au taux normal ;
  • l'investissement est financé par emprunt, et l'économie d'impôt aide à couvrir les premières échéances ;
  • le bien sera conservé jusqu'à la fin de sa durée d'utilisation.

Le linéaire est préférable quand…

  • l'entreprise est déficitaire ou en phase de lancement : la déduction accélérée ne fait que gonfler un déficit reportable ;
  • la société prépare une levée de fonds, une cession ou une demande de crédit et souhaite présenter un résultat plus élevé (si la comptabilité suit elle-même le dégressif) ;
  • le bien sera revendu rapidement : la valeur nette plus faible augmente la plus-value de cession.

Faut-il opter pour l'amortissement dégressif ? L'arbre de décision

1. Le bien figure-t-il dans la liste des biens éligibles ?

Oui : question suivante. Non : linéaire obligatoire.

2. Le bien est-il neuf et sa durée normale d'utilisation atteint-elle au moins 3 ans ?

Oui : question suivante. Non (occasion, durée courte) : linéaire obligatoire.

3. L'entreprise est-elle bénéficiaire ou le sera-t-elle sur les deux ou trois prochains exercices ?

Oui : le dégressif crée une économie d'impôt immédiate. Non : l'avantage est différé, à arbitrer avec le report du déficit.

4. Une cession ou un renouvellement rapide du bien est-il prévu ?

Oui : la plus-value sera plus forte, l'avantage s'amenuise. Non : question suivante.

5. Le bénéfice se situe-t-il dans la tranche à 25 % d'impôt sur les sociétés ?

Oui : gain de trésorerie maximal. Non (tranche à 15 %) : gain réel mais plus modeste.

Quatre réponses favorables : le dégressif est en principe le bon choix. Décidez-le dès l'exercice d'acquisition, car le calcul part de cette année-là.

Pour approfondir le mode concurrent, consultez notre guide de l'amortissement linéaire et de son plan pas à pas.

Comment comptabiliser l'amortissement dégressif ?

Deux approches coexistent, selon que le dégressif reflète ou non la consommation réelle du bien.

Premier cas : le dégressif correspond à l'usure économique

Si le rythme d'utilisation du bien est réellement plus intense en début de vie (technologie qui se déprécie vite, équipement très sollicité au départ), le dégressif peut être retenu comme amortissement comptable. L'annuité est alors comptabilisée intégralement en dotation aux amortissements d'exploitation, sans retraitement.

Second cas : comptabilité en linéaire, fiscalité en dégressif

Le plus souvent, l'usure économique est linéaire. Le plan comptable général (article 214-8 du règlement ANC n° 2014-03) admet que des textes particuliers autorisent la comptabilisation d'amortissements dérogatoires. L'écart entre l'annuité fiscale et l'annuité comptable est alors constaté en dotation aux amortissements dérogatoires (compte 6872) les premières années, puis repris en produit exceptionnel (compte 7872) lorsque le dégressif devient inférieur au linéaire. Le cumul figure au passif, parmi les provisions réglementées.

Dégressif contre linéaire : écart de déduction et amortissements dérogatoires
ExerciceLinéaire (20 %)DégressifÉcartÉcriture si la comptabilité reste en linéaire
20269 000,00 €15 750,00 €+ 6 750,00 €Dotation dérogatoire (6872) : 6 750,00 €
202712 000,00 €15 487,50 €+ 3 487,50 €Dotation dérogatoire (6872) : 3 487,50 €
202812 000,00 €10 066,88 €− 1 933,12 €Reprise dérogatoire (7872) : 1 933,12 €
202912 000,00 €9 347,81 €− 2 652,19 €Reprise dérogatoire (7872) : 2 652,19 €
203012 000,00 €9 347,81 €− 2 652,19 €Reprise dérogatoire (7872) : 2 652,19 €
2031 (3 mois)3 000,00 €0,00 €− 3 000,00 €Reprise dérogatoire (7872) : 3 000,00 €
Total60 000,00 €60 000,00 €0,00 €Dotations = reprises = 10 237,50 €

Dans notre exemple, le résultat comptable d'exploitation reste stable (9 000 € puis 12 000 € par an), tandis que le résultat fiscal bénéficie de l'accélération. Banquiers et repreneurs lisent ainsi un résultat d'exploitation non affecté par l'option fiscale. Ce montage impose en revanche un suivi rigoureux du tableau des immobilisations et des écritures à chaque clôture comptable.

Que se passe-t-il en cas de déficit ou d'amortissement différé ?

Point de vigilance : l'amortissement minimal

L'article 39 B du CGI impose qu'à chaque clôture, le cumul des amortissements pratiqués sur un bien soit au moins égal au cumul des amortissements linéaires. Si vous « oubliez » de doter une année pour lisser votre résultat, la fraction non déduite est définitivement perdue. Le dégressif accélère la déduction, il ne permet pas de la moduler à la baisse.

L'article 39 B du CGI pose la règle de l'amortissement minimal : à la clôture de chaque exercice, la somme des amortissements effectivement pratiqués depuis l'acquisition ne peut être inférieure au cumul des amortissements calculés en linéaire sur la durée normale d'utilisation. À défaut, l'entreprise perd définitivement le droit de déduire la fraction différée.

L'article 25 de l'annexe II apporte deux tempéraments utiles :

  • les amortissements différés pendant des exercices déficitaires peuvent être prélevés en franchise d'impôt sur les premiers exercices bénéficiaires suffisants, en plus de l'annuité de l'exercice ;
  • les amortissements différés pendant des exercices bénéficiaires restent déductibles ultérieurement, mais seulement pour la part qui excède l'amortissement linéaire.

Quels sont les pièges et erreurs fréquentes ?

  1. Appliquer le dégressif à un bien d'occasion. L'exclusion est absolue, même si le bien est en parfait état. En cas de contrôle, l'excédent d'amortissement est réintégré.
  2. Amortir des locaux professionnels en dégressif. Les bureaux, boutiques et salles de formation sont exclus ; seuls certains immeubles hôteliers et bâtiments industriels de courte durée y ont droit.
  3. Calculer le prorata en jours. En dégressif, le point de départ est le premier jour du mois d'acquisition : un calcul en jours minore la première annuité.
  4. Oublier la bascule vers le linéaire. Sans elle, le plan ne se solde jamais et une valeur résiduelle traîne au bilan.
  5. Gonfler la durée d'utilisation pour obtenir un meilleur coefficient. Passer artificiellement de 6 à 7 ans pour atteindre 2,25 est contestable : la durée doit correspondre aux usages du secteur.
  6. Ne pas suivre les amortissements dérogatoires. Une dotation passée sans reprise ultérieure fausse les capitaux propres et le résultat fiscal des exercices suivants.
  7. Décider trop tard. Le calcul dégressif part de l'exercice d'acquisition : l'option se prépare au moment de l'investissement, pas au moment de la liasse.

Les annuités retenues figurent dans les tableaux des immobilisations et des amortissements de la liasse fiscale : une erreur de méthode se voit donc immédiatement en cas de contrôle.

Quelle méthode suivre pour mettre en place le dégressif ?

  1. Qualifier le bien : vérifier qu'il figure dans la liste réglementaire, qu'il est neuf et que sa durée normale d'utilisation atteint au moins trois ans.
  2. Fixer la durée selon les usages du secteur, en conservant la justification (fiche technique, pratique de la profession).
  3. Constituer le prix de revient : facture HT, frais de transport, d'installation et de mise en route.
  4. Simuler les deux plans, linéaire et dégressif, avec la prévision de résultat sur trois à cinq ans.
  5. Choisir la traduction comptable : dégressif comptable si l'usure le justifie, sinon linéaire comptable et amortissements dérogatoires.
  6. Paramétrer le logiciel d'immobilisations avec la date d'acquisition, le taux et la règle de bascule.
  7. Contrôler à chaque clôture le respect du plancher linéaire et l'exercice de bascule.

En résumé : le dégressif, un levier de trésorerie à décider dès l'investissement

L'amortissement dégressif reste en 2026 un outil simple et légal pour accélérer la déduction d'un investissement : coefficients de 1,25, 1,75 et 2,25 selon la durée, prorata au mois, bascule vers le linéaire en fin de plan. Il est réservé aux biens d'équipement neufs de la liste réglementaire, d'une durée d'au moins trois ans, avec une ouverture particulièrement favorable pour l'hôtellerie.

Son intérêt est maximal pour une PME bénéficiaire, imposée au taux normal et qui conserve ses équipements. Il se discute pour une entreprise déficitaire ou qui prépare une cession. Dans tous les cas, la décision se prend à l'acquisition, en simulant les deux plans avec votre prévision de résultat.

Vous préparez un investissement en équipement ou en rénovation hôtelière ? Notre équipe d'expertise comptable simule pour vous les plans d'amortissement, l'impact fiscal et le traitement comptable adapté, avant la signature du bon de commande.

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Foire aux questions

Quels sont les coefficients de l'amortissement dégressif en 2026 ?

L'article 39 A du CGI fixe trois coefficients, toujours en vigueur en 2026 : 1,25 pour une durée normale d'utilisation de 3 ou 4 ans, 1,75 pour une durée de 5 ou 6 ans et 2,25 au-delà de 6 ans. Le taux dégressif s'obtient en multipliant le taux linéaire par ce coefficient : un bien de 5 ans, au taux linéaire de 20 %, s'amortit ainsi au taux dégressif de 35 %.

Un bien d'occasion peut-il être amorti en dégressif ?

Non. L'article 22 de l'annexe II du CGI exclut expressément les biens déjà usagés lors de leur acquisition, quel que soit leur état. Un équipement de cuisine, une machine ou un véhicule acheté d'occasion s'amortit donc obligatoirement en linéaire. Seuls les biens neufs, figurant dans la liste réglementaire et dont la durée normale d'utilisation atteint au moins trois ans, peuvent bénéficier du dégressif.

Quand passer de l'amortissement dégressif au linéaire ?

Vous basculez lorsque l'annuité dégressive devient inférieure à l'annuité obtenue en divisant la valeur résiduelle par le nombre d'années d'utilisation restant à courir à l'ouverture de l'exercice. À partir de cet exercice, la valeur résiduelle est amortie par parts égales jusqu'au terme du plan. Faites la comparaison à chaque clôture et retenez toujours le montant le plus élevé.

Comment se calcule la première annuité dégressive ?

Appliquez le taux dégressif au prix de revient du bien, puis réduisez le montant au prorata de la période courant du premier jour du mois d'acquisition jusqu'à la clôture. Pour un bien de 60 000 € acquis en avril, amorti sur 5 ans, avec une clôture au 31 décembre : 60 000 × 35 % × 9/12, soit 15 750 €. En linéaire, le prorata part en principe de la mise en service.

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